Un peu de légèreté ne fera pas de mal en cette période post-fêtes qui clôt une année où la fête a trop souvent ressemblé à un stade vide. C'est-à-dire que tout est là pour le bonheur, mais que manque l'essentiel. Du coup, j'ai envie de décompresser. De voir le foot par le bon bout, au travers de quelques bons mots. D'anecdotes qui, note à note, en forme de mot à mot, donnent une douce mélodie qui fait du bien aux oreilles et au reste.
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Un peu de légèreté ne fera pas de mal en cette période post-fêtes qui clôt une année où la fête a trop souvent ressemblé à un stade vide. C'est-à-dire que tout est là pour le bonheur, mais que manque l'essentiel. Du coup, j'ai envie de décompresser. De voir le foot par le bon bout, au travers de quelques bons mots. D'anecdotes qui, note à note, en forme de mot à mot, donnent une douce mélodie qui fait du bien aux oreilles et au reste. La première qui me vient à l'esprit est celle racontée par ce "stradivarius" qu'était Johan Cruijff. Un des rares footeux à avoir autant influencé le jeu aussi bien en short qu'en costard. Elle concerne le sublime Romario, qui était son joueur au Barça. "Une fois, il est venu me demander s'il pouvait sécher deux jours d'entraînement pour rentrer au Brésil. Il devait y avoir le carnaval de Rio... Je lui ai répondu: Si tu marques deux buts demain, je te donne deux jours de repos de plus qu'au reste de l'équipe. Le lendemain, il a marqué son deuxième but à la vingtième minute de jeu et il m'a immédiatement fait signe qu'il voulait sortir. Il m'a dit: Coach, mon avion part dans moins d'une heure!" Sublime. Mais il y a encore mieux, car à cette époque, il y avait un certain Hristo Stoichkov qui portait le maillot blaugrana. Le Bulgare avait tendance à croire que son prénom aurait pu commencer par un C. Le Christ, quoi. Romario, lui, se prenait carrément pour Dieu. Et donc, à l'issue d'un entraînement, ils demandent à Johan Cruijff lequel il considère comme le meilleur des deux. Cruijff leur répond: "Le meilleur des deux... c'est moi. Votre entraîneur." Et leur propose un petit jeu en forme de révélateur. Ballon sur la ligne des seize mètres et c'est à celui qui en dix tentatives touchera le plus la barre transversale. Stoichkov y parvient deux fois. Romario trois fois. Cruijff... six fois. Tout le groupe de joueurs est hilare. Les deux starlettes disent que c'est uniquement dû à la chance. Cruijff ne dit rien. Prend un ballon et touche une septième fois la latte de son pied gauche. Le supposé moins bon. Il conclura que ce septième essai était peut-être le seul où la chance l'avait aidé. Le patron, c'était lui! J'en bave de bonheur. Et puisqu'on est dans le "Batave", je me suis toujours demandé quel joueur avait pour la première fois enlevé son maillot après avoir marqué un but. Une célébration qui fleure bon le "pecto-abdo machisme", mais qui m'a toujours bien plu. D'après les historiens du foot qui n'ont pas tout vu, mais en ont vu quand même, il semblerait que ça se soit passé du côté d'Anfield Road. Pas question de Liverpool, mais bien d' Oranje. Un jour de play-off en forme de play-on pour l'EURO 96. Les Pays-Bas l'emportent grâce à un certain Patrick Kluivert qui, du haut de ses 19 ans, plante un doublé. Son deuxième but tombe à la 88e et plombe les espoirs irlandais d'un certain Jacky Charlton. Dans l'ivresse de son bonheur, le jeune Patrick hôte le haut. Superbe. Surtout qu'à l'époque, ce geste n'était pas sanctionné. De nos jours, le bonheur est réprimé d'un carton jaune. Carton rouge à la répression de l'essence même de notre sport. Le partage de la joie. Donc ce serait Kluivert le premier. Qui fera aussi, à travers le monde, la Une de la presse féminine. Puisqu'on parle de gent féminine, qui rime pour moi avec dignité, avenir de l'homme et surtout pureté des sentiments, revenons sur le décès de Gérard Houllier. Phil Thompson, qui était son adjoint, lui a rendu hommage en disant qu'entre lui et le Français, c'était une histoire d'amour. Qu'il l'aimait. Que c'était le seul homme pour lequel il avait nourri des sentiments amoureux. Quoi de plus beau. Quoi de plus unique et universel que notre sport puisse nous offrir. Un autre cadeau de la vie est à l'origine de cette autre histoire délicieuse. Jonathan Soriano joue alors au Red Bull Salzbourg. Nous sommes en 2013. Il demande l'autorisation d'assister à la naissance de son premier enfant. Pas de bol, Madame perd les eaux le matin d'un match. Le club tient sa promesse, mais inscrit néanmoins son joueur sur la feuille de match. Bonne idée. Tout va très vite. Tellement que dès les premiers cris de l'enfant poussés, l'Espagnol décide de se rendre au stade. Il monte au jeu à la mi-temps et plante un triplé. Elle est pas belle la vie? Il était né le divin enfant. Comment mieux vous souhaiter un merveilleux Noël à retardement? Impossible. Et tant qu'on y est, je bénis votre nouvelle année. En toute humilité. Évidemment.