Je suis retombé en enfance voici dix jours. Enfin presque : grand gosse, j'ai joué à l'étudiant en communication, journalisme ou quelque chose du genre. Etudiant évidemment footeux, mais contraint par ses profs à un petit travail statistique, et préférant joindre l'utile à l'agréable : le tableau ci-joint reprend le temps de parole, en plateau, des différents participants au Studio1 du 26 janvier dernier. Soyons clairs, j'ai exclu les reportages préenregistrés durant lesquels aucun protagoniste ne discourait, mais j'ai gardé les images/foot commentées en plateau. Cela nous faisait 94'16" de temps papotable.
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Je suis retombé en enfance voici dix jours. Enfin presque : grand gosse, j'ai joué à l'étudiant en communication, journalisme ou quelque chose du genre. Etudiant évidemment footeux, mais contraint par ses profs à un petit travail statistique, et préférant joindre l'utile à l'agréable : le tableau ci-joint reprend le temps de parole, en plateau, des différents participants au Studio1 du 26 janvier dernier. Soyons clairs, j'ai exclu les reportages préenregistrés durant lesquels aucun protagoniste ne discourait, mais j'ai gardé les images/foot commentées en plateau. Cela nous faisait 94'16" de temps papotable. La légende veut que Stéphane Pauwels y soit le plus papoteur, fallait que j'en aie le c£ur net. Qui cause et comment dans l'émission culte ? D'abord Michel Lecomte, et de très loin : il occupe 22 minutes du temps total ! Faut dire que son rôle est complexe : coach/animateur/modérateur/arbitre, accueil des invités, intro des reportages, le tout saupoudré d'un petit avis perso de temps en temps, faut sans doute bien un quart temps pour tout ça ! Star plus que Pauwels selon les uns, faiseur de la star Pauwels selon les autres, Michel est en tout cas le grand dépositaire du jeu ertébéen. Son temps de papote mis à part, il restait 72' pour 7 chroniqueurs et 4 invités. Pauwels tchatche le plus, effectivement, distançant nettement Rodrigo Beenkens et l'invité Hein Van Haezebrouck, reléguant Benoît Thans dans le ventre mou. En fait, le plus résistant est Benjamin Deceuninck qui n'a nul mérite à mieux résister, bien planqué qu'il est là-haut sur son perchoir : seul ou avec comparse, Benja peut parler quand le chef le lui demande, sans être interrompu. Il échappe au paramètre prédominant vers lequel converge toute l'analyse, et qu'on pourrait appeler " faculté d'interruption pauwelseuse ". A droite du tableau, entre parenthèses, figure le nombre de prises de parole des cinq acteurs présents en plateau durant toute l'émission : Pauwels tient le crachoir 2 fois plus que Thans, mais prend la parole 5 fois plus que lui ! Benoît s'oppose de moins en moins à Stéphane, paraissant préférer se concentrer sur les analyses d'images : l'effort pour polémiquer repose davantage aujourd'hui sur les épaules de Rodrigo, qui demeure toutefois très loin des...71 prises de parole de Pauwels en 94' ! Ce qui ressort des statistiques, c'est bien sûr que Pauwels développe un avis plus souvent, puisqu'il a parlé 17 fois plus de 10", contre 9 fois seulement à Beenkens. Mais c'est surtout que Pauwels intervient sans cesse... puisqu'il est intervenu 30 fois durant moins de 5" ! En coupant la parole à ses potes et même à David Steegen si fair-play qu'il se laisse faire, en posant les questions aux invités à la place du chef, en émettant des sons pendant que les autres ont la parole, en ré-interrompant le chef qui a su l'interrompre... Indépendamment de la teneur de ses propos, la comparaison s'impose : dans le onze de Studio1, Stéphane est un bruit de fond permanent. Il court comme un dératé qui veut tous les ballons, au point d'aller les arracher dans les pieds de ses partenaires. C'est un voleur de temps de parole, comme d'autres sont des voleurs de buts ! En concluant qu'au bout du compte, en termes d'audience, l'équipe gagne... Face à la teneur des propos pauwelsiens, deux publics. L'un irrité, fort minoritaire, considérant Pauwels à Studio1 comme un pourfendeur de vide, un moustique qui fait bzzzzbzzzz tout le temps, un Assurancetourix qu'il faudrait bâillonner là-haut chez Deceuninck... L'autre majoritaire, les audiences le disent : public séduit par Stéphane en fond sonore, comme on l'est par le chant d'un rossignol inspiré ; émerveillé (selon la formule consacrée) de ce que Pauwels " ose dire tout haut ce que tous les autres pensent tout bas ! " Mais qui sont tous ces autres, sinon tous les ayants droit à s'exprimer publiquement sur le sujet/football, pendant Studio1 et partout ailleurs ? Et que pensent-ils de pareille sentence populaire ? Que Stéphane seul est preux et qu'eux sont des faux culs ?... Problématique à creuser, par exemple en épluchant Studio1 chaque lundi : avis aux étudiants en panne d'inspiration, pour leur mémoire ou TFE ! par bernard jeunejean