Jamais deux sans trois, veut le dicton. Et Nicolas Frutos en est l'illustration parfaite à Anderlecht. Depuis son arrivée à l'automne 2005, l'échassier argentin a toujours fait l'impasse, totalement ou en partie, sur la préparation de son club à la nouvelle saison. Durant l'été 2006, une ablation méniscale l'avait contraint à une inactivité forcée jusqu'au 15 septembre. Un an plus tard, une intervention chirurgicale au talon l'avait tenu à l'écart des terrains jusqu'au 3 octobre. Cette fois, c'est un syndrome de friction à la base de la cheville, couplé à une raideur à l'aine, qui a valu au goleador des Mauves de renoncer au stage d'Oisterwijk. Si la blessure semble moins grave que les deux précédentes, tout porte à croire, quand même, qu'elle privera le joueur, au bas mot, du match aller du deuxième tour préliminaire de la Ligue des Champions que le RSCA est appelé à disputer à la fin de ce mois soit contre les Islandais de Valur Reykjavik soit face aux Biélorusses de Bate Borisov. Ce qui représente une fameuse tuile, car le Sporting, sans son buteur, n'est plus tout à fait le même. Les chiffres l'attestent à satiété, car Nico est le seul élément de la division offensive qui a su carburer à une moyenne de plus de 0,6 goal par match ces trois dernières saisons.
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Jamais deux sans trois, veut le dicton. Et Nicolas Frutos en est l'illustration parfaite à Anderlecht. Depuis son arrivée à l'automne 2005, l'échassier argentin a toujours fait l'impasse, totalement ou en partie, sur la préparation de son club à la nouvelle saison. Durant l'été 2006, une ablation méniscale l'avait contraint à une inactivité forcée jusqu'au 15 septembre. Un an plus tard, une intervention chirurgicale au talon l'avait tenu à l'écart des terrains jusqu'au 3 octobre. Cette fois, c'est un syndrome de friction à la base de la cheville, couplé à une raideur à l'aine, qui a valu au goleador des Mauves de renoncer au stage d'Oisterwijk. Si la blessure semble moins grave que les deux précédentes, tout porte à croire, quand même, qu'elle privera le joueur, au bas mot, du match aller du deuxième tour préliminaire de la Ligue des Champions que le RSCA est appelé à disputer à la fin de ce mois soit contre les Islandais de Valur Reykjavik soit face aux Biélorusses de Bate Borisov. Ce qui représente une fameuse tuile, car le Sporting, sans son buteur, n'est plus tout à fait le même. Les chiffres l'attestent à satiété, car Nico est le seul élément de la division offensive qui a su carburer à une moyenne de plus de 0,6 goal par match ces trois dernières saisons. Hormis l'Argentin Matias Suarez, débarqué le week-end passé seulement, plusieurs joueurs mauves ont obtenu du temps de jeu lors du stage à Oisterwijk dans un rôle proche de celui de Frutos. Nous les avons suivis lors des joutes de préparation face à Taxandria (victoire 7 à 0 des Mauves), une sélection d'amateurs locaux (succès 11 à 0) ainsi que les Roumains d'Otopeni (1-1), récemment promus parmi l'élite de leur pays. Stanislav Vlcek, avait 31 ans bien sonnés quand le RSCA est allé le chercher au Slavia Prague. Depuis, le club bruxellois n'a eu qu'à se louer de ses précieux services car le Tchèque s'est souvent montré décisif dans des matches difficiles, comme à Gand notamment. Aligné sur le flanc droit, Stani a prouvé avec ses deux buts contre les amateurs brabançons qu'il est, lui aussi, une alternative des plus valables pour Frutos. " Ce n'est pas une surprise car au Slavia, disposé en 4-4-2, il occupait une des deux positions en pointe ", renchérit le responsable du recrutement, Werner Deraeve. " Au Sporting, c'est par la force des choses qu'il a été positionné sur le flanc droit mais il a manifestement conservé le feeling d'un attaquant axial. Stani, c'est franchement une aubaine pour tout entraîneur, en ce sens qu'il n'y a vraiment pas plus polyvalent que lui aux avant-postes. Au besoin, il est même capable d'officier sur l'aile gauche. Il y a peu de chance, bien sûr, qu'on en arrive à cette situation car le noyau est bien pourvu sur les portions latérales du terrain. D'un côté, il y a le choix entre Mbark Boussoufa, Roland Lamah et SachaIakovenko. De l'autre, on trouve également trois hommes pour une place avec Stani précisément, Thomas Chatelle et Jonathan Legear. Parmi tous ceux-là, Vlcek s'exprime sans conteste le plus aisément dans un rôle plus central. D'autre part, c'est un gars de bonne composition. Il ne râlera jamais, qu'il soit titulaire ou non. Il est de ceux qu'un entraîneur peut utiliser avec bonheur pour cinq ou dix minutes à peine, quelle que soit la position requise dans la ligne d'attaque. Par-là même, il fait figure de passe-partout idéal. Je peux me tromper mais j'ai le très net sentiment qu'en dépit de son âge, il ira plus loin que ses deux années de contrat. Stani est bien trop précieux pour ça ". Le Brésilien Rubenilson Dos Santos da Rocha, dit Kanu, a laissé une belle impression dans le Brabant hollandais. Il s'était par ailleurs déjà signalé lors de la reprise, sur la scène belge, en signant le premier but contre le FC Liège (victoire par 2-0), puis en récidivant contre le FC Knokke (6-0). Aux Pays-Bas, il a fait mieux encore en inscrivant un hat-trick devant les amateurs du coin : deux buts de la tête et un autre du gauche. " Le heading n'est pourtant pas son point fort ", observe Deraeve. " Il a une détente appréciable, sans doute travaillée tant et plus lors des matches de beach-volley, dont il raffole, mais on ne peut pas dire qu'il excelle vraiment en la matière. Frutos non plus, d'ailleurs, qui n'a pas planté tellement de buts du front depuis qu'il est au Parc Astrid. Mais il y a un domaine où la différence est sensible : la transmission du cuir par la voie des airs. L'Argentin est très fort lorsqu'il doit rabattre le ballon du front dans les pieds d'un partenaire ou qu'il doit le prolonger. Malgré sa taille appréciable, Kanu se laisse encore trop facilement dépasser par son adversaire direct. En duel face à Roland Juhasz, par exemple, je ne suis pas sûr qu'il arriverait à 20 % de maîtrise de la balle. Reste qu'il est jeune et qu'il dispose de pas mal de temps pour peaufiner cet aspect. Idem pour le pied droit qui ne lui sert qu'à monter dans le bus. Sous cet angle-là aussi, Frutos est plus complet. Au départ, j'ai toujours cru que l'attaquant de l'Independiente était un droitier pur et dur. Jusqu'au jour où, lors d'une énième mission de prospection, je l'ai vu tirer un penalty victorieux du pied gauche. Il avait, semble-t-il, loupé le précédent du droit et s'était donc résolu à changer de pied. Je ne pense pas que Kanu parviendrait au même résultat pour le moment. Même si, à lui seul, son gauche vaut le coup d'£il. Il a une frappe sèche et ses enchaînements sont remarquables. Manifestement, il a quelque chose ". C'est à l'occasion d'un tournoi pour juniors, à Sao Paulo, il y a deux ans, que le chef-scout du RSCA avait découvert l'intéressé. " A l'époque déjà, vu la réussite de Frutos, la direction voulait s'assurer au plus vite les services d'un clone ", dit-il. " Il n'était toutefois guère évident de trouver un gars du même profil, à la portée de notre bourse de surcroît. C'est la raison pour laquelle nous nous sommes intéressés au jeune talent étranger. Kanu en faisait partie mais nous n'étions manifestement pas les seuls sur les rangs. Un émissaire du FC Groningue l'amena chez lui mais le test ne fut pas concluant et le garçon retourna au pays. A mon grand étonnement, de prime abord, je n'ai pas retrouvé sa trace dans son club de provenance, la Juventud. Entre-temps, il avait été prêté dans un club de D2, à Barueri et c'est là que, par le plus grand des hasards, je l'ai à nouveau repéré. Il estimait avoir plus de chance de percer à ce niveau qu'en D1 et c'est pourquoi il avait préféré reculer pour mieux sauter. Ce qui est tout à fait sidérant, chez lui, c'est sa volonté. Depuis son plus jeune âge, il en veut. A 13 ans, pour fuir la misère, il a décidé de prendre le bus de Recife jusqu'à Sao Paulo afin de frapper à la porte de Palmeiras. Econduit, il a dormi sous les ponts jusqu'à se voir offrir une nouvelle chance, qu'il a alors saisie. Cet état d'esprit, il l'a toujours conservé. Il sait qu'il est considéré comme joker chez nous, mais il met déjà tout en £uvre pour se rendre indispensable. Réceptif aux injonctions, c'est aussi un élève très appliqué en dehors des terrains. La preuve : il est arrivé en Belgique avec un mois d'avance afin de ne plus avoir à se concentrer que sur le seul football à la date de la reprise. Depuis, il n'a cessé d'étonner positivement tout le monde. C'est prometteur ". Deraeve est plus laudatif encore avec Matias Suarez, qui vient de prendre le train en marche avec Anderlecht, le week-end dernier, après avoir disputé les playoffs avec son club, le Belgrano de Cordoba. " Dans son cas aussi, c'est en D2 que nous l'avons repéré ", dit-il. " L'élite du football argentin, c'est devenu quasi hors prix pour nous. Du moins, dans la catégorie de joueurs qui nous intéressent. La preuve avec José Ernesto Sosa, du Bayern Munich, que nous lorgnions, nous aussi, à un moment donné. Finalement, ce médian est passé pour 10 millions d'euros de son club de provenance, l'Estudiantes La Plata, en Allemagne. Ce n'est évidemment plus à notre portée. Au lieu de valeurs confirmées, nous nous orientons dès lors de plus en plus vers du talent en devenir. Suarez est de ceux-là. Personnellement, je l'ai vu à l'£uvre à une demi-douzaine de reprises avec Belgrano, tandis que Philippe Collin et Herman Van Holsbeeck l'ont visionné deux fois. C'est un garçon élancé qui présente la particularité d'allier physique, vitesse et technique. Sur ce dernier plan, il est réellement très fort. C'est Mémé Tchité multiplié par dix. Plusieurs clubs se pressaient au portillon pour lui, au pays, parmi lesquels des gros bras comme Independiente. Mais, comme pas mal de jeunes compatriotes, il a préféré mettre le cap sur l'étranger. De fait, aussi longtemps qu'un joueur reste en Argentine, il appartient toujours à une ou plusieurs personnes. C'est le système là-bas. Ce n'est qu'arrivé en Europe qu'il peut se soustraire à ce joug. Lucas Biglia en était un exemple et c'est la raison pour laquelle son passage à Anderlecht ne fut pas une mince affaire. Il a fallu contenter bon nombre de gens pour finaliser ce dossier ( il rit). A présent, Lucas a les coudées franches. Son transfert éventuel vers un autre club ne devrait pas être compliqué... Suarez devrait logiquement suivre un chemin identique. C'est un gars pour qui Anderlecht pourrait faire office de tremplin idéal. A l'avenir, nous devrons sans doute nous orienter de plus en plus souvent vers ce cas de figure ". Deraeve se félicite aussi des bonnes dispositions que deux jeunes joueurs du centre de formation de Neerpede, Olivier Mukendi (1 but contre Taxandria) et Gideon Boateng (1 goal contre Taxandria et un autre face aux amateurs brabançons), ont laissé entrevoir à Oisterwijk. " J'y vois la confirmation de notre travail en profondeur ", avance-t-il. " Il va de soi que, vu leur jeune âge, ces garçons n'auraient pas été sélectionnés pour le stage en Hollande si Ariel Jacobs avait disposé de suffisamment de solutions de rechange à l'attaque. Il n'empêche qu'eux aussi ont montré quelques facettes de leurs possibilités. Après une toute première vague de joueurs d'origine africaine à vocation plutôt défensive, comme Vincent Kompany, Anthony Vanden Borre ainsi que Vadis Odjidja Ofoe, nous avons la chance de composer actuellement avec une vague offensive, articulée autour de ces garçons et, chez les plus jeunes encore, de Romulu Lukaku, le fils de l'ex-Sérésien, Roger. C'est en quelque sorte notre nouvel or noir même si, en défense, nous avons des gars prometteurs aussi comme Cédric Ciza ou Adaon Kalala. Mukendi, d'origine congolaise et Boateng, dont les parents sont Ghanéens, ont tous deux été recrutés en bas âge. Le premier à la Rusas Schaerbeek et l'autre au Lierse. Olivier dispose d'une bonne technique de base et est explosif. Il a une accélération, balle au pied, comparable à celle de Lamah, ce qui n'est pas peu dire. Le seul point faible, chez lui, c'est qu'il n'est pas un véritable renard des surfaces. Marquer à profusion n'est pas sa spécialité. Mais comme soutien d'attaque et pourvoyeur, il est doté de qualités évidentes. Gideon présente un tout autre profil. Physiquement, c'est un monstre. Il couple à la fois rapidité et endurance. Ses qualités de finisseur sont plus prononcées aussi que celles de son compère. Il peut jouer invariablement face au but ou décalé sur l'aile droite. A cette place-là, toutefois, on dénote quand même du déchet dans son jeu. Il joue encore trop fréquemment avec des £illères. Mais c'est un défaut qui peut être largement gommé ". par bruno govers