Roulers, jeudi après-midi. L'équipe Première s'entraîne sur le terrain annexe du Schiervelde, sous le regard d'une dizaine de curieux et sous les premiers rayons d'un soleil enfin printanier. Le capitaine StefaanTanghe est bronzé : il est tout juste rentré d'Egypte. JérémyHuyghebaert, lui, est rentré du Maroc. Les Islandais sont un peu plus pâles : ils ont passé quelques jours dans leur pays. On n'est pas au début juillet, pour la reprise des entraînements en vue de la prochaine saison, mais à la mi-avril. Pourtant, il règne une atmosphère de rentrée des classes : la plupart des joueurs reviennent de vacances. " Je leur ai effectivement accordé 15 jours de congé ", reconnaît le coach DennisvanWijk, qui a lui-même passé une semaine à l'étranger.
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Roulers, jeudi après-midi. L'équipe Première s'entraîne sur le terrain annexe du Schiervelde, sous le regard d'une dizaine de curieux et sous les premiers rayons d'un soleil enfin printanier. Le capitaine StefaanTanghe est bronzé : il est tout juste rentré d'Egypte. JérémyHuyghebaert, lui, est rentré du Maroc. Les Islandais sont un peu plus pâles : ils ont passé quelques jours dans leur pays. On n'est pas au début juillet, pour la reprise des entraînements en vue de la prochaine saison, mais à la mi-avril. Pourtant, il règne une atmosphère de rentrée des classes : la plupart des joueurs reviennent de vacances. " Je leur ai effectivement accordé 15 jours de congé ", reconnaît le coach DennisvanWijk, qui a lui-même passé une semaine à l'étranger. Lorsqu'il a porté la nouvelle formule de championnat sur les fonts baptismaux, le président de la Ligue pro IvanDeWitte a lui-même reconnu que le sort réservé au 15e classé était le moins enviable. Obliger un club à rester six ou sept semaines sans jouer, c'était le point faible de la réforme : " Ce sera à l'entraîneur de trouver la solution pour gérer au mieux cette période délicate ". Van Wijk pense-t-il avoir trouvé la solution ? " Il y avait des chances pour que le couperet tombe sur nous et on s'est donc préparé à cette éventualité. D'abord, il fallait déterminer l'état de fraîcheur des joueurs en fin de compétition. En fonction des données, il fallait choisir la meilleure option. J'ai opté pour un break de 15 jours. Les joueurs étaient libres mais ils avaient reçu un programme d'entretien. Dès leur retour, le dimanche 11 avril, on les a soumis à des tests pour voir s'ils l'avaient bien respecté. Apparemment, ils ont bien tenu compte des directives. Le lundi, on a donc repris des entraînements assez intensifs, comme lors d'une préparation à une nouvelle saison. Cette préparation durera quatre semaines. Il y aura quelques matches amicaux au programme. D'abord contre des clubs de D3 comme Willebroek-Meerhof et Ypres, afin de retrouver le goût de la victoire. Sans doute aussi un match contre une D1, pour retrouver le rythme. L'un des adversaires envisagés est le Cercle Bruges, qui souhaite un match pour préparer sa finale de Coupe. Un stage ? Peut-être quelques jours à Blankenberghe, ce qui nous avait bien réussi l'an passé, mais pas d'escapade à l'étranger. "Van Wijk veut dégager les points positifs dans cette situation embarrassante : " On a pu se préparer. L'an passé aussi, on avait été fixés sur notre sort deux ou trois semaines à l'avance, et cela nous a été bénéfique par rapport à Dender qui a été condamné au tour final au soir de la dernière journée de compétition et l'a abordé avec un sentiment de déception très amer. "Un autre avantage est que Roulers est un habitué des tours finals : " Le club en a déjà disputé quatre. Moi-même, en tant qu'entraîneur, cinq ou six. Ce qui est important, dans ce mini-championnat de six matches ? D'abord, que les joueurs soient prêts, physiquement et mentalement. On enchaîne les matches : dimanche, jeudi, dimanche, jeudi, dimanche, jeudi. Il faut donc bien gérer les plages de récupération. "Autre avantage : van Wijk a tout le loisir de scouter ses adversaires. Qui devraient être Lommel, Mons et Eupen, pour autant que le Lierse monte directement. " Mais ces équipes n'ont déjà plus de secrets pour moi ", affirme-t-il. " Avec les diffusions régulières de matches sur ExqiSport, j'ai pu suivre le championnat de D2 depuis le début. Je connais par c£ur les joueurs du Lierse, de Lommel et de Mons. Eupen demeure un peu plus mystérieux pour moi,... " Quelle est la situation la plus avantageuse : entre une équipe de Roulers, en principe fraîche mais en manque de rythme, et des équipes de D2 toujours dans le rythme mais peut-être sur les rotules ? " On peut élaborer toutes les théories que l'on veut, c'est lors des matches que l'on constate laquelle était la bonne. On travaille bien, mais être resté de longues semaines sans compétition est toujours un handicap. On le voit avec les équipes qui commencent les tours préliminaires des coupes européennes, en juillet, face à des pays qui ont un championnat d'été. "La préparation à la saison prochaine dépendra de la division dans laquelle Roulers évoluera. Le club n'a, sur papier, qu'une chance sur quatre de rester en D1. Même s'il partira favori ? " Qu'on soit favori, cela me semble logique ", reconnaît van Wijk. " Une équipe de D1 a théoriquement un budget supérieur et est habituée au plus haut niveau. Mais ce n'est pas pour cela qu'elle va l'emporter : le mental joue un rôle, la chance joue un rôle... "Quoi qu'il arrive, la saison de Roulers se terminera le 29 mai. " C'est deux semaines plus tôt que la saison dernière ", constate van Wijk Une descente serait-elle une catastrophe pour Roulers ? " Je le pense bien. C'en est une pour toutes les équipes qui descendent. Regardez Dender mais aussi le Brussels, l'Antwerp, Ostende... La seule équipe qui a su rebondir et même continuer sur sa lancée, c'est Saint-Trond, mais les Canaris peuvent compter sur un RolandDuchâtelet toujours prêt à délier les cordons de sa bourse. Mons pourrait s'en sortir s'il remonte directement, mais en cas contraire, je crains le pire également : il faudra tout de même payer les contrats de joueurs comme MustaphaJarju et d'autres... " Van Wijk a son idée sur la nouvelle formule. Et elle n'est pas positive. " J'ai aussi entraîné aux Pays-Bas : l'idée des play-offs n'était donc pas neuve pour moi, même si la formule là-bas est un peu différente. Que les play-offs II allaient intéresser peu de monde, on pouvait s'en douter : c'était déjà le cas aux Pays-Bas, pour les équipes classées entre le 9e et la 12e place. Les play-offs I, en revanche, apportent une autre dimension... à condition d'enchaîner directement après la fin de la phase classique. Mais laisser une équipe sans match officiel pendant six ou sept semaines, voire davantage pour le 16e classé ? On n'a pas bien réfléchi à toutes les conséquences. Cette saison, on a eu le cas de Mouscron, mais si Lokeren ou... Roulers avait terminé 16e, c'était aussi la faillite assurée : il aurait fallu payer les joueurs jusqu'au 30 juin alors que le club se retrouvait sans rentrées depuis la mi-mars. Sans rentrées et... sans publicité pour les sponsors. Le projet de réforme a été élaboré dans des bureaux, par des responsables administratifs, sans tenir compte des réalités du terrain ni de l'avis des sportifs. On a dit : - Onvaselancer, aprèsonverrasiontientlaroute ! Quelle imprudence ! On n'a regardé que vers le haut, et tant pis pour les équipes du bas. C'est pareil pour le foot à Noël : on savait dès le départ que les infrastructures en Belgique n'étaient pas adaptées pour jouer tout l'hiver, mais on nous a tout de même obligés à le faire. Certes, l'hiver a été particulièrement rigoureux, mais qu'il neige en décembre, est-ce si anormal que cela ?" par daniel devos"La réforme a été élaborée sans tenir compte des réalités du terrain ni de l'avis des sportifs." (Van Wijk) "On travaille bien, mais être resté de longues semaines sans compétition est toujours un handicap." (Van Wijk)