" There is no one anywhere in the world or at any stage who is any bigger or any better than this football club. " - " Personne au monde n'est plus grand ni meilleur que ce club. "
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" There is no one anywhere in the world or at any stage who is any bigger or any better than this football club. " - " Personne au monde n'est plus grand ni meilleur que ce club. " Virgil van Dijk: " C'est une phrase de Kenny Dalglish. J'en suis sûr. " Il lui suffisait de lever la tête, la réponse était écrite sur une photo d'action accrochée au mur. Le numéro de la pièce où nous étions assis constituait une indication également. Room 7, comme le numéro du maillot de Dalglish, légendaire ex-joueur et manager du Liverpool Football Club. King Kenny n'est pas tout seul, il est entouré de nombreux autres joueurs ayant marqué la riche histoire des Reds. Bill Shankly n'est jamais bien loin, Bob Paisley non plus. Sans oublier Kevin Keegan, Robbie Fowler, Ray Clemence, Steven Gerrard. Tous sont parfaitement représentés dans les nombreuses salles de Melwood, le centre d'entraînement du club. " King Kenny est une légende ", dit Van Dijk. " Et ici, on sait traiter les légendes. J'ai une relation particulière avec Dalglish. Comme d'autres joueurs, j'ai une loge pour ma famille et mes amis mais pour y arriver, je dois passer par la board room. Les jours de match, c'est comme un musée : presque toutes les légendes du club sont là. C'est comme ça que j'ai connu Kenny. J'ai déjà beaucoup parlé avec avec lui et, avant les matches, il m'envoie parfois un message pour me souhaiter bonne chance. J'adore écouter les histoires de l'époque où ces gars-là jouaient pour Liverpool et je constate que, finalement, ce club n'a pas tellement changé. On y a toujours cultivé le respect du passé. Celui qui a signifié quelque chose pour ce club ne tombe jamais dans l'oubli. Quand on est de Liverpool, c'est pour toujours. " Peut-on décrire la grandeur du club ? Virgil van Dijk réfléchit un instant et dit : " Moi, je ne le pourrais pas. C'est quelque chose qu'il faut sentir, expérimenter. J'avais une image de ce club et je me disais bien qu'il était très grand. Quand je suis venu jouer avec Southampton, je m'en suis encore un peu plus rendu compte : ce stade, ces gens, You'll Never Walk Alone, ... Tout ça était fantastique. Mais quand j'ai signé ici, j'ai encore été plus surpris et envoûté. Il m'a fallu un certain temps avant de comprendre. " " The score is 1-1 as tense as you like, then up pops the head of Virgil van Dijk. Oh, Everton, we're all laughing at you. " - " C'est 1-1 mais soudain, Virgil van Dijk met sa tête. Oh, Everton, tu nous fais rigoler. " " Haha, c'est ce que les fans ont chanté après mes débuts contre Everton. Marquer le but de la victoire, c'est quelque chose. J'ai directement été intégré. " La seule chose bleue, aujourd'hui, c'est la casquette de ce gamin qui effectue une visite guidée de Melwood mais la politesse du collaborateur du club l'emporte sur son dégoût. Ici, le bleu fait tache, il dénote dans le rouge du Liverpool FC. Le bleu, c'est Everton, l'ennemi local, contre qui Van Dijk a effectué ses débuts le 5 janvier dernier. " Je ne devais même pas jouer ", dit-il. " Jürgen Klopp estimait que c'était trop tôt. Il m'a dit : Virgil, tu commenceras sur le banc, on va y aller doucement avec toi. Je comprenais, j'avais connu une période agitée avant ce transfert et il fallait le temps que je trouve mes marques. Mais à l'échauffement, plusieurs joueurs ont ressenti des douleurs. Klopp est venu me trouver et m'a demandé si j'étais prêt à jouer. J'ai dit : Plus que prêt. Je ne savais pas trop comment nous jouions tactiquement, j'ai joué mon jeu. Peut-être que c'était bien ainsi. J'ai joué sans pression et j'ai passé une bonne soirée. " Van Dijk a tout de suite apposé sa griffe sur le jeu de Liverpool et a couronné sa prestation par le but de la victoire. " Après ce match, nous sommes partis en stage à Dubaï. C'était parfait, ça m'a permis de connaître tout le monde en peu de temps et je me suis aperçu que je m'entendais bien avec chacun. Ça n'a pas changé. Vous savez, ça ne fait que dix mois que je joue à Liverpool mais j'ai l'impression d'être ici depuis bien plus longtemps. " Qu'est-ce que ça fait d'entrer dans le vestiaire d'un grand club comme Liverpool ? " C'est un peu comme découvrir une nouvelle classe après les vacances ", dit Van Dijk. " L'âge et le vécu n'ont pas d'importance, ça reste très excitant. Heureusement, je connaissais déjà très bien Gini ( GeorginioWijnaldum, ndlr) et aussi Jordan Henderson qui a le même agent que moi. J'avais également affronté les autres. Finalement, ce fut assez facile car tout le monde m'a aidé. À tel point que je me suis très vite intégré et que j'avais oublié que je devais faire tout ce qui attend les nouveaux : chanter une chanson. Mais l'été dernier, ils me l'ont rappelé : Tu nous dois encore quelque chose, Virgil. J'ai donc fait un karaoké sur du R&B. Les images doivent être en ligne, vous pouvez vérifier. Je jouais déjà à Liverpool depuis plus de six mois, j'avais disputé une finale de Ligue des Champions et tout, je connaissais tout le monde. Alors, devoir chanter, ce n'était pas marrant. Ils étaient tous pliés en quatre. " Selon Van Dijk, la force de Liverpool, c'est l'unité qui règne au niveau de l'état d'esprit. " C'est un très grand club, nous jouons au plus haut niveau mais l'ambiance est la même que dans un club amateur : nous sommes de vrais amis. Je sais aujourd'hui qu'une ambiance pareille, ça s'entretient. Ça commence par le manager, qui a un grand rôle à jouer. Autre aspect : il faut du caractère dans l'équipe, des gars qui ne disent pas amen à tout. Ici, tout le monde est honnête et droit dans ses bottes. Tout ce qu'on veut, c'est progresser ensemble. C'est en acceptant de se corriger mutuellement qu'on jette les bases du succès. " " Over the next three or four years, if Liverpool could win a league or a Champions League, I think Van Dijk has the potential to actually go down alongside Alan Hansen if we're talking about Liverpool's best ever teams - that's how good he is and how good he can become. " - " Si Liverpool parvient à gagner un championnat ou la Ligue des Champions au cours des trois premières années, je pense que Van Dijk pourrait figurer aux côtés d'Alan Hansen dans le meilleur onze de tous les temps du club. Il est bon et peut encore progresser. " " C'est Jamie Carragher qui a déclaré cela à mon sujet. Que puis-je dire ? J'en suis fier et je suis quand même un peu confus. " Depuis son arrivée à Anfield Road, il n'a eu droit qu'à des éloges. Dernièrement, c'était Rio Ferdinand. L'ex-défenseur de Manchester United estime que Van Dijk améliore le rendement des autres joueurs de Liverpool. " Bah, vous savez... Quand l'équipe tourne bien, les compliments suivent. La seule chose que je puisse faire, c'est confirmer tout le bien qu'on dit de moi par mes prestations.é " Bien sûr, ça m'émeut. On a beau gagner beaucoup d'argent et avoir du succès, les compliments font toujours plaisir. À moi aussi, je ne vais pas vous mentir. Surtout que ça vient d'anciens grands défenseurs, des gars qui ont joué au plus haut niveau. Ça compte double. Mais je sais aussi que, quand ça ira moins bien, on me montrera du doigt également. Quand on sait cela, il n'y a pas de raison de gamberger. " " Quality costs a specific price. Cars are like that. Lots of things are like that. Players too. " - " La qualité a un prix. C'est vrai pour les voitures et bien d'autres choses, comme les joueurs. " " C'est le manager qui a dit cela après notre match contre Crystal Palace. De beaux mots d'un entraîneur particulier. " Quatre-vingt-cinq millions d'euros. C'est le prix que Liverpool a payé à Southampton pour transférer Virgil van Dijk, ce qui fait de lui le défenseur le plus cher du monde. Avant cela, Southampton avait déjà dépensé un montant-record pour l'acheter. Ronald Koeman, alors manager des Saints, avait versé quinze millions au Celtic. L'affaire du siècle ! Van Dijk est aussi le joueur néerlandais le plus cher de tous les temps. " Je ne considère pas ces records comme une tare ", dit-il. " C'est le marché qui fait le prix, pas moi. Je suis content que l'entraîneur ait dit que la qualité avait un prix. " En parlant du loup : juste à ce moment-là, Jürgen Klopp entre dans la salle Kenny Dalglish. Il fait un high-five à son défenseur central et disparaît dans une autre pièce pour y donner sa énième conférence de presse de la saison. L'homme déborde d'énergie. " Il est toujours comme ça ", dit Van Dijk. " Après notre premier entretien, j'ai tout de suite eu un bon pressentiment. Klopp a joué un grand rôle dans mon choix. J'avais d'autres possibilités ( comme Chelsea et Manchester City, ndlr) mais il y avait le club, son histoire, son stade, son équipe actuelle, ses projets d'avenir et, surtout, le manager. " Qu'est-ce qui fait de Klopp quelqu'un de tellement spécial ? " Je me pose parfois la question aussi mais il a tout simplement quelque chose. Du charisme ? De l'énergie ? J'y pense parfois. Pour moi, c'est avant tout une question de gestion du noyau. C'est très important à l'heure actuelle. Klopp fait en sorte que vous vous sentiez bien, il est par exemple toujours sincèrement heureux de vous voir. Moi, ça me fait quelque chose. Voyez la façon dont il embrasse ses joueurs après les matches. C'est une petite chose mais ça fait du bien. Le lendemain, par contre, il est capable de vous remettre impitoyablement à votre place devant tout le groupe et vous l'acceptez aussi car vous savez que ce n'est pas une attaque personnelle. En agissant de la sorte, il peut demander beaucoup à ses joueurs. " Car Klopp aime qu'on travaille dur. " Oh oui ", rigole Van Dijk. " Tout ce qu'on dit à ce sujet est vrai. Je n'ai jamais autant travaillé qu'en période de préparation cette saison. C'était à l'allemande : courir, courir, courir et, quand on pensait avoir fini, il fallait encore courir. Puis recommencer. Trois entraînements par jour. À sept heures, le réveil sonnait. Une demi-heure plus tard, nous étions déjà sur le terrain en train de courir. Après cela, se dire qu'il restait encore deux séances, c'était dur. Nous étions en France, totalement à l'écart de tout : pas de fans, pas de journalistes, personne. Seulement nous. Et en plus des entraînements, il y avait des réunions, des séances de théorie. Ça n'arrêtait pas. Quand je suis rentré chez moi, j'étais cassé. Mais aujourd'hui, je ressens le bénéfice de ce travail. Nous sommes au milieu de la saison et le calendrier est chargé avec la Premier League, les coupes, la Ligue des Champions, l'équipe nationale... Les entraînements, désormais, c'est plutôt de l'entretien mais pour tenir le coup, la base doit être bonne. " " It's constant stretching. It's constant ice baths. It's constant modalities and eating the right things and drinking the right things. It's a lifestyle. It's full-time commitment. " - " Il faut sans cesse s'étirer, prendre des bains de glace, refaire les mêmes gestes, bien manger et bien boire. C'est un mode de vie auquel il faut se consacrer à temps plein. " " Ça, ce n'est pas d'un footballeur, c'est de Kobe Bryant ! " Le foot de haut niveau est-il un mode de vie ? " Absolument ", dit Van Dijk. " J'aime le basket et je suis fan de Kobe Bryant. J'ai vu son documentaire, Muse. La façon dont il se sacrifie pour son sport est un exemple pour tout le monde. Aujourd'hui, je le sais mais j'ai dû l'apprendre. " Ce qu'il veut dire, c'est que le Virgil van Dijk d'aujourd'hui n'est pas le même que celui qui a débuté au FC Groningue. " C'est dans les coups durs qu'on apprend vraiment à se connaître ", dit-il. " J'ai longtemps eu la chance de ne pas être blessé, tout semblait aller de soi. Puis ça m'est arrivé aussi. C'est à ce moment-là que j'ai ouvert les yeux. " C'était l'époque où il jouait à Southampton, contre Leicester City. Son équipe s'est imposée 3-0 mais Van Dijk a perdu son match. " Quelqu'un m'a marché sur le pied et celui-ci est parti de travers. Avec mon poids, ça n'a pas tenu. C'était une lésion de Lisfranc, une déchirure d'un tout petit ligament du pied qui a entraîné de grosses complications. Je n'avais jamais été longtemps blessé et ici, c'était très compliqué, comme pour les ligaments croisés. Au point qu'à un moment donné, je me suis demandé si je reviendrais à mon niveau. Les spécialistes m'avaient d'ailleurs dit qu'ils ne pouvaient rien me garantir. Cette blessure n'arrive presque jamais en football. Elle affecte plutôt les cavaliers et les rugbymen. Le staff médical de Southampton n'avait jamais connu ça, j'ai donc dû aller voir un spécialiste du pied, un des meilleurs chirurgiens d'Angleterre. " Pendant sa longue rééducation, il s'est dit béni. " On réfléchit : pour le même prix, cela aurait pu être la fin de ma carrière. On apprend à apprécier ce qu'on a. Quand je jouais à Groningue, j'ai été opéré de l'appendice. Je me sentais si mal que ma mère m'a envoyé à l'hôpital. Il s'est avéré que si j'avais attendu plus longtemps, j'aurais pu mourir. C'était arrivé à une époque où tout semblait aller de soi. J'avais déjà inscrit quelques buts, nous formions un groupe d'amis, nous faisions ce que nous voulions, tout allait bien. Je ne savais pas quelle influence avaient l'alimentation, le repos, le mode de vie d'un joueur. Je n'en avais vraiment aucune idée. Cette appendicite... c'était la faute d'une mauvaise alimentation. Quand on est jeune et qu'on habite tout seul, on ne cuisine pas toujours, on va en ville et on achète quelque chose : une pizza, un McDonalds... Il n'y avait aucun contrôle. Aujourd'hui, j'ai deux filles de quatre et deux ans. Il faut qu'elles mangent sainement aussi. Grâce à ma femme, je vis sainement. C'est elle le pilier du ménage, elle fait en sorte que nous ayons toujours suffisamment de choses saines à manger. Si je vivais aujourd'hui comme je vivais à Groningue, Liverpool s'en apercevrait rapidement. Ici, tout est mesuré et tout se sait. " Pour Van Dijk, au sommet, tout est top : " Aux Pays-Bas, après un match, si j'avais envie de manger, j'allais me chercher une croquette. Ici, c'est impossible. Nous avons une diététicienne et quand elle parle, tout le monde l'écoute. Après un match de Ligue des Champions, nous avons quatre jours pour récupérer, physiquement et mentalement. En fait, c'est 20 % de repos et 80 % d'alimentation. Pour faire simple, il s'agit d'ingérer les bonnes choses. Chaque joueur à son propre régime et les tests démontrent notre état de forme. C'est presque scientifique. En cours de préparation, on mesure notre pourcentage de graisse. Aux Pays-Bas aussi mais avec des ventouses sur le ventre. À Liverpool, on procède par ultra-sons. C'est une sorte d'échographie, comme pour les femmes enceintes. Ça permet de mesurer le pourcentage de graisse au millimètre près. Ici, le mode de vie est pris très au sérieux et les joueurs ne peuvent pas y échapper. "