En passant dans les environs des Champs-Elysées et du Palais des Congrès à la Porte Maillot, samedi midi, on a l'impression d'être au sein d'une ville en état de siège. Un hélicoptère de la police dans les airs (il n'était pas là pour protéger les 1.000 invités de l'UEFA mais bien les chefs d'Etat et de gouvernement des pays participant à la conférence sur le climat qui se tenait un peu plus loin, aux Invalides), des embouteillages monstrueux, des routes barrées... Les gens qui sont allés faire leurs achats au Printemps ou aux Galeries Lafayette sont désespérés. Le périmètre d'un kilomètre carré qui entoure le Palais des Congrès, où a lieu le tirage au sort de l'EURO 2016, est passé au peigne fin mais sur le périphérique, le trafic reste fluide. La station de métro de la Porte Maillot est restée ouverte mais toutes les sorties sont fermées, à l'exception de celle menant aux salles de congrès. Les sacs (à dos) font l'objet d'un contrôle minutieux. Deux cent cinquante agents, dont une cinquantaine en civil et des tireurs d'élite sur les toits environnants surveillent attentivement les moindres faits et gestes. Quatre chiens spécialisés dans la détection d'explosifs reniflent le quartier mais on ne peut pas parler de nervosité exagérée ou d'excès de zèle. Alors que nous cherchons la bonne sortie, une sympathique policière sort même un GPS de son sac pour nous aider. Elle aussi est perdue...
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En passant dans les environs des Champs-Elysées et du Palais des Congrès à la Porte Maillot, samedi midi, on a l'impression d'être au sein d'une ville en état de siège. Un hélicoptère de la police dans les airs (il n'était pas là pour protéger les 1.000 invités de l'UEFA mais bien les chefs d'Etat et de gouvernement des pays participant à la conférence sur le climat qui se tenait un peu plus loin, aux Invalides), des embouteillages monstrueux, des routes barrées... Les gens qui sont allés faire leurs achats au Printemps ou aux Galeries Lafayette sont désespérés. Le périmètre d'un kilomètre carré qui entoure le Palais des Congrès, où a lieu le tirage au sort de l'EURO 2016, est passé au peigne fin mais sur le périphérique, le trafic reste fluide. La station de métro de la Porte Maillot est restée ouverte mais toutes les sorties sont fermées, à l'exception de celle menant aux salles de congrès. Les sacs (à dos) font l'objet d'un contrôle minutieux. Deux cent cinquante agents, dont une cinquantaine en civil et des tireurs d'élite sur les toits environnants surveillent attentivement les moindres faits et gestes. Quatre chiens spécialisés dans la détection d'explosifs reniflent le quartier mais on ne peut pas parler de nervosité exagérée ou d'excès de zèle. Alors que nous cherchons la bonne sortie, une sympathique policière sort même un GPS de son sac pour nous aider. Elle aussi est perdue... Un mois après les attentats, Paris est-elle une ville occupée ? Pas du tout ! Peut-on parler d'état d'urgence ? Sur papier, oui mais en pratique, on s'en aperçoit à peine. Les passagers débarquant à la Gare du Nord ne sont absolument pas contrôlés. Sur la route de notre hôtel, nous ne rencontrons pas le moindre policier. Pas plus que dans les quartiers mouvementés comme Montparnasse ou le Quartier Latin. Les brasseries et restaurants font le plein, les vitrines aussi. Si les Parisiens sont des victimes, ce n'est pas ici. Seuls les endroits qui font l'objet d'une attention internationale sont davantage surveillés. Par contre, ils le sentent. Surtout à leur portefeuille. Le week-end, de nombreuses chambres d'hôtels sont vides. Ils tentent de se montrer le plus accueillant possible, ce qui n'est pas toujours le cas. Notre établissement offre le café et les croissants tandis que celui qui demande un upgrade pour sa chambre l'obtient sans problème, tant les annulations sont nombreuses. En semaine, la clientèle d'affaires reste. Mais le week-end, les touristes désertent la ville. Ils fêteront Noël ailleurs. Paris est plus française que jamais. C'est le moment de découvrir des endroits en général envahis par la foule. Au Grand Palais, on ne fait pas la file pour découvrir Picasso. Mania, une exposition de 100 chefs-d'oeuvre du maître. Au Musée d'Orsay, on entre en cinq minutes. C'est sans doute un record. Et on n'entend parler que français. " Non, je ne suis pas migrant ". Sa petite tente plantée sur le trottoir, entre deux arbres, ce sans-abri se sent un peu abandonné. Les mendiants sont nombreux, parfois avec des enfants. Comme dans toutes les capitales d'Europe, la crise frappe aveuglément. Le contraste avec le luxe étalé par la crème du football européen est saisissant. Le comité exécutif de l'UEFA tient son congrès dans une des salles de l'hôtel Shangri-La, avenue d'Iena. C'est un des nouveaux endroits branchés de la Ville-Lumière. Un millier de personnes sont invitées.Le journal L'Équipe a tenté de calculer le prix de revient de l'événement. L'hôtel, la location de l'immense salle, les limousines, le service de sécurité, le catering... On en arrive à une vingtaine de millions d'euros pour un show lamentable d'une petite heure. La partie visible de l'iceberg. Car ce qui compte vraiment se passe en coulisses : les réseaux, le lobbying, les prises de contact... Une ombre plane sur le tirage : celle de l'homme qui, au cours des 20 dernières années, a marqué de sa présence tous les événements importants pour le football français : Monsieur Michel Platini, Platoche. Joueur, il fut le héros de l'EURO 1984 en inscrivant neuf buts au cours du tour final. Un record qui tient toujours. En 1992, lorsque la France se vit attribuer l'organisation de la Coupe du Monde 98, il fut nommé co-président du comité d'organisation. Une exigence de François Mitterand, disent les mauvaises langues. Par la suite, il surfa sur la vague de la réussite du football français (confirmée lors de l'EURO 2000) pour arriver au sommet de la FIFA et de l'UEFA. Mais aujourd'hui, le président de l'UEFA brille par son absence. Il n'a pas le droit de diriger le tirage au sort de l'EURO alors que celui-ci se tient dans son pays. Ainsi en a décidé la Commission d'Ethique de la FIFA. Le 7 octobre dernier, elle lui a infligé 90 jours de suspension en raison du montant de 1,8 million d'euros qu'il aurait reçu de Sepp Blatter & Co pour services rendus. La semaine précédente, le TAS a dit qu'il ne voyait pas de raison de lever cette sanction. La seule image de Platini à Paris est donc celle du meilleur buteur de l'EURO 84. Le public applaudit, maigre consolation. Le 18 décembre, Platini comparaîtra à nouveau devant la Commission d'Ethique de la FIFA, qui a promis de rendre son verdict avant le Nouvel An. S'il n'est pas suspendu, Platini pourra introduire sa candidature à la présidence de la FIFA et passer les tests d'intégrité. S'il l'est, comme beaucoup de gens le pensent, il devra à nouveau s'adresser au TAS, qui ne s'est pas encore exprimé sur le fond. Et l'EURO aura peut-être lieu sans son icône française. Il faut le dire, c'est cette icône qui a donné le feu vert (ou plutôt qui a manigancé) à un format qui devra faire ses preuves en juin. Le tirage de samedi concerne 24 pays, soit près de la moitié de l'Europe. L'épreuve débutera le vendredi 10 juin et le mercredi 22, après 36 matches, seuls 8 équipes rentreront à la maison : les six derniers de chaque groupe et les deux plus mauvais troisièmes... Ce n'est qu'alors que les choses sérieuses commenceront... pour ceux qui n'en ont pas déjà marre. A La Gantoise, dont le stade est déjà trop petit, on dit que ce qui est rare attire le public. A l'UEFA, on fait tout le contraire. Nous vous mettons au défi de regarder le calendrier des deux premières semaines et de désigner le match auquel vous voulez absolument assister. Tout le monde répondra : Belgique-Italie. Parce que, comme le dit le sélectionneur irlandais Martin O'Neill, ce sont deux équipes qui auraient dû se retrouver dans le pot 1. Les autres matches n'ont qu'un intérêt local : Angleterre-Pays de Galles pour les Britanniques ; Suisse-France pour les Français, qui se méfient toujours un peu des Albanais ; Allemagne-Pologne, deux pays qui semblent inséparables puisqu'ils étaient dans la même poule de qualification (une victoire chacun) mais se sont aussi rencontrés à la Coupe du monde 2006 et à l'EURO 2008. Bordeaux fera-t-il le plein pour Autriche-Hongrie (un match pour les livres d'histoire) ? La rencontre entre la Pologne et l'Irlande du Nord attirera-t-elle la foule à Nice ? Deux heures après le tirage, nous avons rencontré le représentant de la ville dans le métro. Quand nous avons abordé le sujet avec lui, il est devenu tout blanc. Son collègue de Marseille, lui, voit des étoiles : le 11 juin, les Anglais débarquent. Et il n'a pas encore oublié qu'en 1998, lors du match de Coupe du monde contre la Tunisie, ils avaient détruit la ville portuaire : 37 blessés, 50 arrestations. Pour la délégation belge, la journée n'est pas très bonne. Pas tellement à cause du tirage en soi car l'Irlande et la Suède n'ont terminé qu'à la troisième place de leur groupe et ont dû passer par les barrages pour se qualifier, mais plutôt à cause de la suite possible des événements. Avec un match d'ouverture face à l'Italie (et le rideau de fer de la Juventus), les Belges entreront directement dans le vif du sujet, ce qui n'est pas une mauvaise affaire. Ils affronteront ensuite l'Irlande puis la Suède et Zlatan qui, à 34 ans, pourrait jouer son dernier match. Encore que, samedi soir, le correspondant à Paris du journal suédois Aftonbladet, qui suit l'attaquant du PSG à la trace, affirmait que Zlatan envisageait de participer... aux Jeux olympiques. La Suède a en effet remporté l'EURO Espoirs en République tchèque (elle y a battu l'Italie, le Danemark et le Portugal, ce qui veut dire que la relève est bonne) et s'est donc qualifiée pour Rio. Deux grands tournois en un mois et demi de temps (le tournoi olympique débute le 4 août), ça risque de faire beaucoup pour le sélectionneur suédois mais aussi pour sa star. Si la Belgique remporte son groupe, elle pourrait affronter l'Allemagne en quarts de finale et la France en demi. Mieux vaudrait peut-être terminer deuxième et affronter le Portugal, l'Angleterre ou l'Espagne, qui ont tous déçu lors de la dernière Coupe du monde. Mais comme le dit le président fédéral, quand on veut aller loin, on doit aussi pouvoir battre de grands pays. C'est sans doute aussi parce que l'EURO ne débutera réellement que le 25 juin qu'on accorde tellement d'importance à des tas de scandales qui ont émaillé l'actualité ces derniers jours : la sextape de Valbuena qui va sans doute décapiter l'équipe de France puisque Benzema ne semble plus sélectionnable, le million huit cent mille touché par Platini, les dix mille versés au lobbyiste guinéen Diallo par la candidature belgo-hollandaise au Mondial 2018... Vivement le mois de juin qu'on reparle vraiment de football ! Le coup d'envoi de l'EURO sera donné le 10 au Stade de France à l'occasion du match France-Roumanie. Espérons qu'on n'assistera pas à un remake du 0-0 du 9 juin 2008 à Zurich, sans doute un des pires matches de l'histoire des phases finales d'un championnat d'Europe. La Roumanie n'avait pas tiré une seule fois au but. La France, une fois... PAR PETER 'T KINT, ENVOYÉ SPÉCIAL À PARIS - PHOTOS BELGAIMAGESi la Belgique remporte son groupe, elle pourrait affronter l'Allemagne en quarts de finale et la France en demi. Platini était le grand absent de la cérémonie.