Le président de l'Union Belge mesure que l'heure est grave. L'équipe nationale se rendra en Espagne le 9 octobre avec une foule de questions dans les yeux. Le stade Roi Baudouin a perdu deux de ses cinq étoiles UEFA et ne peut plus être le site d'une finale de la Ligue des Champions et de la Coupe de l'UEFA.

Les clubs de D1 sont à la peine sur le plan financier, songent à une restructuration du championnat avec des playoffs. La formation doit être relancée. Le coach fédéral, Aimé Anthuenis, se plaint du nombre croissant de joueurs étrangers dans les clubs belges. Le règlement de l'U.B. n'est toujours pas dépoussiéré. C'est énorme, écrasant même malgré ce sourire présidentiel qui cache bien les années qui passent.

Président de l'U.B. depuis le 30 juin 2001, ce docteur en droit se distingue par un style différent de celui de son prédécesseur qui frappait de temps en temps du poing sur la table. Jan Peeters dit parfois que sa période préférée fut celle où : " Durant quatre ans, j'ai assumé la tâche de secrétaire général avec Michel D'Hooghe comme président. Nous formions un bon duo. Je suis un juriste, je suis prudent et précis ".

N'y a-t-il pas un peu de nostalgie dans ses propos alors que le nom de Roger Vanden Stock a été avancé pour sa succession en 2005 ? Un peu embêté par cette étiquette d'homme gentil, Peeters est un humaniste, un dirigeant cultivé, sensible, ouvert à la différence et aux rencontres.

Mon état d'esprit en ce moment ?

En général, pour le moment, mon état d'esprit général est très, très, très, très bas. Et pas à cause du football ou pour des raisons familiales. C'est ainsi... Cela dit, j'attends le match des Diables Rouges en Espagne avec beaucoup de crainte et un peu d'espoir. La Belgique a, hélas, égaré deux points face à la Lituanie à Charleroi. L'heure n'est pas au désastre mais il serait utile de reprendre une de ces unités en Espagne. Ce ne sera pas évident mais, en football, on ne sait jamais. De plus, l'équipe nationale espagnole n'affiche pas la même facilité que les clubs de la Liga. L'Espagne se pose aussi des questions après son match nul en Bosnie-Herzégovine.

Les aspects principaux de mon caractère ?

Je suis un homme prudent. Je ne fais jamais de déclarations tapageuses ou hâtives. Je crains de me tromper, de mettre la fédération dans une situation embarrassante, et de devoir, ensuite, faire marche arrière. Je suis méticuleux. J'aime le travail bien fait et soigné. Je ne supporte pas les fautes d'orthographe. Il m'est arrivé de recevoir une lettre d'un notaire qui avait indiqué à la fin de son texte : non corrigé. Je n'ai pas apprécié. C'est un manque de politesse flagrant.

Ma devise ?

Je n'en ai plus. Quand j'étais plus jeune, j'étais un bon vivant. Je profitais de la vie, autour d'une bonne table, avec des amis, une bouteille de vin. Ma devise était alors Carpe Diem comme c'était le cas pour mon ami Rik De Saedeleer, ancien journaliste de la VRT et ex-grand joueur du Racing Malines. Avec le temps et l'âge, ces mots d'Horace ( Carpe diem, mets à profit le temps présent) prennent une autre dimension. Il faut se hâter de jouir de la vie, certes, mais l'âge fixe les limites.

" Je ne dis pas que je suis un excellent président mais j'essaye de bien faire mon boulot "

Mes faiblesses majeures ?

La liste est trop longue si j'en crois une certaine presse. J'ai lu, à mon propos, des mots comme lâche, menteur, etc. Ce sont des exceptions mais à mon âge, heureusement, on n'y accorde plus trop d'importance. Je ne dis pas que je suis un excellent président mais j'essaye de bien faire mon boulot. Au début de la présidence, j'avais certaines illusions. J'en suis revenu mais cette maison tourne bien. Il y a des problèmes mais qui n'en a pas ? Comme l'affaire De Beule ? La justice rendra son verdict. Il y aura une évolution comme dans l'affaire Mexès.

Les qualités qui me manquent ?

Je ne suis pas un Don Quichotte : je ne me bats pas contre des moulins à vent. Je peux comprendre que certains considèrent que c'est un défaut, ce n'est pas mon avis. Il m'est arrivé une fois de mentir. Cela concernait un dossier compliqué à propos des droits de télévision. La conclusion était proche. Un journaliste du Het Laatste Nieuws, me posa une question où le fait de ne pas répondre aurait été aussi problématique qu'une affirmation. Je devais éluder la vérité ou tout aurait pu capoter. J'ai menti par nécessité mais, le dossier bouclé, je me suis excusé.

Le paradis terrestre ?

J'habite un petit patelin, Mariakerke, près de Bornem, où je suis heureux de rentrer tous les soirs après une journée de travail à Bruxelles. C'est mon petit paradis terrestre, le long de l'Escaut.

Mes occupations préférées ?

Je n'ai pas beaucoup de temps libres mais je lis beaucoup, au moins deux livres par mois. Je les lis jusqu'à la fin même ceux qui finissent par moins me passionner. Je m'intéresse aux classiques flamands : Hugo Claus, Herman Brusselmans, Pieter Aspe, Jef Geeraerts.

Mes prénoms préférés ?

J'apprécie les prénoms courts : Julie, Marc. Je ne suis pas attiré par les prénoms composés. Mon fils s'appelle Bertrand, ma fille Catherine.

Ma couleur préférée ?

Le rouge. Depuis toujours et les Diables Rouges n'ont fait qu'accentuer ma préférence pour cette couleur qui est synonyme, selon moi, de chaleur, de vie. Le bleu m'attire aussi.

Ma fleur préférée ?

L'important, c'est la rose. Gilbert Bécaud avait tout compris.

Mon animal préféré ?

Le lion. Mais j'ai hésité entre le lion et l'éléphant. Mais ce dernier ne sait pas toujours où il met les pieds, n'est-ce pas ? Le lion, c'est plus romantique. C'est le roi de la jungle. Il est ambitieux, certes, mais ne cherchez pas de comparaisons. J'avais voulu être secrétaire général de l'U.B. Mais on m'a proposé la présidence, que j'ai acceptée avec joie. Le lion, lui, se sert dans la jungle.

Les films que j'ai aimés ?

Avant, durant ma jeunesse, j'allais au moins une fois par semaine au cinéma. Je ne m'y rends plus qu'une fois par an tout au plus. Mon film culte, celui qui m'a marqué le plus, et que j'ai revu au moins dix fois, ne date pas d'hier : c'est Casablanca avec Humphrey Bogart et Ingrid Bergman.

Mes acteurs préférés ?

Robert De Niro et Al Pacino avec une préférence pour ce dernier.

Les livres que j'ai aimés ?

Je viens de terminer un livre formidable : Da Vinci Code de Dan Brown. C'est un policier qui se déroule au Louvre où on a retrouvé le corps sans vie du conservateur au pied du chef-d'£uvre de Léonard de Vinci, la Joconde. Passionnant avec des tas de références historiques, psychologiques, mythologiques, etc.

" Mon numéro un, pour les chanteurs, c'est Charles Aznavour "

Les musiciens que j'aime le plus ?

J'adore le jazz New Orleans style Louis Armstrong, Sydney Bechet. Au rayon de la musique classique, j'apprécie Brahms avec son ampleur. Je suis un amateur de Frank Sinatra mais mon numéro un, pour les chanteurs, c'est Charles Aznavour. C'est un chanteur, un compositeur, un poète, un interprète, un musicien. Ses textes sont magnifiques.

Mes héros de fiction préférés ?

Lucky Luke. Morris en a fait un chouette personnage de bande dessinée. J'aimais son flegme et il a bien fait de remplacer son éternel mégot de cigarette par un brin d'herbe.

Les personnages de fiction que je déteste ?

Rambo. Affreux...

Mes personnages historiques préférés ?

Ma préférence va, sans aucun, à Nelson Mandela. Il a passé 27 ans dans le bagne d'apartheid de Robben Island. Nelson Mandela en est sorti sans être animé par un esprit de vengeance. C'est incroyable. J'ai eu l'occasion de parler longuement avec lui. Lors du dernier jour de la visite des stades de l'Afrique du Sud, pour la FIFA, la délégation dont je faisais partie a eu l'occasion de visiter Robben Island. Il y avait là des anciens prisonniers et, pendant la visite, Nelson Mandela est arrivé. Il m'a donné la clef afin d'ouvrir son ancienne cellule. Puis, nous nous sommes assis, lui et moi, dans la cour intérieure du bagne et nous nous sommes longuement entretenus. Il a évoqué son passé dans cette prison et m'a dit : " Si je m'étais vengé, j'aurais été du même calibre que les Blancs qui me réservèrent ces traitements " Il y avait du Gandhi dans son discours. C'est la plus importante rencontre de la vie ou, du moins, celle qui m'a de loin le plus impressionné.

Les personnages historiques que je déteste ?

Je ne serai pas original : Hitler, Staline.

Mes héros réels dans le monde moderne ?

Les chercheurs, spécialement dans le domaine médical, qui £uvrent afin de soulager les maux qui frappent l'humanité. Ce sont des héros dont on ne parle pas beaucoup mais ils sont tellement importants.

Les personnages vivants qui m'agacent ?

Certains journalistes, pas beaucoup. Et pas vous.

Les réformes sociopolitiques que j'admire ?

C'est difficile car le champ de réflexion est vaste. Mais l'événement le plus important, à mes yeux, a été l'octroi du droit de vote à tous. Un homme, une voix : c'est la base de tout en démocratie. Il est scandaleux que les femmes aient dû attendre l'après-guerre avant d'avoir le droit de vote.

Les réformes sociopolitiques qui me déplaisent ?

Je vais étonner pas mal de monde. Je suis un ancien juge de la jeunesse. Je songe à la loi qui a instauré l'obligation de la scolarité jusqu'à 18 ans. Cela n'a pas de sens. Elle a fait beaucoup de malheureux, imposant l'ennui à des jeunes s'ennuyant à l'école et qui ne désirent qu'une chose : travailler. Dans le temps, beaucoup ont très bien réussi dans la vie en entamant leur vie professionnelle à 14 ans. J'ai beaucoup de connaissances qui sont dans le cas.

Ce qui m'irrite le plus ?

Les automobilistes qui ne quittent pas la bande de circulation du milieu sur les autoroutes au lieu de se rabattre sur la droite. Ils m'agacent...

L'individu que j'aurais aimé être ?

Je suis heureux de mon sort.

Ce que je voudrais devenir ?

Quand j'étais jeune, je rêvais de devenir trompettiste. Pourtant, je ne suis pas devenu musicien. Pour mes parents, il n'y avait qu'une chose qui comptait : les études, les études, les études. Pour eux, le reste importait peu.

Où je souhaiterais vivre ?

J'aime la Provence, le mont Ventoux, les paysages de là-bas, le calme, le vin, le ciel bleu, le soleil mais après quelques semaines j'en ai marre et je suis heureux de revenir à Mariakerke.

Les vertus que j'admire le plus ?

L'honnêteté et solidarité.

Les qualités que j'admire chez une femme ?

L'amour, la compréhension, le partage, le soutien, la différence d'approche de tout par rapport aux hommes.

Les qualités que j'admire chez un homme ?

L'amitié. Le dimanche, je vais dans mon petit bistrot de village boire quelques bières avec mes copains. Si j'étais dans la merde, je suis certain qu'ils feraient tout pour m'aider.

Ce que j'apprécie le plus chez mes amis ?

Le mot le dit : l'amitié.

" Je ne crois pas en Dieu "

Les faiblesses que je pardonne volontiers ?

L'exactitude est la politesse des rois. En tant que juge, j'avais la réputation de toujours commencer à l'heure. Je pardonne les retards si on... prévient qu'il y a un problème. Ceux qui n'arrivent pas à l'heure sans prévenir me déçoivent.

Ce que je ferais si j'étais très riche ?

C'est quoi être très riche ? Le temps viendra où je devrai m'arrêter mais je ne peux que difficilement m'imaginer une vie où je ne ferais rien. On peut être actif sans être président d'une fédération. Je ne changerais pas ma vie contre de l'argent.

La pire chose qui pourrait m'arriver ?

Devenir aveugle. Cela m'empêcherait de lire.

Au paradis, mes premiers mots à Dieu ?

" Ah, tu existes quand même ?". Je ne crois pas en Dieu. Je préfère fonctionner en me référant aux choses tangibles. Je veux voir et comprendre. Il y a trop de vague dans ce que nous proposent les religions. Les dérives de l'islam sont décriées, c'est normal, mais il y a 800 ans, le christianisme en était au même point : c'était pareil avec les Croisades. J'ai beaucoup d'amis croyants dont certains sont prêtres. La foi est, selon moi, trop négative et basée sur la crainte. Elle est source de réconfort pour beaucoup mais, là aussi, il y a d'abord la peur de ce qu'on ne comprend pas. Croire n'est pas la seule façon de vivre honnêtement comme certains le disent. J'ai fréquenté un collège mais je n'ai pas étudié chez les jésuites comme Michel D'Hooghe et Jacques Rogge. Le curé de ma paroisse fréquente régulièrement mon bistrot préféré à Mariakerke. C'est un bon camarade.

Pierre Bilic

" Je ne suis PAS UN DON QUICHOTTE : je ne me bats pas contre des moulins à vent "

" NELSON MANDELA m'a donné la clef afin d'ouvrir son ancienne cellule "

Le président de l'Union Belge mesure que l'heure est grave. L'équipe nationale se rendra en Espagne le 9 octobre avec une foule de questions dans les yeux. Le stade Roi Baudouin a perdu deux de ses cinq étoiles UEFA et ne peut plus être le site d'une finale de la Ligue des Champions et de la Coupe de l'UEFA. Les clubs de D1 sont à la peine sur le plan financier, songent à une restructuration du championnat avec des playoffs. La formation doit être relancée. Le coach fédéral, Aimé Anthuenis, se plaint du nombre croissant de joueurs étrangers dans les clubs belges. Le règlement de l'U.B. n'est toujours pas dépoussiéré. C'est énorme, écrasant même malgré ce sourire présidentiel qui cache bien les années qui passent. Président de l'U.B. depuis le 30 juin 2001, ce docteur en droit se distingue par un style différent de celui de son prédécesseur qui frappait de temps en temps du poing sur la table. Jan Peeters dit parfois que sa période préférée fut celle où : " Durant quatre ans, j'ai assumé la tâche de secrétaire général avec Michel D'Hooghe comme président. Nous formions un bon duo. Je suis un juriste, je suis prudent et précis ". N'y a-t-il pas un peu de nostalgie dans ses propos alors que le nom de Roger Vanden Stock a été avancé pour sa succession en 2005 ? Un peu embêté par cette étiquette d'homme gentil, Peeters est un humaniste, un dirigeant cultivé, sensible, ouvert à la différence et aux rencontres. En général, pour le moment, mon état d'esprit général est très, très, très, très bas. Et pas à cause du football ou pour des raisons familiales. C'est ainsi... Cela dit, j'attends le match des Diables Rouges en Espagne avec beaucoup de crainte et un peu d'espoir. La Belgique a, hélas, égaré deux points face à la Lituanie à Charleroi. L'heure n'est pas au désastre mais il serait utile de reprendre une de ces unités en Espagne. Ce ne sera pas évident mais, en football, on ne sait jamais. De plus, l'équipe nationale espagnole n'affiche pas la même facilité que les clubs de la Liga. L'Espagne se pose aussi des questions après son match nul en Bosnie-Herzégovine. Je suis un homme prudent. Je ne fais jamais de déclarations tapageuses ou hâtives. Je crains de me tromper, de mettre la fédération dans une situation embarrassante, et de devoir, ensuite, faire marche arrière. Je suis méticuleux. J'aime le travail bien fait et soigné. Je ne supporte pas les fautes d'orthographe. Il m'est arrivé de recevoir une lettre d'un notaire qui avait indiqué à la fin de son texte : non corrigé. Je n'ai pas apprécié. C'est un manque de politesse flagrant. Je n'en ai plus. Quand j'étais plus jeune, j'étais un bon vivant. Je profitais de la vie, autour d'une bonne table, avec des amis, une bouteille de vin. Ma devise était alors Carpe Diem comme c'était le cas pour mon ami Rik De Saedeleer, ancien journaliste de la VRT et ex-grand joueur du Racing Malines. Avec le temps et l'âge, ces mots d'Horace ( Carpe diem, mets à profit le temps présent) prennent une autre dimension. Il faut se hâter de jouir de la vie, certes, mais l'âge fixe les limites. La liste est trop longue si j'en crois une certaine presse. J'ai lu, à mon propos, des mots comme lâche, menteur, etc. Ce sont des exceptions mais à mon âge, heureusement, on n'y accorde plus trop d'importance. Je ne dis pas que je suis un excellent président mais j'essaye de bien faire mon boulot. Au début de la présidence, j'avais certaines illusions. J'en suis revenu mais cette maison tourne bien. Il y a des problèmes mais qui n'en a pas ? Comme l'affaire De Beule ? La justice rendra son verdict. Il y aura une évolution comme dans l'affaire Mexès. Je ne suis pas un Don Quichotte : je ne me bats pas contre des moulins à vent. Je peux comprendre que certains considèrent que c'est un défaut, ce n'est pas mon avis. Il m'est arrivé une fois de mentir. Cela concernait un dossier compliqué à propos des droits de télévision. La conclusion était proche. Un journaliste du Het Laatste Nieuws, me posa une question où le fait de ne pas répondre aurait été aussi problématique qu'une affirmation. Je devais éluder la vérité ou tout aurait pu capoter. J'ai menti par nécessité mais, le dossier bouclé, je me suis excusé. J'habite un petit patelin, Mariakerke, près de Bornem, où je suis heureux de rentrer tous les soirs après une journée de travail à Bruxelles. C'est mon petit paradis terrestre, le long de l'Escaut. Je n'ai pas beaucoup de temps libres mais je lis beaucoup, au moins deux livres par mois. Je les lis jusqu'à la fin même ceux qui finissent par moins me passionner. Je m'intéresse aux classiques flamands : Hugo Claus, Herman Brusselmans, Pieter Aspe, Jef Geeraerts. J'apprécie les prénoms courts : Julie, Marc. Je ne suis pas attiré par les prénoms composés. Mon fils s'appelle Bertrand, ma fille Catherine. Le rouge. Depuis toujours et les Diables Rouges n'ont fait qu'accentuer ma préférence pour cette couleur qui est synonyme, selon moi, de chaleur, de vie. Le bleu m'attire aussi. L'important, c'est la rose. Gilbert Bécaud avait tout compris. Le lion. Mais j'ai hésité entre le lion et l'éléphant. Mais ce dernier ne sait pas toujours où il met les pieds, n'est-ce pas ? Le lion, c'est plus romantique. C'est le roi de la jungle. Il est ambitieux, certes, mais ne cherchez pas de comparaisons. J'avais voulu être secrétaire général de l'U.B. Mais on m'a proposé la présidence, que j'ai acceptée avec joie. Le lion, lui, se sert dans la jungle. Avant, durant ma jeunesse, j'allais au moins une fois par semaine au cinéma. Je ne m'y rends plus qu'une fois par an tout au plus. Mon film culte, celui qui m'a marqué le plus, et que j'ai revu au moins dix fois, ne date pas d'hier : c'est Casablanca avec Humphrey Bogart et Ingrid Bergman. Robert De Niro et Al Pacino avec une préférence pour ce dernier. Je viens de terminer un livre formidable : Da Vinci Code de Dan Brown. C'est un policier qui se déroule au Louvre où on a retrouvé le corps sans vie du conservateur au pied du chef-d'£uvre de Léonard de Vinci, la Joconde. Passionnant avec des tas de références historiques, psychologiques, mythologiques, etc. J'adore le jazz New Orleans style Louis Armstrong, Sydney Bechet. Au rayon de la musique classique, j'apprécie Brahms avec son ampleur. Je suis un amateur de Frank Sinatra mais mon numéro un, pour les chanteurs, c'est Charles Aznavour. C'est un chanteur, un compositeur, un poète, un interprète, un musicien. Ses textes sont magnifiques. Lucky Luke. Morris en a fait un chouette personnage de bande dessinée. J'aimais son flegme et il a bien fait de remplacer son éternel mégot de cigarette par un brin d'herbe. Rambo. Affreux... Ma préférence va, sans aucun, à Nelson Mandela. Il a passé 27 ans dans le bagne d'apartheid de Robben Island. Nelson Mandela en est sorti sans être animé par un esprit de vengeance. C'est incroyable. J'ai eu l'occasion de parler longuement avec lui. Lors du dernier jour de la visite des stades de l'Afrique du Sud, pour la FIFA, la délégation dont je faisais partie a eu l'occasion de visiter Robben Island. Il y avait là des anciens prisonniers et, pendant la visite, Nelson Mandela est arrivé. Il m'a donné la clef afin d'ouvrir son ancienne cellule. Puis, nous nous sommes assis, lui et moi, dans la cour intérieure du bagne et nous nous sommes longuement entretenus. Il a évoqué son passé dans cette prison et m'a dit : " Si je m'étais vengé, j'aurais été du même calibre que les Blancs qui me réservèrent ces traitements " Il y avait du Gandhi dans son discours. C'est la plus importante rencontre de la vie ou, du moins, celle qui m'a de loin le plus impressionné. Je ne serai pas original : Hitler, Staline. Les chercheurs, spécialement dans le domaine médical, qui £uvrent afin de soulager les maux qui frappent l'humanité. Ce sont des héros dont on ne parle pas beaucoup mais ils sont tellement importants. Certains journalistes, pas beaucoup. Et pas vous. C'est difficile car le champ de réflexion est vaste. Mais l'événement le plus important, à mes yeux, a été l'octroi du droit de vote à tous. Un homme, une voix : c'est la base de tout en démocratie. Il est scandaleux que les femmes aient dû attendre l'après-guerre avant d'avoir le droit de vote. Je vais étonner pas mal de monde. Je suis un ancien juge de la jeunesse. Je songe à la loi qui a instauré l'obligation de la scolarité jusqu'à 18 ans. Cela n'a pas de sens. Elle a fait beaucoup de malheureux, imposant l'ennui à des jeunes s'ennuyant à l'école et qui ne désirent qu'une chose : travailler. Dans le temps, beaucoup ont très bien réussi dans la vie en entamant leur vie professionnelle à 14 ans. J'ai beaucoup de connaissances qui sont dans le cas. Les automobilistes qui ne quittent pas la bande de circulation du milieu sur les autoroutes au lieu de se rabattre sur la droite. Ils m'agacent... Je suis heureux de mon sort. Quand j'étais jeune, je rêvais de devenir trompettiste. Pourtant, je ne suis pas devenu musicien. Pour mes parents, il n'y avait qu'une chose qui comptait : les études, les études, les études. Pour eux, le reste importait peu. J'aime la Provence, le mont Ventoux, les paysages de là-bas, le calme, le vin, le ciel bleu, le soleil mais après quelques semaines j'en ai marre et je suis heureux de revenir à Mariakerke. L'honnêteté et solidarité. L'amour, la compréhension, le partage, le soutien, la différence d'approche de tout par rapport aux hommes. L'amitié. Le dimanche, je vais dans mon petit bistrot de village boire quelques bières avec mes copains. Si j'étais dans la merde, je suis certain qu'ils feraient tout pour m'aider. Le mot le dit : l'amitié. L'exactitude est la politesse des rois. En tant que juge, j'avais la réputation de toujours commencer à l'heure. Je pardonne les retards si on... prévient qu'il y a un problème. Ceux qui n'arrivent pas à l'heure sans prévenir me déçoivent. C'est quoi être très riche ? Le temps viendra où je devrai m'arrêter mais je ne peux que difficilement m'imaginer une vie où je ne ferais rien. On peut être actif sans être président d'une fédération. Je ne changerais pas ma vie contre de l'argent. Devenir aveugle. Cela m'empêcherait de lire. " Ah, tu existes quand même ?". Je ne crois pas en Dieu. Je préfère fonctionner en me référant aux choses tangibles. Je veux voir et comprendre. Il y a trop de vague dans ce que nous proposent les religions. Les dérives de l'islam sont décriées, c'est normal, mais il y a 800 ans, le christianisme en était au même point : c'était pareil avec les Croisades. J'ai beaucoup d'amis croyants dont certains sont prêtres. La foi est, selon moi, trop négative et basée sur la crainte. Elle est source de réconfort pour beaucoup mais, là aussi, il y a d'abord la peur de ce qu'on ne comprend pas. Croire n'est pas la seule façon de vivre honnêtement comme certains le disent. J'ai fréquenté un collège mais je n'ai pas étudié chez les jésuites comme Michel D'Hooghe et Jacques Rogge. Le curé de ma paroisse fréquente régulièrement mon bistrot préféré à Mariakerke. C'est un bon camarade. Pierre Bilic" Je ne suis PAS UN DON QUICHOTTE : je ne me bats pas contre des moulins à vent " " NELSON MANDELA m'a donné la clef afin d'ouvrir son ancienne cellule "