Site officiel : www.psv.nl
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Site officiel : www.psv.nl Champion des Pays-Bas : 1929, 1935, 1951, 1963, 1975, 1976, 1978, 1986-1989, 1991, 1992, 1997, 2000, 2001, 2003 et 2005 Coupe des Pays-Bas : 1950, 1974, 1976, 1988-1990 en 1996 Coupe des Champions : 1988 Coupe de l'UEFA : 1978Le Rotterdamois Rob Westerhof a été nommé président de la direction du PSV le 1er septembre dernier, succédant ainsi à l'ancien patron de Philips, Harry van Raaij. Sur base de son expérience rotterdamoise, on s'attend à ce que Westerhof soit plus ferme et surveille surtout de plus près la gestion de la dette et des frais, bref qu'il laissera moins cours à ses émotions et s'épanchera moins dans la presse. Westerhof, auparavant directeur général de Philips en Amérique du Nord, également actif pour la même entreprise en Asie, a annoncé dès sa nomination qu'il ne comptait pas prolonger sa présidence au-delà de quatre ans, car le PSV, selon ses propres termes, n'est pas un club dont le président se contente de passer quelques fois par semaine, le temps de boire un café et de vérifier si tout le monde fait bien son boulot. Le président doit aussi s'impliquer. Guus Hiddink est responsable de l'aspect technique, comme entraîneur et directeur sportif, Rob Ribbers se charge des finances et du commerce mais le PSV a toujours été très dépendant de son président. Indépendamment du trio directorial, le PSV a également un conseil de commissaires, qui prodigue des conseils et supervise l'ensemble, et une direction du club de football d'Eindhoven, dont Harry van Raaij est toujours président. Ces trois organes forment la SA que le PSV est devenue en 1999, ils la dirigent et comptent en leurs rangs nombre de dirigeants de Philips. Le club peut toujours faire appel au fabricant d'ampoules pour son déficit d'exploitation mais il dépend de l'intérêt de la direction qu'a la direction pour le football s'il souhaite un soutien supplémentaire. Fait essentiel, le calme est revenu dans les bureaux du PSV, après des années turbulentes, durant lesquelles le club a notamment fait la une parce que son directeur commercial était accusé d'abus de mineurs. Hiddink, qui a joué à De Graafschap, au PSV, au NEC, aux Washington Diplomats et aux San José Earthquakes, avait déjà travaillé au PSV de 1983 à 1990 comme adjoint et en 1990-1991 comme entraîneur principal. Ensuite, il a développé son bagage à Fenerbahçe, Valence, en équipe nationale hollandaise, au Real Madrid, au Betis Séville et en équipe nationale sud-coréenne. Grâce à cette expérience, il reste serein en toutes circonstances. Dans le passé, on lui a accolé l'étiquette d'un coach paresseux mais en fait, il aime prendre du recul pour analyser la situation et accorde beaucoup de liberté et d'esprit d'initiative à ses adjoints et à ses joueurs. Chaque fois qu'on parle de lui, on évoque sa souplesse et son aptitude à faire fonctionner comme il l'entend les éléments les plus récalcitrants. Hiddink est également directeur technique du PSV et responsable, à ce titre, des transferts du club. Il a bien tiré son épingle du jeu avec, entre autres, Alex, Gomes, Cocu, Farfán, DaMarcusBeasley et les Coréens Ji-Sung Park et Young-Pyo Lee. Hiddink accorde une attention particulière à l'ego de ses joueurs, qui doit être bas. Traduction : ils doivent prester en étalant leur classe mais aussi penser en termes collectifs et accepter qu'on leur impose d'autres missions. A ses yeux, le groupe est sacro-saint, ce qui permet au PSV de très bien jouer le résultat. C'est sans doute un peu monotone et sec mais c'est efficace, avec trois avants et trois médians qui permutent fréquemment. Cette efficacité se reflète sur le palmarès de Hiddink : cinq titres nationaux avec le PSV, trois Coupes, une C1, la quatrième place avec les Pays-Bas au Mondial 1998 et avec la Corée du Sud en 2002. Mark van Bommel joue un rôle crucial dans l'entrejeu, comme les statistiques le soulignent : il a marqué onze buts et délivré treize assists cette saison. Il a marqué trois buts à l' Amsterdam Arena, contre l'Ajax, qui plus est. Van Bommel a le charisme et le passing d'un médian offensif. S'il peut se vouer à l'attaque depuis l'entrejeu droit, il le doit notamment à la complémentarité qui l'unit au Suisse Johann Vogel, sobre et plus défensif, ainsi qu'à la confiance et à l'expérience que Phillip Cocu, l'ancien défenseur du PSV puis de Barcelone, a apporté à l'équipe, depuis son poste, à gauche. Van Bommel est moins brillant défensivement comme dans le passage de l'attaque à la défense. Il commet donc plus de fautes : il détient le record du noyau avec six cartes jaunes et 54 fautes. Sa rage de vaincre a fait de lui le moteur du PSV la saison passée, un rôle qu'il va désormais jouer à Barcelone. Outre Van Bommel, le succès du club d'Eindhoven a mis en évidence d'autres vedettes, comme le gardien brésilien Gomes, qui n'a été battu que dix fois en 25 matches. En début de saison, une blessure puis quelques interventions hésitantes ont soulevé le doute mais ensuite, il est devenu le numéro un incontestable. Il lâche parfois les ballons qui viennent des flancs mais il arpente tout son rectangle et y intervient sans hésitation. Un autre Brésilien, le défenseur Alex, surnommé le Tank à Eindhoven, a apporté un surplus de puissance et d'engagement à l'équipe, ce qui fut particulièrement bénéfique en Coupe d'Europe et a fait oublier une relance pas très précise. Le Péruvien Jefferson Farfán s'est plutôt distingué par ses dribbles et son intelligence de jeu. Il a marqué huit buts et délivré deux assists, alors qu'il n'a que vingt ans. Il a donc une large marge de progression, surtout sur la scène européenne. Le PSV investit trois millions d'euros par an dans la formation. Mais il achète volontiers des jeunes à d'autres clubs et ses propres éléments atteignent rarement un rendement élevé : seuls Wilfred Bouma et Jurgen Colin sont parvenus à s'imposer en équipe fanion. Pour retrouver le dernier produit du cru qui s'est imposé au niveau international, il faut remonter à 1998 et au transfert à Barcelone de Boudewijn Zenden. Un club d'une telle carrure devrait permettre à plus de jeunes d'éclore mais le PSV est traditionnellement un cercle qui achète et vend plutôt qu'il ne forme. Et là, il est fort. Il s'appuie sur un magnifique instrument de scouting, qui s'étend au Brésil et depuis peu, grâce à Hiddink, au marché asiatique. Romario et Ronaldo ont effectué leurs débuts européens au PSV et lui confèrent toujours une certaine aura sur le marché sud-américain. Cinq scouts à temps plein sillonnent le Brésil et ne s'intéressent pas seulement aux qualités footballistiques d'un joueur mais aussi à sa force mentale, à son aptitude à quitter sa famille pour faire carrière en Europe. Le PSV choisit systématiquement des joueurs qui ont besoin d'une longue période d'adaptation mais ont déjà atteint un certain niveau. C'est un peu plus onéreux, sauf si on réduit un peu le budget de l'école des jeunes. C'est ainsi que cette saison, le PSV a acheté six internationaux : Farfán, Beasley, Alex, Gomes et les Sud-Coréens Park et Lee. Sans doute les revendra-t-il ensuite avec un bon bénéfice, comme il l'a fait dans le passé avec Romario, Ronaldo, mais aussi Ruud Gullit, Jaap Stam, Arthur Numan, Ruud van Nistelrooij, Arjen Robben et Mateja Kezman, pour ne citer qu'eux. Son nom, le stade Philips, illustre l'étroitesse des liens entre le club et le géant de l'électronique, tandis que la rue dans laquelle il se trouve, Frederiklaan, porte le nom d'un des enfants du fondateur du club, en 1913. Le PSV est un des rares clubs néerlandais à être propriétaire de son stade et il va essayer d'en tirer davantage profit. Le stade n'est occupé qu'à raison de 8 % du temps mais l'organisation de concerts pop va permettre de l'occuper pendant 30 à 40 % du temps. 35.200 spectateurs peuvent y trouver des places assises, toutes couvertes et chauffées. Les plus jeunes bénéficient d'un family corner séparé et d'une rangée réservée aux moins de seize ans. Ceux qui mettent de l'ambiance se trouvent derrière un des buts, où il est permis de se lever pendant le match. Le stade comporte 46 business rooms, dont 9 business apartments, 13 loges, quatre loges de luxe, deux grands restaurants, un centre de conférence et séminaire flambant neuf, un fanshop officiel et une boutique pour supporters. Il y a aussi deux promenades couvertes et le Supportershome de l'association des clubs de supporters du PSV. La pelouse est équipée d'un système perfectionné et automatisé de chauffage, aération, arrosage et drainage. Le noyau A s'entraîne à Herdgang, le complexe du PSV. Il se situe en bordure d'Eindhoven, dans les bois. Il compte sept terrains de football et de nombreuses installations, comme une salle de fitness. Il se situe à cinq kilomètres au nord du stade et accueille aussi les équipes de jeunes et d'amateurs du PSV. Le PSV n'attire que 30 à 45.000 spectateurs. Environ 8 % d'entre eux viennent d'Eindhoven et des alentours, contre 3 % pour l'Ajax et Feyenoord. En d'autres termes, le PSV est le club du Sud mais n'a pas de rayonnement national. Eindhoven ne s'appuie pas non plus sur une tradition aussi longue que l'Ajax et Feyenoord. La ville elle-même est jeune et ne compte que 200.000 âmes, contre respectivement 735.000 et 600.000 à Amsterdam et à Feyenoord. On se demande souvent si le club a suffisamment exploité la période durant laquelle Romario se produisait à Eindhoven car, si l'Ajax et Feyenoord ont respectivement quelque 65.000 et 30.000 clubs de supporters dans le monde, le PSV n'en a que 15.000. Evidemment, le club peut depuis peu compter sur l'intérêt de la Chine et de la Corée du Sud et tente de se forger une meilleure image aux Pays-Bas, grâce à ses résultats actuels. Le PSV veut se rendre plus sympathique au-delà de sa ville et devenir ainsi le club du Sud et le contrepoids aux concurrents du Nord. Contrairement à ses éternels rivaux du Nord, le PSV a un public simple, dépourvu de manières. Un jour, Stan Valckx avait expliqué que les joueurs étaient gâtés à Eindhoven et qu'ils n'y apprenaient pas à survivre. Selon lui, aux moments cruciaux, dans le passé, le PSV avait tendance à manquer de brutalité sur le terrain. Il n'était pas assez impitoyable. Mais qu'attendre de supporters qui ont la réputation d'un public de cinéphiles ? La moitié du budget de 50 millions d'euros est consacrée aux joueurs. Le club rembourse aussi neuf millions par an pour les emprunts réalisés pour le stade. C'est pour cela que chaque année, le PSV doit vendre des joueurs et participer à la Ligue des Champions. Cette épreuve lui a rapporté 17 millions cette saison. Les autres sources fixes de revenus s'élèvent à quelque 35 millions : 16 des sponsors, six de la billetterie, quatre de la TV, dix de l'exploitation du stade. Si le PSV ne dispute pas la Ligue des Champions ou ne peut vendre de joueurs, il accuse un déficit de 10 à 15 millions par an. Or, il a déjà une dette de 124 millions. Cependant, le mois dernier, le président Westerhof a nuancé ces chiffres dans les colonnes du Tijd : 90 millions sont imputables au stade, qui rapporterait 130 millions au club s'il le vendait. Le PSV envisage de créer un fonds séparé et d'y placer une part du stade afin de permettre à des financiers extérieurs de faire diminuer la dette. Il pense aussi à un fonds des joueurs : Westerhof espère ainsi gagner de dix à quinze millions. En échange d'une indemnité annuelle et d'une part des bénéfices en cas de vente d'un joueur, des investisseurs extérieurs peuvent prendre une participation de 25.000 à 500.000 euros dans un fonds comprenant cinq footballeurs prometteurs. Et puis, le PSV espère aussi s'imposer sur le marché asiatique : le site web propose une version chinoise, Hiddink entretient toujours d'excellents contacts avec la Corée du Sud et on retransmet en direct les matches du PSV en Chine, dont Philips a sponsorisé l'équipe nationale il y a deux ans. En d'autres termes, tous les moyens sont bons pour rendre sa santé financière au club, car si son succès sportif est flagrant, la précarité de sa situation financière l'est tout autant.