La délégation belge est étoffée et surtout très jeune, même si certains sélectionnés ont préféré disputer les championnats du monde pour juniors. Anne Zagré(20 ans, haies et sprint), Hannelore Desmet (21 ans, hauteur) et Arnaud Destatte (22 ans, 400 m) se sont qualifiés in extremis lors des championnats de Belgique. Les trois Borlée, Antoine Gillet, Michael Bultheel (24 ans, 400 m haies), Kim Ruell (23 ans, 1.500 m) et Anne Berings ont moins de 25 ans tandis que plusieurs autres sélectionnés ont à peine franchi ce cap. TiaHellebaut et Cédric Van Branteghem sont les vétérans de l'équipe. Il ne faut pas espérer de grandes performances des n...

La délégation belge est étoffée et surtout très jeune, même si certains sélectionnés ont préféré disputer les championnats du monde pour juniors. Anne Zagré(20 ans, haies et sprint), Hannelore Desmet (21 ans, hauteur) et Arnaud Destatte (22 ans, 400 m) se sont qualifiés in extremis lors des championnats de Belgique. Les trois Borlée, Antoine Gillet, Michael Bultheel (24 ans, 400 m haies), Kim Ruell (23 ans, 1.500 m) et Anne Berings ont moins de 25 ans tandis que plusieurs autres sélectionnés ont à peine franchi ce cap. TiaHellebaut et Cédric Van Branteghem sont les vétérans de l'équipe. Il ne faut pas espérer de grandes performances des nombreux jeunes présents en Catalogne mais ils vont y acquérir une expérience précieuse pour un avenir qui s'annonce rose. Comment expliquer un revirement si heureux après tant d'années de disette ? Indépendamment du statut de sportif de haut niveau, introduit en Communauté francophone comme néerlandophone, avec différents niveaux, intégrant les espoirs, (un statut que Kim Gevaert a connu et qui offre à l'athlète une rémunération mensuelle qui lui permet de se consacrer à son sport sans souci financier), de même qu'un soutien logistique, Kim pointe les nombreux changements opérés en l'espace de dix ans. Des modifications de politique qui profitent aux jeunes au moment où ils vivent les années les plus difficiles de leur carrière, aux alentours de la vingtaine, quand ils combinent sport et études et sont enclins à sacrifier le premier pour ne pas compromettre leur avenir. C'est une période d'autant plus cruciale que ces jeunes seniors sont confrontés à des adultes accomplis en athlétisme. " Il est désormais possible, pour les athlètes de haut niveau, d'étaler leurs études sur plusieurs années. Autre changement, l'introduction de deux minima pour les championnats d'Europe et du monde : un pour les seniors de plus de 23 ans et un pour les Espoirs, qui voient donc leurs efforts récompensés plus rapidement. Cette sélection leur permet de découvrir un autre niveau sans pression et de se rôder. Globalement, la Belgique a revu ses exigences à la baisse : je devais réaliser 11.30 pour être sélectionnée pour un championnat d'Europe alors que les minima sont actuellement de 11.45 pour une séniore de plus de 23 ans et de 11.50 pour une plus jeune. Barcelone est évidemment plus proche et donc moins onéreuse qu'un voyage en Corée du Sud mais c'est une évolution favorable, qu'on retrouve aussi en relais : avant, il fallait qu'au moins deux athlètes soient qualifiés pour inscrire une équipe. Beaucoup de sportifs étaient épuisés physiquement et mentalement par leur chasse aux minima, devant même atteindre leur pic de forme avant les championnats. "Les ligues offrent également un meilleur suivi et une rémunération aux entraîneurs. Lorsqu'on parcourt la liste des athlètes de haut niveau, quatre ou cinq noms de coaches reviennent fréquemment. " Sans bons entraîneurs, il n'y a évidemment pas de sportifs de haut niveau. Rudi Diels, mon ancien entraîneur, a effectué ses études à la KUL et il s'est ensuite spécialisé : technique de départ, etc. Il a participé à de nombreux séminaires, à l'instar de Wim Vandeven, pour ne citer que l'entraîneur de Tia. " Mais Gevaert insiste : " Il reste encore du pain sur la planche. Le sport à l'école reste dédaigné, le nombre d'heures est dérisoire, la détection des talents doit aussi être accentuée. Trop d'athlètes commencent sur le tard. Ce fut mon cas mais dans certaines disciplines, c'est un inconvénient : on manque de base. " Deux initiatives répondent aux v£ux de Kim. Le BLOSO vient de mettre au point un programme de détection des talents dans tous les sports : il compare les données de tous les jeunes (performances, entraînement, blessures, etc.) à celles d'autres, de niveau international. L'ADEPS, elle, a créé une cellule Ariane qui aide les sportifs sur le point de prendre leur retraite (ils sont sondés sur leur formation et leurs souhaits) et les plus jeunes puisqu'elle veut offrir une formation continue aux diplômés de secteurs en évolution et/ou un travail à ceux qui ont mis un terme à leurs études...