L'oeuvre mêle fiction, rappels et réflexions philosophiques via deux fils conducteurs. Dans le premier, Guillaume Martin imagine un Tour de France couru par...les plus grands penseurs rassemblés par équipe nationale. La Grèce est représentée par Socrate, Platon et Aristote. L'auteur en profite pour détourner malicieusement certains concepts. Ainsi, Aristote et ses élèves avaient l'habitude de ...

L'oeuvre mêle fiction, rappels et réflexions philosophiques via deux fils conducteurs. Dans le premier, Guillaume Martin imagine un Tour de France couru par...les plus grands penseurs rassemblés par équipe nationale. La Grèce est représentée par Socrate, Platon et Aristote. L'auteur en profite pour détourner malicieusement certains concepts. Ainsi, Aristote et ses élèves avaient l'habitude de marcher pour réfléchir, d'où l'appellation " péripatéticiens ". La marche devient ici le cyclisme. Autre scène cocasse : quand Albert Einstein (coach de Rudi Altich, Erik Zadel, Jens Vogt et Jan Ullrig ! ) imite les Grecs et forme une équipe de " vélosophes " avec Kant, Nietzsche, Hegel, .... Le second fil conducteur est celui de Martin. Il raconte son quotidien de cycliste, les liens entre " physique " et " esprit " quand il souffre sur son vélo jusqu'à ressentir les effets positifs de ces entraînements épuisants. Il revient sur la rédaction de son mémoire, quand il a lié la philosophie de Nietzsche au sport moderne. Ainsi, le surhomme imaginé par l'Allemand ne serait pas cet être supérieur qui écrase les autres par volonté de domination. " C'est celui qui exploite ses dispositions naturelles de la meilleure manière. Ce serait le champion. " Par ailleurs, Martin retrace l'évolution des conceptions du corps et de l'esprit. Lors des premiers jeux antiques, celui qui est beau est nécessairement bon. Le physique est ensuite dégradé avec l'émergence des religions : l'esprit supplante un corps " corruptible. " A l'époque de Pierre de Coubertin, le corps retrouve une légitimité mais il n'est que subordonné : oui pour le sport mais à condition qu'il participe " au développement intellectuel. " Ce qui expliquerait le mépris de certains intellectuels vis-à-vis du sport (professionnel), voire des métiers manuels. Même si l'organisation est parfois un peu brouillonne (on passe sans transition du récit du Tour aux pensées de l'auteur), Socrate à vélo élève le propos !