30 journées, 240 matches, 646 buts et neuf changements d'entraîneurs : comment se serait déroulé le championnat sans ces remaniements massifs de staffs ? Ceux-ci témoignent chaque fois d'erreurs de jugement. Les clubs doivent choisir un entraîneur en fonction de sa philosophie du football et s'y tenir - dans un monde idéal. Dans les bons moments comme dans les mauvais. Ils connaissent les points faibles de leur entraîneur et s'en accommodent. Sinon, ils ne l'embauchent pas.
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30 journées, 240 matches, 646 buts et neuf changements d'entraîneurs : comment se serait déroulé le championnat sans ces remaniements massifs de staffs ? Ceux-ci témoignent chaque fois d'erreurs de jugement. Les clubs doivent choisir un entraîneur en fonction de sa philosophie du football et s'y tenir - dans un monde idéal. Dans les bons moments comme dans les mauvais. Ils connaissent les points faibles de leur entraîneur et s'en accommodent. Sinon, ils ne l'embauchent pas. Anderlecht devait savoir que John van den Brom n'était pas précisément un travailleur acharné et qu'il accordait beaucoup de libertés à ses joueurs. Tant que les résultats suivaient, nul ne s'en offusquait. On a certes constaté que Van den Brom ne se donnait pas la peine d'apprendre le français mais qui aurait osé s'en plaindre ouvertement tant qu'il développait un jeu attractif ? À ce moment, il ne devait pas non plus être constamment sur les talons de ses joueurs, surtout si le groupe, comme la saison précédente, était suffisamment fort pour rappeler certains de ses membres à l'ordre. Henk Houwaart est resté enposte au Club Bruges pendant cinq ans alors qu'il s'en allait au premier signe de tension dans le groupe. Cela ne posait pas problème car le Club recelait suffisamment de leaders aptes à rallumer la flamme des autres. Maintenant, Besnik Hasi est chargé de ramener discipline et clarté à Anderlecht. Le Kosovar a fait impression pendant sa première semaine de travail, notamment par la manière dont il s'est adressé à ses joueurs. Il lui reste dix matches pour convaincre ses dirigeants alors que ceux-ci devraient connaître les possibilités exactes d'Hasi. Celui-ci a réussi son examen d'entrée en s'imposant 4-0 face à Ostende : par moments, le Sporting a été ambitieux. Il ne faut toutefois pas exagérer l'importance de cette victoire. Il faut souvent des mois pour redresser une situation. Au Club Bruges, Michel Preud'homme a souvent dû être au bord du désespoir, avant que le puzzle ne se mette en place. Dans le derby, le Club a fait bloc, sans que cela conduise à de brillantes actions. Le Club Bruges travaille plus qu'il ne joue au football et dimanche, il a dû puiser dans ses réserves pour prendre la mesure d'un Cercle très défensif. Le Club marque difficilement, contrairement au Standard, qui est un peu moins affûté mais qui peut décider un match grâce à son sens du but. Le RC Genk a poussé un soupir de soulagement : sa qualification pour les PO1 permet aux dirigeants de souffler. Reste à voir si les méthodes d'Emilio Ferrera remettront les Limbourgeois sur les bons rails. Gand, lui, a la gueule de bois mais un club qui ne parvient pas à battre un seul membre du top six ne mérite pas sa place en play-offs 1. Waasland Beveren a assuré son maintien définitif lors de la dernière journée du championnat régulier, alors qu'il agonisait en novembre. Ce sursaut s'est produit sous la direction d'un entraîneur qui s'est également réanimé. Bob Peeters avait effectué de brillants débuts au Cercle, même si la virulence de ses réactions aux critiques pouvait surprendre. Après un passage raté à Gand, il a passé dix mois chez lui. Cette période de méditation et sa confrontation brutale avec lui-même ont fait de Peeters un meilleur entraîneur. Il a mué Waasland Beveren en un ensemble soudé et il va devoir confirmer cette prestation à l'avenir. On juge souvent trop vite les entraîneurs. Ivan Leko a fait figure de messie à Louvain pour avoir réalisé un match nul au Lierse, à neuf contre onze, avant de vaincre Anderlecht. Maintenant, Louvain affronte Mons en PO3 pour sa survie. Les entraîneurs peuvent tenter de mettre de la clarté mais ils dépendent de leur matériel joueurs. Encore que cette clarté ne mène généralement pas très loin. La clarté est le credo de Peter Maes à Lokeren. Il maintient son noyau affûté, il manie bâton et pommade, édicte des règles claires. C'est ainsi qu'il veut enlever la Coupe de Belgique samedi, dans l'espoir de pouvoir ensuite repousser ses propres limites.PAR JACQUES SYSBob Peeters s'est réanimé.