Affirmer que la qualification fut acquise de façon brillante serait pour le moins exagéré. La Louvière a peiné pour trouver le chemin des filets, et l'on se demande encore par quels tourments serait passé Ariel Jacobs, déjà anxieux de nature, si d'aventure le jeune Vrolix avait ouvert la marque pour Lommel au lieu d'envoyer le ballon dans les nuages alors qu'il avait le but grand ouvert devant lui. Mais l'essentiel est acquis: les Loups disputeront la finale de la Coupe de Belgique pour la première fois de leur histoire.
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Affirmer que la qualification fut acquise de façon brillante serait pour le moins exagéré. La Louvière a peiné pour trouver le chemin des filets, et l'on se demande encore par quels tourments serait passé Ariel Jacobs, déjà anxieux de nature, si d'aventure le jeune Vrolix avait ouvert la marque pour Lommel au lieu d'envoyer le ballon dans les nuages alors qu'il avait le but grand ouvert devant lui. Mais l'essentiel est acquis: les Loups disputeront la finale de la Coupe de Belgique pour la première fois de leur histoire.RolandLouf: L'exploit fut réalisé précédemment, face au Standard et à Genk. Face aux Juniors de Lommel, nous avions tout à perdre. Une qualification allait forcément être considérée comme normale. En cas d'élimination, nous aurions frisé le ridicule. Je suis soulagé. Je reconnais que le match n'a jamais atteint des sommets de maîtrise technique. Malgré tout, notre équipe s'est créé une dizaine d'occasions. C'est plus que Lokeren, le week-end précédent. La différence s'est située au niveau de la concrétisation. Nous n'avons pas, en nos rangs, un Bangoura ou un Kristinsson. Pour le club, cette qualification est exceptionnelle. En début de saison, beaucoup d'observateurs nous considéraient comme des descendants potentiels. Le budget avait été revu à la baisse. Le recrutement avait été essentiellement axé sur le rajeunissement. Des joueurs totalement inconnus avaient débarqué. Au bout du compte, nous avons assuré notre maintien sans grosses difficultés, nous avons obtenu la licence et nous disputerons la finale de la Coupe de Belgique en guise d'apothéose. Allons plus loin: vous avez une chance sur deux d'être européen!En finale, tout est possible. En championnat, nous avions livré notre meilleur match de la saison contre St-Trond. Nous avions été battus 1-2 au Tivoli, de façon aussi imméritée qu'au Staaienveld, voici quinze jours. Alors, La Louvière en Coupe de l'UEFA, pourquoi pas? Mais, pour tout avouer: j'ose à peine y penser. En matière d'organisation et d'infrastructures, cela poserait de sérieux problèmes.Tours de passe-passeIl est clair que ces tergiversations nous ont coûté de l'argent. Des actions promotionnelles avaient été envisagées. Club RTL pensait retransmettre le match en direct. Des annonceurs potentiels avaient été sensibilisés. De nombreuses réservations avaient été effectuées dans le secteur horeca. Beaucoup de personnes se sont décommandées, puisque Lommel allait en principe déclarer forfait. Mercredi dernier, nous n'avons pas atteint les 2.500 spectateurs payants. Dans des circonstances normales, nous pouvions en espérer au moins le double. Mais ces tergiversations ont surtout fait perdre beaucoup de crédibilité au football belge. Je trouve illogique qu'un liquidateur puisse tenir le football belge en otage pendant autant de semaines. Aux Pays-Bas, les cas comme celui du FC Twente sont réglés avec beaucoup plus de fermeté. Chez nous, on avait promis plus de clarté et moins de laxisme après les épisodes d'Alost et du RWDM. Cela n'a pas empêché de vivre les épisodes de Malines et de Lommel. Pour les licences, on avait aussi promis que chacun serait fixé le 31 mars. Or, je constate que l'on joue les prolongations pour certains clubs. A la limite, et tout à fait objectivement, il est heureux que La Louvière se soit qualifiée. Imaginez-vous une finale de Coupe de Belgique entre St-Trond et l'équipe Juniors de Lommel, parvenue à ce stade grâce aux tours de passe-passe du liquidateur ou à une construction juridique quelconque? Cette finale de Coupe de Belgique, il va falloir la préparer...Sportivement, on peut faire confiance à Ariel Jacobs pour cela. Administrativement, des réunions auront sans doute lieu avec les dirigeants de St-Trond. Pour La Louvière, cette finale constitue une belle occasion de battre le rappel de tous les supporters, réels ou potentiels. Ce sera un bon test, qui permettra de nous situer en la matière, car j'estime que l'équipe méritait plus que le faible taux d'assistance enregistré cette saison.Pourquoi le public a-t-il boudé? En raison d'un jeu peu enthousiasmant, d'un stade peu attrayant ou d'une concurrence trop encombrante dans la région, avec la présence de Charleroi et de Mons?J'admets que le football pratiqué à domicile ne fut pas toujours de très haute qualité. Que le Tivoli est vétuste, c'est une réalité également. Je pense aussi qu'il y a trop de football à la télévision et qu'une lassitude s'installe. Le contexte économique défavorable ne permet plus de répondre à toutes les sollicitations.La Ville a réagi trop tardSi des partenaires continuent à s'intéresser à nous, cela signifie que le produit La Louvière demeure intéressant. Des partenaires, il y en a. Pas assez, je le concède.Parce que le club n'est pas assez attrayant ou à cause de la personnalité du président?Monsieur Gaone est un homme de pouvoir, prétend-on. C'est sans doute vrai, sinon il n'aurait pas connu une telle réussite dans ses entreprises. Mais, ni Ariel Jacobs ni moi-même n'avons jamais eu la moindre altercation avec lui. Il nous laisse carte blanche pour gérer nos domaines respectifs. Mais il est clair que, si un sponsor amène 10.000 euros, il ne lui laissera pas le loisir de tout décider. Pour attirer des partenaires, nous avons un gros handicap en matière d'infrastructures. Au niveau de l'accueil, que pouvons-nous proposer aux VIP, sinon de s'asseoir sur des banquettes en bois? En matière horeca, c'est pareil. Notre chapiteau est folklorique et convivial, mais il a ses limites. Le projet du stade, c'est bien, mais il arrive trop tard. La Louvière, qui évolue en D1 depuis trois ans, devra peut-être encore patienter deux ans et demi avant d'avoir un outil de travail qui lui permettra d'être compétitif, alors que Mons, qui vient de monter, va commencer les travaux de rénovation dans quelques jours. La différence se situe au niveau politique. Tous les clubs francophones, de Mouscron à Liège en passant par Mons et Charleroi, peuvent compter sur un soutien inconditionnel des édiles municipaux... sauf La Louvière. La Ville est sous tutelle, mais elle n'est pas la seule dans le cas. Elle a reçu des subsides de la Région Wallonne mais a préféré les répartir équitablement entre différentes disciplines sportives. C'est un choix respectable et démocratique, mais qui ne fait pas notre affaire. Selon moi, La Louvière a loupé l'opportunité d'investir dans une locomotive. Elle a préféré investir dans des wagons. De notre côté, nous réduisons les dépenses d'année en année, mais nous devons aussi essayer d'augmenter les recettes. Actuellement, nous n'avons aucune solution pour cela, car l'outil qui nous permettrait de le faire est inexistant. Si nous parvenions à trouver des partenaires financiers qui assisteraient Monsieur Gaone, nous pourrions nous permettre d'attendre que la rénovation du stade soit effective. En cas contraire, se poserait la question de la viabilité de La Louvière, à court ou moyen terme.L'éventualité d'un déménagement à Charleroi ou à Bruxelles est-elle toujours à l'ordre du jour?Nous avions approché Charleroi pour disputer le quart de finale retour contre le Standard au Mambourg. Le monde politique carolo nous a opposé une fin de non-recevoir. Je n'ai pas été vexé, mais j'en ai pris bonne note. Un rapprochement avec le FC Brussels: personnellement, je n'ai pas été contacté. Peut-être M.Gaone en sait-il plus...Evidemment... Maintenant, il faudrait se poser une question: veut-on la RAAL au Tivoli, la RAAL en D1?Le fait d'être coincé entre Charleroi et Mons constitue-t-il un obstacle ou une émulation?C'est extraordinaire pour le Hainaut, qui est la province la plus déshéritée de Belgique, d'avoir quatre clubs en D1. Cela signifie que, sur le plan du football, on travaille bien. Mais, dans un contexte économique, le Hainaut est une grande ville d'un million d'habitants. La Belgique est un petit pays... où, de surcroît, les clubs sont très mal répartis. L'idéal serait de tout effacer sur la carte et d'effectuer une répartition géographique de 12 ou 14 clubs dans autant de zones. Dans un tel contexte, on voit mal La Louvière coiffer Charleroi pour la position de club phare de la zone hennuyère. Je pense qu'il y aurait de la place pour Charleroi, Mouscron et un club CentreBorinage. La solution idéale, qui avait d'ailleurs été préconisée par Monsieur Hasquin, président de la Communauté Française, aurait été celle d'un stade commun pour La Louvière et Mons. Cela aurait été moins onéreux que de rénover les deux stades. Ce stade commun ne devait pas nécessairement être construit en ville, mais dans un lieu dégagé, accessible et pourvu d'un nombre suffisant de parkings, en vertu des normes modernes. Eviter de jouer à la roulette russeActuellement, nous sommes passés à trois millions d'euros. Nous essayerons de passer à deux millions et demi. Mais, c'est clair, il y a un seuil en dessous duquel on ne pourra pas descendre, sous peine de jouer à la roulette russe sur le plan sportif.Il faudra donc, une fois encore, se séparer des gros salaires l'été prochain?Des gros salaires, nous n'en avons plus beaucoup.Didier Ernst partira...En principe, oui. Mais pas uniquement pour des raisons financières. Une évaluation globale a été faite, en tenant compte également de son âge et de son utilité sportive. Nous voulons augmenter la qualité technique et créative de l'équipe, et cela passe par certains choix. Actuellement, La Louvière est plus à l'aise lorsqu'elle peut évoluer de façon attentiste et procéder par contre-attaques à partir d'une bonne organisation. Nous devons pouvoir évoluer vers une circulation de ballon plus fluide.Thierry Siquet s'est vu proposer un nouveau contrat revu à la baisse...Il est conscient qu'à 35 ans, il ne pouvait pas espérer une prolongation à des conditions revues à la hausse.Les jeunes joueurs, acquis alors qu'ils étaient inconnus, voudront davantage qu'un contrat minimum lorsqu'ils auront fait leurs preuves. Michael Klukowski, pour prendre un exemple, vaut davantage aujourd'hui que lorsqu'il était arrivé...Effectivement, et je m'en réjouis. C'est la preuve que nous avons bien travaillé. De son côté, je crois qu'il peut remercier La Louvière de l'avoir révélé. De notre côté, nous ne sommes pas des ingrats. Mais les jeunes sont sous contrat à des conditions établies pour plusieurs années. Les conditions pour une éventuelle prolongation sont également fixées.Dans l'état actuel, qui est sûr de rester?On ne peut jamais être affirmatif, mais Proto, Bryssinck, Arts, Klukowski, Vervalle, Rogerio, Cooreman, Ishiaku, Odemwingie, Magro et Tilmant sont toujours sous contrat. Un accord va être trouvé avec Van Steenberghe, Haydock et Siquet. Quelques cas sont en balance, comme ceux de Kenmogne, Guilmot et Guerrouad. Cela fait déjà une bonne ossature de base. Il faudra ajouter cinq ou six nouveaux joueurs.La licence, comme prévuTout à fait. C'est pour cela qu'il est important de garder un duo expérimenté Siquet-Arts à l'arrière, d'autant qu'Olivieri partira. Un peu d'expérience supplémentaire serait utile dans l'entrejeu aussi. Si, la saison prochaine, notre politique de recrutement sera à nouveau axée sur l'engagement de joueurs anonymes, nous n'engagerons pas que des jeunes. Mais, Coupe de l'UEFA ou pas, nous ne ferons aucun transfert qui serait susceptible de mettre en péril la pérennité du club. Pour faire simplement bonne figure à l'occasion de deux ou quatre matches européens, cela n'en vaut pas la peine. Cette saison, nous avions encore six ou sept joueurs dans le noyau B, qui ne prestaient pas. Je songe à des gens comme Scalia ou Delière. C'était une masse salariale inactive. Ces joueurs-là sont partis. La saison prochaine, nous pourrons travailler avec un noyau A propre, sans noyau B. C'est un avantage énorme par rapport à d'autres clubs qui ont 50 joueurs sous contrat. Daniel Devos"La finale de la Coupe sera un test pour évaluer nos supporters potentiels" "Nous réduisons les dépenses, mais nous n'avons aucune solution pour augmenter les recettes"