Mardi 27 février, 16 h. Sur le parking du stade Massabielle, aux Herbiers, les supporters affluent. En attendant l'arrivée des derniers retardataires, quelques bénévoles s'attardent à la distribution des 1.200 écharpes rouge et noir confectionnées pour ce rendez-vous historique. Pour l'occasion, une dizaine de cars a été mise à disposition des Vendéens par la mairie. Direction La Beaujoire, le stade du FC Nantes, pensionnaire de Ligue 1.
...

Mardi 27 février, 16 h. Sur le parking du stade Massabielle, aux Herbiers, les supporters affluent. En attendant l'arrivée des derniers retardataires, quelques bénévoles s'attardent à la distribution des 1.200 écharpes rouge et noir confectionnées pour ce rendez-vous historique. Pour l'occasion, une dizaine de cars a été mise à disposition des Vendéens par la mairie. Direction La Beaujoire, le stade du FC Nantes, pensionnaire de Ligue 1. Pourtant, ce n'est pas face aux Canaris que les Herbretais devront s'imposer s'ils veulent accéder aux demi-finales de Coupe de France. Privés de leur antre habituel, pas aux normes pour ce niveau de compétition, les dirigeants vendéens ont choisi de se déplacer en terres nantaises pour affronter le RC Lens, pensionnaire de Ligue 2. Un club qui n'effraie pas Les Herbiers, eux qui ont déjà éliminé Auxerre, autre club de Ligue 2, en 8e de finale. Aux abords du stade emprunté aux Jaune et Vert, les premiers chants résonnent déjà : " Oh que je t'aime, ville des Herbiers, tu es la fierté de la Vendée, ohohoooh ! Et l'Hexagone, nous traverserons, pour les couleurs de notre blason, ohohooh ! ". Des paroles créées pour l'occasion, des drapeaux confectionnés, des supporters maquillés, ... l'ambiance est au beau fixe côté herbretais. Motivés par la vue du trophée quelques heures auparavant, les supporters y croient plus que jamais et ambitionnent de rejoindre le Stade de France en mai prochain. Les Vendéens savent s'unir lorsqu'il s'agit d'un événement aussi important pour la région. VéroniqueBesse, maire des Herbiers, a également fait le déplacement en car. " On va gagner, on y croit ", insiste-t-elle. Et elle n'est pas la seule personnalité de la région à soutenir les Vendéens... Le jour avant, c'est Jean-René Bernaudeau, ancien coureur cycliste professionnel et directeur sportif de Direct Energie, qui est venu donner ses encouragements aux joueurs herbretais. " Je peux vous dire que demain, il y aura toute la Vendée derrière vous. Et je n'aimerais pas être à la place de Lens (...) Lens ? Qu'est-ce qu'ils ont de plus ? Ils ont peur. " Le natif de Saint-Maurice-le-Girard n'hésite pas à partager sa culture de la gagne et à donner quelques conseils bien précieux : " Vous n'avez rien à perdre (...) Il ne faut jamais s'interdire de rêver. " Le rêve est grand pour les Herbretais. Placés dans le ventre mou en National, les Vendéens ont du mal à creuser l'écart sur la zone de relégation. Pour Jordan Richou, supporter des Herbiers, la Coupe constituerait une forme d'échappatoire : " Je pense que la Coupe de France permet aux joueurs de se libérer un peu plus car l'enjeu n'est pas le même. Les matches sont à double tranchant. " 21 h, stade de la Beaujoire. Dans le froid nantais, les derniers supporters prennent place en tribune et s'apprêtent à agiter le drapeau rouge déposé par les bénévoles herbretais quelques heures auparavant. Après trois longues semaines d'attente pour les fans locaux, la rencontre entre Les Herbiers et le Racing Club de Lens peut enfin débuter. Le spectacle offert par les Diables Rouges vendéens va rapidement réchauffer, fût-ce encore nécessaire, les 20.000 courageux ayant fait le déplacement de 80 bornes jusqu'à Nantes. Dès le début de la rencontre, les Rouge et Noir se montrent entreprenants mais ne parviennent à concrétiser. Les Lensois, plus timides, réagissent mais ne trompent pas un Matthieu Pichot, déjà bien chaud. Le deuxième acte est un peu plus rythmé du côté du club nordiste. Les Herbretais plient mais ne rompent pas. Après 90 minutes de jeu intenses, les prolongations doivent départager les deux formations. Les visiteurs se créent quelques grosses occasions, sans pour autant déflorer le marquoir. Direction les tirs au but. Avant le début de la séance, le staff technique vendéen décide de prendre le gardien de but Pichot à part. L'objectif : lui montrer des images de portiers ayant arrêté des tirs au but importants. Muni d'une tablette, il se laisse inspirer par les plus grands. Et ça fonctionne. Le gardien vendéen stoppe deux des quatre frappes lensoises et permet à son capitaine, SébastienFlochon, d'obtenir la balle de but. Le milieu de terrain français ne se fait pas prier et transforme son envoi. Les supporters peuvent exulter, leur équipe est qualifiée. En France, cette histoire en rappelle de nombreuses autres. Il n'est en effet pas rare de voir certains petits clubs venir déranger les grands dans cette compétition. C'est ce qu'on appelle " La magie de la Coupe de France ". Il faut dire que les instances françaises n'ont pas hésité à mettre plusieurs règles en place pour favoriser ce genre d'épopées. Ainsi, les clubs de Ligue 1 doivent déjà s'employer dès les 32e de finale. En cas d'écart de plus de deux divisions entre les deux équipes tirées au sort, la rencontre est jouée sur le terrain du petit poucet. Depuis le début de la compétition, les Herbiers ont déjà récolté pas moins de 553.500 euros de dotation (hors entrées payantes). Des sommes non négligeables qui peuvent aider et contribuer au développement de ces formations locales. Voilà qui pourrait inspirer les plus hautes instances de notre Coupe de Belgique dont les dernières phases de la compétition sont pratiquement uniquement composées d'équipes évoluant parmi l'élite. Plusieurs raisons peuvent expliquer ce phénomène. Tout d'abord, les équipes de l'élite n'entrent en jeu qu'à partir des 16e de finale. Ensuite, les équipes issues des plus petites divisions rencontrent obligatoirement un club de l'élite. Ce qui a eu pour conséquence qu'aucun club de D1 n'a été éliminé et que les 8es de finale ont été constitués uniquement de clubs évoluant parmi l'élite. À l'heure où le système des play-offs est allègrement remis en question, il est temps de prendre conscience que l'herbe peut parfois être plus verte ailleurs... Les Herbiers sont là pour nous le rappeler...