Marcel Proust, écrivain français, né et mort à Paris 1871-1922, Il a donné sur le fonctionnement de la mémoire une ouverture originale qu'il appelait " le ressouvenir inconscient ".
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Marcel Proust, écrivain français, né et mort à Paris 1871-1922, Il a donné sur le fonctionnement de la mémoire une ouverture originale qu'il appelait " le ressouvenir inconscient ". A 33 ans, le gardien et capitaine de l'Excelsior Mouscron traverse une période difficile. Contrôlé positif au dépomédrol le 23 octobre à l'issue d'un match à Westerlo, il s'est défendu mardi passé devant la commission antidopage de la Communauté flamande, accompagné par le médecin du club et son avocat. S'il se dit confiant, étant donné la solidité du dossier présenté et les attestations fournies, il devra néanmoins patienter jusqu'au 1er février pour connaître le verdict. Sur le plan sportif et professionnel, il peut nourrir des inquiétudes également. La situation financière de l'Excel n'est guère reluisante et il est l'un des nombreux joueurs dont le contrat se termine en juin de cette année. De quoi entretenir des états d'âme. Francky Vandendriessche : Je suis relativement serein. Psychologiquement, je me sentais plus mal avant le Nouvel An. La révélation de ce contrôle positif m'a touché de plein fouet. J'ai la conscience tranquille : je n'ai rien à cacher, rien à me reprocher. Raison pour laquelle j'ai insisté auprès de l'entraîneur pour qu'il m'aligne à Bruges, deux jours après la publication de la nouvelle dans la presse. Je savais que je m'exposerais aux railleries des supporters locaux, mais puisque je me sentais droit dans mes bottes, j'ai préféré les affronter. Il n'empêche : ce fut un moment difficile à vivre. Des gens prennent un malin plaisir à se moquer des malheurs d'autrui. D'autres personnes essaient de comprendre la situation dans laquelle on se trouve, mais elles ne représentent qu'une minorité. Aujourd'hui, je me suis remis les idées en place. J'ai discuté avec d'innombrables personnes : des médecins sportifs, d'autres personnalités compétentes. On m'a expliqué que ce genre de cas se produisait fréquemment et que tout le monde peut y être confronté. Etant donné que l'on a pu prouver que j'avais bel et bien subi des infiltrations pour soigner des douleurs dorsales, je suis plus ou moins rassuré. Mais j'attendrai toutefois le verdict du 1er février avant de m'expliquer de manière plus approfondie sur le sujet. Le fait de devoir patienter est normal, m'a-t-on dit. La semaine dernière, on s'est contenté de présenter le dossier. Celui-ci doit maintenant être examiné. Je suis confiant. En ce qui concerne la situation de l'Excel, c'est une autre histoire. Soyons réalistes : la période des vaches grasses est révolue pour les footballeurs. Pas seulement à Mouscron, mais dans tous les clubs belges et même dans certains clubs européens. A Mouscron, cela a l'air sérieux. J'ai décelé des symptômes qui m'inquiètent, car j'ai déjà vécu tout cela avec Waregem. Les signes précurseurs étaient identiques. Au Gaverbeek aussi, on avait dépensé de manière inconsidérée. Ce genre de folies, on le paie tôt ou tard. Fort de mon expérience précédente, j'ai averti certaines personnes au Canonnier, en essayant de tirer le signal d'alarme il y a deux ou trois ans déjà, mais je n'ai pas été écouté. On m'a répondu qu'il n'y avait aucun risque de connaître les mêmes mésaventures qu'à Waregem, mais apparemment, l'être humain ne prend réellement conscience du danger que lorsqu'il y est lui-même été confronté. J'espère que la situation pourra être rétablie, que le club obtiendra sa licence et que les Hurlus pourront poursuivre leur route en D1, sur une base plus saine. Avec ou sans moi ? C'est encore une autre question. A laquelle je suis incapable de répondre pour l'instant. Comme pour tous mes partenaires qui se retrouvent dans la même situation, il faudra probablement attendre la fin mars, et l'obtention û ou non û de la licence pour être fixé. Ce n'est qu'alors qu'on pourra se mettre à table pour discuter d'une éventuelle prolongation et des conditions de celle-ci. Cette incertitude est difficile à vivre. Et, qu'on le veuille ou non, cela a des répercussions sur le terrain. Cette période de doute a été entamée lors du déplacement au Brussels. Avant cela, on venait de livrer deux prestations très convaincantes, contre le Cercle Bruges et Mons. Puis, les rumeurs alarmistes ont commencé à circuler. On a beau dire qu'il faut faire abstraction de tout cela, ce n'est pas facile. D'un autre côté, je dois reconnaître que malgré toutes les difficultés ren-contrées, j'ai toujours été payé à heure et à temps. Et je crois que c'est également le cas de mes partenaires. Mais on se serait bien passé des problèmes actuels. J'ai connu des périodes d'euphorie avec ce club. L'Excel dispute sa neuvième saison en D1, et jusqu'ici, avait presque toujours visé une 3e, 4e ou 5e place en championnat, ainsi qu'une demi-finale ou une finale de Coupe de Belgique. On regardait toujours vers le haut. Aujourd'hui, c'est différent : le regard se porte vers le bas. Les meilleurs joueurs s'en vont : il y a eu quatre départs importants pendant l'été, Christophe Grégoire est encore parti cet hiver, et d'autres joueurs pourraient emboîter le pas, comme Marcin Zewlakow ou Geoffrey Claeys. Mouscron jouissait d'une bonne réputation, et mes anciens coéquipiers qui ont émigré sous d'autres cieux ne me démentiront pas : en matière d'organisation et d'infrastructures, l'Excel fait partie du top en Belgique. Mais le reste doit suivre, et dans le football moderne, l'argent est le nerf de la guerre. Autrefois, j'avais sans doute tendance à m'inquiéter assez rapidement, mais je suis devenu plus philosophe avec l'âge. Avec tout ce que j'ai déjà vécu, je me suis forgé une carapace. Mon principal trait de caractère est, je crois, la persévérance. Je ne me laisse pas facilement abattre. On a déjà annoncé ma fin à plusieurs reprises, mais je suis toujours revenu. Je suis trop gentil. Dans la vie de tous les jours, comme sur le terrain en tant que gardien de but et capitaine, je devrais davantage m'imposer. Mais c'est dans ma nature : d'un brave garçon, on ne fera jamais une brute. Je ne me suis jamais disputé avec personne. Il faudrait commettre un acte très grave pour avoir une altercation avec moi. La fermeté. Cela rejoint le point précédent. Je suis le capitaine de Mouscron depuis quatre ans, mais je suis trop préoccupé par ma propre préparation à un match pour me soucier de celle des autres. Je devrais, sans doute, me résoudre à frapper plus souvent du poing sur la table. Je l'ai fait une fois, cette saison : avant le match contre le Cercle Bruges. Et on a gagné 6-0. Il n'existe pas. Chacun s'efforce, pour soi-même, de se créer des conditions de vie agréables, mais il y a trop de violence dans le monde pour qu'on puisse parler de paradis. Trop de jalousie, aussi. Le jardinage. C'est ma grande passion. J'attends avec impatience la fin février, ou le début mars, pour que je puisse à nouveau m'occuper de mon jardin. La pelouse doit être parfaite, comme celle du Canonnier. Et le petit étang doit être bien alimenté. Les fleurs demandent moins de travail. Mais il y en a pour chaque saison. Et elles apportent de la couleur. La rose de Noël. Une fleur qui éclot en hiver, c'est très spécial. J'apprécie particulièrement la variété blanche. Le chien. C'est un animal très affectueux. Lorsque vous rentrez de l'entraînement, il vous accueille et vous témoigne immédiatement sa sympathie. Il vous accompagne en promenade. Il fait partie de la famille. Le canari. J'adore l'entendre siffler. Ella. C'est le prénom de ma fille. Si j'avais eu un garçon, je l'aurais prénommé Emile. Pas en rapport avec Mpenza. Simplement, c'est un prénom qui plaît à mon épouse et que j'apprécie également. Le fait que les deux prénoms commencent par la lettre E est une pure coïncidence. Le rouge. J'ai fait toute ma carrière en rouge : à Waregem, à Mouscron. 22 ans que je suis fidèle à cette couleur. De là à rejoindre le Standard la saison prochaine, il y a un pas que je ne franchirai pas (encore). Les scampi. Je peux apprécier un bon steak, mais je ne mange jamais de frites à la maison. Je surveille mon alimentation. Je consomme très peu de boissons alcoolisées. En certaines occasions, j'apprécie un verre de vin blanc. Mais, pour étancher ma soif, je peux parfaitement me contenter d'un verre d'eau. Je ne suis pas véritablement un amateur de cinéma. Mon épouse s'y rend régulièrement avec ma fille, mais je suis plutôt du genre casanier. Je pourrais même me passer de télévision à la maison. Je préfère travailler dans mon jardin que me relaxer dans mon fauteuil, devant le petit écran. Et lorsque j'allume malgré tout mon poste, je me branche plus volontiers sur les actualités que sur un film. Lorsqu'un film est diffusé à 21 heures le vendredi, je ne le regarde jamais jusqu'au bout : je vais me coucher à 22 heures, parce que j'ai un match le lendemain. Je vais peut-être faire rigoler beaucoup de monde, mais j'apprécie la série télévisée DePfaffs. Peut-être parce que je suis moi-même gardien de but. Le cinéma est un loisir très courant chez la plupart des footballeurs, et je m'en rends compte aux conversations dans le vestiaire, mais je suis incapable d'y ajouter mon commentaire. De ce point de vue-là, je suis sans doute différent des autres sportifs. Les biographies sportives. Celle de David Beckham ou des frères Planckaert, par exemple. Pour le reste, je lis surtout des magazines : Sport/ FootMagazine, l'hebdomadaire flamand Humo. Je ne suis pas un amateur de littérature classique. Clouseau. C'est un groupe très populaire en Flandre, qui a déjà rempli à 18 reprises le Sportpaleis d'Anvers : 18 fois 15.000 spectateurs, ce n'est pas rien. Les frères Kris et Koen Wauters, deux membres du groupe, sont venus saluer les Diables Rouges au Japon pendant la Coupe du Monde 2002. Ils ont interprété certains morceaux de leur répertoire. J'étais déjà un fan avant cela, mais des liens plus étroits se sont alors créés, et j'ai déjà assisté à deux concerts du groupe. Mon épouse a acheté un tableau de Monet. Mais, personnellement, je ne suis pas un amateur de peinture. J'admire tous les gens qui se sont fixé un objectif et qui, grâce à bien des efforts, sont parvenus à l'atteindre. Ceux, aussi, qui ont surmonté une épreuve douloureuse grâce à leur courage. Pour donner un exemple dans le monde sportif : je tiens en haute estime le triathlète Marc Herremans, qui s'est retrouvé dans une chaise roulante à la suite d'un accident et qui ne s'est jamais découragé, au point d'avoir pu reprendre la compétition et de participer à nouveau à l' IronMan d'Hawaii. Moi-même, je ne pense pas que j'aurais été capable d'un tel courage si je m'étais retrouvé dans une situation similaire. L'injustice. J'en ai été moi-même victime, tout récemment, avec ce contrôle positif. Etre placé dans une situation inconfortable alors qu'on estime n'avoir rien à se reprocher, c'est très frustrant. La jalousie des gens m'irrite très profondément également : cette tendance de l'être humain à ne pas pouvoir accepter qu'un autre puisse avoir une plus belle maison ou une plus grosse voiture que soi. L'homme est très matérialiste. Je suis heureux comme je suis. Je ne jalouse personne. Aux Iles Canaries. Si je devais quitter la Belgique, c'est là que je m'installerais. Je ne pars jamais en vacances à l'étranger durant l'été, mais depuis plusieurs années, je m'offre chaque hiver une petite semaine au soleil de Tenerife ou de Las Palmas avec ma famille. Je constate que les gens y mènent une vie beaucoup moins stressante que la nôtre. Ils jouissent d'un climat merveilleux et ne se soucient pas trop des impératifs : ce que l'on n'a pas le temps de faire aujourd'hui, on pourra toujours le faire demain... L'honnêteté. C'est la vertu à laquelle j'accorde le plus d'importance, que ce soit chez un homme ou une femme, car j'ai horreur des mensonges et de la tricherie. Je ne modifierais en rien mon style de vie. Si, demain, je devais gagner le gros lot au Lotto, je me contenterais tout au plus d'embellir ma maison et d'acheter éventuellement une deuxième voiture pour mon épouse. Je répartirais l'argent restant entre les autres membres de la famille, mes amis et mes proches. Mais je n'ai pas besoin du grand luxe pour être heureux. La perte d'un être cher. Un sportif a souvent tendance à dramatiser la portée d'une défaite, mais lorsqu'on voit ce qui s'est passé en Asie, on doit relativiser et se dire qu'il est bien futile de râler pour un penalty accordé ou refusé. J'aimerais être immortel. Mais, puisque tout le monde doit mourir un jour, je répondrai : en quelques secondes, sans souffrance. A la limite, comme... Suvad Katana. Mais pas au même âge. Son décès m'a choqué : à un an près, il avait le même âge que moi. Je l'ai souvent croisé sur le terrain. La semaine dernière, Gordan Vidovic nous a rendu visite au Canonnier. Il était encore fort marqué par la disparition de son ami. Partir aussi tôt, c'est terrible. Mais, si l'on me proposait de partir à 100 ans, dans les mêmes circonstances, je signerais tout de suite : un infarctus, pas de réanimation possible, et dix secondes plus tard, on se retrouve dans l'au-delà. Bonjour, pouvez-vous me dire de quoi sera fait l'avenir ? Que réservez-vous encore à tous ceux qui sont restés là, en bas ? Daniel Devos" J'AVAIS AVERTI des signes précurseurs à la situation actuelle de Mouscron, mais ON NE M'A PAS ÉCOUTÉ "