Si on peut reprocher à Abbas Bayat de ne toujours pas avoir réussi à cerner l'atmosphère carolo, il a, par contre, parfaitement compris le surréalisme belge. Exit donc le coach hongrois Czaba Laszlö. Mauvaise décision ? Non, si on regarde ses statistiques et si on tient compte de la nécessité d'un électrochoc avant le début des PO3. Mais le président carolo a rapidement été dépassé par les événements créés par ses propres soins : face à l'impasse des négociations avec Glen De Boeck, qu'il estimait seul entraîneur de calibre sur le marché, il a dû improvise...

Si on peut reprocher à Abbas Bayat de ne toujours pas avoir réussi à cerner l'atmosphère carolo, il a, par contre, parfaitement compris le surréalisme belge. Exit donc le coach hongrois Czaba Laszlö. Mauvaise décision ? Non, si on regarde ses statistiques et si on tient compte de la nécessité d'un électrochoc avant le début des PO3. Mais le président carolo a rapidement été dépassé par les événements créés par ses propres soins : face à l'impasse des négociations avec Glen De Boeck, qu'il estimait seul entraîneur de calibre sur le marché, il a dû improviser. Et cela se sent. Il a tout d'abord nommé deux hommes : un inconnu et un de l'ombre. L'inconnu, c'est Zoltan Kovac. 57 ans et première expérience en tant qu'entraîneur principal dans un club de D1 ! " C'est quelqu'un qui fait du formidable boulot avec les jeunes ", témoigne Marc Wilmots dont il fut l'adjoint à Saint-Trond. Pour le seconder à Charleroi, Abbas a rappelé le fidèle Mario Notaro, éjecté pourtant sans coup férir en juin dernier. Pour l'électrochoc, on repassera. Si Abbas Bayat s'est rabattu sur ces deux hommes, c'est tout simplement parce qu'on ne se bousculait pas au portillon. Etonnant quand on sait qu'à chaque limogeage de coach, une foule de candidatures spontanées arrivent sur le bureau des dirigeants. Deuxième improvisation : conscient de la légèreté de son choix, Bayat chercha une autre solution. Après avoir fait le tour des anciennes gloires du Sporting, il a convaincu au finish Luka Peruzovic de servir de conseiller. Si on croit l'ancienne moustache de velours, les premiers contacts remonteraient à mercredi, soit la veille du départ pour l'Espagne et de son officialisation comme conseiller du président. Que cache ce titre de conseiller ? On voit, en effet mal Peruzovic, qui a un palmarès long comme le bras, une expérience à la fois du haut niveau et de la réalité carolo, ainsi qu'une autorité naturelle, se contenter d'un rôle dans l'ombre. Pourtant, en Espagne, il n'a fait que regarder. Dans une interview à La Dernière Heure, Peruzovic a cité l'exemple de Bernard Lacombe à Lyon. " Je ne sais même pas qui est Lacombe ni ce qu'il fait. Cela ne m'intéresse pas ", a pourtant répondu Abbas Bayat lorsque Sport/Foot Magazine l'a joint par téléphone. Mais à quoi sert ce type de rôle dans une mission de sauvetage ? Un conseiller ne sert-il pas à esquisser la politique à moyen terme et à guider le président dans certaines décisions ? Or, l'heure n'est plus aux décisions mais à l'action et à l'urgence. Que va donc faire Peruzovic à Charleroi ? Lors du stage, " il a coordonné le staff, donné son avis et son expertise au président. S'il avait voulu devenir coach, il aurait pu mais il a préféré ce rôle ", explique le secrétaire général, Pierre-Yves Hendrickx. " Tout est dans le communiqué de presse : il est conseiller sportif. Point ", a corroboré Abbas Bayat. " Si j'avais voulu en dire plus sur sa mission, je l'aurais mis dans l'annonce de presse. " Un conseiller ne sert-il pas à esquisser une politique à moyen terme ? Or, l'heure est à l'action et à l'urgence.