Le podium à la chute des feuilles, un football que l'on considère par moments comme le plus léché de D1, une gestion û sportive et financière û citée en exemple, une réputation sympathique, une belle manière de faire mentir tous les pronostics d'avant-saison, un gardien chez les Diables Rouges et quelques affirmations individuelles qui valent le coup d'£il : La Louvière n'avait jamais été aussi bien cotée depuis son retour en D1. Albert Cartier (44 ans) pourrait se la péter mais préfère la jouer modeste et continue à rappeler l'objectif du début de saison : le maintien. Personne n'est dupe, évidemment : ces Loups-là valent bien mieux que les terribles bagarres et le jeu à l'emporte-pièce du bas classement, et on sent déjà qu'ils ne seront pas mêlés à cette lutte.
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Le podium à la chute des feuilles, un football que l'on considère par moments comme le plus léché de D1, une gestion û sportive et financière û citée en exemple, une réputation sympathique, une belle manière de faire mentir tous les pronostics d'avant-saison, un gardien chez les Diables Rouges et quelques affirmations individuelles qui valent le coup d'£il : La Louvière n'avait jamais été aussi bien cotée depuis son retour en D1. Albert Cartier (44 ans) pourrait se la péter mais préfère la jouer modeste et continue à rappeler l'objectif du début de saison : le maintien. Personne n'est dupe, évidemment : ces Loups-là valent bien mieux que les terribles bagarres et le jeu à l'emporte-pièce du bas classement, et on sent déjà qu'ils ne seront pas mêlés à cette lutte. A l'approche de l'ultime ligne droite du premier tour, le coach s'est collé au questionnaire de Marcel Proust : quand un penseur français du foot belge d'aujourd'hui répond aux interrogations d'un penseur français du siècle dernier... Albert Cartier : Celui qui est riche d'espoir est riche de tout. Ne me demandez pas qui a écrit cette phrase : je n'en sais rien ! Je l'ai lue un jour et je l'ai retenue parce qu'elle est très belle et résume mon état d'esprit. L'espoir, c'est ce qu'il y a de plus précieux pour un homme. Il faut le conserver, dans les mauvaises passes comme dans les moments où tout va bien. Parallèlement, il faut être conscient que les récompenses ne tombent pas d'un claquement de doigts. On doit se battre. Si on fait ce qu'on peut, on fait ce qu'on doit. Chaque homme doit pouvoir aller au bout de ses forces pour atteindre ses objectifs. Je n'accepte pas que l'on n'utilise qu'un faible pourcentage de ses possibilités intellectuelles, physiques, manuelles, etc. On est éduqué pour n'en exploiter que 15, 30, voire 50 %. Pas plus. C'est malheureux. L'homme réaliserait des choses encore bien plus grandes et bien plus belles s'il remontait ses propres limites. Mais on n'a pas été formé pour viser le plus haut possible. Ce n'est pas parce que c'est difficile que l'on n'ose pas, mais c'est parce qu'on n'ose pas que ça devient difficile. Je le répète souvent à mes joueurs. L'espoir et l'ambition doivent être boostés. Et il est important de garder en permanence une même ligne de conduite : ne pas s'emballer quand tout va bien parce que c'est dans ces moments-là qu'on peut faire les plus grosses bêtises qui se payeront au prix fort, et ne pas sombrer quand tout va mal. Dans les moments les plus sombres de sa vie, l'homme doit pouvoir se mettre devant un miroir et se dire : -Si tu ne sais pas où tu vas, tu dois savoir d'où tu viens. En se rappelant tout ce qu'on a fait, tout ce qu'on a vécu, on évite de faire n'importe quoi. Les prénoms de ma femme et de mes deux filles : Renata, Lucile (18 ans) et Luana (13 ans). Ma femme est d'origine italienne et nous tenions à ce qu'il y ait aussi une consonance italienne dans les prénoms de nos enfants. Je les trouve surtout jolis en regard des personnes qui vivent à l'intérieur... Appeler ma famille qui est restée à Metz, c'est un réel bonheur. Même au téléphone, nous parvenons à avoir des moments de très grande complicité. Ma femme vient de reprendre le travail, dans l'immobilier, après avoir arrêté pour élever nos filles. L'aînée est en fac' de droit et la plus jeune toujours dans le secondaire. Le bleu. Je me suis toujours senti très à l'aise dans cette couleur. Sans raison particulière. La Louvière joue parfois en bleu : cela ne me dérange pas, même si je trouve que toutes les équipes de foot devraient porter leurs couleurs d'origine au moins quand elles jouent à domicile. C'est le cas en France. Mon chien, un westy. Le même, pour ainsi dire, que celui qu'on retrouve sur les étiquettes des boîtes de César... Ces chiens ont beaucoup de caractère et, en même temps, ils sont très affectueux. Je citerais les deux derniers que j'ai lus. Les trois marches, de Patrick Henderickx. C'est l'histoire vraie d'un Belge qui est devenu patron d'une entreprise internationale florissante après avoir connu de grands moments de douleur dans son enfance et son adolescence. Il a fréquenté des milieux plus que troubles, mafieux, il a côtoyé la délinquance. Il aurait pu faire fortune en s'impliquant dans ce monde-là, mais il a décidé de réussir en respectant d'autres valeurs, bien plus nobles : le travail, la rigueur, etc. Son histoire m'a rappelé une autre devise que j'apprécie : l'important n'est pas de réussir dans la vie mais de réussir sa vie. Patrick Henderickx a fait coup double : il a réussi dans la vie et il a réussi sa vie. J'ai aussi beaucoup aimé Manuel du guerrier de la lumière, de Paulo Coelho. C'est une espèce de guide qui peut servir à se construire un bon itinéraire en tenant compte des expériences passées. Une façon de donner un vrai sens à sa vie. Ce livre, chacun peut le lire avec son environnement, ses espoirs et ses ambitions. Je vais remonter très loin... Charlemagne. Il a sorti un peuple de l'ignorance en rendant la scolarité obligatoire. A une époque où on avait plutôt tendance à écraser les peuples en leur interdisant l'accès au savoir. J'ai aussi été marqué par l'£uvre de Louis Pasteur qui a travaillé pour sortir un peuple non pas de l'ignorance intellectuelle, mais de la souffrance physique. Pasteur n'a pas combattu que la rage : il s'est dépensé pour éliminer beaucoup d'autres fléaux. Tous ceux qui ne respectent pas leurs engagements. Une parole, pour moi, c'est sacré. Dès qu'on s'est engagé, on doit assumer ses responsabilités. On n'a pas le droit d'abandonner en cours de route. Le droit de vote aux femmes françaises, qui leur a été accordé en 1948. Vous imaginez ? En 1948 ! Quand je l'ai lu, j'ai été vraiment interpellé. Je croyais qu'on leur avait offert ce droit il y a plus d'un siècle. Mais non : 1948, c'était hier. Le droit à l'avortement. Il permet aussi, d'une certaine manière, aux femmes d'être libres. L'interdiction de fumer dans les lieux publics. Une question de respect d'autrui, tout simplement. La castration chimique des délinquants sexuels. Ce n'est pas encore une loi en France, mais seulement un essai. Et j'estime que cette mesure mérite d'aller plus loin qu'au stade du simple essai. C'est un moyen radical pour empêcher ces personnes de récidiver. Je pourrais parler de la peine de mort mais j'estime ne pas avoir assez de recul pour le faire. Le débat revient régulièrement : -Etes-vous pour ou contre la peine capitale ? C'est bien que cette question existe, mais c'est insuffisant aussi longtemps qu'on ne nous propose rien comme solution de rechange. C'est trop facile de supprimer la peine de mort si on ne met rien de constructif à la place. Outre la propension à ne pas tenir ses engagements, je mentionnerais la lâcheté. Ne pas respecter sa parole ou manquer de courage, ce n'est pas une question d'intelligence. Si l'intelligence a ses limites, la bêtise n'en a pas. L'objet de ma vie, c'est le bonheur. Le lieu pour être heureux, c'est ici. Le moment pour être heureux, c'est maintenant. Je pourrais me dire qu'il y a des activités plus agréables que passer une heure et demie avec un journaliste... Non, je ne suis pas d'accord. Je veux intégrer du bonheur dans chaque moment que je vis. Le respect au sens large. Le charme. On l'a ou on ne l'a pas. Si une femme n'a pas de charme aujourd'hui, elle n'en aura pas demain. Ça ne se cultive pas. Si elle en a maintenant, elle en aura toujours. Une femme qui a du charme à 30 ans en aura encore à 70 ans. Elle n'aura sans doute plus cette beauté qui faisait tourner les têtes quand elle était jeune, mais son charme ne l'aura pas abandonné. Ce n'est pas une question d'habillement, de bijoux ou d'autres accessoires, mais une attitude, un verbe, un regard. Avoir du charme, ce n'est pas être dans le paraître mais dans l'être. La fidélité et la sincérité. Leur soutien. C'est aussi pour être soutenu dans les moments difficiles qu'on a des amis. La gourmandise. Salut, on va faire un jogging ? On ne peut mesurer le bonheur que quand on a connu le malheur. La vie est faite d'étapes. De joies et de moments difficiles. Je prends l'exemple d'un parcours professionnel idéal. Entre 30 et 40 ans, on se construit. Entre 40 et 50 ans, on se réalise. Mais, dix ans pour se construire, c'est très long. Il faut être constant, ne pas abandonner face aux coups durs. Pendant les dix années de réalisation, il y a aussi des passages difficiles. Pour les gérer efficacement, il faut s'être doté de bases solides pendant les dix années de construction. Tout cela n'est pas simple. Passé l'âge de 50 ans, il y a plusieurs pistes. Soit on gère ses acquis, soit on bonifie, soit on décline. J'ai vu des gens de 50 ans qui avaient superbement réussi dans leur vie professionnelle mais vendaient tout, du jour au lendemain. Parce qu'entre leur sortie des études supérieures et cet âge-là, ils n'avaient pas pris deux mois de congés. Subitement, ils éprouvaient un gros besoin de souffler, de passer à autre chose, de s'occuper de leurs petits-enfants parce qu'ils n'avaient pas consacré de temps à leurs propres enfants. Tout est beaucoup moins planifié qu'autrefois. Avant, on avait une maison, un métier et une vie de famille. Aujourd'hui, on a souvent plusieurs maisons (parce qu'on déménage plus facilement), deux ou trois métiers, et deux vies de famille ou plus. Nous ne vivons plus dans le même format que nos grands-parents. Je ne dis pas que c'est mieux ou moins bien, c'est simplement la société qui a évolué comme cela. Il suffit d'ouvrir les yeux... Parfois, une simple analyse du regard des gens que l'on croise, suffit. On peut lire énormément de choses dans le regard d'un homme : de la tristesse, du désespoir, du vide, un manque d'étincelles, de flammes. Il ne faut même pas connaître quelqu'un pour comprendre qu'il est contrarié. Je n'ai jamais eu de héros mais ça ne m'empêche pas de croire aux hommes. Et si je devais vraiment désigner un héros, je citerais mon père. Un fonctionnaire qui m'a donné une éducation très stricte. L'eau... pétillante. C'est un clin d'£il : la vie comme elle devrait être. Claire, limpide et transparente comme de l'eau. Et pétillante, parce que je déteste tout ce qui est plat. J'aime bouger les gens et bouger avec les gens. Le débarquement de Normandie, en 1944, malgré le prix en vies humaines qui a dû être payé. C'était le retour à un espoir de liberté. Pas seulement pour le peuple français, mais à l'échelle internationale. Je trouve cet épisode militaire symbolique aussi parce que ce n'était pas une rébellion contre un peuple, mais contre des idées. Pour moi, elle n'était pas dirigée contre l'Allemagne et les Allemands en général. Plutôt contre un certain idéal que visait une partie du peuple allemand. Il n'y avait pas que des gens qui avaient envie de se battre dans ce pays. Un sixième sens. Chaque être humain a un peu d'intuition. Ce don est plus développé chez certains que chez d'autres. J'aimerais bien qu'il soit particulièrement affirmé chez moi. ... de ne plus croire au bonheur. Pierre Danvoye" CHARLEMAGNE a sorti le peuple de l'ignorance, PASTEUR l'a soustrait à la souffrance "