Le Classico belge révélera-t-il déjà des différences irrémédiables entre le Standard et Anderlecht ?

Axel Witsel : Non, c'est tout à fait impossible. On ne fait pas le break après six journées de championnat. Les deux équipes peuvent seulement résoudre les problèmes qui feront peut-être surface ce jour-là. La saison passée, Anderlecht nous avait rendu visite lors de la 31e journée. Les dés étaient jetés depuis bien plus longtemps et nous savions que la victoire nous offrirait le titre. Même si je m'attends à une réception de feu cette fois-ci aussi, l'ambiance était dingue la saison passée car l'histoire d'une saison se jouait. Je pourrais même dire la légende d'un club car le titre était attendu depuis 25 ans. Au niveau de l'émotion, je n'ai rien vécu d'aussi fort. Je n'oublierai jamais tout ce que cela a déclenché. Et au-delà de la joie collective, il y a eu une prise de conscience individuelle. Il fallait gagner le championnat pour découvrir et gérer nos valeurs. Il y a un an, à pareille époque, le Standard ne savait pas encore qu'il pouvait être le meilleur de la saison. Maintenant bien, c'est totalement différent et c'est une force, à condition de garder les pieds sur terre. Si le groupe veut avancer, il doit confirmer et gagner le titre cette saison aussi. ...

Axel Witsel : Non, c'est tout à fait impossible. On ne fait pas le break après six journées de championnat. Les deux équipes peuvent seulement résoudre les problèmes qui feront peut-être surface ce jour-là. La saison passée, Anderlecht nous avait rendu visite lors de la 31e journée. Les dés étaient jetés depuis bien plus longtemps et nous savions que la victoire nous offrirait le titre. Même si je m'attends à une réception de feu cette fois-ci aussi, l'ambiance était dingue la saison passée car l'histoire d'une saison se jouait. Je pourrais même dire la légende d'un club car le titre était attendu depuis 25 ans. Au niveau de l'émotion, je n'ai rien vécu d'aussi fort. Je n'oublierai jamais tout ce que cela a déclenché. Et au-delà de la joie collective, il y a eu une prise de conscience individuelle. Il fallait gagner le championnat pour découvrir et gérer nos valeurs. Il y a un an, à pareille époque, le Standard ne savait pas encore qu'il pouvait être le meilleur de la saison. Maintenant bien, c'est totalement différent et c'est une force, à condition de garder les pieds sur terre. Si le groupe veut avancer, il doit confirmer et gagner le titre cette saison aussi. Je n'ai pas envie de me laisser endormir par les compliments. C'est agréable à entendre mais je me méfie car il est toujours dangereux de baisser sa garde. Je ne veux pas prendre un contre. La méfiance sera de rigueur. Vous pourriez aussi évoquer notre succès en Supercoupe contre Anderlecht. Les Bruxellois n'ont pas oublié cet échec et ne répéteront pas les mêmes erreurs, j'en suis persuadé. Cela dit, il y a désormais des clefs... anglaises dans notre jeu. Quand on étonne Liverpool et Everton, cela signifie quand même quelque chose. Pour moi, ce sont des matches références, même les moments de foot préférés de ma carrière jusqu'à présent. Je garde cependant un petit goût amer en bouche. On a bien joué deux fois contre Liverpool mais ce ne fut pas parfait car il y avait moyen de tuer ce géant. Un grand match, c'est celui qu'on domine et qu'on gagne. Là, on a oublié deux fois de réduire les Reds en cendres. On l'a payé cash. Le Standard avait retenu la leçon avant de se rendre à Everton. Oh, je ne sais pas : c'était différent mais costaud. Everton est moins technique et mise sur un engagement total et permanent. Cette équipe n'a pas été dominée par hasard. Nous avons haussé notre qualité de jeu sans verser dans la naïveté. A un moment, il aurait été tentant de leur en mettre plein la vue. Mais non, il fallait rester efficaces et concentrés. La saison passée, au Zénith Saint-Pétersbourg, le Standard a réagi dans l'espoir de gagner. Résultat : on a pris des contres. A Sclessin, sans l'exclusion de Oguchi Onyewu, l'exploit était possible face au futur vainqueur de la Coupe de l'UEFA. Le groupe a mûri. Mais je ne veux pas dire bientôt " qu'il aurait été possible de sortir Everton ". Non, il faut passer, récolter les intérêts du 2-2, être dans le coup des poules de la Coupe de l'UEFA. Nous avons besoin d'affiches internationales pour progresser. Dommage ? Pourquoi ? Il y a quasiment une semaine entre les deux affiches ; on a largement le temps de se reposer et de se préparer. Au contraire, j'aime bien ça. Il faut confirmer. C'est maintenant qu'il faut le faire pour découvrir d'autres horizons. Si on ne le fait pas, on recule. Physiquement, je suis prêt. Je ne me suis jamais autant entraîné avant le début de saison. C'était vraiment très dur mais ce travail poussé a eu des effets bénéfiques. Le Standard fait du bien à tout le football belge. Je devine désormais le même esprit en équipe nationale. Nous avons 4 points sur 6, je veux battre l'Arménie et l'Espagne et prendre part à la prochaine Coupe du Monde. Non. J'ai fait un choix... Oui. Non, j'ai rencontré Jean-François de Sart et j'ai dit clairement : - Si j'y vais, c'est pour tout le tournoi. Après, il y a eu des discussions compliquées entre le Standard et la fédé. J'étais fier et heureux pour la Belgique mais je ne regrette rien. On ne peut pas miser sur tous les tableaux. Je me suis concentré sur d'autres objectifs. Oui, les jeunes ont insufflé une nouvelle mentalité. Ils ont boosté tout le monde. Avant, l'ambiance était assez résignée. Cela m'a étonné quand je suis arrivé en équipe nationale. Les jeunes ont secoué le cocotier. Mais il n'en demeure pas moins qu'ils ne peuvent pas tout assumer : il faudra toujours un bon mix entre les générations. Oui, pourquoi pas ? Tout le monde compte et je suis aussi un joueur important. Non, ça va, pas de problème. Non, c'est la preuve que tout le monde va au charbon. Parfois, il faut demander à Milan de décrocher un peu plus. Jova a moins l'habitude de le faire que Wilfried Dalmat. Il sera toujours offensif mais tout le monde doit aider à la récupération. Dieumerci Mbokani le fait aussi. On voit souvent Igor De Camargo reculer très bas dans l'axe pour nous aider, travailler dans le trafic aérien défensif, être un relais. Rien ne peut jamais être figé. C'est bien. A Anderlecht, Boussoufa et Jan Polak sont mes joueurs préférés. Boussoufa et Polak... Je répète : Boussoufa et Polak... Non, un inconvénient... Nous nous soignons, nous récupérons, nous jouons. Que demander de plus ? Anderlecht aimerait être à notre place. Mais je ne veux pas crier victoire trop tôt. Il y a encore le retour contre Everton et on ne peut rien lâcher de la première à la dernière minute de jeu. Je veux vivre des matches importants en championnat et en Coupe de l'UEFA jusqu'à la fin de la saison. En début de match mais après pas tellement. Je m'attendais à plus d'ambiance. A Everton, j'ai surtout entendu les supporters du Standard. A mon avis, Everton sera étonné par la chaleur de Sclessin. Peut-être, même si Everton était prévenu après nos deux duels contre Liverpool. Avant le tirage au sort, j'avais dit à mon père qu'on hériterait d'Everton. Cela ne m'a perturbé de retourner dans la même ville. par pierre bilic - photos : reporters/ gouverneur-gys