Serhat Akin n'a nullement loupé son premier examen, sur la scène domestique, devant l'exigeant public anderlechtois. Aligné comme troisième attaquant, face aux Loups, en remplacement de Christian Wilhelmsson, épargné en prévision du match de ce soir, devant le Slavia Prague, le nouveau transfuge turc aura pesé de tout son poids sur le verdict final de la rencontre.
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Serhat Akin n'a nullement loupé son premier examen, sur la scène domestique, devant l'exigeant public anderlechtois. Aligné comme troisième attaquant, face aux Loups, en remplacement de Christian Wilhelmsson, épargné en prévision du match de ce soir, devant le Slavia Prague, le nouveau transfuge turc aura pesé de tout son poids sur le verdict final de la rencontre. L'ancien attaquant de Fenerbahçe a été ni plus ni moins impliqué dans la moitié des six buts réussis par les Mauves. Outre deux belles réalisations personnelles, il a offert un caviar à Pär Zetterberg sur la phase qui a mené au troisième but de la soirée. Indépendamment de son implication directe sur toutes ces actions, Serhat Akin se sera aussi révélé un poison, nonante minutes durant, par ses appels de balle incessants. Pas mal pour quelqu'un qui, en principe, ne faisait pas partie des plans de bataille de Frankie Vercauteren avant cette rencontre. Serhat Akin : En parcourant les journaux, le jour du match, je m'étais rangé à l'idée que je ne ferais pas partie du onze de base, puisque la plupart des quotidiens annonçaient la paire Nenad Jestrovic-Mbo Mpenza en pointe, secondée par le duo Bart Goor-Christian Wilhelmsson sur les flancs. Lors de la promenade qui a suivi le lunch dans notre lieu de retraite, à Grimbergen, l'entraîneur m'a avisé que je serais bel et bien partant lors de cette rencontre, étant donné qu'il ne voulait pas prendre de risques avec Chippen, qui ressentait une légère gêne musculaire. J'étais d'autant plus heureux à l'annonce de cette nouvelle que mes parents avaient fait tout spécialement le déplacement de Karlsruhe avec l'espoir de me voir à l'£uvre ne fût-ce que quelques minutes face à La Louvière. Le moins que je puisse dire, c'est qu'ils ont été tout particulièrement gâtés avec mes deux buts et mon assist. Je ne sais pas à quoi c'est dû, mais je me sublime toujours quand ils me voient à l'£uvre en live. La première fois qu'ils m'ont suivi à Fenerbahçe, c'était d'ailleurs lors d'un derby face à Galatasaray, que nous avions gagné 6-0. Bizarrement, j'avais inscrit deux buts ce jour-là et délivré une passe décisive, comme contre les Loups. Vous comprendrez sans doute pourquoi j'ai demandé à mes parents de séjourner chez moi jusqu'après le match aller de ce mercredi contre le Slavia Prague (il rit). Je n'ai pas vraiment de préférence. Tous deux ne présentent pas d'inconnue pour moi, dans la mesure où j'avais déjà été utilisé dans ces deux registres à Fenerbahçe. Une équipe et ses composantes doivent être capables de maîtriser plusieurs styles de jeu, car il va de soi qu'on ne joue jamais dans le même canevas selon qu'il s'agit d'un match à domicile ou en déplacement, a fortiori lorsqu'une qualification européenne est en jeu. C'est pourquoi j'ai d'ailleurs parfaitement compris que le staff technique opte pour une approche un peu plus attentiste au Neftchi Bakou. Vu le 5-0 réalisé à l'aller, il était logique que les Azéris jettent immédiatement toutes leurs forces dans la bataille avec l'espoir de ranimer la flamme, comme les footballeurs du Celtic l'ont fait contre Bratislava. Dans ces conditions, on peut comprendre qu'on ne joue pas à visière découverte. En revanche, je ne le cache pas, ma non désignation pour le match aller contre cette même équipe m'avait peiné, même si je n'ai jamais menacé de quitter le club, comme certains de vos confrères l'ont écrit. J'étais déçu car après avoir inscrit 5 buts en 5 matches, je me demandais ce que je pouvais bien faire de plus pour mériter la confiance du coach. Par après, nous avons eu une discussion à ce propos et tout est rentré dans l'ordre. Frankie Vercauteren estimait tout simplement que je ne faisais plus preuve de la même fraîcheur et que c'est pour cette raison qu'il privilégia une autre occupation dans sa division offensive. Avec le recul, je me dis qu'il a eu raison. J'étais occupé avec mon déménagement à Leeuw-Saint-Pierre durant cette période et ce genre d'activité laisse des traces dans les organismes. A présent, je suis installé et je me sens frais comme une rose. Ma propre production n'est pas l'essentiel. D'ailleurs, vous ne m'entendrez jamais dire que je veux marquer 20 buts et délivrer 15 passes décisives cette saison. Pour moi, ce qui importe, c'est ce que glane le collectif. Je me sens donc davantage concerné par le titre, la Coupe de Belgique et notre accession en poules de la Ligue des Champions que par des scores individuels. Aussi, au-delà de ce que j'ai réalisé face à La Louvière, je m'attarderai plutôt à la prestation d'ensemble de l'équipe. Contre le Neftchi Bakou, à domicile, c'était déjà très bon pendant une mi-temps. Ce coup-ci, contre les Loups, c'était tout simplement sublime du début à la fin. Avec une petite préférence, peut-être, pour la qualité de jeu que nous avons déployée lorsque nous avons joué à trois aux avant-postes. Dans cette configuration, nous avons vraiment fait mal aux Louviérois et le danger est venu de tous les côtés, comme en témoignent les buts que Mbo Mpenza et moi-même avons inscrits. En principe, Nenad Jestrovic aurait dû nous imiter mais il n'avait pas la réussite de son côté, puisqu'il a buté tant sur le gardien louviérois que sur l'armature du but. Mais ce n'est que partie remise pour lui : il avait été saignant contre Bakou au Parc Astrid, pourquoi ne récidiverait-il pas devant le Slavia Prague ? C'est tout le mal que je lui souhaite en tout cas. C'est bizarre : je ne suis ici que depuis six semaines à peine, et pourtant j'ai l'impression de faire partie des meubles depuis toujours. Je n'ai qu'à me louer, en tout cas, de l'accueil qui m'a été réservé dans ce club, tant par l'encadrement que par mes nouveaux coéquipiers. Tout cela dépasse mes espérances. En ce qui concerne l'attaque, je me suis déjà fait plusieurs fois la réflexion que nous sommes davantage supporters les uns des autres que concurrents. Et c'est ce qui explique, probablement, ces scènes que vous venez d'évoquer. Moi, ma seule préoccupation durant la dernière demi-heure du match, c'était de tenter de faire marquer Jestro. Car c'est bon pour la confiance avant un match européen. Même si le fait d'avoir été tout particulièrement malchanceux le poussera sans nul doute à se surpasser face au Slavia Prague (il rit). Quant à ma bonne entente avec Chippen et avec Zet, elle est peut-être inscrite dans les gènes. Dans ma jeune carrière, jusqu'ici, un fluide est toujours passé entre les Suédois et moi. Dans mon ancien club, Fenerbahçe, celui avec qui j'ai réellement tissé des liens d'amitié n'était autre que Kennet Andersson. Avec Chippen, le courant est passé directement aussi. On se voit régulièrement en dehors des terrains et nos compagnes respectives font du fitness ensemble. Oui, c'est phénoménal : dès le premier entraînement, j'ai senti à quoi m'attendre avec lui. Jeu court ou en profondeur : les ballons me parvenaient toujours dans les pieds. La preuve par mon premier but contre La Louvière : il me transmet parfaitement le ballon dans le dos de la défense et je me présente seul devant le gardien adverse. Zet a vraiment cette faculté de déposer le cuir là où un attaquant le veut. Je pense que je vais me régaler avec lui. Dommage que notre collaboration ne durera qu'un an puisqu'il a décidé de mettre un point final à sa carrière. J'espère que les événements le pousseront à revoir sa décision car c'est un joueur de très grande classe. Elle est très favorable. Le groupe recèle à la fois du talent et une énorme envie. Les indicateurs sont à ce point au vert que j'ai convaincu mon jeune frère Serkan de me rejoindre au Parc Astrid. Agé de 18 ans, c'est un gaucher qui ne manque pas de qualités. Il était en fin de contrat à Karlsruhe et plutôt que de tenter l'aventure en Turquie au même âge, comme moi je l'avais fait, je me dis qu'une transition par la Belgique pourrait lui être profitable. Il s'entraîne depuis un bon mois avec le noyau professionnel à présent et devrait, selon toute vraisemblance, signer un premier contrat la semaine prochaine et faire partie du groupe Elite. Lui aussi, en tout cas, se sent déjà comme un poisson dans l'eau ici. Chaque chose en son temps : d'abord, nous devons évincer le Slavia Prague. Ce ne sera pas une mince affaire car les Tchèques ne sont pas des clients. La saison passée, avec Fenerbahçe, nous avions rencontré le Sparta Prague et ces deux confrontations s'étaient soldées par autant de succès étriqués pour nous : 1 à 0. Le Slavia n'a peut-être pas la même cote que son rival mais n'en reste pas moins un adversaire sérieux. Reste que si nous jouons comme nous l'avons fait face au Neftchi Bakou et La Louvière, les plus beaux espoirs nous seront tout de même permis. Bruno Govers" J'ai l'impression de FAIRE PARTIE DES MEUBLES de ce club depuis toujours "