Il serait singulier qu'Anderlecht remporte le titre au terme d'une saison aussi agitée. Le limogeage de René Weiler, le débarquement trop médiatisé de Hein Vanhaezebrouck, le football parfois médiocre, l'arrivée à cor et à cri de Marc Coucke, la fin définitive de l'ère de Roger Vanden Stock, l'inquiétude de certains quant à leur avenir, tout cela semblait avoir un impact sur le football.
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Il serait singulier qu'Anderlecht remporte le titre au terme d'une saison aussi agitée. Le limogeage de René Weiler, le débarquement trop médiatisé de Hein Vanhaezebrouck, le football parfois médiocre, l'arrivée à cor et à cri de Marc Coucke, la fin définitive de l'ère de Roger Vanden Stock, l'inquiétude de certains quant à leur avenir, tout cela semblait avoir un impact sur le football. Si on n'avait pas divisé par deux les points à l'issue de la compétition régulière, le champion aurait maintenant neuf points de retard sur le Club Bruges. A présent, la différence n'est que de trois unités. Ou plutôt quatre. Le sacre d'Anderlecht accentuerait encore un peu plus le non-sens de cette formule de championnat. Cela ne diminue toutefois en rien la brillante prestation des Bruxellois dimanche, contre Bruges, surtout en première mi-temps. Les Mauves ont joué avec énormément d'engagement. Dans les moments cruciaux, ils parviennent toujours à se sublimer. Quand Anderlecht le veut vraiment, il montre le talent dont il dispose toujours. De ce point de vue, il n'est certainement pas inférieur au Club Bruges. Mais le caractère n'est pas ancré dans l'âme du club. Quel que soit l'entraîneur. Quand on lui a demandé si Anderlecht avait disputé son meilleur match de la saison, Hein Vanhaezebrouck a répondu que pour la première fois, l'équipe avait bien exécuté ce qu'il lui avait demandé. Ce n'est pas nouveau non plus. On ne compte plus les entraîneurs du Sporting à s'être plaints que les joueurs n'avaient pas fait ce qu'ils leur avaient demandé. Pendant ce temps, le nouveau directeur sportif, Luc Devroe, a déclaré qu'il n'y avait pas le moindre doute que Hein Vanhaezebrouck reste à Anderlecht. L'entraîneur l'a convaincu durant un entretien de deux heures. Indépendamment de ses autres qualités, Vanhaezebrouck est évidemment un excellent orateur. Peu d'entraîneurs sont capables d'analyser un match aussi bien, aussi clairement. Dimanche, il a notamment parlé de l'arbitre vidéo, qui a annulé un but sur hors-jeu du Club Bruges et qui n'a pas été consulté sur une phase de penalty contre Gand. Il n'a cependant pas pipé mot du penalty injustement sifflé contre le Sporting Charleroi. Le VAR a beaucoup d'imperfections. Il faut encore régler de nombreux détails mais les attaquants se laissent tomber de bon coeur dans le rectangle. Comme Edmilson à Standard-Gand. Après des mois de turbulences, Anderlecht est avide de calme. Le nouveau président, Marc Coucke, a envoyé un tweet singulier. Dury, Toon Mertens, Edmilson, Coucke doute de Hein, Engels, Perrigo, il a déclaré que c'étaient six fake news en une semaine, insistant sur le fait que le club travaillait dur, en toute discrétion. Malgré deux défaites d'affilée, le Club Bruges ne panique toujours pas. Toutefois, après chaque match, Ivan Leko relève le manque d'efficacité à la conclusion. Il ne manque pas d'avants, avec Abdoulay Diaby, Jelle Vossen, Wesley et Emmanuel Dennis, mais n'a pas de véritable killer. Reste qu'il y a autre chose aussi. L'entrejeu est irrégulier, avec un Ruud Vormer qui se cherche, malgré l'excellent travail de Marvelous Nakamba. Quatre victoires en douze matches, ce n'est pas le bulletin d'un champion. Avec 44 points sur 48, le Club Bruges est un bastion difficile à prendre au stade Jan Breydel. C'est là qu'il devra faire la différence, grâce à son ambiance. À commencer par les matches contre le Sporting Charleroi et le Standard, cette semaine. Puis plus tard contre Anderlecht et Gand.