Dimanche dernier, les supporters du FC Liège avaient sonné le rassemblement en vue du match contre l'Union. Ils avaient songé à des manifestations pour garantir la bonne ambiance et soutenir leur équipe afin qu'elle évite la place de barragiste.
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Dimanche dernier, les supporters du FC Liège avaient sonné le rassemblement en vue du match contre l'Union. Ils avaient songé à des manifestations pour garantir la bonne ambiance et soutenir leur équipe afin qu'elle évite la place de barragiste. Tout cela a été rendu possible parce que Jules Dethier et ses amis du Groupe des 12 (les actionnaires minoritaires) ont rapidement pris contact avec les curateurs nommés vendredi matin. Une première entrevue a eu lieu le vendredi à 14 heures et, au terme de celle-ci, un premier accord est intervenu : le club terminera bien la saison. Le Groupedes 12 a signé une attestation selon laquelle il était prêt à prendre à sa charge le déficit éventuel enregistré au terme des dernières rencontres. Il est clair que les curateurs n'avaient pas l'intention de prendre le moindre risque financier et d'aggraver le passif C'est ainsi que tous les joueurs ont reçu une prime de 400 euros à l'issue du match. La veille déjà, le Groupe des 12 s'était rendu à l'entraînement pour rencontrer les joueurs. Ceux-ci avaient de nombreux griefs à émettre et notamment celui de ne plus avoir reçu de feuille de paye depuis cinq mois. Ce qui signifiait qu'ils ne pouvaient pas aller au tribunal du travail ou du moins faire les démarches avec les montants exacts. Grâce à l'intervention du groupe, la firme chargée de calculer les salaires a accepté de faire des copies des fiches de salaire qu'elle avait régulièrement envoyées au domicile de Michel Evrard. Du coup, tous les joueurs ont fait bloc et ont intenté une procédure visant à récupérer leur dû. Seul Benjamin Maréchal a demandé un délai de 24 heures parce qu'il avait déjà introduit une plainte auprès de la Fédération et qu'il tenait à savoir si les deux mesures étaient bien compatibles. En attendant, tous les joueurs se sont rendus à l'entraînement y compris Hamide Lamarra, qui avait été écarté en janvier pour avoir demandé son salaire et a déjà signé un accord avec le FC Huy pour la saison prochaine. Les curateurs et les actionnaires minoritaires se reverront, en principe, le 20 avril. A ce moment-là, les premiers nommés devraient avoir fait un inventaire. Les dettes fédérales devraient être payées par l'ancien gestionnaire de fait et les trois personnes en possession de la carte bleue (à savoir les rsponsables vis-à-vis de l'UB) et les autres par les repreneurs. Fin desaison 94-95 : le FC Liégeois est, sportivement, rétrogradé en D2. En principe, suite à la vente du site de Rocourt, le club devait évoluer à Naimette où une nouvelle tribune aurait dû être construite, la députation permanente ayant donné son accord le 9 mars 95. Mais le président, André Marchandise, revient sur ses engagements et décide de fusionner avec Tilleur. 19 juin 95 : la fusion avec Tilleur demandée par la direction du club est refusée par l'UB. Dans une lettre signée par le secrétaire général Alain Courtois, la fédération souligne que le dossier contient un détournement manifeste de l'article III/97 concernant les cessions de patrimoine (le passif du club déclaré et non repris s'élève à 131.383,56 euros et le club est rétrogradé en D3. Pour contourner, la décision fédérale, l'asbl Tilleur devient asbl Tilleur-Liège, hérite du matricule 4 de Liège et entérine la disparition du matricule 21 de Tilleur, Fin de saison 95-96 : le RTFCL est champion de D3 et monte en D2. 9 septembre 97 : lors de l'assemblée générale, des investisseurs italiens débarquent, la majorité des administrateurs et membres effectifs démissionne et est remplacée par les nouveaux venus qui désignent Michel Evrard, réviseur d'entreprise, pour vérifier les comptes. 15 novembre 98 : l'asbl Tilleur-Liège se met en liquidation. Elle est toujours en cours. 5 janvier 99 : le liquidateur, Me Kerstenne, confie la société SA Tilleur-Liège à MM. Jean-Pierre Borgs et Pierre Chapeau. Le club est en liquidation mais n'est pas rétrogradé : l'UB accepte le nouveau plan de reprise qui reprend l'actif et le passif. 15 octobre 99 : Jean-Pierre Borgs cède ses 322 actions (sur 450). Au nom d'un groupe de supporters, Michel Evrard les rachète pour 77.466,72 euros. 22 octobre 99, une assemblée générale extraordinaire se tient au cours de laquelle les nouveaux administrateurs nomment Michel Evrard comme président d'honneur. Dans le procès-verbal, au point concernant la composition de l'assemblée, il est stipulé que sont présents les actionnaires Jean-Pierre Borgs, qui a finalement conservé une action, Thierry Lahaye (20), Michel Evrard représentant un groupe de supporters (321) et Pierre Chapeau (108). 27 octobre 99 : suite à un incident qui l'a opposé à Michel Evrard lors de l'assemblée générale extraordinaire, Pierre Chapeau décide de céder ses actions ainsi que celles qu'il avait rachetées à Thierry Lahaye. Au nom de douze supporters (le Groupe des Douze), Francis Morsa rachète les 128 actions pour 30.986,69 euros. 19 mai 2000 : l'assemblée générale extraordinaire est le théâtre d'une dispute violente après que le Groupe des Douze, actionnaire minoritaire, ait suggéré d'ouvrir le capital. Les supporters, qui n'obtiennent aucun compte et la remise des actions achetées par Michel Evrard pour compte de tiers, vont demander la nomination d'un administrateur provisoire au tribunal de commerce. 29 juin 2000 : à la veille de l'audience, Michel Evrard envoie à M. Spirlet, président du tribunal de commerce, une lettre de cinq pages avec paraphe au bas de chaque feuillet. Dans ce courrier, il expose son point de vue et explique pourquoi " la désignation d'un administrateur provisoire ne pourrait être qu'intempestive et fatale au club " et, surtout en page 3, il stipule que " d'autre part, j'ai pris personnellement l'engagement d'honorer toutes les dettes contractées par le club (sauf fraudes qui m'auraient été cachées, bien entendu ". 24 octobre 2000 : le tribunal de commerce déboute le Groupe des 12, qui fait appel de cette décision. La cour d'appel devrait se prononcer pour la fin du mois de mars 2004. 8 novembre 2000 : l'assemblée générale ne débouche sur rien de bien particulier. Estimant que les comptes sont inexacts, le Groupe des Douze fait appel à un réviseur d'entreprise, Philippe Hault. Le 7 janvier 2002, il remet son rapport dans lequel il estime qu'au 31 décembre 2001, le déficit s'élevait à 35 millions. Le Groupe des Douze va retourner devant le tribunal. 28 juin 2002, le tribunal de commerce donne raison au Groupe des Douze. Michel Evrard doit se présenter le 5 août avec les comptes. Mais il va en appel de la décision, ce qui fait que l'affaire est inscrite au rôle. 15 juillet 2002 : une assemblée générale extraordinaire est convoquée chez le notaire Vandenbergh avec, à l'ordre du jour, l'augmentation de capital suggérée par le tribunal de commerce. L'augmentation a été votée majorité contre opposition. En cette occasion, Michel Evrard était titulaire de 175 parts et son fils Laurent de 100. Mai 2003 : le club ne reçoit pas sa licence et est rétrogradé en D3 pour ne pas avoir versé la garantie exigée. Michel Evrard fait appel au Conseil de la concurrence mais, le 16 mars 2004, celui-ci donnera raison à l'UB en estimant que le système des licences est légal. 14 novembre 2003 : lors de l'AG statutaire. Michel Evrard, qui dans sa lettre du 29 juin 2002 au tribunal de commerce (page 3) avait précisé " Je suis effectivement propriétaire de 321 actions ", n'en dépose qu'une seule et se fait représenter par son conseil d'alors, Me M'baya, qui dépose lui aussi une action. Il distribue les autres à différentes personnes. Son fils Laurent, l'administrateur délégué, en reçoit 200 mais donne procuration à Philippe Claeys, le président, qui en présente 50. Le rapport de gestion, qui aux dires du Groupe des 12 n'en est pas un et se limite à un compte rendu footballistique partial, a été approuvé majorité (Michel Evrard) contre opposition (Groupe des Douze). Les comptes sont approuvés par la même majorité bien que dénoncés par la minorité comme inexacts car réduits û selon eux û à 734.000 euros. 25 mars 2004 : le tribunal de commerce refuse la nomination de l'administrateur provisoire, réclamée par les actionnaires minoritaires. En effet, le procureur demande la mise en faillite immédiate. Le club est cité en faillite et mis en délibéré le 29 mars. 02 avril 2004 : la présidente du tribunal de commerce a nommé deux curateurs MM. Biar et Leduc. Le prononcé du verdict ayant lieu après la date butoir du 31 mars, le club, s'il n'est pas descendant sportif, évoluera en D3 la saison prochaine à condition de retrouver un repreneur. Il aura un an voire deux pour demander une cession de patrimoine et la faire accepter par l'UB. Nicolas Ribaudo