Le départ de Paris - Tours coïncide avec le début de l'automne, quand les coureurs aspirent à des vacances. Ce Grand Prix d'automne ne bénéficie pas toujours de l'attention qu'il mérite : on connaît l'identité du champion du monde et les spécialistes des Tours savourent déjà la trêve. Ceux qui ont signé une belle saison ne sont généralement plus assez motivés pour affronter une météo moins clémente. Paris - Tours accueille donc souvent un peloton amaigri. Pourtant, la course, dont la première édition a eu lieu en 1896, propo...

Le départ de Paris - Tours coïncide avec le début de l'automne, quand les coureurs aspirent à des vacances. Ce Grand Prix d'automne ne bénéficie pas toujours de l'attention qu'il mérite : on connaît l'identité du champion du monde et les spécialistes des Tours savourent déjà la trêve. Ceux qui ont signé une belle saison ne sont généralement plus assez motivés pour affronter une météo moins clémente. Paris - Tours accueille donc souvent un peloton amaigri. Pourtant, la course, dont la première édition a eu lieu en 1896, propose un beau parcours, assez plat, à travers les vallées de la Chevreuse et de la Loire. Paris - Tours est une classique pour sprinters, le pendant automnal de Milan - Sanremo. Au fil des années, les organisateurs ont tenté de durcir l'épreuve. L'arrivée a été déplacée à Blois, à Chaville ou à Monthléry. On a inversé le sens de la course. En 1965, on a même interdit l'usage des dérailleurs, obligeant les coureurs à rouler avec deux braquets choisis au préalable. Ces adaptations ont été autant d'échecs. Le Grand Prix d'automne reste un festival du sprint. En 1988, l'organisation a d'ailleurs décidé de revenir au parcours originel, soit avec l'arrivée avenue Grammont, une ligne droite de trois kilomètres, idéale pour un sprint massif. En fin de saison, le peloton contrôle moins attentivement le déroulement de la course. Des francs-tireurs peuvent en profiter. Les équipes de sprinters misent sur le vent, fort entre Paris et Tours, pour briser les échappées. Elles sous-estiment parfois les forces de leurs initiateurs, ce qui a permis à Frédéric Guesdon et à Richard Virenque de s'imposer ces dernières années. Les favoris ? Alessandro Petacchi, le vainqueur en titre, ne courra pas. Chassé par Milram, il a trouvé une place chez LPR Brakes, pour lequel court aussi Danilo Di Luca. Vendredi dernier, l'ASO, l'organisateur, a rayé l'équipe de la liste des participants, les échantillons sanguins n'étant pas en ordre. Mitsubishi-Jartazi et Cycle-Collstrop sont absents pour la même raison. Les équipes du Pro Tour, en ordre, menaçaient de boycotter la course. Les Belges dominent traditionnellement Paris -Tours. Ils comptent 37 victoires en 101 éditions. Marc Wauters est le dernier vainqueur belge (1999). Autre fait à épingler : Paris - Tours est la seule course que n'a jamais gagnée Eddy Merckx. Il faut dire qu'en 1968, il a laissé la victoire à Guido Reybroeck, un coéquipier qui l'avait bien servi durant toute la saison. Ce même Reybroeck est d'ailleurs le plus titré de la course, avec trois victoires, ex-aequo avec quelques monuments, parmi lesquels Erik Zabel, qui met fin à sa carrière cette saison.