Ouf, les fêtes et leurs insupportables bons voeux sont passés. Entrons dans 2016 mais que reste-t-il de 2015 ? Un mort vivant. Michel Platini. Il y a bien longtemps, il avait déclaré : " Je suis mort le 17 mai 1987, à l'âge de 32 ans, le jour où j'ai arrêté le football. " Le foot, c'était sa vie. Fini le foot, fini de jouer. Place à la vraie vie, l'autre. Il l'a choisie politique. Il y est arrivé en short trop lavé, il en est ressorti en costard lacéré.
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Ouf, les fêtes et leurs insupportables bons voeux sont passés. Entrons dans 2016 mais que reste-t-il de 2015 ? Un mort vivant. Michel Platini. Il y a bien longtemps, il avait déclaré : " Je suis mort le 17 mai 1987, à l'âge de 32 ans, le jour où j'ai arrêté le football. " Le foot, c'était sa vie. Fini le foot, fini de jouer. Place à la vraie vie, l'autre. Il l'a choisie politique. Il y est arrivé en short trop lavé, il en est ressorti en costard lacéré. Sepp Blatter, lui, était sous assistance respiratoire depuis longtemps. Tonton casserole a trop rincé. Sa batterie de cuisine faisait trop de brui, t accrochée à son carrosse style Louis XV. Les Américains l'ont passé au Karcher. Personne ne pleure et rien ne changera. C'est le système qui décide. Pas les hommes. Avec nos Diables, on a l'impression que ce sont les hommes qui décident. Le système propose, les joueurs disposent. Les Diables se qualifient au petit trot. Quelques coups de galop auront suffi pour que nos purs-sangs passent devant. Sorte de galop d'entraînement avant le grand événement. Un Euro où beaucoup vont parier leurs kopecks sur les Belges. Un bon placement à l'image de celui de nos deux Germinos-Ajacides-Spursiens. Le duo Vertonghen-Alderweireld est vraiment une belle paire. Au parcours très similaire. Tous les deux boutonneux au Germinal Beerschot, jeunes hommes à l'Ajax avant de devenir de vrais mecs à Tottenham. Parcours parallèle pour finir par tenir la barre en Premier League et devenir les tauliers de la meilleure défense du meilleur championnat du Monde. Toby et Jan sont insubmersibles. Seule paire de stoppeurs à avoir joué chaque seconde depuis le début de la saison. Ils assurent. Le surréalisme à la belge est aussi là. Ils font la loi dans l'axe mais devront se donner des ailes sur les flancs à l'Euro. Passer du calfeutré à l'exposé. Passer d'un rayon d'action limité à une grande ligne droite. On verra. Avec Toby on a tout vu. Il marque et assiste. En toute discrétion. Comme quoi, faut pas toujours aboyer pour exprimer ses vérités. Sa vérité à lui, c'est que le calme peut semer la tempête. Alderweireld est touchant de simplicité. Sur et hors des terrains. Je me souviens d'une belle rencontre. Dans le ventre d'Old Trafford. Je l'interviewe après leur seule défaite en déplacement de la saison. C'était son premier match de championnat avec son nouveau club. Il avait été brillant. Je lui fais part de mon jugement juste avant de lui tendre le micro. Et là, il se tourne vers moi, les yeux ravis, me dit merci. Je ressens vraiment que le compliment lui fait très plaisir. Je me rends compte qu'il est preneur. Même venant d'un pseudo journaliste-commentateur. Match terminé, il est redevenu un homme. Comme on se réjouit de voir les actions de Romelu Lukaku avec les Diables. A Everton, son champ est parsemé de roses sublimes. Avec l'équipe nationale, c'est un champ de mines. Pourquoi ? Comment ? Là, on en revient à l'aspect humain. Quand il monte sur une pelouse anglaise, Romelu ressent les regards amoureux de ses fans et ceux respectueux de ses adversaires. Il est une terreur. Avec les Diables, il ressent la suspicion. Les " oui mais " trottent dans sa tête pendant qu'il galope sur la pelouse. Ça change tout. Il s'arrête de jouer et commence à trop penser. Nous, on pense qu'il est phénoménal. Il vient d'entrer dans le club des 5. Ceux qui en sont à 50 buts en Premier League avant leurs 23 ans. Eh oui, il n'a pas encore 23 ans. Avec lui, Rooney, Ronaldo, Fowler et Owen. Que des ténors qui, eux non plus, n'ont toujours rien gagné avec leur équipe nationale. Marouane Fellaini, lui, c'est l'inverse. Il sent la suspicion dans son club et le respect en équipe nationale. Comme par hasard, il est flamboyant sous le maillot belge. Nos petits Diables sont des hommes comme tout le monde. Avec, certes, quelques millions dans les poches mais avec les mêmes tripes et la même machine à émotion que nous tous. Plus que jamais en 2016 : aimons-nous les uns les autres. L'amour permet aussi de soulever des... trophées. PAR FRÉDÉRIC WASEIGE