Après la défaite 1-0 à Benfica et quelques sorties pas trop convaincantes en championnat, tout le monde n'était pas nécessairement optimiste sur les chances de qualification d'Anderlecht. Mais le Sporting a réalisé l'exploit : il a battu Benfica 3-0 au retour et a rejoint les poules de la Ligue des Champions pour la quatrième fois en cinq ans. Le tirage au sort, effectué jeudi à Monaco, lui a réservé un groupe difficile. Les noms que Michel Platini a extrait de l'urne sont peut-être moins ronflants que d'autres, auxquels les Bruxellois se sont frottés dans le passé, mais il ne faut pas se méprendre : le champion d'Allemagne, c'est le Werder Brême et pas le Bayern Munich, et le champion d'Espagne s'appelle cette saison Valence, pas le Real Madrid. Quant à l'Inter Milan, il ne faut plus le présenter. La tâche s'annonce donc ardue.
...

Après la défaite 1-0 à Benfica et quelques sorties pas trop convaincantes en championnat, tout le monde n'était pas nécessairement optimiste sur les chances de qualification d'Anderlecht. Mais le Sporting a réalisé l'exploit : il a battu Benfica 3-0 au retour et a rejoint les poules de la Ligue des Champions pour la quatrième fois en cinq ans. Le tirage au sort, effectué jeudi à Monaco, lui a réservé un groupe difficile. Les noms que Michel Platini a extrait de l'urne sont peut-être moins ronflants que d'autres, auxquels les Bruxellois se sont frottés dans le passé, mais il ne faut pas se méprendre : le champion d'Allemagne, c'est le Werder Brême et pas le Bayern Munich, et le champion d'Espagne s'appelle cette saison Valence, pas le Real Madrid. Quant à l'Inter Milan, il ne faut plus le présenter. La tâche s'annonce donc ardue. " C'est effectivement un tirage délicat ", concède Nenad Jestrovic. " Mais à ce stade de la compétition, il n'y a plus de petites équipes. A la limite, je préfère même affronter des grands : on est généralement plus motivés. Je demeure persuadé que nous avons une chance. A domicile, surtout, on a pris la bonne habitude de se montrer intraitables. Peu de formations, même très huppées, sont parvenues à s'imposer au stade Constant Vanden Stock. Et, de notre côté, on commence malgré tout à avoir une certaine expérience de ce genre de compétition ". Les événements récents ont bien sûr conditionné les réponses apportées par l'attaquant serbe au fameux questionnaire de Proust, devenu un classique de notre magazine. Entre voyages, rêves et aventures, tout y est. Je suis heureux et soulagé. Car, d'une certaine manière, j'ai vaincu le signe indien. Un footballeur est toujours un peu superstitieux, et lorsque j'ai appris que nous partirions au vert à Genval avant le match retour contre Benfica, j'ai tiqué. On était parti dans le même hôtel l'an passé... quand j'ai subi une grave blessure au genou encourue au même stade préliminaire face à Wisla Cracovie. Cela m'avait privé de la Ligue des Champions. Je n'étais pas trop rassuré. Mais, fort d'un mental à toute épreuve, je m'étais promis de conjurer le sort. Cette fois, la chance m'a souri. J'ai oublié ce drame personnel vécu il y a 12 mois. Je me sens bien et je suis en bonne forme. Sauf accident, je participerai enfin aux poules de la C1. Il était temps : je commençais à me demander si je n'étais pas un joueur de... Coupe de l'UEFA. Il y a deux Nenad Jestrovic : sur le terrain et en dehors. En match, j'ai un caractère très fort. Je suis un battant, j'ai toujours envie de gagner, et lorsque cela ne tourne pas comme je l'avais souhaité, je m'énerve. Les entraîneurs ont souvent dû me calmer, et certaines personnes extérieures vont jusqu'à penser que j'ai un sale caractère, à la limite de la méchanceté. Dans la vie de tous les jours, par contre, je suis très calme. Je m'énerve très rarement et je suis très sociable. " Vivre au jour le jour ". Ne plus faire de projections sur le futur. C'est une devise que j'ai adoptée après les blessures dont j'ai été victime. J'essaie de ne plus penser trop loin, cela m'a valu trop de désillusions. L'important, c'est le prochain match, pas celui qu'on espère disputer dans un mois. Jadis, je m'imaginais des tas de choses, je me mettais à rêver, je me voyais déjà dans la peau d'un héros. Et souvent, un accident ruinait tous mes projets. Je ne parle pas uniquement de la Ligue des Champions : je m'étais aussi blessé alors que je frappais aux portes de l'équipe nationale. C'était une autre grosse désillusion. Aujourd'hui, j'ai enfin rejoint la sélection de Serbie & Monténégro et, si tout se passe bien, je pourrais même affronter la Belgique en éliminatoires de la Coupe du Monde 2006. Mais c'est dans deux mois, et comme je l'ai dit, je ne pense plus aussi loin. Je peux tomber dans les escaliers et me retrouver à l'hôpital. Je suis trop gentil. Je veux toujours faire plaisir à tout le monde, et parfois, cela m'a joué des tours. Je suis en train de changer : je ne me laisse plus marcher sur les pieds aussi facilement. Je dois aussi me montrer plus dur en affaires. Lorsque je négocie un transfert ou un contrat, par exemple, mais également dans des domaines plus privés. Sur le terrain, je peux encore améliorer mon jeu de tête. A part cela, je pense avoir suffisamment de qualités dans les 16 mètres, ainsi qu'une bonne vitesse. En dehors du terrain, je devrais me montrer plus intransigeant. Un monde où chacun se sentirait bien. Pour moi, il se situerait dans mon pays. En espérant être suffisamment à l'aise, financièrement parlant, pour assurer l'existence confortable de ma famille. J'adore jouer au tennis, mais le temps me manque. J'aime bien nager, aussi. Et... plonger. Certains diront que je le fais dans le rectangle également ( ilrit). Là, je plonge lorsque c'est... nécessaire. Il faut parfois un peu aider l'arbitre, vous ne trouvez pas ? A la maison, surfer sur Internet constitue aussi l'une de mes occupations préférées. Elena. Sans H. C'est un prénom très musical, qui a une belle consonance slave et beaucoup de charme. C'est le prénom de ma fille, vous l'aurez deviné. J'aime bien Anastasia, aussi. Pour les mêmes raisons. Pour un garçon ? David et, surtout, Mihajlo. Le rouge. C'est une couleur écarlate, très voyante. Le jaune, aussi. Toutes les couleurs vives, en général. Et puis, paradoxalement : les deux extrêmes, le noir et le blanc. Comme je joue à Anderlecht, je me sens également obligé de citer le mauve. J'ai même un... pyjama mauve ! ( ilrit) La rose. Elle comporte des épines, mais elle est tellement belle. J'adore la tulipe, aussi. Je m'émerveille devant les champs de tulipes multicolores aux Pays-Bas. Le dauphin. Lorsque j'étais petit, j'en avais peur. J'osais tout juste le regarder, du bord du bassin. Puis, j'ai eu l'occasion de nager avec un dauphin. J'en garde un souvenir extraordinaire. On peut même s'accrocher à lui pour plonger, à une vitesse phénoménale. En football, lorsqu'on est le dauphin de quelqu'un, cela signifie qu'on a terminé deuxième. A trois reprises, j'ai terminé comme deuxième buteur du championnat : une fois dans l'ex-Yougoslavie et deux fois en Belgique. LedernierSamouraï, avec Tom Cruise. C'est un film très romantique. J'adore les belles histoires sentimentales. L'amour, c'est tout de même ce qu'il y a de plus beau au monde. Mais j'aime tous les genres. Même les films d'horreur. Sylvester Stallone et Richard Gere. Ils se donnent à 100 % et s'investissent à plein dans leur rôle. 20. 000lieuessouslesmers, de Jules Verne. Je l'ai lu, enfant, dans sa version serbe. Ce livre m'a marqué. Dans l'ensemble, j'ai aimé tous les romans de Jules Verne. C'est de l'aventure, de la fiction, mais parfois la fiction est devenue réalité. Ceux de mon pays. La musique serbe, en général. C'est très spécial, différent de ce que l'on trouve ailleurs. J'adore les chansons qui parlent d'amour. J'en écoute énormément. Superman. Ou d'autres personnages qui ont un sixième sens. Voyager dans les étoiles, faire le tour du monde en une heure, voler : cela me fait rêver et je m'imaginerais volontiers dans la peau de personnages de ce genre. Tous ceux qui ont déclenché des guerres. Une guerre, où que ce soit, fait toujours des milliers de morts. J'aime la vie, j'aime le sport, j'aime la fraternité. S'entredéchirer, pour quelque raison que ce soit, c'est triste. Ayrton Senna. Je l'admirais lorsqu'il pilotait sa F1, et son décès m'a beaucoup marqué. Dans l'ensemble, j'admire tous les grands sportifs. Ce sont des héros dans leur genre, même si d'autres personnes font probablement des choses plus utiles. Tous ceux qui affichent de faux airs, qui se font passer pour quelqu'un de bien et qui vous plantent un couteau dans le dos à la moindre occasion. Les égocentriques, les opportunistes, qui utilisent tous les moyens pour faire carrière et qui, lorsqu'ils ont réussi leur projet et rempli leur compte en banque, ne connaissent plus personne. Je suis un sportif. La politique ne m'intéresse pas. Me rendre compte que j'ai été abusé, qu'on s'est servi de ma notoriété pour assouvir des ambitions personnelles. Un acteur célèbre de Hollywood. Au terme de ma carrière, je me verrais bien devenir un manager. Dans le football ou dans le monde des affaires. A Belgrade. C'est là que je suis né et c'est là que je souhaite retourner plus tard. La ville a beaucoup changé. On s'en fait parfois une fausse idée. Par rapport à Bruxelles, une capitale trop administrative à mon goût, elle est beaucoup plus animée. Il y a énormément de distractions pour les jeunes. Beaucoup de beaux cafés, beaucoup de lieux de sortie. Chaque fois que j'y retourne, je me ressource. Je m'y sens très bien. J'ai déjà 28 ans, mais j'ai encore l'esprit très jeune. Le naturel. Il faut pouvoir rester soi-même, en toutes circonstances, et ne pas jouer un double jeu. La beauté, ce n'est pas négligeable. Mais il y a aussi la beauté intérieure. J'aime les femmes qui ont un bon caractère. De mon épouse, j'attends qu'elle se montre compréhensive, qu'elle soit présente lorsqu'il le faut et qu'elle me soutienne. Qu'elle me pardonne lorsque, parfois, je suis de mauvaise humeur. La vie d'un sportif n'est pas toujours rose et on a besoin d'un soutien moral pour être performant. La classe, l'élégance. J'aime les hommes bien soignés, bien habillés. Un footballeur a peu de vrais amis. J'ai la chance d'en compter deux ou trois. Ce que j'apprécie chez eux, c'est qu'ils m'apprécient pour l'homme que je suis, pas parce que je suis riche et célèbre. Tout le monde a le droit de se tromper, d'être dans un mauvais jour. Un arbitre peut commettre une erreur, tout comme un attaquant peut louper un but tout fait. Dans la vie de tous les jours, c'est pareil. En général, je ne suis pas rancunier, mais souvent, j'intériorise ma ranc£ur, j'emmagasine mes frustrations et, à un moment donné, j'explose. Je m'achèterais une belle maison à Belgrade. Une autre, en bord de mer. Je m'achèterais aussi un bateau. Et un jet privé, pourquoi pas ? J'organiserais des fêtes pour mes amis. J'essayerais de voyager, de voir le monde, d'assister à un maximum de rencontres de football. Je mènerais la plus belle vie possible. Mais je me demande aussi si je serais pleinement heureux en menant cette vie là. La nature humaine est ainsi faite que, malheureusement, on n'est jamais totalement satisfait. Me blesser à nouveau, et louper une nouvelle fois la Ligue des Champions. Je n'ose même pas l'imaginer. Ce serait un coup très dur, dont je me remettrais difficilement. La santé, c'est le plus important dans la vie. A côté de cela, l'argent ou le travail, ce n'est rien du tout. Bonjour ! Tout simplement. Après, j'attendrais de voir comment il va me juger. Daniel Devos" Mes amis m'apprécient pour L'HOMME QUE JE SUIS, pas parce que je suis riche et célèbre " " J'aimerais POUVOIR VOLER : voyager dans les étoiles, faire le tour du monde en une heure "