Son nom n'est plus inconnu des suiveurs de la Liga. Prêté à Alaves par le Real Madrid, Marcos Llorente est rapidement devenu l'un des meilleurs mediocentros du championnat espagnol. Et pourtant, il envisage encore son avenir madrilène avec des pincettes. Son explication, dans El País, est la meilleure définition de l'exigence de la Casa Blanca : " La chose la plus difficile du football, c'est devenir un titulaire au Real Madrid. Le Real, c'est l'équipe qui a les meilleurs joueurs du monde. "
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Son nom n'est plus inconnu des suiveurs de la Liga. Prêté à Alaves par le Real Madrid, Marcos Llorente est rapidement devenu l'un des meilleurs mediocentros du championnat espagnol. Et pourtant, il envisage encore son avenir madrilène avec des pincettes. Son explication, dans El País, est la meilleure définition de l'exigence de la Casa Blanca : " La chose la plus difficile du football, c'est devenir un titulaire au Real Madrid. Le Real, c'est l'équipe qui a les meilleurs joueurs du monde. " Une maxime confirmée par la rencontre entre les hommes de Zinédine Zidane et le Bayern Munich, en quarts de finale de la Ligue des Champions. Les Bavarois possèdent incontestablement l'une des cinq meilleures équipes du continent mais, à part Manuel Neuer, aucun autre membre du onze allemand ne semblait en mesure de revendiquer une place de titulaire dans l'équipe d'en face. C'est dire l'ampleur du défi qui attend Eden Hazard s'il rejoint la capitale espagnole. Le Diable quitterait alors une équipe entièrement articulée autour de ses qualités pour débarquer dans un noyau où chaque joueur semble regarder le reste du monde avec un air supérieur. Mais il y a bien une ouverture pour Eden. Parce que le Real a évolué en même temps que Cristiano Ronaldo, et son football épouse les qualités du quadruple Ballon d'or portugais. Devenu incapable de dribbler, privé de sa pointe de vitesse qui lui avait permis d'écrire la première partie de sa légende, CR7 est devenu un monstre de surface, qui règne sur le rectangle et est la destination privilégiée des dizaines de centres envoyés par Marcelo et Dani Carvajal vers les seize mètres. Cette équipe de Madrid manque de ce que les Espagnols appellent le desborde. De ce joueur capable d'effacer son adversaire direct, de le prendre de vitesse, de prendre le meilleur sur lui pour créer des décalages. Gareth Bale est un bon interprète de ce rôle, mais sa forme physique est sur courant alternatif, et l'exigence du Bernabéu ne permet pas de baisse de régime. Les différences reposent alors entre les pieds brésiliens de Marcelo et les crochets soyeux de Luka Modric, mais les deux sont généralement trop loin du but pour abattre l'adversaire d'une seule balle en plein coeur. Et dans ce rôle de créateur de différences à un rythme industriel, Eden Hazard est incontestablement le roi d'Europe. Et ses deux seuls concurrents, à l'échelle mondiale, jouent à Barcelone. Pour installer Hazard, encore faudra-t-il sortir un joueur du onze. L'histoire pourrait s'écrire en 4-4-2, en rapprochant Ronaldo de Karim Benzema pour offrir un couloir au Belge, en privant le milieu de terrain de l'un de ses éléments. Mais ni James Rodriguez, ni Isco n'ont réussi à amener Zidane à se priver de Casemiro, alors que le Colombien et l'Espagnol seraient les leaders incontestables de l'immense majorité des équipes du continent. Mais Madrid n'est décidément pas une équipe comme les autres. Faut-il vraiment trouver une place figée dans le onze de base ? La saison des Madrilènes a prouvé que le Real faisait la différence grâce à un banc où chaque remplaçant est un titulaire en puissance. Isco, considéré comme trop peu utilisé, pointe à 35 apparitions cette saison. Avec un tel noyau, Zidane ne joue pas seulement à onze. C'est sans doute ça aussi qui fait du Real Madrid l'épouvantail du continent.