L'affaire d'Italie-Serbie entraînera des sanctions à l'égard de la fédération serbe : défaite 3-0 et probablement l'obligation pour son équipe nationale de disputer, chez elle, des matches à bureaux fermés ou même l'exclusion pure et simple des qualifications à l'Euro 2012 (décision de l'UEFA le 28 octobre). Mais qui se cache derrière le chef des hooligans, IvanBogdanov, qui a tout fait pour être le point de mire de médias ?
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L'affaire d'Italie-Serbie entraînera des sanctions à l'égard de la fédération serbe : défaite 3-0 et probablement l'obligation pour son équipe nationale de disputer, chez elle, des matches à bureaux fermés ou même l'exclusion pure et simple des qualifications à l'Euro 2012 (décision de l'UEFA le 28 octobre). Mais qui se cache derrière le chef des hooligans, IvanBogdanov, qui a tout fait pour être le point de mire de médias ? Alors que tout se passe bien dans d'autres sports (basket, water-polo, tennis avec en vue une finale de Coupe Davis contre la France à Belgrade), le football a visiblement été pris en otage et, selon certaines sources, qui préfèrent rester discrètes, Bogdanov et ses suiveurs ont été payés pour " mettre le bordel " à Gênes. Sur ordre, probablement, des forces politiques opposées au rapprochement entre Belgrade et Bruxelles ou, plus sournoisement, à l'initiative de gangs qui manipulent les tensions politiques internes serbes (Kosovo, pauvreté, etc.) pour prouver leur influence et garder leur business. L'explication réside peut-être dans ces derniers méandres. A Belgrade, l'émotion est grande et les médias ont tous condamné Bogdanov. Cela dit, le monde du football a fait preuve d'imprudence et est devenu très fragilisé. Cela n'a pas échappé à certaines mafias. Ainsi, ces derniers temps, les dirigeants du Partizan Belgrade et de l'Etoile Rouge se sont canardés à boulets rouges dans la presse. Ce manque de retenue dans les médias s'explique par le désir des deux clubs d'occuper le haut du pavé. A ce jeu-là, le Partizan a pris le dessus, pour le moment, grâce à sa présence en Ligue de Champions. Les joutes verbales et musclées des dirigeants des deux clubs ont évidemment eu un impact sur certains supporters. La fédération serbe n'a pas été plus prudente. Avant même la phase finale de la Coupe du Monde, un conflit a éclaté entre le coach, Radomir Antic (adoré par les joueurs et le public) et le président de la fédération, Tomislav Karadzic, qui l'a remplacé après un match de l'Euro 2012 par Vladimir Petrovic (ex-Standard). Or, Karadzic est un ancien président de l'Etoile Rouge où Petrovic fut une star. Les supporters proches du Partizan n'admettent pas ce changement. Et il semble que les joueurs ne soient pas derrière Petrovic qui a débuté son règne par une défaite 1-3 contre l'Estonie. Ces guerres internes sont exploitées par les extrémistes. A Gênes, la police italienne, mal préparée, n'a pu empêcher les vrais supporters serbes de repartir choqués après ce triste spectacle. N'était-ce pas le but du jeu ? PIERRE BILIC Alors que tout se passe bien dans d'autres sports, le foot serbe a visiblement été pris en otage par des gangs et des forces politiques.