Quand il faut absolument gagner, l'expérience est souvent déterminante. Dans le duel au soleil entre Anderlecht et le Standard, la moyenne d'âge du noyau mauve est avantageuse dans ce sens. Mais en contrepartie, ce sont les Rouches qui ont emmagasiné le plus de minutes au niveau européen cette saison...
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Quand il faut absolument gagner, l'expérience est souvent déterminante. Dans le duel au soleil entre Anderlecht et le Standard, la moyenne d'âge du noyau mauve est avantageuse dans ce sens. Mais en contrepartie, ce sont les Rouches qui ont emmagasiné le plus de minutes au niveau européen cette saison... On dit aussi que ce sont les plus calmes qui conservent le mieux leurs moyens. Et là, comment départager un Anderlecht complètement passé à côté de la plaque à Tubize et un Standard dont les joueurs se disputent le privilège de shooter le penalty contre le Club Bruges ? Doit-on y voir des indications pour différencier celui qui a peur de perdre de celui qui veut gagner à tout prix ? Parlons des buteurs ! Il faut vraiment avoir énormément d'arrogance pour pouvoir dire qui de Tom De Sutter ou de Dieumerci Mbokani est actuellement le plus en forme... ou qui a le plus de feeling. Dernière tentative. Et les patrons ? On en voit trois de chaque côté : Roland Juhasz, Jan Polak et Mbark Boussoufa puis Oguchi Onyewu, Steven Defour et Milan Jovanovic. Si les Mauves et les Rouches sont à ce point à égalité, c'est évidemment que leurs profils actuels s'épousent dans les plus fin détails. Restent les éléments extérieurs : les adversaires à affronter. Mais parle-t-on ici plus concrètement ? La grosse inconnue se situe au niveau de la motivation de Genk. Le club limbourgeois ne peut pas être prêt pour la finale de la Coupe le 23 mai contre Malines s'il ne joue pas à fond contre Anderlecht. Evidemment, si les Racingmen jouent trop à bloc, ils pourraient compter finalement plus de blessés que le seul Tom De Mul... Et n'oublions pas que Genk n'a pas arrêté de se disputer avec le Standard depuis que Defour s'y est installé. Une vendetta amplifiée par le départ d'autres joueurs du Limbourg pour Sclessin. C'est clair, Genk ne fera pas le moindre cadeau au Standard. Reste l'honneur des joueurs limbourgeois et les exigences de leurs supporters en matière de sportivité. Et La Gantoise ? Un seul petit point lui permettrait de consolider sa troisième place européenne. Mais imaginer un seul instant que Michel Preud'homme, l'Entraîneur 2008 et du dernier titre des Rouches, ne ferait pas tout pour gagner relève d'un degré 10 de grippe porcine. Le Standard va au devant de son match le plus dur de la saison. La Gantoise encaisse un tiers de buts en plus que lui, mais marque plus ! Sinan Bolat, auteur d'un match parfait contre le Club Bruges, semble être l'aspirateur de ballons dont Sclessin avait et aura donc besoin. Poste pour poste, l'ancien club de MPH est plus fort que son nouveau. Sauf un Bryan Ruiz qui vise un transfert et sera en lice au Gala du Footballeur Pro avec Mbokani et Boussoufa pour le prix de Footballeur Pro 2009. Finalement, tout se passera dans la tronche... Et nous voici au point de départ de ces lignes ! Laszlo Bölöni a dit que son but est de voir onze salopards en maillot rouge sur le terrain. Le dentiste le plus célèbre de Belgique dit-il cela pour anesthésier l'adversaire, le provoquer ou réellement sortir le meilleur de ses joueurs ? En tout cas, la mêlée rouge précédant le penalty contre Bruges pouvait effrayer. On aurait dit des pitbulls en train de se disputer trois kilos de steak. C'est une image qu'on pourrait rappeler dimanche prochain à Bölöni au Gala où il tentera sa chance pour le prix d'Entraîneur 2009 face à Preud'homme et Ariel Jacobs ! On n'en sort pas. Mis à part les catégories Arbitre 2009 et Gardien 2009, on se retrouve en pleine fight mauve et rouge... avec un Buffalo pour arbitre. Tous des éléments actifs de la chimie du trio de tête ! Au-delà de cette bagarre pour la gloire, le duel dont tout le monde parle a aussi pour enjeu la quinzaine de millions d'euros promise au champion de Belgique. Il sera qualifié pour la phase des poules de la Champions League et ce pactole y revient, d'office, à chaque participant, même s'il perd tout. C'est cinq millions d'euros de moins que le dernier budget du Standard et vingt de moins que celui d'Anderlecht !PAR JOHN BAETE