S'il s'en donnait la peine, Pierre François pourrait finir par convaincre une grenouille qu'elle est plus grosse qu'un b£uf. Le directeur général du Standard défend son club avec brio dans tous les domaines. Il revient pour Sport/Foot Magazine sur les derniers mois de son club.
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S'il s'en donnait la peine, Pierre François pourrait finir par convaincre une grenouille qu'elle est plus grosse qu'un b£uf. Le directeur général du Standard défend son club avec brio dans tous les domaines. Il revient pour Sport/Foot Magazine sur les derniers mois de son club. ... On ne s'y attendait évidemment pas. Quelles que soient les circonstances qu'on a parfois invoquées pour justifier nos résultats, l'écart avec nos rivaux classiques que sont Anderlecht et Bruges est tel que ces circonstances, à elles seules, peuvent difficilement tout expliquer. J'ai dit à plusieurs reprises que je défendais la réforme en cessant de l'attaquer. Je ne suis pas persuadé que la clarté du championnat est suffisante pour celui qui ne suit pas, au jour le jour, la compétition, avec des classements qui varient selon qu'on est en play-offs 1 ou 2, avec des meilleurs buteurs connus au mois de mars alors qu'il reste encore des matches, avec le problème des cartons jaunes et du quinzième. Cette réforme n'est pas de nature à convaincre, ni l'étranger amené à observer notre football, ni le participant à la fête de la D1. Je reste très réservé sur cette réforme, sans que notre classement ne modifie mon point de vue. Ce n'est pas dans l'habitude du Standard de Liège de prendre la décision, qui appartient à Lucien D'Onofrio, de nous séparer de l'entraîneur principal. Mais nous avions bien effectué les constats dans les écarts de points. Et nous considérions que ces écarts n'étaient pas de ceux qu'on pouvait admettre et qu'ils avaient des explications qui ne tenaient pas simplement d'un penalty non sifflé ou d'une blessure... C'est difficile de réécrire l'histoire. Certains considèrent qu'on s'en est séparé trop tard mais beaucoup écrivaient aussi, dans les semaines qui ont précédé le départ de Laszlo Bölöni que la difficulté ne venait pas du coach mais de la politique de recrutement. Ce n'est qu'après que les analystes ont considéré que c'était trop tard. Outre qu'elle ne m'appartient pas, je pourrais seulement répondre que le changement d'état d'esprit, la discipline au sein du groupe et la manière de jouer depuis le changement d'entraîneur semblent être des arguments pour dire qu'il est dommage qu'on n'ait pas eu cela plus tôt. Cela voudrait dire qu'on aurait dû le tenter plus tôt mais toutes ces analyses après coup, c'est toujours délicat. Certains ont dit que ce n'est pas parce que l'on gagne deux titres d'affilée que l'on devient un grand club. Je crois que le Standard est un grand club et ce n'est pas parce que le Standard rate une saison nationale qu'il n'est plus un grand club. La risée que vous évoquez pour des résultats décevants au niveau national est évidemment compensée par une image, au niveau international, d'un club qui grandit. Ne perdons pas de vue que depuis le match contre Liverpool, le Standard n'a cessé de briller sur la scène européenne, en mettant de côté le 3-0 de Braga. Nous sommes en quarts de finale et à Nyon, lors du tirage au sort, on s'est fait la réflexion avec Lucien D'Onofrio qu'il ne restait plus que 16 clubs au siège de l'UEFA, pour les deux compétitions. Et nous étions parmi ces 16 clubs. On est le dernier club, après les belles campagnes de Bruges et d'Anderlecht, à pouvoir donner à la Belgique l'indice UEFA une 13e place, qui signifierait pour le champion 2011 une accession directe pour les poules de Ligue des Champions. Le grand club que nous sommes se confirme. Malgré les échecs sportifs. Echec que l'on peut constater dans la vie d'un club mais pas voir se répéter l'année prochaine. Il y a des termes à la mode. Comme " la fin d'un cycle ". Jusqu'à présent, nous nous sommes efforcés de travailler par retouches. Suffisantes ou pas, c'est à vous de le dire. Je dis que le Standard n'a pas mal recruté. Nous avons deux défenseurs centraux de qualité et qui vont le prouver. Sébastien Pocognoli et Koen Daerden sont deux joueurs belges de qualité. Certains vont nous quitter. On le sait déjà pour Milan Jovanovic. Il a été dit à Dieumerci Mbokani que dans l'hypothèse où il pouvait arriver dans un grand club européen, il partirait cet été. Ces départs qui devront être compensés signifient-ils que le Standard est au bout d'un cycle ? Il y a un renouvellement qui doit se faire, c'est certain et la difficulté sera de garder un équilibre entre ceux qui restent et ceux qui partent ; entre ceux qui partent et ceux qui arrivent. Le cycle sera fini pour certains joueurs mais pas pour l'équipe dans son ensemble. Ce n'est pas toujours facile de trouver des clones pour remplacer ceux qui sont partis. Quand vous regardez notre moyenne d'âge, nous n'étions pas à l'abri de difficultés. Et ce qui s'est toujours bien arrangé, pendant deux ans, a tourné en notre défaveur cette saison. Avec notre budget de l'ordre de 25 millions, on a fait pour un mieux. Pendant deux ans, on a constitué le meilleur rapport qualité-prix, et, cette année, c'est l'inverse. C'est vrai. Mais qui décide le recrutement ? Qui envisage les pièces essentielles de l'équipe ? C'est Lucien. Le jour où le changement d'entraîneur s'est décidé, j'avais indiqué à Lucien que la solution immédiate capable de relever le défi, d'être prêt à affronter un éventuel échec était Dominique. Il m'a dit - Comme c'est mon frère et que c'est toi qui émets l'idée, convoque-le. C'était risqué mais aujourd'hui, il peut mettre sur son CV qu'il a éliminé Salzbourg qui avait tout gagné. Nous sommes la seule équipe à avoir remporté nos deux matches en 1/8e. C'est un peu grâce à lui, non ? Je comprends que les supporters chantent le nom de Michel Preud'homme quand il vient chez nous mais j'aurais bien compris qu'on scande le nom de Dominique à la 85e minute du 1-0 contre le Pana. Certains ont plus de crédit que d'autres... J'ai toujours dit que Mogi Bayat était un garçon intelligent, un poil à gratter au niveau des dirigeants. On s'entendait bien. On s'entend toujours bien, je crois. Mais ce qui fut à l'origine du rapprochement des deux clubs, ce n'est pas notre amitié mais le fait que j'ai estimé devoir mettre un terme à des relations trop conflictuelles entre nos supporters et ceux de Charleroi. J'estime que nous avons, sur ce point-là des responsabilités à prendre et à assumer. Ce qui m'a un peu choqué, c'est d'entendre qu'il connaissait tous les dirigeants et que ceux d'Anderlecht étaient les plus honnêtes. C'est sous-entendre que les autres ne le sont pas et ça, ça m'énerve. Parce que nous sommes un des clubs qui tenons au respect du règlement. Nous ne cherchons pas à le voir modifié pour un sujet immédiat à régler et... Je trouve que le dire à ce moment-là était malvenu. Et de façon générale, j'aimerais qu'on nous indique quand nous avons voulu violer tel ou tel règlement, quand nous avons proposé de les modifier pour les besoins de la cause, quand nous avons été en justice contre la Ligue pro et la Fédération récemment. A ces questions, vous connaissez la réponse. ... cela veut dire que Mogi et Abbas Bayat se parlent bien. Quand ce dernier dit qu'on se comporte comme le meilleur club du monde, c'est un grand honneur de le prétendre car à la Ligue, nous sommes mis en minorité (un contre 15). Le meilleur club du monde ne serait pas mis en minorité lorsqu'il émet des propositions. Quelle arrogance ? L'arrogance, c'est quoi ? Je ne vois pas où elle est. On a demandé d'envisager une réforme de l'assurance groupe, dans l'intérêt de tous les clubs à nos yeux : 14 voix contre, deux voix pour. Le Standard et Mouscron. Tous contre nous. Où est l'arrogance ? L'année passée, lorsqu'on refuse de départager les ex-aequo au goal average, si ce n'est pour l'année suivante, où est l'arrogance ? Lorsqu'on émet des doutes sur les modifications de calendrier, où est l'arrogance ? Je ne comprends d'ailleurs toujours pas le cas Taylor. Si l'arrogance est de dire qu'on a été champion de Belgique l'an passé et qu'en termes de visibilité, on est numéro un... Le club, qui a été dans les cordes en 1984, a, petit à petit, redressé la barre et est passé de 8.000 abonnés à 22.500. Où est l'arrogance ? L'arrogance, c'est de dire dans le chef de Monsieur Bayat, qu'en Belgique il y a deux clubs qui travaillent à l'avenir du football belge : Anderlecht et Charleroi. Je crois qu'il y a plus de deux clubs qui y travaillent et je ne suis pas sûr que s'il fallait en citer deux, il faille vraiment y inclure Charleroi. On nous colle cette étiquette d'arrogance. Si l'arrogance, c'est d'avoir un avis sur une question et de le défendre, alors je suis arrogant. Evidemment. Normalement, ceux-ci auraient dû commencer le 31 mars. Cependant, on assume. Mais, ce que j'ai surtout critiqué, c'est de nous avoir dit pendant des semaines qu'il faudrait 15 jours entre la fin de la partie ordinaire et les play-offs. Alors que nos infrastructures ont permis de présenter ce terrain-ci en bon état, même au pire de l'hiver, c'est encore le Standard que l'on punit. On pouvait espérer, à ce stade de la compétition européenne, obtenir un coup de pouce et nous laisser libre le week-end qui précède pour préparer la coupe d'Europe et avoir des joueurs hyper frais. J'aurais voulu qu'on n'anticipe pas notre match mais qu'on le reporte. Bordeaux a obtenu une dérogation de la Ligue Française pour préparer son match contre Olympiacos ! Etes-vous sûr qu'il ne parlait pas de lui ? Nos rapports sont plutôt bons. Cela dit, j'aime bien titiller par le verbe. Ce n'est pas avoir une grande gueule. Elles sont tièdes mais nous essayons de les réchauffer. Les transferts considérés (dans cette instruction) n'ont strictement rien à voir avec le Standard. Ce que j'ai dit le premier jour, je le redis aujourd'hui, même si le tour d'Europe de la justice a été bouclé. Ce tour d'Europe montre que la personne visée, ce n'est plus le Standard mais vraiment Lucien D'Onofrio. Mais toute cette chasse à l'homme a-t-elle un fondement ? Le budget nécessaire à une telle instruction judiciaire se justifie-t-il ? Oui, c'est vrai. Ces affaires pénalisent son image auprès de certaines personnes. Ils sont allés à la Juventus car il a de bons rapports avec la Juventus. Ils sont allés à Porto car il a de bons rapports là-bas. Peut-être qu'un jour, il dira qu'il en a marre. Ce jour-là, le Standard sera particulièrement préjudicié. par stéphane vande velde"A l'UEFA, lors du tirage au sort, il ne restait plus que 16 clubs pour les deux compétitions. Dont le Standard..."