Il est revenu à Charleroi, club de ses débuts au plus haut niveau, pour y entraîner les gardiens. Après 21 saisons de professionnalisme qui le menèrent à Bruges, à Ekeren, au Lierse, à Alost et de nouveau à Bruges, Philippe Vande Walle (43 ans) a décidé de faire profiter d'autres portiers de son expérience. Son franc-parler ne plaisait pas à certaines personnes mais d'autres le trouvaient fantasque, extraordinaire dans son genre. S'il a évolué, il a conservé son assurance et son sens de l'humour. Ainsi, il n'a pas attendu qu'on termine de lui demander si, d'aventure, il était prêt à affronter le questionnaire de Proust. " Je vois, c'est cette rubrique avec des photos spéciales en noir et blanc où vous n'interrogez que des gars comme Emilio Ferrera et Olivier Suray, tous des gens qui ne se mouillent pas ! Et quand on leur demande quelle est la plus belle femme du monde, ils répondent la leur, comme ça ils sont tranquilles à la maison (il rit) ", rétorqua-t-il instantanément.
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Il est revenu à Charleroi, club de ses débuts au plus haut niveau, pour y entraîner les gardiens. Après 21 saisons de professionnalisme qui le menèrent à Bruges, à Ekeren, au Lierse, à Alost et de nouveau à Bruges, Philippe Vande Walle (43 ans) a décidé de faire profiter d'autres portiers de son expérience. Son franc-parler ne plaisait pas à certaines personnes mais d'autres le trouvaient fantasque, extraordinaire dans son genre. S'il a évolué, il a conservé son assurance et son sens de l'humour. Ainsi, il n'a pas attendu qu'on termine de lui demander si, d'aventure, il était prêt à affronter le questionnaire de Proust. " Je vois, c'est cette rubrique avec des photos spéciales en noir et blanc où vous n'interrogez que des gars comme Emilio Ferrera et Olivier Suray, tous des gens qui ne se mouillent pas ! Et quand on leur demande quelle est la plus belle femme du monde, ils répondent la leur, comme ça ils sont tranquilles à la maison (il rit) ", rétorqua-t-il instantanément. Atteint par le virus de la montagne à 20 ans, Philippe Vande Walle nous emmène en balade sur les sentiers de son existence. Philippe Vande Walle : Je suis heureux. Heureux parce que nos gosses ne sont pas malades, ils ont tout ce qu'il faut. Ma famille se porte bien. On n'a pas d'ennuis si ce ne sont les petits trucs de la vie. On ne galère pas et si on a des emmerdes, la famille est là pour s'entraider. Volontaire, c'est logique parce qu'il y a des gens qui sont nés avec beaucoup plus de qualités footballistiques de base que moi et que j'ai toujours dû cravacher, travailler et encore travailler pour atteindre le sommet. Je suis jaloux : j'avoue que je suis possessif et que ce que j'aime bien, j'aime bien l'avoir pour moi. Discipliné, dans le sens où j'apprécie que tout soit propre, bien rangé. Avec mes gardiens aussi, je désire qu'ils soient bien habillés, qu'ils soient à l'heure. Alors j'ai un humour froid. Dans mes discours, que ce soit avec les jeunes ou les plus âgés, je n'ai pas peur de dire les choses avec un humour assez direct. Il y a des gens qui n'aiment pas, mais bon. Ne jamais abandonner. Si tu ne sais pas voler, cours ; si tu ne sais plus courir, marche ; si tu ne sais plus marcher, rampe ; mais ne t'arrête jamais. Ne jamais descendre, toujours monter. Cette phrase veut tout dire et elle peut s'appliquer à tout le monde, pas seulement aux gens du sport. Elle reflète aussi mon amour pour la montagne, pour la nature Cette devise, c'est une sorte de miroir dans lequel je peux me voir. Je l'ai trouvée à Zeebrugge. L'auteur devait être un marin peu connu. J'ai pris le texte en néerlandais, je l'ai traduit en français et j'en ai fait un cadre que j'ai placé au-dessus de la porte d'entrée chez moi. Souvent trop généreux, je donne, je donne et je ne réfléchis pas à qui ! Un exemple, j'ai eu différents contrats publicitaires avec des marques. Les vêtements et les chaussures qu'on me donne, au lieu de les garder pour moi plus tard, eh bien je les donne à tout le monde. Et des fois, je me dis : - Putain, pourquoi est-ce que je donne à tout le monde ? Mais il suffit que j'aie quelque chose de bien et que quelqu'un me dise que c'est chouette, pour que je le lui laisse. Je n'ai pas peur de me défaire de certains objets que les gens aiment. Je crois que cela vient de la famille : quand je dis à ma mère que telle chose irait bien chez nous, deux minutes après, je l'ai. Des fois, on se plante. C'est un cliché mais les livres et les CD, par exemple, tu les prêtes et tu ne les revois plus. Savoir dire oui en pensant non ou vice-versa. Se prostituer quoi. C'est surtout dans le foot. J'étais fin de contrat à Gand et je gagnais soi-disant trop d'argent. C'est normal qu'on me dise : -OK, tu peux éventuellement rester mais pour moins. Mais pas pour un tiers, par exemple, alors je dis non. Même si j'ai envie de rester. Se prostituer, c'est pour les gars qui n'ont pas beaucoup de qualités mais qui ont l'ambition de faire une carrière d'entraîneur, et même si on leur demandait de payer le club, ils le feraient, rien que pour le plaisir de pouvoir dire : -Je suis entraîneur. Je me suis donc retrouvé sans emploi et Charleroi est venu me proposer un contrat à durée indéterminée. J'ai donc le sentiment qu'ils me respectent car on ne donne pas un tel contrat si on n'a pas confiance. Il ne faut pas oublier que les places sont chères. Il y a des personnes qui, pour 500 ou 700 euros brut par mois, feraient n'importe quoi. Il est évident que les dirigeants sont impressionnés par ce montant et le fait que ces gens soient capables d'entraîner ou pas passe au second plan. Alors que l'efficacité et le rendement à court et à long termes devraient être prioritaires. Cette situation m'agace car combien de fois n'ai-je pas entendu dire que j'étais cher alors que ces dirigeants n'ont jamais eu le moindre contact avec moi. Et quand je leur demandais sur quoi ils se basaient pour affirmer cela, ils devenaient vagues et la réponse est généralement la même : - On dit que... Un refuge en haute montagne avec de la neige et de la glace partout, partout, partout. Et puis, l'odeur d'un bon feu de bois. De la neige partout, parce que je suis un homme de l'hiver. J'adore travailler dehors dans le froid, dans le vent, sous la pluie. Décrotter mon nez à un feu rouge ou en regardant un film à la télé, faire une bonne petite sieste sous ma vieille couverture et faire un gâté à ma maman. Tout cela, c'est pour dire qu'il y a toujours un bon moment dans la vie. J'essaye de profiter des petites choses de la vie. Il ne faut pas toujours beaucoup d'argent pour bien s'amuser. Wendelin, un prénom masculin autrichien, en fait celui de mon guide de montagne. Et les autres, ce sont ceux des gosses : Chinouk, inspiré du chinook, le vent sec et chaud qui souffle des Montagnes Rocheuses sur la Prairie américaine ; Priska, un nom autrichien qui sonne bien et que l'on n'entend pas beaucoup ; enfin Davy, un prénom sans doute un peu moins original. Fuchsia, une couleur chaude et originale. Noir, parce que quand je m'habille pour sortir, c'est en noir, et quand j'étais gardien, je jouais toujours tout en noir. C'était ma tenue préférée. Et le bleu ciel, encore une référence à la montagne. Arlette, ma femme, et l'edelweiss, la fleur de montagne par excellence. La marmotte dont un ami m'a offert un exemplaire empaillé. Le loup, un animal qui vit seul ou en meute, au comportement intelligent, agressif quand il le faut, calme et discipliné. J'ai d'ailleurs un petit tatouage sur le bras droit qui représente une patte de loup. Deux vieux films que probablement peu de gens connaissent : Le pull-over rouge et Le vieux fusil. Le premier, c'est l'histoire de Christian Ranucci qui a été guillotiné pour un meurtre qu'il n'aurait peut-être pas commis. Mais personne ne sait s'il était innocent comme lui l'a prétendu. En tout cas, il y est passé. Evidemment, si on se base sur le livre et le film, on devient, entre guillemets, supporterde Rannucci. Cette histoire m'a fait tiquer car je suis pour la peine de mort, mais on doit être sûr des faits que l'on reproche. Quant à l'autre film, c'est tout simplement parce que l'on peut se rendre compte de tout ce qu'un homme calme peut faire quand on lui fait du mal. Harisson Ford : c'est un bon acteur tout court, il a une bonne bouille. Et Mr Bean. Il ne parle pas dans ses sketches et dans ses petits films, mais j'aime cet humour gestuel, humour anglais. Les aventures des grands alpinistes. Le dernier que j'ai lu, c'est celui de Dixie Dansercoer, qui a tenté la traversée du Pôle Nord. C'est une personne que j'apprécie et que j'ai eu la chance de rencontrer. En fait, en tant qu'invité principal d'une émission sur la VRT, j'avais le droit de faire venir quelqu'un pour qui j'avais de l'admiration. J'apprécie aussi les livres de Joe Simpson, un alpiniste anglais, qui relate ses aventures et les dramatise. Sting, Youssou N'Dour parce que j'ai une affinité pour le Sénégal, Strauss parce que j'aime la musique classique, et puis la musique de méditation et de relaxation. Pour les gens qui ne connaissent pas cela, ce sont tous les CD que l'on voit dans les magasins de nature où l'on peut appuyer sur des petits boutons pour écouter les oiseaux qui chantent, les rivières dans la montagne. Il y en a beaucoup qui n'osent pas le dire parce que c'est un peu marrant, mais moi, cela me relaxe. Blanche-Neige et les sept nains, et Mickey. J'adore tout ce qui est Disney. Si on me demandait de monter mes 30 secondes préférées : je prendrais le passage où Blanche-Neige nettoie en chantant et que le sept nains dansent. Quant à Mickey, c'est parce que quand je le vois, je suis ému comme un gosse de dix ans. Cela me change de l'homme que l'on voit au boulot. Les Simpsons, dont les voix m'agacent, et les personnages de science fiction même si j'ai vu un film ( PanicRoom avec Jodie Foster) que j'ai apprécié. Ben Hur, parce que c'est l'aventure. Che Guevara, pour son courage. Cousteau pour ce qu'il a fait pour la mer, ses expériences, son musée à Monaco. Edmund Hillary, le premier a avoir atteint le sommet de l'Everest. Et qui, par cet exploit sportif, a ouvert le chemin à tous les autres alpinistes sur la plus haute montagne du monde. Jules Vernes : on en revient à l'aventure car ce sont des bouquins que l'on lit la bouche ouverte alors que l'on est dans un monde irréel. Casanova car il se croyait plus beau que moi. Médecins sans frontières, Greenpeace et les associations protectrices de la nature. Tous ces gens qui travaillent dans l'ombre et qui prennent beaucoup de risques. Beaucoup... . be. Tout cela pour dire qu'il y en a tellement dans notre pays. La réforme de la justice. Si elle se fait. L'euro. Parce que changer de l'argent étranger faisait partie de la joie des vacances. Mais pour être plus concret, c'est que depuis qu'on est passé à la nouvelle monnaie, tout est plus cher. Avant, on mettait 20 francs dans un parking ; maintenant, c'est un euro. On a augmenté tous les prix. Chapeau pour la stratégie, car cela marche. Les gens ne se rendent pas compte qu'ils se font rouler sans cesse parce qu'ils n'ont pas la bonne notion de la valeur de l'argent et on a ainsi fait passer des augmentations qui, en francs belges, auraient été mal acceptées. Les lèche-cul. Tout commentaire est superflu. Nicolas Hulot, pour sa présence, son métier et les moyens qu'on lui a donnés pour qu'il puisse toucher à tout. Philippe de Dieuleveult, c'était le début de la télévision aventure. Et la selle d'un vélo de femme ! C'est mon côté humoristique. Un être utile. Cela n'a aucun sens de répondre astronaute ou entraîneur des gardiens à Barcelone. Ce sont des clichés. Je réfléchis et je me dis par exemple, que l'on pourrait mettre sur ma tombe : -J'ai essayé de faire mon possible. Je ne suis pas une moule, j'ai essayé de me rendre utile. 80 % de la population va dire sur une plage avec des cocotiers, mais moi, c'est sur une montagne enneigée toute l'année. Je ne suis pas un poisson qui nage à contre-courant, je dis ce que je pense. Ce n'est pas toujours facile et parfois on paie les pots cassés. En disant cela, j'anticipe sur la question suivante à propos des vertus que j'admire le plus ; c'est l'honnêteté sous toutes ses formes. La fidélité, la flexibilité et qu'elle ait le signe sur sa carte d'identité. La fidélité, la flexibilité et qu'il prenne ses responsabilités. C'est pareil si ce n'est que la femme doit garder sa féminité. J'ai beaucoup de copains, pas d'amis. J'ai joué 21 ans activement comme joueur, j'avais des copains et des amis à chaque coin de rue. C'est eux qui disaient cela. J'ai des collègues. Je sais qu'en disant que je n'ai pas d'amis, je ne les vexerai pas, mais en fait, j'ai deux amis auxquels je peux téléphoner d'Afrique et leur dire que je suis dans les ennuis et que je ne peux pas revenir, ils viendront me chercher. L'oubli et le retard quand ils sont justifiés Le retard, c'est simple : si on vous casse votre voiture, vous ne l'avez pas fait exprès. L'oubli, ce n'est pas un gardien qui débarque sans gants ou un coureur qui s'amène au Tour de France sans son vélo. Non, je n'en veux pas à une personne à laquelle je demande de me ramener quelque chose du magasin et, comme je le lui ai dit au moment où elle démarrait, elle n'a pas pensé à mon achat parce qu'il n'était pas inscrit sur sa liste. Je voyagerais dans le monde entier en mobile home. Ne plus savoir pisser tout seul. C'est cru mais évitons la longue liste de malheurs. Bonjour Monsieur, où se trouve le vestiaire de l'entraîneur des gardiens et la buvette ? Nicolas Ribaudo" DÉCROTTER MON NEZ à un feu rouge ou en regardant un film à la télé : le bonheur "