Grâce à trois nuls en déplacement en Ligue des Champions (1-1 à Galatasaray, 3-3 à Arsenal et 1-1 à Dortmund), l'aventure européenne d'Anderlecht se poursuivra, pour une fois, en Europa League. Ce succès quelque peu inattendu a engendré quelques sorties médiatiques de Herman Van Holsbeeck tandis que Besnik Hasi mettait les points sur les i. Quelques constats tout d'abord.
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Grâce à trois nuls en déplacement en Ligue des Champions (1-1 à Galatasaray, 3-3 à Arsenal et 1-1 à Dortmund), l'aventure européenne d'Anderlecht se poursuivra, pour une fois, en Europa League. Ce succès quelque peu inattendu a engendré quelques sorties médiatiques de Herman Van Holsbeeck tandis que Besnik Hasi mettait les points sur les i. Quelques constats tout d'abord. Primo, la Ligue des Champions a rapporté 14,3 millions d'euros - bruts, insiste Van Holsbeeck - à Anderlecht et l'appétit vient en mangeant : la saison prochaine, l'UEFA augmentera ses primes et Van Holsbeeck espère donc remporter un quatrième titre consécutif. Secundo, les résultats européens ont fait augmenter la valeur marchande des jeunes joueurs. Tertio, le club est tellement ambitieux que, dans l'émission De Zevende Dag, Van Holsbeeck parlait d'atteindre les demi-finales de l'Europa League. Ce qui a sans doute bien fait rigoler Besnik Hasi. " Pour cela, il faudrait qu'on transfère quelques joueurs ", disait-il vendredi, montrant bien qu'il ne prenait pas trop au sérieux les ambitions européennes exprimées par ses dirigeants. Hasi veut voir débarquer un médian défensif, un défenseur central et un attaquant au mercato hivernal. Pas seulement parce qu'il considère que son équipe présente des lacunes à ces postes mais aussi parce que quatre valeurs sûres du groupe (Chancel Mbemba, Frank Acheampong, Ibrahima Conte et Gohi Bi Cyriac) vont bientôt disputer la CAN et que le noyau n'est pas fort large. " Si nous restons en course sur tous les fronts, nous jouerons 9 matches en 28 jours au mois de février ", disait-il après la victoire face à Ostende, dimanche (3-0). Ce soir, Anderlecht dispute le match aller des quarts de finale de la Coupe de Belgique à Zulte Waregem. Comme à son habitude, Van Holsbeeck n'a rien dit des joueurs qu'Anderlecht considère comme des renforts potentiels. Le seul nom auquel il a réagi est celui d'Alexander Scholz pour dire qu'il s'agissait " d'un excellent défenseur " et que " Lokeren se montrait trop gourmand. " Ces derniers jours, les noms de Kanu (ex-Standard) et de Mbark Boussoufa ont été cités tandis qu'on évoquait également l'arrivée d'un Tunisien (Ferjani Sassi, de Sfax), d'un Camerounais (Jean-Armel Kana-Biyik, de Rennes), et d'un Mexicain (Diego Reyes du FC Porto) mais, tant en radio qu'en télévision, Van Holsbeeck n'a pas réagi, ajoutant même cibler encore d'autres joueurs (sans doute l'ancien de la maison, Ondrej Mazuch ainsi que le jeune international slovaque Branislav Ninaj). Selon Van Holsbeeck, l'intention est de garder tout le monde cet hiver, à l'exception de Sacha Kljestan, dont l'horizon semble bouché depuis l'éclosion de Leander Dendoncker, que Hasi tient en haute estime. Cette éclosion est une conséquence directe de l'absence de Steven Defour, victime d'une blessure au mollet bien plus tenace qu'on ne le pensait initialement. Revenu face au Club Bruges, il s'est à nouveau blessé pour plus longtemps. Au cours des trois dernières années, Defour n'avait guère joué à Porto et sa résistance n'a pas été mise à l'épreuve. D'autant qu'au Standard aussi, il souffrait régulièrement de blessures musculaires. " Nous ne voulons pas prendre de risque ", disait Hasi dimanche. " Une rechute ne ferait qu'aggraver les choses. " Pareil pour Bram Nuytinck dont l'absence pour cause de blessure à l'orteil n'aurait pas dû dépasser les dix jours. Mais après son retour face à Dortmund, il s'avéra que le problème était plus important que prévu et qu'une opération était inévitable. Aujourd'hui, cela fait trois mois qu'il ne joue plus. Silvio Proto, également touché à l'orteil, tient le coup mais il ne fait aucun doute qu'en interne, on a déjà mis les choses au point en matière de communication et de suivi des dossiers médicaux. Defour et Nuytinck comptent parmi les joueurs les plus expérimentés de Hasi. Ces derniers jours, dans le clan bruxellois, on a évoqué leur indisponibilité et le recours aux jeunes pour expliquer les prestations en dents de scie de l'équipe. Hasi et Van Holsbeeck ont reconnu avoir compté trop longtemps sur la venue de Daniel Van Buyten cet été. Lorsque celui-ci refusa, il ne leur restait plus assez de temps pour engager un défenseur expérimenté. Le non de Van Buyten leur a également joué des tours parce que, derrière, la relève se fait attendre. Etonnamment, tant à Mouscron qu'à Charleroi, ce sont de vieux renards comme Olivier Deschacht et, surtout, Anthony Vanden Borre qui ont sombré. Le fait de ne pas avoir encaissé face à Ostende faisait plaisir à Hasi même si, comme contre Mouscron et Charleroi, Vanden Borre n'avait pas respecté les consignes tactiques. Heureusement, Chancel Mbemba veillait au grain. Le jeune Congolais est devenu le défenseur le plus fiable d'Anderlecht. Dimanche, d'un point de vue offensif, Hasi se disait heureux de la prestation d'Aleksandar Mitrovic. Le Serbe a inscrit 25 buts en 50 matches pour Anderlecht, ce qui constitue une très bonne moyenne. Hasi estimait qu'il avait bien conservé le ballon mais ne disait pas qu'il avait parfois joué beaucoup trop bas, le rapide Acheampong ne trouvant pas toujours un point d'appui dans le rectangle. Ce n'est sans doute pas un hasard si, au repos, l'entraîneur-adjoint Geert Emmerechts souligna que l'un des problèmes de l'équipe était qu'elle manquait de présence en zone de vérité. Un joueur qu'on ne risque pas de revoir de sitôt, c'est Matias Suarez. L'attaquant argentin a mal supporté les efforts effectués à Neerpede au cours des dernières semaines. Son bon genou avait déjà donné des signes de fatigue la saison dernière au point qu'Anderlecht, ne sachant plus quoi faire, s'était adressé à des gens de l'extérieur, y compris au médecin qu'il avait limogé quelque temps auparavant. Aujourd'hui, le club et le joueur s'en remettent à Lieven Maesschalck, dont les soins doivent éviter une nouvelle opération. Tout le monde se demande si on reverra un jour Suarez mais personne n'ose répondre à la question. C'est pourquoi, même s'il a fait du retour de l'Argentin une question d'honneur, Hasi veut un nouvel attaquant. " Mati va mieux qu'avant de voir Lieven pour la première fois ", disait l'entraîneur dimanche. " Mais il ne nous accompagnera pas en stage. S'il ne peut pas participer aux séances avec le groupe, je n'ai pas besoin de lui. Cela ne ferait que donner de faux espoirs. Nous ne fixons pas de date pour son retour. Il va maintenant retourner en Argentine pour quelques jours puis il continuera à travailler avec Lieven. Bien sûr, j'aimerais le récupérer le plus rapidement possible car, lorsqu'il est en forme, il constitue une plus-value. Nous pensions que c'était le cas en été mais ce ne l'était pas. "PAR JAN HAUSPIE" Suarez ne nous accompagnera pas en stage, cela ne ferait que donner de faux espoirs." Besnik Hasi