Chargé, en septembre 2002, d'assurer l'intérim lors de la destitution précoce de Robert Waseige, Dominique D'Onofrio est toujours l'entraîneur du Standard à l'heure actuelle. Certains estiment qu'il n'a pas la carrure. D'autres, au contraire, qu'il est l'homme idéal pour garder l'église au milieu du village dans un club toujours prêt à s'enflammer, pour une bonne ou une mauvaise raison. Faut-il lui reprocher d'avoir dilapidé le large avantage que l'équipe comptait sur le Club Bruges à la trêve hivernale, l'an passé, et d'avoir ainsi loupé l'occasion de disputer la Ligue des Champions ? Ou, au contraire, le féliciter d'avoir constitué un tel viatique qui a, finalement, permis au club de retrouver la Coupe de l'UEFA ? Au-delà de l'entraîneur, il y a l'homme. C'est celui-là que nous vous proposons de découvrir.
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Chargé, en septembre 2002, d'assurer l'intérim lors de la destitution précoce de Robert Waseige, Dominique D'Onofrio est toujours l'entraîneur du Standard à l'heure actuelle. Certains estiment qu'il n'a pas la carrure. D'autres, au contraire, qu'il est l'homme idéal pour garder l'église au milieu du village dans un club toujours prêt à s'enflammer, pour une bonne ou une mauvaise raison. Faut-il lui reprocher d'avoir dilapidé le large avantage que l'équipe comptait sur le Club Bruges à la trêve hivernale, l'an passé, et d'avoir ainsi loupé l'occasion de disputer la Ligue des Champions ? Ou, au contraire, le féliciter d'avoir constitué un tel viatique qui a, finalement, permis au club de retrouver la Coupe de l'UEFA ? Au-delà de l'entraîneur, il y a l'homme. C'est celui-là que nous vous proposons de découvrir. La période des transferts est terminée. Je connais donc, enfin, la composition du groupe avec lequel je vais pouvoir travailler. De ce point de vue-là, j'ai retrouvé la sérénité. Le Standard effectue son retour sur la scène européenne, et avec cette perspective, je suis gagné par une certaine excitation. Je constate que le groupe est réceptif et a retrouvé du plaisir, mais ces bonnes dispositions doivent se concrétiser sur le terrain. Trop de joueurs se posent encore des questions, car ils ressentent l'obligation d'être performants dans les plus brefs délais. Ma préoccupation première, c'est toujours le prochain match. Mais, en ce moment, je suis préoccupé par la fracture du péroné de Wamberto, conséquence d'une agression qui n'a même pas été sanctionnée. C'est un coup très dur. Pour le club, mais aussi, d'abord, pour le joueur. Je suis optimiste de nature. J'essaye toujours de positiver. Même après une défaite, j'essaye de voir ce qui a fonctionné malgré tout. J'aime la convivialité. J'essaye de rire, de détendre l'atmos-phère, lorsque les circonstances s'y prêtent. Mais je suis aussi un gagneur. Je n'abdique jamais. J'ai beaucoup d'enthousiasme et je m'efforce de le communiquer aux joueurs. J'accepte très mal la défaite. Il me faut toujours deux jours pour la digérer. Deux jours pendant lesquels je dors très mal. C'est le travail qui me fait repartir. Toujours aller de l'avant. Et ne jamais être content de soi. Essayer, à tous moments, de s'améliorer. En dehors du football, je suis un homme relativement sentimental. Je suis très interpellé par certains événements qui se passent dans le monde, notamment tout ce qui concerne les enfants. Je préfère que d'autres les énumèrent à ma place. Certains disent que j'éprouve parfois des difficultés à garder mon calme. D'autres, que je suis un peu trop têtu. La famille est primordiale chez moi. Alors, le paradis terrestre, c'est tout simplement l'endroit où je me sens le plus proche d'elle. Où je la sais heureuse et en bonne santé. Où je suis en paix avec ma conscience. Elles ne sont pas très variées, car le football me prend énormément de temps. Lorsque j'en ai l'occasion, j'adore bricoler. J'aime aussi beaucoup les fleurs et je me plais à décorer mon intérieur. J'aimerais pouvoir aller plus souvent voir mon fils Francesco jouer au football. Il évolue chez les û15 ans au Standard. Je me doute que, pour lui, cela ne doit pas être évident, tous les jours, d'être le fils de l'entraîneur de l'équipe Première. Certains ne manqueront jamais de faire l'amalgame. Mais je crois qu'il vit très bien cette situation. D'ailleurs, je suis très fier qu'il ait rejoint le club avant moi... et avant la nouvelle direction. Il y a huit ans, le Standard était venu le chercher alors qu'il évoluait dans un petit club à Ans. Personnellement, je ne suis au Standard que depuis six ans. Ceux de mes enfants, bien sûr : Francesco et Vanessa, ma fille de 17 ans qui fait des études d'assistante sociale. Francesco, je l'ai choisi en hommage à mon père, décédé alors qu'il était en vacances en Italie. Vanessa, c'est mon épouse qui l'a choisi. Je trouvais également que c'était un très joli prénom. Nous aimions bien Jessica, aussi. Le bleu. Et en particulier le bleu marine. Je suis très jeans, très sportswear. Je porte souvent sur moi l'un ou l'autre vêtement ou sous-vêtement bleu. J'aime beaucoup la rose. Et j'ai toujours été fasciné par la forme des orchidées. Elles ont un aspect tout à fait particulier, j'ai parfois l'impression que ce sont des fleurs qui vivent. Le nombre de variétés d'orchidées m'a toujours interpellé. Le chien. A la maison, nous avons une petite chienne dénommée Princesse. Jadis, ma maman avait toujours des chats et je les aimais beaucoup également. Je ne suis pas très cinéphile, au contraire de ma fille Vanessa, qui possède une collection impressionnante de DVD. Je préfère les reportages et les documentaires. Ou, alors, un bon thriller. Lorsque j'étais gamin, j'adorais Steve McQueen et je me remémore souvent ces séquences-là. Actuellement, j'apprécie beaucoup Mel Gibson et Al Pacino. Je n'ai, malheureusement, pas beaucoup le temps de bouquiner. Lorsque je lis, je m'oriente plutôt vers la littérature sportive. Professionnelle, dans mon cas. Je peux apprécier une biographie d'un grand sportif ou un ouvrage traitant de certains aspects de mon métier. J'aime beaucoup la musique anglo-saxonne. En particulier Phil Collins ou Elton John, dont les chansons sont très mélodieuses. Mais j'ai des goûts musicaux très éclectiques. J'aime beaucoup la musique italienne également. Notamment, des gens comme Eros Ramazzotti, ou encore Lucio Dalla, un chanteur qui compose des mélodies un peu particulières. Zorro. Le justicier. Je n'aimerais pas être Pinocchio. J'ai horreur des menteurs. Et, moi-même, je me sens incapable de mentir. Ceux qui se sont sacrifiés pour défendre une cause noble. Nelson Mandela, par exemple, qui a mené un combat pour l'abolition de l'apartheid en Afrique du Sud. En général, tous ceux qui ont défendu les droits de l'homme. Adolf Hitler, en premier lieu. Est-il besoin d'expliquer pourquoi ? Parmi les personnages contemporains, mais qui entreront hélas bientôt dans l'histoire, il y a quelqu'un comme Oussama Ben Laden. Ceux qui consacrent leur vie à améliorer le sort de l'humanité. Mère Teresa, par exemple. Ou, plus près de chez nous, de grands syndicalistes qui défendent les droits des travailleurs. Le travail, c'est la vie, c'est l'argent, c'est le bien-être. Ceux qui croient tout savoir. Celles qui ont contribué à améliorer le bien-être de tout un chacun. Et, notamment, celles qui ont permis l'accès aux soins de santé pour un maximum de gens. La sécurité sociale dont on bénéficie en Belgique est l'une des meilleures, par rapport à certains pays voisins. On étudie actuellement la possibilité de rendre les soins dentaires gratuits pour les moins de 18 ans. Ce sont de très bonnes réformes. L'augmentation constante des taxes. Et, en particulier, celles qui touchent les plus défavorisés. Mais l'imposition touche tout le monde. La Belgique est l'un des pays où l'on est le plus taxé. Certes, l'argent récolté permet notamment d'améliorer la sécurité sociale, mais je crois qu'il y aurait moyen de trouver un meilleur équilibre. Il y a de trop grandes disparités entre ce que l'on a gagné à la sueur de son front et ce que l'on a réellement en main après déduction des impôts. Les critiques gratuites. Je suis conscient de pratiquer un métier où l'on s'expose perpétuellement aux critiques, et je les accepte facilement lorsqu'elles sont fondées, mais je ne tolère pas celles qui atteignent l'homme dans sa dignité et dans sa vie privée. Ni celles qui sont émises par des gens qui n'ont pas une juste connaissance des données. J'ai horreur, aussi, que l'on colporte des ragots derrière mon dos. Je ne supporte pas l'hypocrisie. Je préfère, de loin, que l'on me dise les choses en face. Comme tout le monde, j'ai eu des rêves. Lorsque j'étais plus jeune, je regardais souvent le feuilleton Steve Austin, l'Homme qui Valait Trois Milliards. Et cela me fascinait. Mais, finalement, je suis très content de ce que je suis devenu. Je n'ai jamais eu de plan de carrière. Tout est arrivé naturellement, presque par hasard. Etre entraîneur au Standard, c'était un rêve. Il s'est réalisé, mais je ne l'ai jamais recherché alors que, pourtant, je suis un passionné de football et j'ai été diplômé à 30 ans. J'ai franchi les paliers, un à un. J'ai commencé avec les jeunes, j'ai entraîné dans toutes les catégories : 1re Provinciale, Promotion, D3. J'ai fait de la formation au FC Liégeois, de la revalidation au Standard, du scouting. Je suis devenu adjoint. Et, un beau jour, le poste d'entraîneur principal m'a été proposé. A ma plus grande surprise. Au départ, je pensais sincèrement que cette promotion serait éphémère. Aujourd'hui encore, je me considère simplement comme un employé du club. Je travaille dans le sens de ce que l'on me demande, sans rien revendiquer, sans rien imposer et sans songer à mes intérêts personnels. Actuellement, le seul rêve que je poursuis encore est de pouvoir, un jour, voir le Standard remporter le titre et jouer la Ligue des Champions. Car cela commence vraiment à faire long. L'homme que je suis devenu, tout simplement. L'important, c'est de rester soi-même. Dans un pays ensoleillé. Que ce soit l'Italie ou l'Espagne. Mais je vis très bien en Belgique. J'y suis depuis 48 ans et, pour l'instant, je n'éprouve pas du tout le besoin de déménager. L'honnêteté et l'amitié. Ce sont des vertus que, malheureusement, on retrouve trop peu dans le monde du football. La gentillesse, l'intelligence, la sensibilité. Chez ma femme, j'admire ses compétences à gérer une situation qui n'est pas toujours facile pour elle. Vivre avec un entraîneur de D1, cela n'a rien d'évident. Chez moi, les vents sont, selon les moments, chauds, tièdes ou froids. Elle doit les subir et doit, parfois, subir des remarques impertinentes. Mais elle essaye toujours de rester en dehors des débats. L'honnête et l'amitié, toujours. Le fait qu'ils me soutiennent, y compris dans les moments défavorables, par un petit mot d'encouragement, par un coup de téléphone sincère, par un SMS. Dans les moments où tout va bien, tout le monde est là. Lorsque cela va mal, on voit ceux qui restent. J'ai beaucoup de copains, mais peu d'amis. Je pardonne beaucoup de choses. Par contre, je ne pourrai jamais pardonner la trahison, mais le mal que l'on fait aux enfants. Je ne pardonnerai jamais à des gens comme Marc Dutroux ou Michel Fourniret. Leurs actes m'ont révolté au plus haut point. Je ne suis pas riche et je ne le serai jamais. Dès lors, la question ne se pose pas. Et si, malgré tout, de l'argent me tombait du ciel ? La qualité de vie a une importance. Je m'achèterais peut-être une voiture plus luxueuse que celle que je possède actuellement. Mais, pour moi, la qualité de vie, c'est d'abord être bien avec ses proches et avec ses amis. La richesse peut aussi être intérieure. Perdre un être cher. Merci. Car, si Dieu m'accueille, cela signifie que j'ai bien mené ma barque. Daniel Devos" JE NE SUIS PAS RICHE et ne le serai jamais. La richesse doit d'abord être intérieure " " Je n'aimerais PAS ETRE PINOCCHIO. J'ai horreur des menteurs "