C'est fou comme en sport, celui qui gagne a toujours raison. Et comme le perdant a tous les torts... Le choc Anderlecht-Standard a livré un score de 2-0 très sec dans les chiffres, Frankie Vercauteren a déclaré que son équipe " méritait la victoire " (une formule toute faite que beaucoup utilisent mais que les vainqueurs devraient peut-être laisser aux perdants ou aux observateurs, non ?) et Dominique D'Onofrio a dit que les Rouches avaient beaucoup trop respecté l'adversaire.
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C'est fou comme en sport, celui qui gagne a toujours raison. Et comme le perdant a tous les torts... Le choc Anderlecht-Standard a livré un score de 2-0 très sec dans les chiffres, Frankie Vercauteren a déclaré que son équipe " méritait la victoire " (une formule toute faite que beaucoup utilisent mais que les vainqueurs devraient peut-être laisser aux perdants ou aux observateurs, non ?) et Dominique D'Onofrio a dit que les Rouches avaient beaucoup trop respecté l'adversaire. Et puis, les analyses ont plu, mettant pour l'écrasante majorité en évidence le mauvais match du Standard. Mais si on analyse les occasions franches de but, les deux adversaires pour le titre étaient quasi à égalité. Du côté des Mauves, le penalty de Pär Zetterberg sauvé par Vedran Runje, le but de Serhat Akin et le merveilleux coup franc direct du Suédois. Pour le reste, qu'a Runje vraiment eu à faire ? En comparaison, Daniel Zitka a sorti le grand jeu à une reprise (un coup franc de Milan Rapaic sur sa gauche) et le tout grand jeu en sortant tête la première dans une mêlée après avoir repoussé le ballon une première fois... qu'il bloque finalement de façon involontaire du talon. Et juste avant, il y avait eu un corner rentrant de la droite qui fut dévié de la tête par Christian Negouai un rien à côté ; mais tous les Bruxellois étaient battus. Et on oublie la volée galactique de Karel Geraerts... Au-delà de ces faits de match, il y a les explications et les impressions qu'on a alignées avec passion et sans le moindre risque. C'est bien connu : c'est très facile de refaire le match, de coacher sur les ralentis. La vérité du moment : deux points d'avance pour Anderlecht qui se déplace à La Gantoise avant de recevoir Zulte Waregem, et le Standard qui va à Roulers avant de recevoir la Gantoise. Si le week-end prochain, Vercauteren va battre Georges Leekens chez lui et que DD ne gagne pas chez Dennis van Wijk, le championnat sera terminé. Mais on n'y est pas encore. Comme l'a très justement rappelé Michel Preud'homme, il y a déjà eu tant de retournements de situation cette saison... Juste après la rencontre, Bart Goor nous disait sa fierté d'avoir vu son équipe se comporter aussi bien mentalement : " On est sur un bon flow depuis pas mal de semaines, hein ! Si cela a coïncidé avec la stabilité tactique de l'équipe ? Absolument ". Sans doute qu'Anderlecht aurait déjà fêté le titre depuis longtemps si Vercauteren avait été plus prompt à mettre sur papier et gazon une formation qui n'est pas sans rappeler celle de Villarreal (voir l'analyse de la Ligue des Champions par Emilio Ferrera en p. 62). A savoir un 4-4-2 qui ressemble plutôt à un 4-3-1-2. On a souvent dit qu'Anderlecht a décollé dès que Nicolas Frutos est arrivé. Mais dire que ce fut grâce à Frutos est sans doute un peu exagéré. La preuve est que lorsque l'adroit Argentin a été blessé, Grégory Pujol s'est tout à coup senti pousser des ailes et a complètement inversé l'opinion qu'on s'était faite de lui. Et ce parce qu'il recevait enfin sa chance dans un système équilibré. On peut se demander pourquoi Vercauteren a attendu si longtemps avant de penser à ce style de jeu, mais c'est une remarque désormais inutile. Le principal aux yeux de son club (et de son avenir comme coach mauve) est qu'il ait fini par y penser. C'est ça qui est génial en sport : il n'est jamais trop tard pour bien faire. Comme pour Zitka, enterré dans les catacombes du stade Constant Vanden Stock depuis la confirmation tonitruante de Silvio Proto, et qui profite de l'infortune du Louviérois pour prouver tout son talent. Un autre regret superflu manque d'alimenter la polémique sur le positionnement de Negouai. N'avait-il pas surtout déçu plein de monde à Sclessin cette saison en évoluant devant la défense ? Et n'avait-il pas - par contre - montré un visage autrement plus saignant en jouant devant...john baete