Saint-Médard-en-Jelles, un endroit de rêve sur une des routes qui mènent tranquillement vers les châteaux du Médoc. Il fait beau et Marc Wilmots a installé tout son bonheur familial dans une magnifique maison de caractère. Les enfants piquent et repiquent le nez dans la piscine. C'est un grand jour pour Catherine car le cadet, Maarten, a appris à nager sous le regard de son frère, Reno. Maman est ravie. Marc Wilmots a mis un grand champagne rosé au frais. Son beau-frère prépare le barbecue après avoir acheté des écrevisses et des sardines au marché. Il n'a pas oublié les huîtres qui font la réputation du bassin d'Arcachon. Tout le monde est en maillot de bain.
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Saint-Médard-en-Jelles, un endroit de rêve sur une des routes qui mènent tranquillement vers les châteaux du Médoc. Il fait beau et Marc Wilmots a installé tout son bonheur familial dans une magnifique maison de caractère. Les enfants piquent et repiquent le nez dans la piscine. C'est un grand jour pour Catherine car le cadet, Maarten, a appris à nager sous le regard de son frère, Reno. Maman est ravie. Marc Wilmots a mis un grand champagne rosé au frais. Son beau-frère prépare le barbecue après avoir acheté des écrevisses et des sardines au marché. Il n'a pas oublié les huîtres qui font la réputation du bassin d'Arcachon. Tout le monde est en maillot de bain."Nous avons flashé pour cette maison", dit Marc Wilmots. "Pourtant, au départ, il a d'abord fallu beaucoup travailler. J'ai tout refait, déboisé, aplani, défriché, etc. Nous sommes entourés de bois, c'est le calme, idéal pour se reposer, se ressourcer. Bon, j'ai signé à Schalke 04 mais je garde cette maison, pas question de la vendre, ce sera notre hâvre de paix pour les vacances". Les cheminées de la Rhur remplaceront bientôt les pins qui soulignent les contours de l'horizon bordelais. Marc examine sa cheville récemment opérée par le Docteur Declercq à Anvers.Marc Wilmots : Tout progressera plus vite que prévu. Le Docteur Declercq a réalisé une oeuvre d'art. Le cartilage n'avait rien, ce qui est rassurant, l'articulation a été nettoyée comme il y a dix ans. Le chirurgien a également enlevé un éclat d'os qui irritait les tendons près du péroné, ce qui me gênait de plus en plus quand je courrais. Je n'éprouvais plus de plaisir à jouer car le mal était lancinant. J'ai avalé trois anti-inflammatoires afin de tenir ma place à St-Marin. Je ne pouvais plus continuer ainsi et une intervention chirurgicale s'imposait. J'ai un peu galéré dans ma tête car, pour le même prix, les cartilages pouvaient être atteints et c'était alors la fin des haricots. J'aurais arrêté ma carrière. Ma cheville est encore bonne pour trois ans. Je travaille avec Lieven Maesschalk, un kiné d'exception, et cette cheville n'a jamais été aussi sèche. Or, elle a souvent et longtemps été gonflée. Elle est un peu déformée, désaxée, au niveau des malléoles car les joueurs de football prennent beaucoup de coups, mais tout sera bientôt bon pour le service. Bientôt?Il était prévu une période de rééducation et de travail de trois mois avant de rejouer, soit au mieux le 15 septembre prochain. Le coach national écossais, Craig Brown, s'est frotté les mains en apprenant que je passais sur le billard. Il s'est gourré. Je serai là, je jouerai contre l'Ecosse, le 5 septembre à Bruxelles. Je serai prêt à jouer dès le 15 août. Il me restera alors vingt jours pour prendre part à deux matches avec Schalke, idéal avant notre grand rendez-vous avec les Ecossais. Mi-juillet, je galoperai à Knokke, dix kilomètres le matin, dans le sable l'après-midi : c'est pour crever mais je serai apte au service à la mi-août. Je jouerai peut-être une mi-temps lors de l'inauguration du nouveau stade de Schalke. Si tout va bien, je reprendrai les entraînements avec le groupe, à Schalke 04, la première semaine d'août. Pour l'instant, je me soigne, Lieven Maasschalk est venu chez moi à Bordeaux, mais ce sont malgré tout les vacances. Trois semaines consacrée à ma famille. La saison passée, j'avais enchaîné Bundesliga, EURO 2000, transfert aux Girondins de Bordeaux, championnat de France : deux saisons sans la moindre période de repos, c'était dur et j'ai eu des moments où je me sentais carbonisé mais j'ai tenu le coup.Pourquoi voulez-vous absolument jouer contre les Ecossais?Ce sera un rendez-vous décisif sur la route de l'Asie. Si on le négocie bien, il sera plus facile de gérer l'ultime match, en Croatie. J'ai fait le pari avec Robert Waseige que nous irions en Asie. Je veux le gagner et ça va se jouer maintenant. C'est un bel objectif, non? J'en ai toujours eus, je ne les atteints pas tous mais il faut être ambitieux pour avancer. Je fais des choix et, si je m'avance à ce point pour l'équipe nationale, c'est parce que je peux arriver dans ma performance individuelle, mais d'abord et même surtout via l'énorme potentiel d'un groupe entièrement acquis aux principes de Robert Waseige. Je sais où je vais, je ne foutrais ma cheville en l'air si je savais qu'elle n'était pas bonne pour le service. Si cela se compliquait brutalement, ce dont il n'est pas absolument pas question, j'aurai tout essayé. Je fais tout cela pour le sport, pour le plaisir de revivre de bons moments. Si j'avais pensé à autre chose, l'argent par exemple, ou le confort de vie, les vins et la gastronomie, je serais resté à Bordeaux. C'est le paradis. Les Girondins voulaient me garder, j'avais livré une bonne première saison. C'est moi qui ai choisi de partir mais en me disant que ce fut une expérience intéressante. Même si je ne reste pas, je sais comment ça marche en France, c'est utile.Pourquoi Elie Baup a-t-il changé de cap tactique en début de saison?J'ai été transféré pour jouer à une place qui après un mois n'existait plus. Bordeaux me fit venir pour occuper la fonction de médian offensif dans un 5-3-2. C'était le rêve mais, après l'une ou l'autre défaite, ce fut le retour à l'ancien système en 4-4-2, avec une place de médian droit excentré pour moi. Mon poste de départ n'existait plus. Je me suis sacrifié durant une saison mais il n'était pas question de prolonger cette expérience même si j'ai pris part à 90% des matches. Bordeaux avait un problème, pas moi. Nous avons obtenu la quatrième place en championnat, j'ai été deuxième meilleur buteur du club : les dirigeants voulaient me garder. Non, moi, je voulais m'amuser, pas question de ne rien dire et d'aller ainsi jusqu'au bout de mon contrat de quatre ans. Elie Baup souhaitait, pour cette saison, trouver un vrai flanc droit ainsi qu'un médian défensif de métier et ne parlait plus de moi dans l'axe. Je ne regrette rien, j'ai décidé de partir, c'est la vie, et le groupe a été peiné quand mon départ fut officialisé. J'étais tout à fait intégré, à un point tel que je tenais la caisse des amendes.Le Standard et des clubs anglais ne furent-ils pas les premiers à vous contacter alors que Bordeaux espérait, a-t-on dit, récupérer une partie de sa mise via ses assurances d'invalidité?Moi, je jouerai encore alors, les assurances, c'est pas dans mon vocabulaire. Si j'arrête brutalement un jour, il ne faudra pas me payer jusqu'à la fin du contrat. Chez les Wilmots, on a toujours mérité ce qu'on gagne. Je n'ai pas d'agent. Ma femme et mon beau-frère sont avocats, ça me suffit. J'ai toujours été demandé et on n'a, alors, pas besoin de manager. Si j'avais voulu aller en Angleterre, il me semble qu'il y avait des pistes. J'aime ce football mais il fallait à nouveau imposer un nouveau pays aux enfants, etc. J'ai été cité dans plusieurs clubs mais cet intérêt ne date pas d'hier. Je n'avais pas envie d'y aller et je ne citerai pas de clubs pour faire mousser toute une histoire qui n'a jamais eu de vrai début. J'avancerai quand même deux noms écossais: le Celtic et les Rangers. Il y a un mois, j'ai été au resto à Liège avec deux amis : Michel Preud'homme et Luciano D'Onofrio. Nous avons parlé cinq minutes de contrat, même pas, sur les quatre heures passées ensemble. Après, j'étais prêt à revenir au Standard car on sent que quelque chose de très puissant s'y met en place. Ça m'aurait fait plaisir d'aider, j'étais même prêt à gagner la moitié de mon salaire bordelais. C'était pas loin de se faire. Mais Rudi Assauer, le manager de Schalke a alors téléphoné.Quand?J'étais dans une voiture, je revenais d'Anvers où j'avais été opéré. Assauer m'a demandé comment cela allait. Je lui que ma cheville avait été bien opérée. Il m'a demandé ce que Bordeaux exigeait en cas de départ mais il n'était pas encore question d'un retour à Schalke mais il insista pour me voir, quelques jours plus tard au mariage de Youri Mulder à Enschede. Pas de problème et là, il m'a dit : -J'ai un club pour toi. Pour le chambrer un peu, je lui ai demandé si ce n'était pas Brême car il a travaillé dans le temps au Werder. -Non, non, c'est chez moi, à Schalke a-t-il lancé sérieusement. -On veut que tu joues derrière Andy Möller, comme demi défensif. C'était déjà notre idée la saison passée. Après, il y a eu contact avec Bordeaux. Tout a été réglé en cinq minutes. Il m'a demandé combien je voulais gagner, j'ai dit un chiffre, c'était bon. A Bordeaux, le club lui a cité un montant de transfert. Il a fait oui de la tête. C'était pesé et emballé à la Rudi Assauer. Jamais vu un transfert aussi vite conclu. Il voulait absolument me récupérer car Schalke a du pain sur la planche cette saison avec la Ligue des Champions en plus à son programme. Jiri Nemec devient un peu plus vieux et je peux l'aider, mettre la pression, même marquer en venant de beaucoup plus loin, etc.La presse allemande a sous-entendu que le coach, Huub Stevens, n'était pas au courant de ce transfert.Qui prend les décisions? Ils le font à deux, le manager du club et Huub Stevens; mais cette idée a d'abord germé dans la tête d'Assauer. J'ai discuté avec Stevens : c'était un plan qu'il a mis au pont avec Assauer. Je le connais, je sais comment il travaille et réfléchit : cela me conviendra. Je ne serais évidemment pas revenu si Huub Stevens n'avait pas cautionné le projet. Huub Stevens m'a dit qu'il avait besoin de mon expérience. Je veux aider, je soutiendrai à fond Andy Möller qui n'a pas réalisé une saison extraordinaire. On a dit que j'étais parti à cause de lui. Faux, je voulais vivre autre chose. Mais j'avais dit que Schalke devait un peu changer son système. Cela avait froissé Rudi Assauer qui parla même de rupture sur le moment même. Il m'en a reparlé en me disant que j'avais eu raison. Schalke a un peu modifié son placement et est devenu vice-champion de Bundesliga. Cela dit, Andy n'a pas beaucoup marqué en étant posté juste derrière Emile Mpenza et Ebbe Sand. Rudi Assauer sait qu'il récupère un "morceau" de Schalke en venant me rechercher à Bordeaux. J'aime ce club, je dois tout à Schalke.Schalke 04 a discuté aussi avec Christan Ziege et d'autres joueurs : est-ce que tout cela veut dire que les Belges ne joueront finalement pas beaucoup?Qui dit cela? Non, la saison est longue et donc éprouvante. Tout le monde jouera. Van Kerckhoven est très fort sur le flanc gauche. Sven Vermant a des armes, sa technique est un atout. Si je joue deux matches sur trois, ce sera bien à ce niveau. Cela veut dire que le noyau tournera. Ne parlons pas d'Emile. Lui, l'Allemagne lui va comme un gant. Il a de l'espace, peut plonger sans cesse dans le dos des défenseurs. A sa place, je resterai encore un petit temps en Allemagne. L'Italie, ce sera pour plus tard. Les Belges sont heureux à Schalke.Dia 1Pierre Bilic, envoyé spécial à Bordeaux.