Une lettre pas comme les autres s'était glissée dans le lot de cartes de v£ux déposé par le facteur chez les Camus. La Louvière apprenait à son médian défensif qu'il n'y aurait pas de place pour lui à bord de l'avion en partance pour la riviera turque. Bonne année, bonne santé... Ce fut un moment difficile à passer pour lui mais cet homme est du style à ne rien lâcher.
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Une lettre pas comme les autres s'était glissée dans le lot de cartes de v£ux déposé par le facteur chez les Camus. La Louvière apprenait à son médian défensif qu'il n'y aurait pas de place pour lui à bord de l'avion en partance pour la riviera turque. Bonne année, bonne santé... Ce fut un moment difficile à passer pour lui mais cet homme est du style à ne rien lâcher. " Je ne me suis jamais senti aussi bien physiquement ", dit-il. " Le soir, je m'entraîne avec les Espoirs du Tivoli. Tous les matins, je me rends dans la salle Club Med Gym située à deux pas de la Porte Louise à Bruxelles. Physiquement et mentalement, je suis prêt. Si les Loups ont besoin de moi, je serai présent. Et en cas d'offre d'un autre club, je n'aurai aucun problème à passer à la vitesse de la compétition sans retard à l'allumage. J'ai 33 ans, je connais la musique. Je sais que tout peut aller très vite dans tous les sens, vers le haut, vers le bas, etc. En fait, mon absence en Turquie a bel et bien décuplé mes ambitions. Je jouerai encore quelques années en D1. Et quand sonnera l'heure du bilan, je serai fier de tout ce que j'ai vécu sous le maillot des Loups ". Daniel Camus : Au sortir d'une bonne campagne 2003-2004, je n'imaginais pas que la donne serait différente cette saison. Pourtant, tout se compliqua rapidement suite à une distension des ligaments internes du genou droit survenue lors d'un match de préparation à Walhain. J'ai perdu quatre mois entre les retours, les rechutes, le travail à recommencer à zéro, etc. Je ne me suis entraîné à fond la caisse avec le groupe A qu'à partir de la mi-octobre. J'avais également été perturbé par les gros ennuis de santé de mes parents. Fils unique, je suis très attaché aux miens. Tous ces problèmes ont heureusement été résolus. Cette parenthèse m'a permis de faire un travail sur moi-même, de réfléchir sur mes envies, mes ambitions, mes objectifs. Je suis revenu dans le coup à Beveren. A ce moment-là, La Louvière traversait un creux. Il n'est jamais facile de s'imposer au Freethiel. Pourtant, nous y avons arraché les trois points. Tout le monde a bien joué, moi aussi. Après, je suppose que j'ai été ménagé par le coach. Je m'attendais à pouvoir appuyer à fond sur le champignon durant le deuxième tour. La donne est différente pour le moment. Non, pas du tout. Albert Cartier est plus autoritaire qu'Ariel Jacobs. Alors qu'Ariel Jacobs est introverti, Albert Cartier parle, s'exprime, est volubile comme les Français savent l'être. Il faut absolument réaliser ce qu'il demande. Je vais citer un mot qui veut tout dire : il est directif. Tout est réglé et il se passe, sur le terrain, et à l'entraînement, ce qu'il a exigé avec force. Le coach français a son système et les joueurs s'adaptent au style de jeu mis en pratique. Il ne fait pas passer les hommes avant le système. C'est son style à lui, couronné de succès durant le premier tour, et les joueurs français, excellents, connaissaient sa patte. Ariel Jacobs était différent, super bien organisé, modifiait son concept en fonction des hommes, de la forme du moment, des problèmes posés par l'adversaire. En cas de difficulté, il ne remplaçait jamais un joueur sans réfléchir. Il se demandait d'où venait le souci, le situait, trouvait une parade. Sa lecture tactique était magnifique. Ariel Jacobs a forgé un formidable groupe. La Louvière était un bloc. Défensivement, il fallait oser s'aventurer entre Maâmar Mamouni, moi, Thierry Siquet et Ogushi Onyewu : c'était le carré des Bermudes ( sic), les adversaires s'y perdaient. Ariel Jacobs responsabilisait ses joueurs. Il les obligeait à réfléchir, à s'assumer, à réagir. Pour lui, un vrai pro émerge toujours tandis que les autres disparaissent naturellement. Tous les joueurs ont reçu leur chance. Ariel Jacobs ne leur a pas donné quarante minutes puis... terminé ou bravo. Non, chacun a eu assez de temps de jeu pour étayer ses atouts. Je me souviens de matches extraordinaires comme à l'Antwerp (1-3) où nous avons pressé l'adversaire dans son camp durant 90 minutes. Marc Grosjean n'en revenait pas. A Bruges (3-3), ce fut excellent ainsi qu'à Anderlecht lors du dernier match. Anderlecht avait ouvert la marque par Aruna Dindane à la 71e minute. Toute l'équipe est allée au charbon pour arracher le nul par Michael Murcy à la dernière minute de jeu : quel bonheur, c'était symbolique pour tout le groupe d'Ariel Jacobs. Non. Quand Ariel Jacobs est revenu au Tivoli avec Genk, où il est directeur technique, le stade lui a réservé une ovation. Elle était méritée. La Louvière, ce n'est pas la RAAL mais la... GRAAL. Avec un G comme Gaone car sans le président, La Louvière serait en D3. Mais, à côté de cela, il y a eu le travail fabuleux d'Ariel Jacobs et de l'ancien manager du club, Roland Louf. En six mois, La Louvière a vendu des pans entiers de l'équipe d'Ariel Jacobs : Maâmar Mamouni, Peter Odemwingie, Davy Cooreman, Georges Arts, Thierry Siquet, Matthieu Assou-Ekotto, Michael Klukowski, Manaseh Ishiaku, Yannick Vervalle, etc. Quand Ogushi Onyewu est arrivé de Metz, je me me suis demandé qui était ce basketteur. Il était gauche, incapable de se placer. Or, il en a parcouru du chemin : c'est le résultat du travail d'Ariel Jacobs. Certains ont fait rentrer pas mal d'argent dans les caisses du club. C'est bien, je suis heureux pour La Louvière et cela prouve qu'il y a un travail de fond depuis des années. Je rappelle que les Loups ont gagné une Coupe de Belgique, joué en Coupe d'Europe, confirmé en championnat : c'est ce qui a fait monter la cote financière des joueurs depuis un petit temps. A mon avis, oui. L'organisation tactique d'Albert Cartier ne variera pas. Tout le monde se posait la même question en été et La Louvière continua sur sa lancée. De plus, les Loups ont acquis un pécule qui les met à l'abri des froids de l'hiver. Il y a des alternatives dans le groupe avec, notamment, Michael Murcy en pointe. C'est possible mais la plupart de ces éléments ont du métier à revendre. Il suffit de regarder la carte de visite de Geoffray Toyes, de Yannick Zambernardi ou de Mario Espartero, par exemple : ils ont assez voyagé pour tenir la distance. Mais, c'est vrai, quand Silvio Proto partira, ce sera la fin d'une époque. C'est un peu ce que craignait Georges Arts. Lui, il n'avait pas envie de travailler avec un coach français ne s'exprimant pas en néerlandais. Georges estimait que ce serait un handicap pour lui et il est parti à Beringen-Heusden-Zolder. C'était son choix. Moi, je me sentais bien dans ce groupe. Je crois avoir aidé des nouveaux à découvrir la Belgique et à s'y installer. Ils savent d'où ils viennent et seul le travail payera. Peter Odemwingie est monté d'un cran à Lille. Il a tout : technique, vitesse, deux pieds, frappe. Lille n'est qu'une étape intermédiaire. Ce joueur a tout pour atteindre le top européen. Ogushi Onyewu est typiquement américain. Il apprend vite. Son gabarit est impressionnant et, de plus, il n'est pas mal techniquement, marque des buts. Il sera plus fort que Daniel Van Buyten. Le Standard a réalisé une affaire en or. Matthieu Assou-Ekotto est un gros travailleur : il le prouvera à Sclessin. Ses progrès à la récupération sont constants mais il a encore besoin d'être guidé. Maâmar Mamouni, il faut se le farcir. C'est un gagneur, un fameux pare-chocs. Je me frottais parfois à lui à l'entraînement : cela faisait des étincelles. Mais, dans la vie, il est super, très intéressant. Manaseh Ishiaku est une tour. Sa deuxième saison en D1 fut plus hésitante. Mais il a digéré son apprentissage, a tiré les conclusions avant de repartir du bon pied. Ishiaku, c'est de la puissance à revendre. Bruges a trouvé son nouveau Daniel Amokachi. Michael Klukowski fait moins de bruit. Le Canadien n'est pas une star mais il a sa hargne, sa frappe, son sérieux, son ambition, son travail au quotidien. C'est un nouveau Peter Van der Heyden en plus jeune qui joua aussi dans de petits clubs comme Denderleeuw et Alost avant de signer à Bruges. Yannick Vervalle avait envie de jouer plus souvent. Il peut se relancer à Mons. La saison passée, il avait attiré le regard de l'Espanyol Barcelone. Yannick a parfois été à la peine mais il était bien entouré par les vieux roublards. Thierry Siquet est parti sans faire de bruit. C'est un Monsieur, exigeant pour les autres mais d'abord pour lui : chapeau. Ce sera à d'autres de relever le défi. Le groupe précédent y est parvenu, pourquoi pas eux ? Silvio Proto m'épate. J'ai joué avec de très bons gardiens. Mais aucun n'a exhibé un tel potentiel à 21 ans. International à son âge, et c'est mérité, il ira très, très, très, très loin Je ne sais pas mais il a tout, du talent, de la volonté. Oui, cela m'intéressait. J'avais rencontré le président montois, Dominique Leone, et son discours m'a plu. Avec mon métier, j'aurais pu aider les Dragons. Dans le bas du classement, il faut se battre, gagner du terrain, se faire respecter. Cela me convenait. L'affaire traîna en longueur entre les deux clubs. Quand cela prend du temps, d'autres placent leurs pions et c'est ainsi que Junior débarqua d'Anderlecht. On verra. Il y a eu d'autres contacts informels et je suis toujours au Tivoli. Tout est ouvert ici ou ailleurs. Je suis un bosseur. Dans la vie, j'ai toujours su d'où je venais. Et je ne me suis jamais pris pour ce que je n'étais pas. Beaucoup de joueurs disparaissent aussi vite qu'ils sont arrivés en D1. Il faut tenir, être modeste. Je le suis. J'ai débuté au RWDM en D1 en 1991. Cela en fait du chemin. J'ai vécu pas mal de choses et cette durée, c'est une force, des certitudes. Un dicton chinois dit qu'on croise en montant les mêmes personnes qu'en redescendant. Celui qu n'a pas été très droit dans ses bottes lors de son ascension aura doit à des croche-pieds dans le sens inverse. J'ai toujours travaillé honnêtement. Je vais rebondir : ça, c'est certain. Pierre Bilic" La Louvière, ce n'est pas la RAAL mais la... GRAAL. Avec UN G COMME GAONE " " OGUSHI ONYEWU sera plus fort que Daniel Van Buyten "