Mons est constamment mis sur le gril. Tellement que le président Dominique Leone a décidé de ne plus parler à la presse tant que son club n'est pas sauvé. Le directeur général Alain Lommers et le directeur sportif ad intérim et vice-président de l'ASBL, Geo Van Pyperzeele, ont, eux, accepté de jouer le jeu.
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Mons est constamment mis sur le gril. Tellement que le président Dominique Leone a décidé de ne plus parler à la presse tant que son club n'est pas sauvé. Le directeur général Alain Lommers et le directeur sportif ad intérim et vice-président de l'ASBL, Geo Van Pyperzeele, ont, eux, accepté de jouer le jeu. Alain Lommers : Car, au lieu de s'adresser aux personnes compétentes, les gens préfèrent écouter les rumeurs de couloir. Ici, en interne, tout a toujours été très clair. Regardez l'organigramme du club ( NDLR : il sort une feuille de son bureau). Il y a un président de qui dépend un directeur général, de qui dépendent toute une série de personnes, dont la cellule sportive. Aucun document ne quitte le club sans que je ne le signe. C'est lié au système. Il y a un entraîneur mais dans la tribune, chaque spectateur donne son avis. Sans connaître les difficultés à acheter les joueurs. Nous, on a décidé de gérer le club comme une entreprise. C'est parfois difficile à comprendre pour certains. Tout rentre dans un budget et on fait en sorte de ne pas le dépasser. Chacun doit se limiter à ses possibilités et à ses pouvoirs. Mais vous savez, il y aura toujours bien un entraîneur, un adjoint ou un recruteur qui croira qu'il peut donner son avis sur tout. J'ai expliqué à Geo qu'il était le dépanneur de service. Le fait qu'il intervienne est une bonne chose pour nous. Il connaît le football, il a son diplôme d'entraîneur et est de la région. Mais comme il n'est pas salarié, ni rémunéré, il n'est pas sous l'emprise de l'entreprise. Et c'est là qu'on risque des dérapages. Après certains matches, il pourrait répondre de manière disproportionnée. Car il est extérieur à la gestion journalière du club. Il est conscient de cela... Mais Jean-Paul Colonval était ici tous les jours. Et cela lui arrivait, sur le coup de l'émotion, de dévier dans la presse. En période de transferts, nous avons une réunion du comité sportif chaque semaine. Et une réunion de la cellule administrative tous les jeudis. Et là, on recadre certains positionnements. Par exemple, pour le moment, on a un problème avec le nombre de gens qui ont accès aux couloirs des vestiaires après les matches. Contre Dender, on ne savait même plus où étaient les joueurs. Normalement, seule la presse télévisée a le droit de se trouver là mais tous les journalistes viennent dans les couloirs. (NDLR : Ainsi que des tas d'autres personnes comme des agents de joueurs et autres suiveurs plus ou moins bien introduits).Ce n'est pas une question de couac. Si le règlement était appliqué, on serait mis à l'amende. A la fin de l'ère Riga, il y avait des supporters qui clamaient sa démission. Il suffit qu'un de ceux-là suive un journaliste, et c'est la catastrophe. Nous ne savons pas encore. Si on se sauve, on prendra une décision vis-à-vis de Geo. Soit on le prolonge, soit on se passe de directeur technique en plaçant Albert Cartier dans une fonction de coach plus à l'anglaise. Ou alors on prend un nouveau directeur technique. Moi, je trouve qu'on a fait des avancées spectaculaires. Il y a six mois, nous avons attiré Christophe Dessy pour la formation des jeunes. C'est la première fois que le club emploie quelqu'un d'aussi compétent pour les jeunes à plein temps. José Riga a fait du bon boulot pendant deux ans. Après notre neuvième place, on a essayé de maintenir un noyau stable. On a fait des efforts mais on aurait dû revoir la position de l'entraîneur. Sans dénigrer le travail de Riga, l'entraîneur n'avait plus la mainmise sur le noyau. Non. Cela a commencé avec la succession de mauvais résultats. Mais avec le recul, on a fait l'erreur de ne pas toucher au groupe sportif de la saison passée. Soit il fallait revoir davantage le noyau pour apporter du sang neuf, soit un nouvel entraîneur capable de proposer un autre discours. Non. On connaissait les postes à renforcer mais les transferts n'ont rien apporté. On n'a pas su refaire le coup des transferts de janvier 2007. Mais le marché n'est pas évident et nos moyens sont limités. Anderlecht n'a pas fait de meilleurs achats que nous. Il y a eu aussi beaucoup de déchets là-bas. Il n'arrivait plus à trouver la solution. Même si je pense que les joueurs conservaient toujours beaucoup de respect pour Riga. Non. Lorsque nous sommes descendus en D2, nous l'avions approché mais ses prétentions financières ne répondaient pas à ce qu'un club de D2 pouvait offrir. Il y a quatre coordinateurs pour 26 joueurs. Je me dis que c'est assez pour tenir ces fortes têtes. Moi, je préfère avoir 26 fortes têtes que des moutons. Je regarde d'abord les qualités sportives. Si Ahmed Hassan et Sergio Conceiçao avaient des prétentions financières adéquates pour un club comme Mons, je les engagerais. Geo Van Pyperzeele : Pour deux raisons, pour suppléer Jean-Paul Colonval et parce que, ce n'est pas une première, quand le club va mal, on vient me rechercher. Pas un pompier de service mais un serviteur. Peut-être. Je représente une certaine réussite qui a peut-être dérangé. C'est étrange. Quand il y a de l'euphorie sportive dans le club, on oublie ma présence avec une facilité déconcertante. Mais c'est bien connu : on reconnaît ses amis quand tout va mal. ... (il coupe) le terme ad intérim ne me plaît pas. Ma position est délicate mais différente. Je suis bénévole. Je dois cibler mes actions sur mes affaires privées. Mais le football demeure ma passion et toute ma vie. Je consacre tous mes moments de liberté à l'Albert. Je ne suis pas professionnel mais j'estime être efficace. Je vais avoir 60 ans et je suis à un tournant de ma vie. Oui, ce job de manager me tente. Mais je ne vais pas tout sacrifier : je peux m'accommoder et trouver des solutions à l'avenir. On ne m'a donné aucune ligne directrice. Je devais simplement diriger le sportif. Ce qui sous-entendait une étroite collaboration avec le staff et Riga. Relais mais aussi décideur. Lorsqu'on arrive à une unité de jugement du point de vue sportif, je me dois de concrétiser ce jugement. J'estime faire partie de l'ultime comité de décision. Et c'est le président qui prend la décision finale. Dès le mois d'août, j'ai tenu à signaler que le championnat allait s'avérer difficile et que les transferts effectués n'apportaient aucune plus value. On avait pourtant ciblé les postes à renforcer mais on a failli. C'est moi. Il faisait son travail avec grand professionnalisme mais j'ai voulu sauvegarder la personnalité d'un homme que je respecte. Il était cassé et on l'aurait abîmé, ce que je ne pouvais pas tolérer. Il a tiré le maximum de son groupe mais à un certain moment, il a dû s'occuper d'autres détails. Disons que je ressentais un manque de cohésion et de jugement entre lui et Colonval. Ce sont deux personnalités fortes qui ont une vision différente du football. Riga est un professeur dans son approche. Cartier un guerrier. Mais les deux approches peuvent être complémentaires. Riga ferait un magnifique manager à l'anglaise. Et Cartier est un homme de terrain extraordinaire. Très mal. Lorsque vous êtes conscients que vous faites le maximum et que vous êtes critiqués injustement, c'est difficile à avaler. Je reconnais les erreurs commises dues à notre inexpérience mais aussi à l'attitude malhonnête de certaines personnes. Laissez-moi le soin de ne pas répondre. Qu'une saison se prépare longtemps à l'avance. Et qu'un transfert doit être acté après un examen physique, sportif et médical. Il y a eu des erreurs. On doit viser la qualité avant la quantité. En août, je pouvais déjà vous dire qui allait se casser la gueule. Je reconnais avoir des relations privilégiées avec certains responsables. Mais Dominique Leone a également d'excellents contacts. Mais peut-être qu'en unissant nos forces, on est plus fort. Mais vous ne pensez tout de même pas que c'est parce que j'ai des contacts qu'on m'a imposé à l'Albert ? par stéphane vande velde - photos: reporters/ buissin