Les circonstances du sommet entre Genk et Bruges n'étaient pas du tout similaires à celui de Sclessin le 5 novembre. Le Standard et Anderlecht se rencontraient 48 heures après une victoire du leader limbourgeois tandis que le duel du Fenixstadion avait lieu 24 heures après des défaites des Rouches et des Mauves.
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Les circonstances du sommet entre Genk et Bruges n'étaient pas du tout similaires à celui de Sclessin le 5 novembre. Le Standard et Anderlecht se rencontraient 48 heures après une victoire du leader limbourgeois tandis que le duel du Fenixstadion avait lieu 24 heures après des défaites des Rouches et des Mauves. Si dans le Classico, les adversaires avaient quasi l'obligation de gagner ; dans l'autre cas, un nul permettait aux deux équipes de réaliser une bonne opération. Bizarrement, le score est resté vierge dans les deux cas, mais le match du bord de Meuse fut d'un tout autre tonneau que celui du 19 novembre dans le Limbourg. Au Standard, du rythme, de nombreuses occasions d'un but à l'autre et des gardiens mis énormément à contribution. A Genk, un match fermé, très peu d'occasions, un seul arrêt déterminant de Logan Bailly face à Koen Daerden. Bref, d'un côté des joueurs qui jouaient pour gagner et de l'autre qui avaient peur de perdre. De plus, l'exclusion sévère de Gaëtan Englebert a encore fermé davantage le jeu, même si les 30 premières minutes à 11 contre 11 ne furent pas très spectaculaires. Le coach de Bruges a évolué en 4-4-2 avec une double occupation des flancs pour contrer la force de pénétration sur les ailes des joueurs d' Hugo Broos. On peut dire que cette tactique en perte de balle a fonctionné à merveille car les permutations de Tom Soetaers et de Sacha Iakovenko puis du remplaçant Alex Da Silva ainsi que les incursions des défenseurs latéraux Hans Cornelis et Sébastien Pocognoli n'ont jamais déstabilisé la parfaite organisation brugeoise. A partir de la 30ème minute et le fait de se retrouver à 10, Ferrera a décidé d'évoluer en 4-4-1 avec Janvion Yulu-Matondo reprenant le rôle du d'Englebert exclu sur le côté droit laissant le seul Bosko Balaban en pointe. A la mi-temps, l'entraîneur l'a remplacé par SalouIbrahim qui a plus le profil pour évoluer seul en pointe. C'est d'ailleurs sur un débordement de l'ancien joueur de Zulte Waregem, que Daerden se procure la seule véritable occasion du match sauvée du pied par Bailly. Sur cette phase, Bruges utilise une organisation très peu utilisée de par le monde : 1 : pas de joueur au piquet (excepté le Brésil au Mondial 2006 quasiment aucune équipe n'utilise ce stratagème) 2 : organisation en zone (pas de prise en charge individuelle) 3 : tous les joueurs reviennent dans le rectangle (la plupart des entraîneurs laissent un voire deux joueurs au rond central pour contre-attaquer et obliger des défenseurs adverses à rester derrière) 4 : un joueur se place à 9,15 mètres du ballon alors que sa présence est inutile : sur ce match, il ne touche jamais le ballon. A Genk, sur les 7 corners concédés, Englebert a occupé cette position lors du premier, Ibrahim l'a remplacé lors du second, Yulu-Matondo s'est chargé du troisième et du quatrième, tandis que lors des 3 derniers il n'y avait personne à 9 mètres ! Pendant ce match, la défense blauw en zwart n'a jamais été mise en difficulté. Toutefois, Yulu Matondo a été mis hors position sur les deux corners où il se trouvait dans la position d'Englebert car les adversaires ont joué une combinaison courte à deux. Si vous posez la question à Ferrera, de savoir pourquoi il place un joueur à 9 mètres du ballon, il vous répondra que c'est pour mieux partir en contre-attaque. C'est possible mais difficile lorsque tous les autres joueurs sont dans les 18 derniers mètres. par Étienne Delangre