La façon de voir les choses de Jean-Pierre La Placa, 31 ans, fait penser à ce que Georges Brassens aimait chanter. En grattant sa guitare, le génial auteur-compositeur affirmait notamment : " Elle est à toi cette chanson/ Toi, l'Auvergnat qui sans façon/ M'as donné un bout de pain/ Quand dans ma vie il faisait faim ".
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La façon de voir les choses de Jean-Pierre La Placa, 31 ans, fait penser à ce que Georges Brassens aimait chanter. En grattant sa guitare, le génial auteur-compositeur affirmait notamment : " Elle est à toi cette chanson/ Toi, l'Auvergnat qui sans façon/ M'as donné un bout de pain/ Quand dans ma vie il faisait faim ". Le sympathique joueur suisse mesure sa chance et son bonheur mais n'est pas du style à tout garder rien que pour lui. Il a banni le mot égoïsme de son dictionnaire. Les images de la tragédie du tsunami qui vient de répandre la mort et la désolation en Asie l'ont beaucoup marqué. " C'est épouvantable mais, cette fois, le monde entier a réagi ", dit-il. " Tous veulent aider ces pays en détresse. J'espère que ce sera le cas lors d'autres grandes catastrophes. La terre est trop petite pour ne vivre qu'avec un seul souci : soi-même ". Je suis super heureux, motivé à 1.000 %, décidé jusque dans le plus profond de moi à aider Mons sur le chemin du sauvetage. J'ai vécu six mois intéressants à Waasland, sous la direction d'un entraîneur que j'aime beaucoup, Thierry Pister, mais mon c£ur était resté à Mons. Je n'avais pas quitté le stade Tondreau à cause de Sergio Brio. A mon avis, le coach italien a été manipulé par son agent, Giocondo Martorelli, qui ne songeait probablement qu'à défendre ses intérêts. Je ne faisais pas partie de son écurie. C'est le passé, une parenthèse. J'ai rencontré le président Dominique Leone par hasard, dans un complexe commercial à Mons. Ce fut un moment intéressant, chaleureux, positif avec, à la clef, une envie de prolonger ce qui avait été interrompu. Le problème fut réglé en quelques jours avec mes agents, avec la collaboration de Waasland qui avait compris que mon c£ur était resté à Mons. J'ai signé un contrat de six mois avec une option pour une saison de plus. Je reviens, en quelque sorte, à la maison. La mentalité montoise cadre mieux avec ma personnalité. C'est quand même plus chaleureux, plus chaud, plus festif qu'en Flandre. J'habitais à Mons et je faisais tous les jours les trajets entre mon domicile et Saint-Nicolas. Mons est engagé dans un combat très difficile mais pas impossible. Pour arriver à nos fins, il conviendra cependant d'entamer le deuxième tour sur les chapeaux de roues. Une bonne série serait motivante pour nous et inquiétante en ce qui concerne les autres équipes mêlées à la lutte pour le maintien. Nous avons tous retroussé nos manches. Après ma carrière, je rentrerai en Suisse. J'y retrouverai ma famille, mes parents, mes beaux-parents et mes amis. Mais, en réalité, j'ai la double nationalité. Je suis Suisse et Italien. Mon père est originaire de Sicile. Il a quitté Bompietro, un village situé près de Palerme, en 1972, afin de trouver du travail et un avenir meilleur dans le nord de l'Europe. Avec mon grand-père, ils se sont d'abord arrêtés en Bourgogne avant de se fixer en Suisse. Fils unique, j'y suis né en 1973. Mon papa a travaillé pendant plus de 25 ans dans la même usine. Ma mère, elle aussi d'origine sicilienne, était infirmière. Je ne suis retourné qu'une fois en Sicile à l'âge de six ans. J'ai gardé quelques souvenirs de plus en plus flous. J'y retournerai un jour, c'est évident, et cela engendrera beaucoup d'émotions. Je pourrai montrer à mon fils, Loris, et à ma femme, Caroline, jusqu'où plongent mes racines. On me parle souvent de l'Etna, de Taormina, d'Agrigente, des sites archéologiques qui sillonnent l'île : un jour, nous visiterons tout cela. Les La Placa ont émigré dans le monde entier. J'ai encore une tante et une cousine en Sicile et des parents plus éloignés vivent à Florence, à Liège, etc. A Mons, un restaurateur porte le même nom de famille que moi : c'est amusant. A Genève, mes parents m'ont élevé comme un Suisse. Je me sens donc d'abord Suisse, puis Italien. En Sicile, mon père jouait très bien au football et était un des joueurs en vue de l'équipe de son village. Après, en Suisse, il a dû se consacrer à son boulot. Aujourd'hui, après une vie de travail, il est retraité. Offrir. Je ne pense pas qu'à l'argent. Si j'étais riche, j'érigerais une maison d'accueil pour les sans abris. Je ne supporte pas l'égoïsme de nos sociétés opulentes. En hiver, des sans-abri souffrent et meurent dans le froid. Peut-on parler de civilisation avancée quand on permet cela ? Je mettrais des chambres à leur disposition, je réquisitionnerais des immeubles abandonnés, et les pauvres seraient logés, nourris, soignés sans devoir rendre de comptes à personne. Donner, offrir sans rien attendre en retour, c'est le plus grand des bonheurs. On peut consacrer un sourire, du temps d'écoute aux autres. C'est peut-être ce qu'il y a de plus précieux dans une société où tout va si vite. J'adore offrir des cadeaux à ma femme et à mon fils. Mes parents sont heureux quand je peux passer quelques jours avec eux. Offrir du bonheur : c'est parfois plus simple qu'on ne le pense. Continuez à veiller sur nous. Je suis catholique mais non pratiquant. Je ne me rends à l'église que pour les mariages, les baptêmes et les décès. A mon avis, les chrétiens ont changé, sont plus modernes qu'avant. Chacun peut traverser dignement la vie, être le plus juste possible, sans fréquenter assidûment l'église de son quartier. N'est-ce pas déjà être chrétien ? Je crois en Dieu mais à ma façon. C'est une formidable liberté qui n'existe pas dans toutes les sociétés. Là-haut, Dieu ne demande pas de chichis. La foi chrétienne a été le fil rouge de mon éducation. Je n'oublie jamais de faire un signe de croix en montant sur le terrain avant un match. La générosité. J'aime rire, plaisanter mais je ne suis pas du genre à rouler inutilement les mécaniques. Je déteste hurler afin de me faire entendre ou de m'affirmer. Je suis du style chaque chose en son temps. Je suis parfois trop vite satisfait et il m'arrive de ne pas pousser les choses le plus loin possible. Quand on est naturellement gentil, on n'aime pas blesser les autres. J'y suis allé. Et ce n'est pas loin. Il ne faut pas passer 15 heures en avion pour mettre les pieds au paradis. Il se trouve à deux heures tout au plus de Bruxelles. C'est la Corse. L'Ile de Beauté. J'adore. Il y a tout là-bas : le soleil, la mer, des plages magnifiques, des criques tranquilles, de beaux sites pour la plongée sous-marine, des villages qui valent le coup d'£il, etc. La première fois, j'ai accompagné mon beau-père qui s'y rend depuis des années en vacances, connaît parfaitement Calvi, Ajaccio, Porto-Vecchio, Bastia. Je suis sous le charme... J'ai été plus loin, notamment à Cancun, au Mexique : c'était bien avec la visite de ce qui reste de la civilisation maya. Mais je préfère la Corse. Famille, métier, resto avec les amis, cinéma. Rien de bien sorcier. Rien ne vaut l'ambiance " chalet " en Suisse autour d'une raclette. En hiver, c'est divin. Mes beaux-parents gèrent une grande " maison de vins " à Sion. Ils soignent leurs vignes, produisent leur fendant, ce merveilleux vin blanc du Valais, et le vendent. Cela exige beaucoup de travail et, à force de volonté, les vins Favre sont devenus une référence en Suisse. On peut trouver leur fendant, le vin le plus indiqué pour les raclettes, à Bruxelles, près de la Fondation Jacques Brel. Les Suisses sont de bons vivants, comme les Belges. Le noir et le blanc. J'aime l'élégance de ces couleurs. Je m'habille généralement en noir et blanc. Même mon GSM est noir. Un psy trouverait probablement des tas d'explications motivant mes choix. J'aime bien, c'est tout. Le bleu ne me déplaît pas non plus. Le chien. Pour sa fidélité mais aussi pour son intelligence. Le chien veille sur l'homme, retrouve des choses ou des êtres disparus. Les animaux, en général, méritent plus de respect. Ils sont plus en phase que nous avec la nature. J'ai été étonné d'apprendre qu'il y avait très peu d'animaux parmi les victimes du tsunami. Les animaux ont fui avant le début de la catastrophe. Ils devinèrent que quelque chose de grave allait se produire. Nous pas. Alors, qui de l'homme ou de l'animal est le plus intelligent en certaines circonstances ? Je ne supporte pas la cruauté envers les animaux. Je peux en citer beaucoup. J'ai adoré La Ligne Verte avec Tom Hanks ou The Rock avec Sean Connery. J'adore particulièrement deux acteurs : Al Pacino et Robert De Niro. Ils incarnent tellement bien leurs personnages qu'on oublie le nom de l'acteur. Leur présence crève l'écran. Je n'ai plus ce sentiment avec Michael Douglas qui vieillit mal. Je suis aussi un fan de Daniel Auteuil, de Richard Anconina, de Sophie Marceau et du génial Benoît Poelvoorde. J'ai vu ce dernier dans Podium : pour moi, c'est génial, fabuleux tant j'ai rigolé. Il réussit un mélange de réalisme et de second degré affolants. Le Dîner de cons vaut également le coup d'£il. Je suis un mordu du petit écran. Pour les films mais je ne déteste pas les variétés, les jeux, les émissions de télé réalité et je passe sans problème de Couet à Envoyé Spécial. La vie sans la télévision, je crois que ce serait impossible. C'est une fenêtre ouverte vers le monde. La lecture n'est pas mon passe-temps favori. Je me souviens de la biographie d'un homme que j'admire : Bernard Tapie. On peut ne pas aimer son style mais il a tout gagné : le Tour de France avec Bernard Hinault et Greg LeMond, la Coupe d'Europe des Clubs champions avec l'OM. Ses émissions de télévision ont crevé les plafonds de l'audimat. Bernard Tapie est désormais un comédien à succès à Paris. Il est parti de rien du tout. Tout ce qu'il touche se transforme en or. Ne dit-on pas que le Crédit Lyonnais qui l'a traîné dans la boue devra lui rembourser des sommes considérables ? Même s'il fut le premier à s'attaquer de front à Jean-Marie Le Pen, il n'aurait pas dû se lancer dans la politique. Ce fut l'erreur de sa vie. Il y a gêné pas mal de monde. Je suppose que cela explique une partie de ses problèmes. Je suis un zappeur, je peux passer d'Eros Ramazotti à Anastacia, à Jennifer Lopez ou Michel Sardou sans problème. J'aime Barry White. J'écoute tout cela dans ma voiture et je me branche sur Vivacité, Contact, Fun Radio, NRJ, Radio Nostalgie, etc. A la maison, je regarde les clips des chaînes de télé consacrées à la musique. Je range un personnage qui étonnera dans une galerie des personnages historiques. Pourtant, il y a plus sa place que de nombreux politiciens, philosophes, rois ou autres grands de ce monde. Coluche ne s'est pas contenté de faire rire : il est aussi un bienfaiteur de l'humanité. L' Enfoiré, il a lancé les Restos du C£ur. Des années après sa mort, son idée tient la route, se développe, prouvant que Coluche avait vu juste. Le monde avait besoin de son idée. Il a lutté contre la misère : tout le monde ne peut pas en dire autant. L'homme qui a lancé la Croix-Rouge. Henri Dunant. Jusqu'il y a peu j'ignorais même qu'il était de nationalité suisse. La légende raconte qu'il a eu l'idée de créer une organisation, chargée d'aider les blessés après une des batailles de Napoléon. La Croix-Rouge est partout dans le monde, brave tous les dangers afin d'aider les hommes. Il a reçu le Prix Nobel de la Paix. Coluche et Henri Dunant avaient quelque part le même souci : l'homme. Ils ne sont pas morts riches mais l'histoire les a retenus. La politique, ce n'est pas mon verre de fendant. Je ne m'y connais pas assez. La Suisse rencontre plus ou moins les mêmes problèmes communautaires que la Belgique. Le grand débat de société tourne toujours autour de l'entrée ou pas de la Suisse dans l'Europe. Je suppose que les banques préfèrent que ce ne soit pas le cas. L'intelligence et la sincérité. La droiture, l'honnêteté. La solidarité. Je suis évidemment bien servi avec mes racines suisses et italiennes. J'adore forcément tout ce qui vient de là-bas. Mais j'apprécie aussi les trésors de la cuisine française accompagnés d'un bon Bordeaux. Pierre Bilic" Les La Placa ont émigré DANS LE MONDE ENTIER mais j'ai encore une tante et une cousine en Sicile "