Pour les clubs, rien de tel que d'entamer la saison par une journée des supporters. C'est le meilleur moyen de leur rendre le soutien inconditionnel dont ils témoignent tout au long de la saison. Les supporters découvrent les nouveaux visages du noyau et peuvent se faire photographier avec leurs héros. Cela ne fait que renforcer le lien avec le douzième homme.
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Pour les clubs, rien de tel que d'entamer la saison par une journée des supporters. C'est le meilleur moyen de leur rendre le soutien inconditionnel dont ils témoignent tout au long de la saison. Les supporters découvrent les nouveaux visages du noyau et peuvent se faire photographier avec leurs héros. Cela ne fait que renforcer le lien avec le douzième homme. Dans tous les clubs, la journée du supporter se déroule plus ou moins selon le même schéma : séance d'autographes, animations pour les enfants, entraînement ouvert au public, stands de boissons et de petite restauration, match de gala, ambiance musicale... C'est la kermesse ! A Gand, on va même plus loin : " Cette année, notre fan day débutera par un petit déjeuner qui réunira supporters et joueurs ", dit Patrick Lips, directeur commercial des Buffalos. " Impossible d'être plus près d'eux. Mieux : à midi, ce sont les joueurs qui serviront le repas aux supporters. " Les clubs investissent beaucoup dans le fan day et ils savent que les supporters apprécient. Ces journées attirent de plus en plus de monde. Que le club soit grand ou petit, ce sont des milliers de personnes qui affluent. A Anderlecht et au Club Bruges, l'an dernier, ils étaient plus de vingt mille. Mais même les clubs qui ne font pas partie du G5 ont du succès. En 2014, Lokeren a attiré 4.500 fans. Et Charleroi 3.500. Plusieurs facteurs ont une influence sur le succès d'une telle journée. Cela peut sembler banal mais la météo joue un rôle important. S'il pleut à seaux, les gens ne se déplacent pas. Plus important encore : les transferts. Si le club a fait signer des joueurs intéressants, les gens veulent les rencontrer. " Avant, il y avait beaucoup moins de monde ", dit Kirsten Willem, attaché de presse du Club Brugeois. " Seuls les mordus de football se déplaçaient. Maintenant, ils amènent leur femme et leurs enfants. C'est devenu un événement familial. " Les clubs ont beau faire ce qu'ils peuvent pour mettre sur pied cette belle initiative, ils ne peuvent y arriver seuls. Les partenaires - les clubs ne parlent pas de sponsors - jouent donc un rôle essentiel dans l'organisation d'une telle journée. Ce sont ces entreprises qui assurent l'animation par des initiatives originales. Avec les clubs, elles voient quelles activités sont susceptibles d'intéresser les fans, qu'ils soient jeunes ou adultes. Car tous les clubs veulent que cette journée soit placée sous le signe de la famille. " Nos partenaires ont différents stands où petits et grands peuvent trouver leur bonheur ", dit Herman van de Putte, attaché de presse de Lokeren. " Nous voulons faire de la journée un événement familial. " Au moment de composer le programme du fan day, les clubs accordent une attention particulière aux jeunes. Des châteaux gonflables aux stands de grimage, ils prévoient donc de nombreuses activités pour les enfants. Ce sont eux les supporters de demain et il n'est jamais trop tôt pour les convaincre. Selon Stephan Poelmans, directeur commercial du RC Genk, ça fonctionne plutôt bien. " Les enfants viennent avec leur papa et vivent la journée de leur vie. C'est une chouette excursion et ils découvrent l'équipe. " Lors des matches de gala organisés à l'occasion des fan days, les plus petits peuvent goûter à l'ambiance d'un match. Et une fois frappés par le virus, il y a de fortes chances qu'ils reviennent. " Dès qu'un enfant supporte un club, c'est pour la vie ", dit Stan Niesen, directeur commercial de Saint-Trond. C'est pourquoi certains clubs offrent un abonnement gratuit aux enfants de moins de douze ans accompagnés d'un adulte payant. Lorsqu'ils ont douze ans, les enfants mettent leurs parents sous pression afin qu'ils renouvellent l'abonnement, même s'il est devenu payant entre-temps. Tout le monde n'est cependant pas convaincu que le fan day soit la solution idéale pour attirer de nouveaux supporters. " Il n'y a pas de scénario pour cela ", dit David Steegen, directeur de la communication à Anderlecht. " On ne peut pas prévoir à partir de quel moment quelqu'un va devenir supporter d'un club. Certains tombent amoureux d'une équipe quand ils ont six ans, d'autres ne vont régulièrement au football qu'à partir de leurs quarante ans. " Yuri Hermand, organisateur du fan day de Charleroi, est d'accord avec lui. " Les supporters qui viennent sont presque toujours les mêmes. Je ne pense donc pas que cette journée nous amène beaucoup de fans supplémentaires. " Les années passent mais le concept des journées de supporters n'évolue guère. On s'en tient au schéma classique (séance d'autographes, match de gala, présentation de l'équipe), même si les clubs procèdent chaque année à une évaluation et voient ce qui peut être amélioré. " On s'attache surtout aux aspects pratiques, comme la fourniture d'électricité pour les stands de boissons et de petite restauration ", dit Ward Callens, responsable des relations publiques à Waasland Beveren. Comme le fan day est entièrement placé sous le signe du spectateur, les clubs consultent également les fédérations des supporters, qui sont les plus à même de dire ce que leurs membres attendent d'une telle journée. Et on tient compte de leur avis. C'est ainsi qu'à la demande des supporters, le RC Genk organise cette année pour la première fois un match d'anciens joueurs. Cette rencontre s'inscrit dans le cadre de la campagne Blauw Bloed par laquelle le club veut attirer l'attention sur le fait qu'il fait confiance à des joueurs limbourgeois. Le fan day est donc un peu la journée des supporters, par les supporters.PAR MATTHIAS DE LANGE