Auteur des deux buts de la victoire sur Manchester United et à la base du penalty, qui a permis à son équipe de reprendre l'avance en demi-finales de la Ligue des Champions contre Liverpool, Michael Ballack est un des joueurs du moment à Stamford Bridge.
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Auteur des deux buts de la victoire sur Manchester United et à la base du penalty, qui a permis à son équipe de reprendre l'avance en demi-finales de la Ligue des Champions contre Liverpool, Michael Ballack est un des joueurs du moment à Stamford Bridge. Michael Ballack : Que dire ? Je l'espère mais même si je suis bon, cela ne veut pas dire que l'équipe connaîtra le succès. Il y a quatre ans, j'étais en forme mais nous n'avons pas gagné le moindre match. Ne pas bien jouer mais remporter le titre me conviendrait parfaitement. Il est particulièrement important d'être en forme en fin de saison, au moment où le tout se joue. Ma blessure à la cheville m'a empêché de jouer pendant un semestre. Ma saison ne traîne donc pas en longueur. Je suis en forme croissante et très motivé. J'achève ma deuxième saison en Angleterre. Je m'habitue au football britannique. S'intégrer à une équipe pareille prend du temps. On joue plus directement, plus vite, on se focalise plus sur l'objectif que dans les autres championnats européens. Quand on reçoit le ballon, il faut immédiatement aller de l'avant. C'est un push permanent, même quand on mène. Sinon, on entend et on sent le mécontentement du stade. Les joueurs sont plus agressifs à l'égard du porteur du ballon. Il faut se défendre. Au début, le jeu n'était pas calqué sur moi. Il y avait d'autres footballeurs dominants. Il aligne plus de footballeurs d'exception que le Bayern. C'est un combat permanent pour sa place. Non. Je voulais vivre ce genre de situation. Quand on court un 5.000 mètres, on est beaucoup plus lent seul qu'en groupe car dans les phases difficiles, on est tiré par les autres, parce qu'on veut rester à leur hauteur. On ne progresse que quand on est entouré de bons joueurs et que chaque match est difficile. En quatre ans au Bayern, j'ai remporté le doublé Coupe - championnat à trois reprises mais en Ligue des Champions, nous avons souvent été rapidement éliminés. Remporter un titre de champion de plus ne me motivait pas. J'étais à la recherche d'un autre défi. Je suis un joueur qui s'enfonce dans les brèches, dans les gaps, comme disent les Anglais. Je distribue des passes, je redescends, je remonte dans le rectangle, comme Frank Lampard à mes côtés. Est-ce moderne ? Chaque entraîneur peut nous apprendre quelque chose. Elle est erronée. Au début, j'ai même dû me défendre contre le reproche selon lequel cette opération n'était pas nécessaire, que je l'aurais subie en Allemagne sans autorisation. C'était une période difficile, pendant laquelle Chelsea a galvaudé deux trophées. Un blessé vit ça de l'extérieur. Je ne m'entraînais pas avec l'équipe et ne voyageais pas avec elle. Plus la situation traîne en longueur, plus il est difficile de rester accepté. Après trois ou quatre mois, je me suis demandé pourquoi je ressentais toujours ces douleurs. En me levant, le matin, j'espérais chaque fois que ça irait mieux, au moins un petit peu mieux. On essaie toutes les méthodes possibles, on aboutit dans des impasses, on fait marche arrière et on reprend à zéro. Certainement. A l'époque déjà, cela aurait pu être terminé. Si j'avais dû raccrocher maintenant, cela ne m'aurait pas brisé, je me serais incliné. Je suis professionnel depuis treize ans et j'ai assuré mes arrières. Le football est un sport de contact, il comporte des risques. Average comme moyenne ? Je l'ai déjà lu. Si c'était le cas, il devrait faire jouer Andriy Shevchenko, qui est le transfert d'Abramovitch. Pourtant, il ne le fait pas. Est-ce possible ? Cette équipe aurait beaucoup de classe alors. Les deux. Les joueurs étrangers rehaussent le niveau de la Premier League mais ils adoptent un jeu britannique, en s'appuyant sur leur force, leur volonté. En procédant avec méthode, en travaillant systématiquement, on peut faire progresser des équipes, en extirper le maximum. Cependant, on est confronté à certaines limites. Pour évoluer parmi l'élite absolue, on a besoin de grands footballeurs et ils sont chers. Je suis heureux que le Bayern ait changé aussi vite d'avis et qu'il obtienne confirmation : les stars font la différence. La question ne se pose pas. J'évolue dans un club qui émarge à l'élite absolue. Nous ne le sommes pas. En demi-finales, j'attends l'Italie, la France, nous et peut-être le Portugal, qui compte sur Cristiano Ronaldo, un des joueurs les plus significatifs cette saison. La lutte sera serrée, elle se jouera sur des détails, voire le hasard. La pression est nettement moins forte maintenant. Il faut être réaliste et reconnaître que les clubs allemands n'ont plus rien gagné sur la scène internationale depuis quelques années. Pour sa classe, son expérience et ses qualités, Jens est le bon gardien pour l'EURO. Il ne les perd pas. Cela peut s'arranger : il y a des équipes de tournoi, qui progressent dès que les choses sérieuses commencent. Il y a aussi des footballeurs qui ont longtemps été en méforme et jouent d'un coup les matches de leur vie. Pourquoi se lamenter ? Des éléments importants sont blessés, nous ne pouvons rien y changer. Torsten Frings est de ces joueurs essentiels et il vient de revenir. S'il est en forme, il a sa place en équipe nationale. Nous espérons tous que Christoph Metzelder y parvienne aussi. Ce n'est pas l'idéal mais quand Metzelder n'est pas là, nul n'est actuellement capable d'occuper son poste sans pli. Nous pouvons être heureux d'avoir en Per Mertesacker un défenseur central qui est déjà un pilier à 23 ans. Peut-être. Quand Jens était violemment attaqué, Timo Hildebrand avait des problèmes à Valence. Lors de notre 4-0 contre la Suisse, Jens a consolidé sa position. Les entraîneurs ont confirmé qu'il était le numéro un et c'est bien : un gardien a besoin de sécurité. Oui, mais j'ignore pourquoi. Je ne joue pas régulièrement avec eux. Peut-être est-ce normal. Quand on est jeune, on manque de régularité. Jadis, on voulait qu'un joueur fasse ses preuves sur un long laps de temps avant d'entrer en ligne de compte pour l'équipe nationale. C'est fini. Quand je vois le nombre de sélections de Bastian Schweinsteiger et de Lukas Podolski... Ils vont bientôt rattraper Lothar Matthäus, notre recordman. C'est exact et il évolue à un niveau incroyable depuis deux ans. De manière très classique. En jouant courageusement et bien. En dehors du terrain, je dois me comporter de telle sorte que les jeunes voient en me regardant comment ça fonctionne. Pour l'un, cela peut être utile alors que pour un autre, ce sera de la foutaise. Nous avons reçu une farde qui reprend les objectifs de l'équipe. Disons que c'est une indication sans signification excessive. Une ascension montagnarde, c'est un chemin difficile. Certains se servent davantage de cette farde. Je joue depuis que j'ai six ans et ce n'est pas ce genre d'accompagnement qui m'a hissé où je suis. A dix ans, quand je jouais mal, l'entraîneur me secouait. Point. Le match suivant, j'étais de nouveau bon. Je veux jouer pour l'Allemagne jusqu'à 34 ans. Pour le moment, c'est mon objectif. C'est rapide, certes, mais ça garde jeune. Peu. J'ai deux ou trois semaines en fin de saison puis on prépare la suivante. Il faut à nouveau lutter pour sa place. Parfois, j'aimerais avoir davantage de temps pour savourer mes succès. Certainement en Allemagne, probablement à Munich. Quelque chose qui me procure du plaisir. Je pense que oui. Mais je ne sais pas si je le souhaite. Ce n'est pas prévu. Cela ne me préoccupe d'ailleurs pas car mes plus gros transferts sont derrière moi. Un footballeur prend ses décisions les plus importantes à 18 ou 23 ans. Maintenant, je ne peux plus commettre de grosses erreurs. Michael Schumacher. C'était le top. Ou Marco Bode, qui s'est retiré discrètement à 33 ans. C'était un départ inattendu, dépourvu d'agitation mais doté de grandeur. klaus brinkbaumer et jörg kramer/ der spiegel - photos: reuters