Depuis le début de la saison, Mons a accueilli 31.526 spectateurs au stade CharlesTondreau, contre 18.500 pour les sept premiers rendez-vous de la saison dernière, en D2. Dans l'absolu, c'est mieux, mais pour certains, c'est trop peu. D'autant que l'Albert a déjà reçu ses deux plus grands fournisseurs de clients, le Standard et Charleroi. Et même Mouscron est déjà venu. Sans ces derbies, la moyenne serait de 3.200 spectateurs, contre 2.800 la saison dernière.
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Depuis le début de la saison, Mons a accueilli 31.526 spectateurs au stade CharlesTondreau, contre 18.500 pour les sept premiers rendez-vous de la saison dernière, en D2. Dans l'absolu, c'est mieux, mais pour certains, c'est trop peu. D'autant que l'Albert a déjà reçu ses deux plus grands fournisseurs de clients, le Standard et Charleroi. Et même Mouscron est déjà venu. Sans ces derbies, la moyenne serait de 3.200 spectateurs, contre 2.800 la saison dernière. Parmi les supporters, notamment, on s'inquiète de ne pas voir le cercle de fans s'agrandir. " En début de cham- pionnat, les gens semblaient pourtant revenir au stade ", dit Léopold Lequin, le président du club des supporters de la Renaissance (198 membres), que tout le monde à Mons surnomme Chouchoune. " Il faut dire qu'il commence à faire plus frais et, la saison dernière déjà, on avait constaté une chute des assistances à l'entrée de l'hiver. Tout simplement parce que nous sommes le seul club de D1 à ne pas avoir de tribune couverte... Depuis le temps qu'on nous la promet ! Et la différence, elle se fait sentir au niveau des femmes et des enfants. Sans parler des travaux et des sens interdits qui font qu'arriver au stade, pour celui qui ne connaît pas bien, c'est parfois le parcours du combattant. Malgré tout cela, les vrais supporters viennent encore. Les autres vont au basket... Pourtant, certains tickets sont à 10 euros, on ne peut pas dire que c'est cher. C'était 15 euros quand on est montés en D1 ". Pour Chouchoune, les vrais supporters, ce sont également ceux qui accompagnent le club en déplacement. Et ceux-là ne sont pas plus que 300 ou 400 : " Toujours les mêmes. On a fini par se connaître et nous sommes plus patients avec l'équipe. Ceux qui ne viennent qu'à Mons sont beaucoup plus critiques. Ça a toujours été comme ça : le public de l'Albert est versatile. Quand l'équipe tourne bien, on remplit sans problème la moitié du stade. Mais quand c'est le typhus sur le terrain, comme maintenant, ça casse ! " Car pour Chouchoune, les résultats sont également responsables du manque d'intérêt du public. " Après cinq ou six très bons matches en début de saison, quelque chose s'est cassé. Passe encore qu'on joue mal mais nous ne comprenons pas certaines décisions de l'entraîneur. Pourquoi a-t-il fait venir Wamberto si c'est pour le laisser parfois sur le banc ? Pourquoi certains joueurs ne sont-ils pas alignés à leur place ? Pourquoi Momo Dhamane ne joue-t-il pas plus alors qu'on a fait des pieds et des mains pour aller le chercher aux Francs Borains il y a un an ? Nous avons posé la question au retour d'un match en déplacement et on nous a répondu que nous ne voyions pas les entraînements. J'ai l'impression qu'on nous prend parfois pour des demeurés : ce n'est pas à l'entraînement que les joueurs doivent être bons, c'est en match ". Les clubs de supporters de Mons sont regroupés au sein de l'ACSA, l'Association des Clubs de Supporters de l'Albert. " Au total, elle ne représente que 500 membres, ce qui est trop peu. C'est dû au fait qu'on n'y parle jamais que de questions de sécurité. On n'écoute pas vraiment l'avis des supporters sur l'équipe, la gestion, etc ". Pas question, toutefois, d'accabler la direction du club. " Mesieurs DominiqueLeone et AlainLommers font vraiment tout ce qu'ils peuvent : il n'y a pas de rupture entre la direction de Mons et son public. M. Leone, c'est le poumon et même le c£ur de l'Albert. Ces gens-là font ce qu'ils peuvent mais c'est sûr qu'il faudrait un peu plus d'imagination. Au niveau du merchandising, notamment, on est nul. On pourrait tripler les recettes de ce côté-là. Imaginez-vous que, pour la rentrée scolaire, les enfants n'ont même pas pu acheter un stylo ou une couverture de cahier à l'effigie de l'Albert ! C'est pourtant aussi une manière d'attirer des gens au stade. Il est dangereux de ne miser que sur les sponsors. Regardez ce qui se passe à l'Union Belge, qui vient de perdre Dexia. " Dexia, c'est justement le sponsor de l'Union Mons Hainaut, le club de basket local qui, selon Chouchoune, fait de plus en plus d'ombre à l'Albert. Son président, Guy Lheureux, n'est pourtant pas certain qu'il y ait une grosse concurrence. " Pour ma part, je ne vais jamais au football mais certains administrateurs de chez nous fréquentent régulièrement le stade Tondreau et on m'a rapporté qu'il n'y a pas énormément de monde mais je ne sais pas s'il faut faire le lien avec le succès grandissant du basket. Depuis que nous avons notre nouvelle salle, notre moyenne a augmenté d'un bon millier de personnes et, dans certains matches, il y a des gens debout. Il y a trois ans, lorsque nos matches tombaient en même temps que ceux de l'Albert, nous changions mais c'était toujours nous qui devions faire l'effort alors, nous avons décidé de ne plus rien demander ". Mons Hainaut a également un noyau de supporters fidèles puisque, en déplacement, ils sont 400 à 500 à entonner le célèbre - Et les Montois ne périront pas. Car l'ambiance fait partie du folklore montois. Le prix des places à la Mons Arena est de 13 euros par ticket mais pour un abonné, chaque rencontre revient à 7euros. A la différence de l'Albert, l'Union Mons Hainaut mise aussi sur ses sponsors pour remplir la Mons Arena. " Nous leur vendons pas mal de sièges qu'ils offrent à leurs clients. Ceux-ci ne viennent pas toujours mais au moins, de notre côté, c'est vendu ", précise Lheureux. " Et lorsqu'il nous reste des places dont nous savons qu'elles ne seront pas vendues, nous les offrons à des écoles ou à des homes pour jeunes. Je crois que les gens sont bien accueillis chez nous puisque, après le match contre l'Etoile Rouge, un supporter serbe de Belgique que je ne connaissais pas m'a téléphoné pour me dire qu'il avait été frappé par la chaleur de notre public ". PATRICE SINTZEN