Hormis Johan Boskamp, à la tête des Mauves de 1992 à 1997, à l'exception d'un intermède de 51 jours de Herbert Neumann en 1995, aucun entraîneur ne s'est inscrit autant dans la durée au stade Constant Vanden Stock qu' Ariel Jacobs. Nommé T1 en remplacement de Frankie Vercauteren, il est en place depuis le 7 novembre 2007 !
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Hormis Johan Boskamp, à la tête des Mauves de 1992 à 1997, à l'exception d'un intermède de 51 jours de Herbert Neumann en 1995, aucun entraîneur ne s'est inscrit autant dans la durée au stade Constant Vanden Stock qu' Ariel Jacobs. Nommé T1 en remplacement de Frankie Vercauteren, il est en place depuis le 7 novembre 2007 ! Si la longévité du Bos est étroitement liée aux performances (avec trois titres et une Coupe de Belgique), celle de Jacobs a de quoi interpeller. Car en près d'un lustre de présence, son palmarès ne fait état que d'un seul et maigre sacre en 2010 et d'un succès au Heysel en 2008. Les bides, en revanche, ne manquent pas. Comme des éliminations sans gloire au dernier tour qualificatif de la Ligue des Champions face au Bate Borisov en 2008 ou au Partizan Belgrade deux ans plus tard. Ou encore la déconvenue lors des deux test-matches contre le Standard en 2009. Ou, plus près de nous, l'élimination l'automne passé en huitièmes de la Coupe contre Rupel-Boom, actif en D3 ! Longtemps, la direction a pris fait et cause pour son coach. Mais, cette saison, le Diegemois n'a plus toujours pu compter sur un soutien inconditionnel. Tout a commencé durant la période de préparation lorsque le directeur général du club, Herman Van Holsbeeck, l'a recadré suite à des propos jugés trop pessimistes. La suite, ce fut un cavalier seul au cours de la phase classique du championnat et un 18 sur 18 en phase des poules de l'Europa League. Une souveraineté mise à mal par une élimination sans gloire par l'AZ Alkmaar ainsi que par une perte de superbe en championnat. Au point que, désigné grand favori de la compétition, Anderlecht a toutes les chances de se retrouver à nouveau les mains vides. Si le maintien de Jacobs en Première était lié à la conquête d'un 31e titre, tout porte à croire qu'une séparation apparaît inéluctable suite au comportement erratique de l'équipe. Reste à voir qui pourrait se profiler comme son successeur. Nous avons sondé quatre anciens de la maison : les ex-joueurs Georges Heylens (1960-1973) et Marc Degryse (1989-1995), consultants chez nous, le coach Aad de Mos (1989-1992) et l'icône Paul Van Himst qui a été à la fois joueur (1959-1975) et entraîneur (1982-1985). " Il ne m'appartient pas de juger si Jacobs doit être remplacé ou non. J'ai été joueur moi-même au Sporting durant 13 saisons et j'ai connu six coaches durant cette période : Pierre Sinibaldi, Andras Beres, Arnold Deraeymaeker, Norberto Höffling et Georg Kessler. J'avoue que le premier et le dernier m'ont le plus marqué. Le Français et l'Allemand étaient deux produits d'importation venus avec leurs idées. Les trois autres avaient un vécu essentiellement belge et faisaient plutôt figure de sbires de la direction. Je me demande dans quelle mesure le même rapport ne s'est pas installé avec Jacobs. Celui-ci s'assimile de plus en plus à un exécutant qui compose avec les moyens mis à sa disposition, sans jamais ruer dans les brancards. Je crois que pour les dirigeants, le contraste doit être saisissant entre un entraîneur à l'écoute, comme Jacobs, et Vercauteren, qui avait son mot à dire et, surtout, des récriminations à formuler sur tout. Le problème, c'est qu'on n'avance pas avec des bénis oui-oui. Mes plus beaux moments, au Parc Astrid, je les ai connus avec deux coaches particulièrement contrariants. D'abord, le regretté Sini qui n'en avait strictement rien à cirer de la façon dont les autres jouaient et qui voulait que nous imposions notre football en toutes circonstances. C'était peut-être un point de vue très audacieux en compétition européenne, à une époque où nous faisions encore figure de doux amateurs par rapport aux pros déguisés de l'Est, notamment. Mais en Belgique, il n'y avait pas photo puisque j'ai remporté six titres avec le Corse. Kessler était adepte de la méthode forte aussi. Après un triplé du Standard en 1969, 1970 et 1971, il estimait que trop de joueurs ronronnaient. Il n'avait pas tort, en ce sens que l'équipe de base était articulée depuis des années autour des mêmes noms. Tour à tour, chacun en a pris pour son grade. A commencer par moi, pourtant joueur davantage physique que technique, qui avait eu la lumineuse idée de lui rapporter, au nom des autres, que ses entraînements étaient trop durs. Résultat des courses : j'ai été écarté durant quinze jours pour méditer. Idem pour Jean Plaskie, idem pour Van Himst. Au départ, on ne pigeait pas ce qui nous arrivait. C'était du jamais vu. On faisait plus songer à des athlètes qu'à des footeux. Mais lors des matches retour, on a surclassé tout le monde et on a coiffé le Club Bruges sur le poteau. Les Bleu et Noir sont en train de vivre la même chose, qui sait ? En engageant Christoph Daum, ils ont opté eux aussi pour un gars qui ne transige pas. On le suit ou on dégage. Ce n'est pas toujours beau à voir sur le terrain mais c'est efficace. A mes yeux, un coach de cette trempe-là serait un bienfait pour les Mauves. Mais, je le répète, ce n'est pas à moi à décider du sort de Jacobs... ". " La question que je me pose est de savoir si l'entraîneur idéal pour moi est aussi celui de la direction. Ariel Jacobs, c'est du pain béni pour les pontes du club, vu qu'il se contente toujours des joueurs qu'on lui fournit, sans imposer ses vues. Aujourd'hui, je me demande si cette attitude ne se retourne pas un peu contre lui. On peut dire ce qu'on veut du T1 d'Anderlecht, mais c'est quelqu'un qui voit clair. Et quand il demande, du bout de lèvres, une solution de rechange pour Jelle Van Damme et qu'on lui offre Sacha Kljestan, il y a de quoi froncer les sourcils. Pour moi, Jacobs est avant tout victime des errances du club en matière de recrutement. Au lieu d'un bon back gauche, le Sporting en a transféré deux moyens en début de saison, Diogo et Behrang Safari, dont l'un est déjà retourné au pays. Tout ça pour se rendre compte que le meilleur est peut-être bien Jordan Lukaku, qui évolue depuis trois ans chez les jeunes. C'est quand même surréaliste ! Reste que l'entraîneur a également sa part de responsabilité dans les échecs de ces dernières années. Mon principal reproche, c'est qu'il n'est toujours pas parvenu à doter l'équipe d'un style reconnaissable. Je serais le premier à lui accorder des circonstances atténuantes si, comme il en va souvent ailleurs, l'effectif était chamboulé d'une saison à l'autre. Mais les Mauves échappent à la règle. Des garçons comme Silvio Proto, Marcin Wasilewski, Roland Juhasz, Olivier Deschacht, Guillaume Gillet, Lucas Biglia et Matias Suarez jouent depuis pas mal d'années ensemble. Logiquement, il devrait y avoir des automatismes entre eux. A ce niveau-là, je reste sur ma faim : il n'y a pas de ligne de conduite. L'équipe repose essentiellement sur les qualités de ses individualités marquantes et, quand les vedettes ne répondent pas aux attentes, c'est le néant. Plus d'idées directrices, rien. Ici aussi, je ferais preuve d'indulgence si l'équipe avait dû être constamment remaniée en raison d'indisponibilités ou de blessures. Mais du début à la fin de cette saisons, Jacobs a pu compter sur une même épine dorsale, hormis Biglia. Avec Proto, Juhasz, Kljestan et Suarez, il doit quand même y avoir moyen de trouver un fil conducteur. Le plus interpellant, c'est que d'autres équipes, avec nettement moins de moyens, y parviennent. Courtrai, assemblage hétéroclite, y est arrivé. Et Bruges aussi. Christoph Daum ne recueille pas mon adhésion pour la manière dont il fait évoluer ses joueurs. Mais il y a une véritable cohésion au sein de cette formation. C'est d'autant plus incroyable qu'ils ont perdu au mercato Nabil Dirar, leur meilleur élément. Il y a un an, Anderlecht avait cédé MbarkBoussoufa à Anzhi Makhatchkala et ne s'en était pas remis. Au stade Jan Breydel, un départ analogue ne porte pas à conséquence, visiblement. Personnellement, j'aimerais voir aboutir au Parc Astrid un homme-orchestre capable de faire jouer de façon harmonieuse toutes les composantes de l'équipe, pas seulement 4 ou 5 joueurs. En Belgique, je ne vois qu'un seul coach qui en soit capable : Trond Sollied. Partout où il est passé, il a conféré un style et une méthode au groupe. Pour moi, il ferait l'affaire à Anderlecht. Il est cependant dommage qu'il traîne tant de casseroles dans le privé. Connaissant la maison mauve, c'est le genre de détail qui ne pardonne pas ". " Au risque de me mettre une nouvelle fois à dos la direction, j'ose affirmer que je ne vois guère l'empreinte d' Ariel Jacobs sur cette équipe. Le constat que j'avais fait il y a deux ou trois ans est toujours valable. Au contraire, c'est pire. Il n'y a pas de fonds de jeu, tout simplement. Le seul système, c'est d'alerter l'un des avants via un dégagement en profondeur, signé Proto, ou d'une longue balle à suivre d'un défenseur. Mais en matière de progression méthodique, je reste sur ma faim. Cette pauvreté d'élaboration n'aura jamais été aussi frappante que face à l'AZ. Sur le papier, Anderlecht n'a pas grand-chose à envier aux Néerlandais. Mais sur le terrain, la différence était nette. La formation d'Alkmaar construit ses offensives depuis l'arrière et, en cas de perte de balle, elle exerce un pressing pour le récupérer. Ce sont les bases du football moderne. A Anderlecht, on en est loin. L'entraîneur porte une grande part de responsabilité dans ce constat mais il n'est pas le seul à qui il faut jeter la pierre. Depuis des années, les Mauves ne peuvent plus tabler sur d'habiles relanceurs à l'arrière. Des gars comme Vincent Kompany ou Nicolas Pareja. Les dirigeants n'ont toutefois rien entrepris pour y remédier. Au contraire, ils peuvent s'estimer heureux qu'un Cheikhou Kouyaté ait trouvé sa voie à l'arrière. Il est le meilleur défenseur du noyau aujourd'hui, même si sa relance est à peaufiner. En soi, il n'est pas normal que le Sporting, avec toutes ses individualités, ait dû cravacher cette saison. Il a perdu trop de points à l'extérieur, dans des matches soi-disant faciles, mais où il a manqué à la fois de mentalité et, surtout, de liant sur le terrain. A mes yeux, le prochain coach doit être un meneur d'hommes qui ne se contente pas de tabler sur le seul génie de l'attaque. Car quand l'intuition n'est pas là, il faut un concept pour faire la différence. A la place des dirigeants, je ferais le forcing pour enrôler Michel Preud'homme. Ces dernières années, il a su allier résultats et manière partout où il est passé. Ce serait l'homme de la situation d'autant plus qu'il connaît le championnat belge comme sa poche. Bien sûr, il a un prix. Mais quand on se rend compte des millions que les Mauves ont perdu ces dernières années en loupant la phase des poules de la Ligue des Champions, il y a de quoi réfléchir. Un bon coach, ce n'est peut-être pas donné mais il peut rapporter gros et rembourser aisément son prix ". PAR BRUNO GOVERS; IMAGEGLOBE" Comme Bruges, il faut un gars qui ne transige pas. On le suit ou on dégage. "Georges Heylens " Jacobs n'est toujours pas parvenu à doter l'équipe d'un style reconnaissable. " Marc Degryse " Depuis deux ou trois ans, la situation est pire ! "Aad de Mos