La Belgique est toujours bien vivante... qu'on se le dise ! En tout cas au travers de ses champions et de ses championnes. On peut juger cela puéril et bêtement émotionnel mais ce nationalisme bon enfant et à fleur de peau n'en reste pas moins une réalité récurrente à ne pas sous-estimer. Notre histoire et notre passé sont à ce point si bâtards qu'on se raccroche à tout ce qui peut nous offrir l'illusion d'une " union qui ferait la force ".
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La Belgique est toujours bien vivante... qu'on se le dise ! En tout cas au travers de ses champions et de ses championnes. On peut juger cela puéril et bêtement émotionnel mais ce nationalisme bon enfant et à fleur de peau n'en reste pas moins une réalité récurrente à ne pas sous-estimer. Notre histoire et notre passé sont à ce point si bâtards qu'on se raccroche à tout ce qui peut nous offrir l'illusion d'une " union qui ferait la force ". Fortes, elles l'ont été au-delà de nos espérances, nos deux championnes ! Et puis, par-delà toute une symbolique communautaire qui échappera éternellement au bon peuple de France, quelle fierté pour une Flamande et une Wallonne de squatter Roland Garros, pour elles toutes seules, au nez et à la " barbe " d' Amélie Mauresmo en personne ! C'est sans aucun doute la dernière et meilleure histoire belge que les Français se garderont bien de colporter à nos dépens. Mais bien au-delà de l'exploit sportif, je voudrais ici mettre l'accent sur les valeurs humaines qu'une grande championne comme Justine a pu transmettre à côté des aspects purement performants et lucratifs de son exploit. Pour une fois, à la télé surtout, le MESSAGE a pris le pas sur L'IMAGE. Par son comportement sur le court et les paroles qu'elles a prononcées après sa victoire, Justine a fait un sort à la starification imbécile et mystificatrice qui a tellement cours de nos jours. Elle n'était pas une star mais une femme à dimension humaine : heureuse et émue. Elle a laissé parler son c£ur. Elle a dit avoir trouvé sa force dans sa fragilité d'enfant marquée par la perte de sa mère. Le sport lui avait permis de se construire au départ d'un immense chagrin. Pas mal de jeunes désorientés trouvent aujourd'hui dans leur mal-être une justification à leurs dérives... Sans être une panacée universelle, le sport pourrait constituer pour certains d'entre eux une planche de salut et un magnifique challenge de reconstruction personnelle. Hélas, dans notre pays, les infrastructures manquent. L'encadrement est déficient. Le sport dépend plus de la bonne volonté collective et du bénévolat parental que d'une mise en place professionnelle et organisée. Les horaires scolaires sont des entraves à l'épanouissemnt sportif des élites : il faut choisir trop tôt entre la compétition et les études. Personnellement, je n'ai rien contre ce sentimentalisme national qui consiste à agiter des drapeaux belges sous les applaudissements de nos élus toujours si bien représentés dans les gradins. Simplement, je préférerais qu'une politique efficace du sport, avec un ministre qui n'aurait que le sport dans ses attributions, soit enfin mise en place. J'y verrais déjà là une volonté tangible de traiter la matière sportive autrement qu'en amateur. Avant les récentes éléctions du 18 mai dernier, les partis, chacun à leur manière, ont voulu démontrer toute leur sollicitude pour le monde sportif. Des journées de réflexion sur le sport ont été tenues tant au CDH qu'au PS. Le MR a carrément étoffé ses rangs de gros calibres comme Alain Courtois et Marc Wilmots. Attendons de voir, au cours de la prochaine législature, si le MESSAGE n'aura servi une fois de plus qu'à soigner l'IMAGE... Le MESSAGE de Kim et Justine est enfin et surtout celui de l'effort récompensé. Dieu sait si je ne suis pas dupe de certains aspects pervers du sport surtout professionnel. Mais s'il est une valeur qu'on ne peut lui dénier, c'est l'éducation à l'effort conjugué à l'apprentissage de l'échec. Quelle volonté ! Quelle maîtrise de soi ! Quelle maîtrise technique du geste cent fois répété ! Quel pouvoir de concentration ! En écoutant, le même soir, Séverin von Eckardstein, lauréat du Concours Reine Elisabeth de piano, véritable athlète du clavier, je ne pus m'empêcher d'établir une comparaison et de rapprocher des génies en apparence si différents. En fait, j'avais tout simplement vibré devant des artistes, c'est-à-dire des personnes qui ont tout simplement décidé de faire de leur vie une £uvre d'art. Enfin, et pour revenir à l'IMAGE, le plus grand exploit de Justine et de Kim n'est-il pas d'avoir relégué, pour une fois, le foot au deuxième rang de l'info ce samedi. C'est vrai que BulgarieûBelgique était bien fade... La preuve ? Il n'a pas fait l'ouverture du JT. parAndré RemyLes artistes sont des personnes qui ont décidé de faire de leur vie une £uvre d'art