Dans les années 70 et 80, les vainqueurs des tournois du Grand Chelem ont battu des records de précocité. Björn Borg avait 18 ans et 10 jours lorsqu'il a remporté son premier Roland Garros, en 1974. Mats Wilander était encore plus jeune lorsqu'il s'est imposé à la porte d'Auteuil en 1982 (17 ans et 293 jours) et Boris Becker a choqué le monde du tennis lorsqu'il est devenu, en 1985, le plus jeune vainqueur de Wimbledon de tous les temps (17 ans et 227 jours). Aujourd'hui, le recordman est toujours Michael Chang qui a remporté son seul tournoi du Grand Chelem au printemps 1989 à Roland Garros, alors qu'il n'avait que 17 ans et 110 jours.
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Dans les années 70 et 80, les vainqueurs des tournois du Grand Chelem ont battu des records de précocité. Björn Borg avait 18 ans et 10 jours lorsqu'il a remporté son premier Roland Garros, en 1974. Mats Wilander était encore plus jeune lorsqu'il s'est imposé à la porte d'Auteuil en 1982 (17 ans et 293 jours) et Boris Becker a choqué le monde du tennis lorsqu'il est devenu, en 1985, le plus jeune vainqueur de Wimbledon de tous les temps (17 ans et 227 jours). Aujourd'hui, le recordman est toujours Michael Chang qui a remporté son seul tournoi du Grand Chelem au printemps 1989 à Roland Garros, alors qu'il n'avait que 17 ans et 110 jours. Aujourd'hui, les vainqueurs deviennent de plus en plus âgés. L'âge moyen du Top 10 est de 28 ans et trois mois, et les cinq meilleurs tennismen du monde sont trentenaires : Rafael Nadal (31 ans), Andy Murray (30 ans), Roger Federer (36 ans), Stan Wawrinka (32 ans) et Novak Djokovic (30 ans). Le n°6 au classement, Alexander Zverev, est l'exception qui confirme la règle. Le jeune Allemand de 20 ans a intégré le Top 10 en mai et a surpris tout le monde au Canada, en remportant son deuxième World Tour Masters 1000 en battant Federer en finale. Ce qui n'avait rien d'évident, si l'on en croit le gourou du tennis américain Nick Bollettieri. " Le prize-money a énormément augmenté, ce qui explique que les tennismen plus âgés essaient de prolonger leur carrière. En agissant de la sorte, ils obligent les plus jeunes à disputer des tournois de moindre importance où il n'y a presque rien à gagner. Au contraire : je connais des dizaines de parents qui sont obligés d'hypothéquer leur maison parce que leur enfant ne parvient pas à dénicher des sponsors. " Le jeune Allemand, né à Hambourg après que ses parents russes - Alexander Zverev Senior et Irina Zvereva, qui jouaient également au tennis - ont émigré à l'Ouest, est une exception à plus d'un titre. Un géant de 1m98 qui répond aux exigences physiques du tennis actuel et qui, selon Nadal, est un n°1 mondial en puissance. " Il est athlétique, dispose d'un vaste arsenal de coups et possède un deuxième service particulièrement puissant. " Bollettieri est moins dithyrambique : " Résistera-t-il à la pression, maintenant qu'on commence à parler de lui ? N'oubliez pas qu'il a dû attendre cette saison pour franchir pour la première fois le troisième tour d'un Grand Chelem. " Zverev est la figure de proue de la NextGen, une campagne de l'ATP qui suit chaque semaine les joueurs de 21 ans (ou moins) afin de lancer la première édition des Next Generation ATP Finals à Milan, où les sept joueurs les mieux classés, ainsi qu'un huitième joueur à qui l'on attribuera une wild-card, se disputeront le trophée. Parmi le Top 100 mondial, on ne retrouve que dix joueurs de moins de 22 ans. " Le plus grand problème que rencontrent les jeunes joueurs est qu'ils ne sont pas encore capables de conserver le même niveau pendant toute une saison " déclarait Djokovic en février 2015, lorsque Murray a été battu en deux sets par le tout jeune Borna Coric (18 ans, ATP 20). Un an plus tôt, le Croate avait aussi battu Nadal et était considéré comme le plus grand talent de sa génération, mais son corps n'était pas encore prêt. Après des abandons, des blessures et une opération au genou, il a dégringolé de la 33e à la 62e place. Le mois passé, le Canadien Denis Shapovalov (18 ans), vainqueur du tournoi junior de Wimbledon en 2016 et plus jeune joueur dans le Top 100 (67e place), a surpris tout le monde à Montréal en battant Juan Martin del Potro (ATP 28) et Nadal. " En cinq jours, ma vie a complètement changé, mais je ne suis encore nulle part. " Les exemples ne manquent pas. Kei Nishikori a débuté en 2008 avec un quatrième tour à l'US Open, où il est devenu six ans plus tard le premier Asiatique à disputer la finale et à intégrer le Top 5, mais entretemps, le Japonais est redescendu à la 10e place. Grigor Dimitrov surnommé Baby Fed peu après son entrée sur le circuit, a éliminé le champion sortant Murray en trois sets à Wimbledon en 2014 et a intégré le Top 10 pour la première fois à 23 ans. The next big thing ? Non. Trois ans plus tard, le Bulgare pointe toujours à la 9e place. " Les joueurs plus âgés se fixent plus facilement des priorités : aussi longtemps qu'ils jouent au tennis, le sport est leur principale préoccupation ", estimait Josh Eagle, l'ancien coach de Nick Kyrgios (ATP 18) au début de cette année. " En octobre, il était 13e joueur mondial, mais lors de la préparation à la nouvelle saison, il y a eu des semaines pendant lesquelles il ne s'entraînait même pas 15 minutes par jour. " L'Australien n'a que 22 ans, mais il est déjà considéré comme le bad boy du tennis masculin. En 2015, il a provoqué Wawrinka sur le terrain en des termes peu courtois : " Thanasi Kokkinakis est en train de baiser ta petite amie. " De l'aute côté du miroir, on trouve Dominic Thiem (ATP 8), le gendre idéal. En juin, l'Autrichien de 24 ans a disputé sa deuxième demi-finale à Paris et il est l'un des rares joueurs à avoir déjà battu tous les joueurs du Top 5. Il a été formé à Vienne dans l'académie de Günter Bresnik, un homme qui a déjà hissé 27 ( ! ) joueurs dans le Top 100. " Je dis toujours : Je ne vous prépare pas pour aller au Club Med, mais pour aller à la guerre. Le tennis, ce n'est pas la guerre, certes, mais dans ce sport, on n'arrive nulle part si l'on n'est pas physiquement et mentalement au point. Il l'a parfaitement compris. " " Mais il connaît trop de hauts et de bas, et brille surtout sur terre battue. ", affirme son compatriote Thomas Muster. Depuis la première victoire de Federer en Grand Chelem (Wimbledon, 2003), le Top 5 actuel - Nadal (15 victoires), Murray (3), Federer (19), Wawrinka (3) et Djokovic (12) - s'est adjugé 52 des 57 titres en Grand Chelem. Andy Roddick (US Open, 2003), Gastón Gaudio (Roland Garros, 2004), Marat Safin (Australian Open, 2005), Juan Martín del Potro (US Open, 2009) et Marin Cilic (US Open, 2014) sont les seuls à s'être opposés à leur domination. Qui sera le prochain ? par chris tetaert - photo reuters " Il est athlétique, dispose d'un vaste arsenal de coups et possède un deuxième service particulièrement puissant. " Nadal à propos de Zverev