Alexandre Teklak ne fait plus partie du onze de base qu'Hugo Broos a en tête. Connaissant le caractère de l'ex-Carolo, cela doit bouillonner à l'intérieur. "Il est vrai qu'après le match face à La Louvière, durant lequel j'étais resté 90 minutes sur le banc, j'étais allé trouver l'entraîneur", confie-t-il. "Je lui ai dit ce que j'avais sur le coeur... mais en pesant mes mots et sans jamais hausser le ton. Pour l'instant, je reste calme. Mais j'avoue que je commençais à trouver le temps long. J'ai le mérite de la franchise".
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Alexandre Teklak ne fait plus partie du onze de base qu'Hugo Broos a en tête. Connaissant le caractère de l'ex-Carolo, cela doit bouillonner à l'intérieur. "Il est vrai qu'après le match face à La Louvière, durant lequel j'étais resté 90 minutes sur le banc, j'étais allé trouver l'entraîneur", confie-t-il. "Je lui ai dit ce que j'avais sur le coeur... mais en pesant mes mots et sans jamais hausser le ton. Pour l'instant, je reste calme. Mais j'avoue que je commençais à trouver le temps long. J'ai le mérite de la franchise".Titulaire à Lokeren, le 20 octobre, Teklak avait été retiré du jeu à la mi-temps ce jour-là: "J'avais payé pour une mauvaise prestation d'ensemble". Depuis lors, il doit attendre une blessure ou une suspension d'un autre défenseur pour réintégrer l'équipe. Comme mercredi passé, au Lierse.Vous arrivez en fin de contrat. Votre situation est-elle préoccupante?Lors du stage de janvier à Rota, Hugo Broos avait déclaré qu'il négocierait bientôt avec les joueurs dont le contrat se termine en juin 2002. Dans le lot, il y avait Gordan Vidovic, Tonci Martic et moi-même. J'attends toujours d'être appelé à la table des négociations. Il y avait des cas plus urgents à résoudre: ceux des frères Zewlakow, celui de l'entraîneur lui-même, celui de Jonathan Blondel depuis qu'il s'est révélé et que les clubs étrangers le sollicitent. En ce qui me concerne, je reste ouvert à toute proposition. J'ignore si Mouscron compte me proposer une prolongation de contrat.La mésaventure survenue à Giovanni Seynhaeve, qui a éprouvé les pires difficultés à retrouver un club alors qu'il était libre de tout engagement, est-elle de nature à vous inquiéter?Je ne m'inquiète pas outre mesure. Le gros problème de Giovanni est qu'il avait souvent été blessé. C'est un joueur qui a beaucoup de qualités -une bonne technique et un marquage intransigeant sur l'homme- mais il a joué de malchance. Personnellement, j'ai été relativement épargné par les blessures. En deux ans à Mouscron, j'ai tout de même disputé une soixantaine de matches. J'évolue en D1 depuis huit ans. Je ne suis pas inconnu en Belgique et je sais que je tiendrais la route dans pas mal de clubs de l'élite.Impossible de rester sur le banc à 26 ansDe votre côté, avez-vous envie de resigner?Si c'est pour être réserviste, j'hésiterais beaucoup. Je sais qu'on ne peut garantir à personne une place de titulaire, mais à 26 ans, j'ai besoin de jouer. Je ne peux pas me contenter d'une place sur le banc. Même si, à Mouscron, on bénéficie d'infrastructures de première qualité et que les contrats sont relativement intéressants.Votre rêve est-il toujours de jouer en Italie?C'était mon rêve de gosse. Mais je dois rester réaliste: la Juventus ne viendra pas chercher un réserviste de Mouscron. Lorsque Zbigniew Boniek jouait en Italie, il était mon idole... parce que j'ai un père polonais et une mère italienne. Un jour, alors qu'il jouait à l'AS Rome, il était venu disputer un match amical à Charleroi. Il s'était approché à deux mètres de moi, et à travers le grillage, avait remis le ballon à une vieille dame. Cela m'avait marqué.Voici deux ans, vous aviez été sélectionné dans l'équipe des Aspirants qui avait rencontré la France A' à Waregem. Avez-vous plafonné depuis?A l'époque, je me sentais vraiment bien. J'évoluais dans l'axe de la défense avec Michal Zewlakow. Je pense que c'est Robert Waseige, fraîchement promu coach fédéral, qui avait demandé à MM. de Sart et Saint-Jean de me convoquer pour ce match. J'avais connu Robert Waseige à Charleroi et je crois qu'il m'appréciait. Il savait dire les choses en face lorsqu'il n'était pas content de quelqu'un. Pour ma part, je disputais ma première saison à Mouscron. Cela tournait bien: Yves Vanderhaeghe et Stefaan Tanghe étaient toujours là. Dans les conditions actuelles, c'est plus difficile de s'illustrer pour un joueur mouscronnois. Dans cette équipe d'Aspirants, il y avait des joueurs comme Walter Baseggio, Wesley Sonck, Daniel Van Buyten et Frédéric Herpoel. Si l'on me compare à eux, il est clair que j'ai plafonné. Pourtant, j'estime avoir progressé depuis que je suis à Mouscron. J'ai dû acquérir un tempérament plus offensif qu'à Charleroi. Je regrette toutefois de ne pas avoir pu continuer à évoluer dans l'axe. C'est une place qui me convenait à merveille. J'ai souvent été baladé d'une place à l'autre, en fonction des indisponibilités: le plus souvent à l'arrière droit, parfois aussi à l'arrière gauche. La polyvalence peut être un atout, mais dans mon cas, je pense qu'elle a constitué un handicap.Il veut s'accrocherPour l'instant, vous vivez donc un moment difficile?Dans la vie, il y a des hauts et de bas. Mon père me l'a encore répété récemment: au boulot, ce n'est pas toujours rose. Autrefois, il était chef de chantier et a été victime d'un grave accident de travail. Lorsque je songe à cela, je n'ai pas le droit de me plaindre. C'est dans les moments difficiles qu'il faut s'accrocher. Je m'efforce de le faire. Je ne me suis jamais entraîné aussi dur qu'actuellement. Parfois, j'ai l'impression que mes efforts sont vains. C'est cela qui m'énerve. Je dois attendre la blessure ou la suspension d'un titulaire pour récupérer ma place. J'avoue que, jusqu'à mercredi passé, je commençais à trouver le temps long. Mais j'avais aussi reçu des marques de réconfort. Beaucoup de supporters m'ont écrit. Cela m'a fait plaisir. Quelqu'un m'a même demandé si j'avais été blessé. Ai-je été tellement mauvais? Pas plus que d'autres, je pense. J'ai commis une petite erreur contre Westerlo qui a précipité la défaite de l'Excelsior: une mésentente avec Francky Vandendriessche. Je reconnais ma culpabilité sur cette phase. J'estime cependant qu'avant cela, j'avais été assez régulier. On peut me reprocher une certaine imprécision à la relance, mais je mouille toujours mon maillot. Je ne triche pas sur le terrain. J'ai parfois l'impression de bénéficier de moins de crédit que certains de mes coéquipiers.Votre ego n'a-t-il pas trop tendance à prendre le dessus?Peut-être. Mais, d'une certaine manière, c'est logique: un joueur écarté est toujours déçu. Celui qui accepte sans sourciller une place sur le banc manque de caractère. Je manifeste peut-être ma déception plus véhémentement que d'autres. Je suis impulsif. Je n'en veux à aucun de mes coéquipiers d'avoir pris ma place. L'entraîneur fait ses choix, il doit avoir ses raisons. Jadis, j'aurais rué dans les brancards. Les naissances d'Alexandra et de Youri m'ont appris à relativiser. La présence des enfants me permet de penser à autre chose qu'au football à la maison.Daniel Devos