Piet Hoogmartens et Fabien Muylaert sont d'accord sur un point: il devient de plus en plus difficile pour un joueur belge de faire son trou en D1. Le Limbourgeois, originaire de Orly Hasselt (un club de Provinciale), a débuté parmi l'élite à 16 ans sous le maillot de Houthalen. "J'ai joué mon premier match contre Louvain", se souvient-il. "J'ai aussi joué en Coupe d'Europe et j'ai participé aux play-offs. Difficile de rêver mieux. Peu de clubs donnent la chance à leurs jeunes. Houthalen l'a fait. D...

Piet Hoogmartens et Fabien Muylaert sont d'accord sur un point: il devient de plus en plus difficile pour un joueur belge de faire son trou en D1. Le Limbourgeois, originaire de Orly Hasselt (un club de Provinciale), a débuté parmi l'élite à 16 ans sous le maillot de Houthalen. "J'ai joué mon premier match contre Louvain", se souvient-il. "J'ai aussi joué en Coupe d'Europe et j'ai participé aux play-offs. Difficile de rêver mieux. Peu de clubs donnent la chance à leurs jeunes. Houthalen l'a fait. Depuis l'ouverture des frontières aux basketteurs de l'Est, une telle trajectoire relève presque de l'utopie. En six ans, beaucoup de choses ont changé. A l'époque, il y avait deux Américains et c'était tout. J'ai percé juste à temps. Si j'avais 16 ans aujourd'hui, je ne devrais sans doute pas me faire trop d'illusions". "Lorsque les sponsors investissent, ils veulent des résultats immédiats et ne facilitent pas l'introduction des jeunes", renchérit Fabien Muylaert. "Passer à 19 ans d'un club de D3 comme Ganshoren à un club de D1 comme Louvain, comme je l'ai fait, va devenir de plus en plus difficile. A Mons, il y a Kenneth Desloovere qui vient de De Pinte, un autre club de D3. Wevelgem a engagé Tom Van de Keere qui a effectué un petit détour par les Etats-Unis. La seule équipe professionnelle qui a eu la patience nécessaire est Anvers. Ils en ont été récompensés par le titre de champion conquis la saison dernière. Entre-temps, il y a eu l'exode à Ypres. Lorsque je suis arrivé à Louvain, j'ai eu la chance de tomber sur Tony Souveryns, qui m'a laissé le temps de m'adapter au rythme plus élevé de l'élite. Depuis cette époque-là, le niveau du championnat s'est élevé. Lors de ma deuxième saison à Louvain, j'avais une moyenne de 8,7 points par match. La saison dernière, elle était descendue à moins d'un point. Je ne suis pas devenu plus mauvais, c'est la qualité d'ensemble qui a progressé. Par ailleurs, il devient de plus en plus dur de travailler à temps plein, comme je le fais (dans une compagnie d'assurance-maladie), tout en jouant en D1. Aux Atomics, il y a Werner Van Nimmen et moi. Même en ne travaillant qu'à mi-temps, comme je le faisais la saison dernière à Louvain, ce n'est pas évident. L'idéal serait de prendre une pause-carrière afin de jouer quelques années comme professionnel, mais ici l'aspect financier intervient. On ne peut pas accepter un contrat professionnel si l'on ne gagne que 40 ou 50.000 francs par mois. Au niveau du basket belge, il y a quelques gros salaires, mais les trois-quarts des joueurs prennent des risques. Ou alors, ils ont obtenu des garanties pour une future reconversion".