Vous le savez, notre organe officiel n'est plus que virtuel : voici un an qu'est morte la Vie Sportive sur vrai papier en bois, pour n'être plus lisible que via le site fédéral. C'est infiniment triste pour les bénévoles vétérans : déjà tracassés par un c£ur, des trous de mémoire ou une prostate leur répétant sans cesse qu'ils ne rajeunissent pas, voilà qu'on les contraint de s'initier, sur le tard voire le très tard, à ces bazars saugrenus ayant pour noms PC, site, clavier, Internet, modem ou imprimante ! Surfe ou crève, le Web ou la Mort ! Tu as 70 piges ou plus, tu t'occupes encore d'un terrain, d'une buvette ou d'une bande de Diablotins : et tu ne disposes même plus de ta gazette fédérale, que t'amenait jadis le facteur, pour prendre chaque semaine connaissance, tout seul comme un grand, du p...

Vous le savez, notre organe officiel n'est plus que virtuel : voici un an qu'est morte la Vie Sportive sur vrai papier en bois, pour n'être plus lisible que via le site fédéral. C'est infiniment triste pour les bénévoles vétérans : déjà tracassés par un c£ur, des trous de mémoire ou une prostate leur répétant sans cesse qu'ils ne rajeunissent pas, voilà qu'on les contraint de s'initier, sur le tard voire le très tard, à ces bazars saugrenus ayant pour noms PC, site, clavier, Internet, modem ou imprimante ! Surfe ou crève, le Web ou la Mort ! Tu as 70 piges ou plus, tu t'occupes encore d'un terrain, d'une buvette ou d'une bande de Diablotins : et tu ne disposes même plus de ta gazette fédérale, que t'amenait jadis le facteur, pour prendre chaque semaine connaissance, tout seul comme un grand, du programme des différentes équipes de ton club ! C'est dur d'être un pépé... Mais soit. Admettons que le progrès soit à ce prix. Admettons que, vieux footeux ou vieux tout court, plus tu avances en âge et plus le monde autour de toi t'échappe. Admettons que ce soit comme ça, la vie avant la mort... et que personne n'en sort vivant ! Positivons donc, admettons que notre foot, pour être demain enfin rayonnant, implique une communication virtuelle plutôt que papetière. Okay. C'est ici que je glisse l'anecdote qui, une nouvelle fois, me fout les boules quant à l'organisation urbsfienne. Vous connaissez le processus faisant suite à l'exclusion d'un joueur et/ou au rapport arbitral le concernant. Le comité provincial lit la prose (parfois fort poétique) du referee, puis propose une " transaction " : c'est-à-dire, pour le joueur desperado, une durée de suspension en expiation de la faute commise. Soit le joueur accepte la transaction et purgera la peine infligée. Soit il estime la peine sévère et décide de s'opposer à la transaction : il doit alors en avertir le comité provincial, puis comparaître devant l'aréopage pour plaider sa cause. Donc, un joueur de chez nous, vu que sa bouche avait eu des mots avec le corps arbitral, est allé surfer sur footbel.com (c'est le seul moyen) pour connaître la transaction qu'on lui proposait. Estimant la sanction lourde, il est tout naturellement resté sur footbel.com pour répondre, par e-mail et dans les délais, qu'il s'opposait à la transaction et souhaitait comparaître. Eh bien, accrochez-vous, il n'a pas pu comparaître vu que le sacro-saint règlement fédéral exige qu'une opposition à transaction soit formulée SUR PAPIER ET PAR LA POSTE, dans les trois jours suivant la date de publication... SUR INTERNET ! Donc, l'URBSFA (dois-je dire Kafka-City ?) impose, parce que ça l'arrange, les moyens modernes de communication à ses interlocuteurs lorsqu'elle doit les informer : mais elle interdit à ceux-ci d'utiliser les mêmes moyens lorsqu'ils souhaitent à leur tour l'informer ! A défaut du fil à couper le beurre, notre fédé vient de réinventer le téléphone à sens unique, joli progrès, marrez-vous ! Moi, j'en ai déjà beaucoup vu cette saison en matière d'inventivité fédérale, je ne rigole plus. Je suis sérieux comme un pape. Justement, le pape, LES papes, touchons-en un mot ! D'abord le mort, expédié ad patres ce 2 avril juste avant Match 1, non diffusé pour la cause ! Je ne suis pas papophile, mais ça m'a sidéré que d'obtus footeux aient râlé des barres, l'actu papale les ayant privés de Delire et Thans : là, les gars, ça sent les visières... surtout quand on songe à toutes les fois où d'impromptues prolongations de foot chamboulent des programmes que d'autres attendaient ! Ensuite le nouveau, l' Habemus papam et les scènes de liesse : chauvines en Allemagne comme elles l'auraient été chez nous si Daneels avait raflé le titre, inouïes dans la foule à Rome, avec le crucifix dans le rôle de l'écharpe aux couleurs du club. Scènes difficilement compréhensibles pour tout qui n'est pas supporter de Dieu, scènes pourtant si semblables à celles que nous offrent des supporters de foot surpris en plein bonheur. A chacun ses stars. Bernard JeunejeanDes scènes si semblables à celles que nous offrent DES SUPPORTERS DE FOOT surpris en plein bonheur