Blablabla. Pas pour lui. Il parle peu. Mais il parle bien. Le style Philippe Albert en télé, c'est ça : un minimum de mots mais il va droit dans la cible. Bam ! Tant pis si ça froisse. " Je n'ai que des retours positifs, donc je continue comme ça. "
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Blablabla. Pas pour lui. Il parle peu. Mais il parle bien. Le style Philippe Albert en télé, c'est ça : un minimum de mots mais il va droit dans la cible. Bam ! Tant pis si ça froisse. " Je n'ai que des retours positifs, donc je continue comme ça. " (Il se marre). C'est plus ou moins logique. Même si je ne cautionne pas le discours de Guy Luzon, quand on voit ce qui s'est passé depuis le début des play-offs... S'il y a un club qui peut se sentir lésé par l'arbitrage, c'est le Standard. Maintenant, quand Luzon dit qu'ils seraient déjà champions si tous les matches avaient été bien sifflés, évidemment, il va trop loin. Ça ne m'étonne pas. En phase classique, ça allait plus ou moins. Mais depuis le début des play-offs, tout le monde est nerveux - sauf Lokeren qui a déjà réussi sa saison et Genk qui est tout content d'être là - et ça joue peut-être sur le comportement des arbitres. La pression est énorme. La qualification directe pour la Ligue des Champions, c'est la poule aux oeufs d'or. Les dirigeants mettent une pression infernale sur les entraîneurs, ils estiment qu'ils ont le droit de le faire puisque ces coaches sont de mieux en mieux payés. Oui mais bon... Ce n'est que le championnat de Belgique, hein ! Si tu les envoies en Ligue des Champions dans un Barça - Bayern ou un Real - Manchester United, qu'est-ce qu'ils vont faire ? Dans son esprit, s'il prend tout sur lui, ça fera du bien à son groupe. Dès que les spots sont braqués sur lui, ou dès que le débat est placé sur l'arbitrage, on ne parle plus nécessairement de la nouvelle fragilité défensive du Standard. On parle moins de la difficulté de trouver un complément à William Vainqueur pour faire le boulot défensif au milieu. Il a essayé Julien de Sart, Ibrahima Cissé, Yoni Buyens, Paul José Mpoku. C'est la preuve qu'il a du mal à trouver la meilleure solution. Ils avaient une stabilité défensive qu'ils n'ont plus aujourd'hui. En phase classique, le scénario rêvé, c'était commencer le match à 200 à l'heure, marquer rapidement puis gérer. Et ils encaissaient très peu. Maintenant, il arrive régulièrement qu'ils soient menés et ils ont du mal à revenir. Tactiquement, c'est une situation tout à fait différente à gérer. Et à partir du moment où tu encaisses deux buts par match, tu as beau avoir deux excellents attaquants, ils doivent quand même en planter trois pour prendre les trois points. Dino Arslanagic est un bon jeune, il a peut-être un grand avenir, mais la stabilité défensive correcte, c'est Kanu et Laurent Ciman, point ! Le Standard a commencé à encaisser pas mal de buts sur des phases arrêtées, ce qu'on ne voyait pas en phase classique. Et puis des entraîneurs comme Michel Preud'homme, Besnik Hasi, Francky Dury et Peter Maes ne sont pas mauvais, hein ! Ils ont décelé les faiblesses du Standard. Tu bloques les flancs en empêchant Daniel Opare et Jelle Van Damme de monter, tu demandes à ton demi défensif de donner un coup de main aux défenseurs centraux pour tenir Michy Batshuayi et Imoh Ezekiel... et c'est 50 % du boulot qui est fait. Quand tu es sur le terrain, quand tu vois un entraîneur gesticuler pendant une heure et demie, ça a évidemment un impact. Parfois positif, parfois négatif. Si tu es dans l'équipe adverse, tu peux être déconcentré en voyant un gars s'exciter à 30 centimètres de la ligne. C'est volontaire de leur part. Luzon l'a fait dès son premier match au Standard. Et ça peut aussi rendre service à son équipe. Quand les joueurs sont fatigués, ça leur permet peut-être de tenir le coup. Oui, mais lui, il fiche la paix aux adversaires, il les respecte. Maintenant, pour le quatrième arbitre... Il faut être costaud pour tenir tout un match quand tu es coincé entre Preud'homme et Luzon ! Et Maes n'est pas un enfant de choeur non plus. Oui, mais il y a pourtant une solution toute simple. A partir du moment où il y a agression verbale ou tentative d'influencer le quatrième arbitre, il faut aller chercher là où ça fait mal : dans leur portefeuille. Mais l'Union Belge ne le fait pas. On les suspend pour trois matches, puis ça redescend automatiquement en appel. Une grosse amende, je te garantis que ça les calmerait... Il faut fixer des barèmes. Comme pour les automobilistes. Telle amende et autant de semaines de suspension pour tel comportement en bord de terrain, même chose pour une semelle. Si tu es flashé sur l'autoroute ou devant une école, tu n'as pas la possibilité d'aller en appel. Pourquoi donne-t-on ce droit aux joueurs et aux entraîneurs ? Cyriac, chapeau pour ce qu'il montre après deux grosses opérations. Mitrovic, j'attends pour le juger. Je le vois exploser la saison prochaine. Les qualités, il les a, c'est sûr. J'ai encore en tête les images de sa première montée au jeu, à Zulte Waregem. C'était impressionnant. Quand tu vois ça, tu te dis que le mec va planter 25 buts et que cinq millions pour son transfert, ce n'est vraiment pas cher parce qu'il sera revendu pour 15 ou 25. Il y a des explications à ça. Comme le fait qu'Anderlecht ait fait longtemps confiance à John van den Brom. Ça a influencé les résultats de l'équipe, le championnat et l'éclosion de Mitrovic. Il a souvent joué seul sur son île, il courait derrière des ballons injouables, ça explique d'ailleurs son épuisement physique aujourd'hui. Qu'est-ce qu'il recevait comme alimentation ? Dennis Praet aurait pu résoudre une partie du problème s'il avait joué dans une position centrale. Mais on ne lui donne pas l'occasion de le faire, on le met sur un flanc. C'est dommage. Je ne veux pas trop le comparer à Marc Degryse parce qu'il n'arrive pas à sa cheville, mais c'est comme si, à mon époque, Johan Boskamp avait mis Degryse sur un côté. Ou Pär Zetterberg. Quand tu as un créatif qui a fait toute sa formation en numéro 10, qui a autant de qualités techniques et même physiques, tu le mets dans l'axe et tu places derrière lui deux gars qui le libèrent du travail défensif. Anderlecht a quand même d'autres solutions pour occuper ses flancs. Praet à gauche ou à droite, c'est du gaspillage. Anderlecht n'est pas un club comme les autres. Là-bas, on ne vire pas facilement. Ils ont tenté le coup jusqu'au bout avec Van den Brom, ça s'est retourné contre eux. Depuis que Hasi est là, la différence est phénoménale. Les joueurs sont bien en place, il savent ce qu'ils doivent faire et ce qu'ils ne peuvent pas faire. On a retrouvé un peu le jeu d'Anderlecht avec de la possession de balle, une équipe qui joue beaucoup plus haut et pas mal d'occasions. S'il y a plus d'efficacité offensive, Anderlecht a aujourd'hui cinq points de plus. Je prends simplement l'exemple du match à Genk : le Sporting perd mais est la seule équipe sur le terrain. Là-bas, le Mitrovic d'il y a cinq mois plante deux ou trois buts. Mais il n'a pas su le faire, parce qu'il est trop fatigué à cause de la dépense d'énergie consentie avec Van den Brom. Pour moi, Anderlecht tient son coach pour la saison prochaine, ça ne sert plus à rien de regarder ailleurs. Il y a un truc qui m'a frappé chez lui ce soir-là mais c'est autre chose : il a dit qu'il comprenait les réactions de Luzon et que tous les entraîneurs étaient comme lui. C'est faux. Pour ce qui est de la langue... Il comprend le français, il le parle un peu, mais comme c'est une émission en direct, il a préféré s'exprimer en néerlandais. S'il se lance en français et s'il perd les pédales, ce n'est pas une bonne chose. Mais s'il va un jour à Anderlecht, il le parlera, c'est sûr. On disait de Boskamp qu'il n'avait aucune chance de réussir. Mais c'est le dernier à avoir enchaîné trois titres avec Anderlecht, aussi le dernier à avoir fait le doublé championnat / Coupe. Il ne parlait pas de la même façon à Bertrand Crasson, à Michel De Wolf, à Bruno Versavel ou à moi qu'à Marc Degryse, à Luc Nilis, à Pär Zetterberg ou à Johan Walem. Ses joueurs offensifs, il les mettait en confiance. Nous, il savait qu'en nous bougeant verbalement, en nous provoquant à certains moments, on allait se révolter le week-end. En 1994, on fait une fête pour le titre, une semaine avant la finale de Coupe contre Bruges. Pendant la soirée, j'ai une prise de tête avec Boskamp. Il me dit que je ne jouerai pas la finale, que je reviens de toute façon de blessure, que je serais incapable de gérer Daniel Amokachi. Je lui réponds : -Je jouerai et Amokachi ne touchera pas un ballon. J'ai joué, Amokachi a été transparent, on a gagné facilement. PAR PIERRE DANVOYE - PHOTOS: BELGAIMAGE/FAHY" Avec Hasi, Anderlecht tient son coach pour la saison prochaine. " " Praet sur un flanc, c'est du gaspi. Tu crois que Boskamp aurait mis Degryse ou Zetterberg sur un côté ? "