Depuis le 1er janvier, l'ancien international a pris ses fonctions au Futurosport où il partage un bureau avec Eddy Mestdagh.
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Depuis le 1er janvier, l'ancien international a pris ses fonctions au Futurosport où il partage un bureau avec Eddy Mestdagh.Lorenzo Staelens: C'est un changement pour moi car je n'ai pratiquement plus aucune activité physique. Mais je m'y étais préparé. J'avais déjà en tête, depuis longtemps, que ma carrière serait terminée à mon retour du Japon. 37 ans, c'est un bel âge pour arrêter. La transition s'est donc effectuée en douceur. C'est plus dur pour un joueur comme Luc Nilis, par exemple, dont la carrière a été stoppée brutalement à la suite d'un accident de jeu. J'ai la chance d'avoir pu rester dans le monde du football. Et puis, je n'ai pas l'occasion de gamberger: la combinaison de mon rôle d'échevin des Sports à Menin avec mon emploi au Futurosport me prend beaucoup de temps. Généralement, je suis à la commune le matin. Je suis à l'écoute de mes concitoyens qui ont des problèmes à régler et qui souhaitent me rencontrer. L'après-midi, je viens au Futurosport. A partir de 17h30, les entraînements commencent pour la section élites de l'Excelsior Mouscron dont je suis le coordinateur. A partir de la 3e année du secondaire, les élites de l'Union Belge s'entraînent également au Futurosport.Je le pense, oui. D'autres clubs disposent de bons terrains. Dans la région, il y a Waregem par exemple. Mais toutes les équipes qui viennent au Futurosport sont étonnées. Quatre terrains sont utilisés uniquement pour les matches du week-end. D'autres terrains sont utilisés pour les entraînements. Il y a aussi un terrain semi-synthétique. Un terrain couvert vient d'être inauguré. L'équipe Première s'y est déjà entraînée lorsque les conditions climatiques étaient trop mauvaises.Plus de fourmis dans les jambesC'est d'abord un rôle de coordinateur. Au Futurosport, il y a 17 entraîneurs et quatre coordinateurs: un pour chaque groupe d'âge. Personnellement, je suis à la tête des -15 aux -18. Je suis responsable de la section élites. Je dois évoluer l'ensemble des noyaux, surveiller le travail des entraîneurs, constituer un programme en spécifiant les buts à atteindre, y apporter des modifications lorsque c'est nécessaire. Nous sommes déjà en train de constituer les noyaux pour la saison prochaine. A partir de 16 ans, on peut déjà songer à offrir un petit contrat aux meilleurs et à les faire monter dans le noyau B. C'est à Eddy Mestdagh et à moi-même de décider ceux qui sont les plus aptes à monter de catégorie.J'effectue surtout du scouting interne. Le scouting externe, c'est plutôt la tâche d'Eddy Mestdagh. Il dirige la cellule de scouting et a aussi toute une équipe de scouts à sa disposition. Il faut voir ce dont on a besoin. Pour l'instant, ce sont surtout des Diablotins et des Préminimes. C'est dommage que le système du Foot-Etudes, avec des horaires scolaires adaptés, ne soit pas en vigueur en Flandre. Notre champ de recrutement, pour les plus jeunes, se limite donc à la Wallonie. Ceux qui viennent d'assez loin -Mons par exemple- peuvent rester en Internat durant la semaine. Ceux qui viennent de Flandre doivent être amenés par leurs parents, trois ou quatre fois par semaine, ce n'est pas toujours évident. L'enfant pourrait évidemment fréquenter une école francophone à Mouscron, mais c'est difficile de convaincre les parents.Le projet est à l'étude et pourrait être réalisé à Menin. Nous l'avons évoqué avec le ministre flamand de l'Enseignement, Madame Vanderpoorten, mais j'attends toujours sa réponse.Je ne l'ai pas encore fait souvent. C'est toutefois une possibilité que j'envisage. Pour l'instant, je me contente de remplacer un entraîneur lorsque celui-ci est empêché. J'ai pris beaucoup de plaisir à jouer avec des gamins de dix ans. Lorsque j'assiste à un match de l'équipe Première, des souvenirs se réveillent en moi. Mais de là affirmer que j'attrape des fourmis dans les jambes, non.Il ne voulait plus jouerEn fait, j'avais déjà pris ma décision avant cela. Hugo Broos m'avait demandé d'essayer, je l'ai fait, mais j'ai bien senti que je n'étais plus préparé pour continuer ma carrière en D1.L'objectif premier est que tous ces jeunes bénéficient d'une bonne formation. Cela commence avec les tout petits. Il faut former une bonne base et ériger une structure pyramidale. Les meilleurs doivent être prêts à intégrer l'équipe Première, à terme. Il est important de recruter des bons éléments dès leur plus jeune âge. A six ou sept ans, on peut déjà déceler ceux qui ont des capacités. Il ne faut pas trop s'attacher à l'aspect physique, car celui-ci peut évoluer avec l'âge, mais on voit déjà ceux qui ont une facilité à contrôler un ballon et qui ont une bonne mobilité. Ce sont les exercices de coordination des mouvements qui sont les plus révélateurs. A partir de là, on peut commencer le travail de formation. Enseigner aux enfants à jouer des deux pieds, par exemple. Plus tôt l'on commence, mieux c'est. En tennis, on estime que les gestes techniques s'apprennent le plus facilement avant l'âge de 12 ans. C'est pareil en football. Si l'on recrute des joueurs de six ou sept ans, on dispose de cinq années pour les former techniquement. L'un des objectifs que nous poursuivons est de posséder, à 12 ans, une équipe de 15 joueurs qui pourraient rester ensemble jusqu'aux Espoirs. A partir de 16 ans, il faut toujours regarder l'aspect technique, mais aussi envisager d'autres aspects, comme la mentalité et la volonté d'y arriver. La formation pure doit en principe être terminée à ce moment-là.Je n'ai pas de regrets. Mais les temps ont changé. Aujourd'hui, il est pratiquement impossible de réussir une grande carrière en suivant la même trajectoire que moi. Le dernier à l'avoir réussi, à Mouscron, c'est Stefaan Tanghe: il est resté longtemps en D2 avant de franchir le pas vers la D1. Actuellement, tout le monde commence plus tôt. Si l'on n'est pas formé à 16 ans, l'écart avec les autres est devenu tellement grand qu'on ne peut pratiquement plus le résorber. Personnellement, j'ai commencé à jouer au football à dix ans et j'avais déjà intégré l'équipe-fanion de Lauwe à 16 ans, mais je ne m'entraînais alors qu'une fois par semaine. Actuellement, les Diablotins de Mouscron s'entraînent déjà deux fois par semaine... à six ans! J'ai eu la chance d'avoir suivi des humanités sportives. J'avais 14 heures de sport par semaine. A 16 ans, j'étais formé en tant que sportif, mais pas en tant que footballeur.Multi-diplôméJ'ai tout de même obtenu mon diplôme de l'école du Heysel, il y a dix ans de cela. J'ai suivi les cours en compagnie de Franky Van der Elst, notamment. Des cours accélérés, étalés sur deux années, pour les joueurs professionnels. J'ai aussi obtenu un diplôme de régent en éducation physique. C'est utile également dans ma fonction actuelle. A l'avenir, j'envisage de suivre également les cours de la Pro License. Cela me permettrait d'entraîner une équipe de D1 plus tard, mais pour l'instant, ce n'est pas ma préoccupation principale. J'ai signé un contrat de cinq ans comme coordinateur des jeunes à Mouscron.Nous avons déjà eu de nombreuses réunions communes, Hugo Broos et moi, et ce point-là n'a jamais été évoqué.Daniel Devos,"On constitue déjà les noyaux de la saison prochaine, mais je ne fais plus de sport"