Plus d'un mois après la clôture sur les terrains de la compétition, s'interroger sur l'identité du club champion de France de football pour la saison 2000-2001 semble a priori insensé. Et pourtant, aujourd'hui, le doute plane encore.
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Plus d'un mois après la clôture sur les terrains de la compétition, s'interroger sur l'identité du club champion de France de football pour la saison 2000-2001 semble a priori insensé. Et pourtant, aujourd'hui, le doute plane encore.Comme vous le savez probablement, la saison sportive a été marquée en France par l'affaire des "faux passeports" : plusieurs équipes ont aligné des joueurs faussement titulaires de passeports en provenance d'un pays de l'Union Européenne afin de faire bénéficier ces joueurs des conséquences de l'arrêt Bosman qui a condamné la pratique des clauses de nationalité en ce qu'elles visent les joueurs ressortissant d'un état membre de l'U.E. A l'heure d'écrire ces lignes, le Conseil d'Etat de France venait de rejeter une demande du FC Toulouse qui, s'appuyant sur l'article 187 des règlements généraux de la Fédération Française (FFF) qui prévoit la sanction du forfait pour tout club ayant aligné lors d'un match un ou plusieurs joueurs pas en règle sur le plan administratif, réclamait une réévaluation des résultats de la saison écoulée, et plus particulièrement demandait la révision des scores des matches auxquels ont participé des joueurs titulaires de faux passeports : étaient concernés par cette demande de réexamen les équipes de Metz, Monaco et St-Etienne.Selon l'hebdomadaire France-Football, si la demande du FC Toulouse avait été accueillie favorablement par le Conseil d'Etat, le FC Nantes aurait perdu son titre acquis sur le terrain au profit de L'O. Lyon, alors que le FC Toulouse serait alors sauvé de la relégation. Défait devant le Conseil d'Etat de France, le FC Toulouse n'en a pas moins décidé d'intenter tous les recours possibles en vue d'obtenir la révision de certains matches de la saison écoulée. Interrogé à propos de ce scénario catastrophe, Monsieur Claude Simonet, Président de la FFF, a déclaré : "Ce serait, à mon avis, une vraie première, un peu dommageable pour l'ensemble du mouvement sportif. Il ne faut pas oublier que 60.000 matches se déroulent chaque dimanche. Si maintenant tous ces matches qui rassemblent 2.200.000 personnes sont remis en cause à chaque fois devant les prétoires, je pense qu'il n'y aurait plus beaucoup de facilité pour le règlement sportif". Il est vrai que le sport français ne sort pas grandi d'une telle affaire; et cela prouverait à ceux qui en doutent encore que la régularité d'une compétition sportive ne dépend pas exclusivement de la bonne santé financière des équipes engagées.Cependant, se lamenter par des considérations éthiques ou morales occulterait la raison première de cette affaire. Car c'est bien le laisser-aller de la Fédération Française de Football, laquelle n'a pas pris suffisamment de soin pour vérifier notamment sur le plan administratif la régularité de la composition des équipes participant au championnat de D1, qui doit être pointé du doigt. Rien n'interdirait d'ailleurs au plan juridique le FC Nantes, victime innocente potentielle du scandale des faux passeports, dans l'hypothèse où il perdrait ainsi sur le tapis vert son titre gagné sur les terrains, de réclamer à la FFF mais aussi aux clubs fraudeurs le remboursement des dommages financiers et moraux liés à la perte du titre de champion. Pour conclure sur une note plus constructive, la solution pour éviter à l'avenir ce genre de mésaventure existe : il suffit que toutes les fédérations sportives, partout dans le monde, suivent le récent exemple de la fédération italienne, qui vient de décider la suppression immédiate de toute clause de nationalité, estimant à juste titre qu'il s'agissait de règles dépassées engendrées par une époque révolue.Luc Misson