Incontournable à Anderlecht au poste de back gauche, où il a accumulé plus de 90 % du temps de jeu ces trois dernières saisons, Olivier Deschacht (24 ans) a fait connaissance à son tour avec le système de rotation cher à Frankie Vercauteren. Pour les besoins du déplacement à Liverpool, ainsi que du match à domicile contre Charleroi, le jeune Flandrien a été écarté du 11 de base au profit de Michal Zewlakow.
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Incontournable à Anderlecht au poste de back gauche, où il a accumulé plus de 90 % du temps de jeu ces trois dernières saisons, Olivier Deschacht (24 ans) a fait connaissance à son tour avec le système de rotation cher à Frankie Vercauteren. Pour les besoins du déplacement à Liverpool, ainsi que du match à domicile contre Charleroi, le jeune Flandrien a été écarté du 11 de base au profit de Michal Zewlakow. Un malheur ne venant jamais seul, Oli a eu droit, en sus, à une bronca de son public, au Parc Astrid, au moment de remplacer Serhat Akin face aux Zèbres. Une attitude qu'il n'avait toujours pas complètement digérée la veille d'affronter le Verbroedering Geel en Coupe de Belgique. Olivier Deschacht : Au moment même, j'ai bien cru que les supporters manifestaient simplement leur mécontentement concernant le remplacement, en fin de partie, de l'attaquant turc. Mais quand les coups de sifflet ont repris de plus belle lors de ma propre entrée sur le terrain, j'ai soudain réalisé que leur courroux m'était bel et bien destiné, sans que je comprenne pourquoi. Car depuis mes débuts en cours de saison 2001-2002, j'avais toujours témoigné d'un jusqu'au-boutisme de tous les instants, prisé par la foule, justement. Là, d'une seconde à l'autre, j'étais complètement abasourdi, pour ne pas dire désemparé. Je me demandais ce que j'avais fait pour mériter ce comportement. Par la suite, fort heureusement, j'ai eu droit à des applaudissements nourris après une talonnade dans l'axe. Le lendemain et en début de semaine, bon nombre de messages de sympathie me sont parvenus, tant de la part de fans présents à l'entraînement que par courrier électronique ou sms. Tous ces gestes ont contribué à atténuer ma déception, comme bien l'on pense. Mais ce fâcheux épisode m'a malgré tout marqué, c'est certain. Que voulez-vous, je surfais sur une vague de bonheur comme nul autre au Sporting et voilà que, coup sur coup, deux contretemps fâcheux s'abattaient sur moi. C'est plutôt dur à encaisser. Détrompez-vous, cette pensée ne m'a jamais effleuré. Au contraire, je savais que tôt ou tard, je devrais céder le témoin. Car quoi que vous disiez à mon propos, les solutions de rechange ne manquent pas pour moi au sein de l'effectif. Il est peut-être bon de rappeler que Michal Zewlakow avait été engagé par l'ancien entraîneur, Hugo Broos, pour officier dans un rôle similaire au mien. Depuis lors, Fabrice Ehret s'est ajouté et même Bart Goor peut tirer son épingle du jeu dans le même registre. Je n'ai jamais fait figure de privilégié et surtout, je ne me suis jamais considéré comme tel. Qui suis-je, d'ailleurs, pour me sentir au-dessus de la mêlée ? Si des garçons comme Christian Wilhelmsson ou Serhat Akin, nettement plus doués que moi, ont déjà dû composer avec le banc, je ne vois pas pourquoi le même sort ne me serait pas réservé. Mike, qui est quand même international polonais, a au moins autant de raisons que moi de briguer la fonction de back gauche. Il s'est tenu coi durant des mois et des mois, alors qu'il aurait fort bien pu maugréer. S'il y a un exemple à imiter, c'est le sien. Aussi, je ne vais pas ruer dans les brancards. Même si, en mon for intérieur, cette situation me fait râler. Et même roter pour utiliser un terme de circonstance (il rit). Mais c'est personnel. La seule chose qui m'attriste réellement et que je veux déballer, c'est d'avoir été écarté sans un mot d'explication. Aujourd'hui, je me perds toujours en conjectures sur les raisons de mon éviction. S'agit-il d'une moindre passe ? Est-ce dû à une faute de marquage de ma part sur le but qui a valu à Lokeren d'arracher un point contre nous à Daknam ? Je n'en sais rien. D'autres, coupables du même laxisme sur des phases arrêtées, n'ont en tout cas pas trinqué précédemment. Alors, pourquoi moi ? C'est l'un des mystères auxquels nous sommes confrontés cette saison, l'autre étant notre absence de rayonnement à l'extérieur. Je ne vois qu'une seule explication : un laxisme coupable sur toute la ligne. Paradoxalement, nous sommes toujours très appliqués en phase offensive. Face au Neftchi Bakou par exemple, nous étions souverains dans le trafic aérien, plantant trois buts sur cinq, de cette manière, à domicile. En revanche, l'absence de rigueur en défense, dans les mêmes situations, nous a déjà coûté un nombre invraisemblable de points. Avant Lokeren, il y avait déjà eu pire à Genk, puisqu'au Racing, nous avions pris trois goals tout à fait évitables. A défaut d'avoir déjà perdu en déplacement, il tombe sous le sens que nous avons déjà gaspillé trop d'unités précieuses loin du Parc Astrid. Désolé, mais quand on est candidat au titre, comme nous, il est impensable de perdre deux points au Lierse. Pourtant, nous avions été malmenés là-bas, aussi étrange qu'il n'y paraisse. Pour moi, le problème principal est un manque de discernement et de répondant face aux divers problèmes posés par l'adversaire. Non seulement nous ne sommes pas capables de développer notre football mais nous éprouvons également toutes les difficultés du monde à endiguer les assauts opposés. Nous sommes trop mous. Heureusement, le FC Bruges a également du mal à engranger les points à l'extérieur. Le Standard était l'exception confirmant la règle au départ de la saison. Mais ses derniers déplacements au Germinal Beerschot et à Mouscron tendent à prouver que le carton plein est de plus en plus difficile à réaliser away pour lui aussi. J'ai toujours soutenu qu'ils étaient un candidat à la victoire finale en championnat, au même titre que le FC Bruges et nous. Dès lors, la place qu'ils occupent actuellement ne me surprend pas. Je n'ai pas l'impression, cependant, qu'ils tiendront la distance. Pour ce faire, il faut pouvoir s'appuyer sur des solutions de rechange en suffisance. Et c'est là que le bât blesse un peu à Sclessin. Pour le moment, du moins, car il n'est pas interdit de penser que la direction du club liégeois profitera du mercato pour apporter les ajouts nécessaires. En matière d'effectif, le FC Bruges, lui, est paré. Mais il risque d'être fort sollicité au deuxième tour car il ne fait pas de doute qu'il passera l'hiver européen au chaud. Mener de front toutes ces obligations ne sera pas aisé et c'est la raison pour laquelle je nous donne toujours le plus de chances de terminer en tête au mois de mai prochain. Le sacre est même, ni plus ni moins, un must dans la mesure où nous n'avons plus rien à espérer en Ligue des Champions et en Coupe . Un 28e écusson national serait la moindre des choses en guise de consolation. C'est un cauchemar qui n'en finit pas. J'aspire au jour où je me réveillerai en sursaut et que tout ça appartiendra au passé. Mais sera-ce pour cette saison encore ? Je le souhaite mais, à l'image de mes partenaires, je ne peux malheureusement jurer de rien. C'est vrai que, pour la deuxième année d'affilée, nous n'avons pas été gâtés par le tirage au sort. Mais ce n'est quand même pas une excuse pour ne rien engranger. Mon bon ami Xavier Malisse est parfois battu par un joueur moins bien classé que lui. Pourquoi, avec notre budget, ne serions-nous donc pas capables de vaincre un club aux moyens financiers plus conséquents ? Nous y sommes parvenus, dans un passé guère lointain, en prenant à la fois la mesure du Celtic et de Lyon dans les poules. Qu'est-ce qui nous empêche donc, deux ans plus tard, de ne pas croire en un possible exploit à ce stade de la Ligue ? D'accord, le problème se situe en partie sur le terrain, où nous n'avons réussi, jusqu'ici, à faire bonne figure que pendant 30 minutes à peine la plupart du temps. Mais je pense aussi que les maux se situent dans nos têtes. Nous ne parvenons pas à jouer l'esprit serein. Or, nous n'avons plus rien à perdre. C'est peut-être le moment de faire un truc. Et déjà contre Chelsea, pourquoi pas ? Oui et non. D'un côté, je n'ai jamais eu l'impression de passer franchement à côté d'un match. Mais je ne peux pas être tout à fait satisfait non plus de ma contribution globale. J'ai toujours dit que je voulais m'impliquer davantage offensivement. A ce niveau-là, je suis quelque peu resté sur ma faim jusqu'ici. Chez nous, les impulsions se passent tout simplement à droite où Anthony Vanden Borre et Christian Wilhelmsson se relaient efficacement. Pour leur permettre de donner cette pleine mesure, il convient bien sûr que d'autres quadrillent efficacement le terrain. Et c'est ce que Bart Goor et moi, sur l'autre flanc, contribuons à faire. Nous nous exposons peut-être moins aux regards mais notre travail est tout aussi important dans le cadre du bon fonctionnement de l'équipe. Dommage, hélas, qu'il ne soit pas toujours perçu comme il se doit. Car lui et moi en avons déjà pris quelquefois pour notre grade. Nous ne sommes pas les plus populaires. Pourtant, nous ne manquons pas de mérite. Il y a deux raisons, selon moi. La première, c'est que j'ai mal réagi suite à un mano a mano avec Gert Verheyen. J'ai dit à qui voulait l'entendre, un jour, qu'il se laissait toujours tomber au moindre contact, tout en multipliant lui-même les coups fourrés. Ce n'était pas malin de la part de quelqu'un comme moi, qui avait encore tout à prouver, vis-à-vis d'une valeur confirmée du championnat, brugeois de surcroît. Depuis lors, je me fais constamment chambrer par les supporters bleu et noir. Même s'ils me traitent de jeannette, ce que je ne suis manifestement pas, je ne m'offusque pas du tout de leurs propos. Au contraire, ils ont plutôt tendance à me sublimer. Ce que je ne comprends pas, en revanche, c'est qu'on me traite partout de fils à papa en Flandre. Si j'avais voulu, j'aurais pu me la couler douce en reprenant sagement les affaires de mon père, qui s'est bâti une solide réputation dans le monde du do-it-yourself en Belgique. En lieu et place, j'ai au contraire choisi la difficulté, à l'image de mon frère Xavier d'ailleurs, en optant pour le football. Non sans résultat, puisque je joue à Anderlecht et que mon frangin fait partie du noyau de Première de Lokeren à l'heure actuelle. Les mêmes se trouvent à Bruges et ne me facilitent pourtant pas la vie non plus (il rit). En réalité, la famille n'a plus rien à voir avec cette publicité. Mon père a vendu son entreprise il y a deux ans mais, en raison de sa notoriété, le nom initial a été gardé par le repreneur. Depuis lors, mon père s'est tourné vers d'autres centres d'intérêt. Comme l'immobilier, entre autres. Il pourrait vivre aisément de ses rentes mais c'est plus fort que lui, il faut qu'il bosse absolument tout le temps. Comme Michel Verschueren, qui ne parvient pas à s'arrêter non plus. De ce point de vue-là, je suis comme lui : j'ai besoin de trimer dur pour me sentir bien. Et quand je fais quelque chose, c'est toujours à fond. Si je livre un mauvais match, c'est parce que la forme n'y est pas. Mais, en aucun cas, on ne pourra me reprocher de ne pas m'être livré corps et âme. Comme mon père dans tout ce qu'il a entrepris dans sa vie. Si je suis un fils à papa, c'est à ce niveau-là. Et sûrement pas parce que je me laisse vivre. C'est un battant aussi. Mais en raison de l'attention que je focalise, les spots ne sont pas braqués sur lui. Tant mieux, cela lui donne l'occasion de progresser en toute quiétude. Il en veut et, au même titre que moi, son v£u le plus cher est de se faire un prénom. Ce n'est déjà pas facile quand on s'appelle Vandenbergh et Snelders, comme chacun a pu s'en rendre compte entre-temps. Mais bizarrement, c'est encore plus difficile quand on s'appelle Deschacht... BRUNO GOVERS" LE STANDARD NE TIENDRA PAS LA DISTANCE "