L'Olympic n'a pas gagné de médaille d'or en D3B au terme de la saison 2004-2005. Les Carolos de Patrick Thairet montèrent finalement sur la neuvième marche du podium et il n'y avait pas de quoi pavoiser. Ce club se distingua surtout par ses ennuis financiers. Ses joueurs frappèrent même du poing sur la table en constatant que leurs salaires n'avaient pas été payés durant deux mois. Leurs deux grèves de l'entraînement furent... payantes.
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L'Olympic n'a pas gagné de médaille d'or en D3B au terme de la saison 2004-2005. Les Carolos de Patrick Thairet montèrent finalement sur la neuvième marche du podium et il n'y avait pas de quoi pavoiser. Ce club se distingua surtout par ses ennuis financiers. Ses joueurs frappèrent même du poing sur la table en constatant que leurs salaires n'avaient pas été payés durant deux mois. Leurs deux grèves de l'entraînement furent... payantes. " A mon avis, leurs réactions étaient exagérées ", avance Daniel Végis, le président des Dogues. " Je connais des clubs de D1 où les retards sont plus importants. Il y avait probablement l'un ou l'autre joueurs qui avaient envie d'agiter le groupe. Tour cela est rentré dans l'ordre. La saison fut moyenne sur le plan sportif. Et nous avons trouvé des solutions sportives afin d'envisager l'avenir avec confiance ". Les joueurs en sont moins certains. La saison passée, la mise en place des plans tactiques fut plus délicate que prévu. Le coach fut mis sur la sellette mais, une fois de plus, les joueurs s'opposèrent aux intentions de leurs dirigeants. " Il était trop facile de faire porter le chapeau au seul entraîneur ", se souvient Harold Deglas. " Il travaillait avec les moyens du bord dans une ambiance ternie par les problèmes de trésorerie du club. L'entraîneur voulait un vrai buteur mais ne l'a jamais eu. Malgré cela, nous avons réussi à un moment une bonne série en championnat. Mais je retiens surtout notre bonne campagne en Coupe de Belgique. En seizièmes de finale, nous avons pris la mesure du Cercle Bruges : 1-1 et 3-1 lors des tirs au but. Physiquement, nous avons dominé notre hôte de D1. Il n'y a pas une différence folle entre le bas de la D1 et la D3... " En huitièmes de finale, l'Olympic fut éliminé au Club Bruges : 4-0. Après ces belles pages, les Dogues retrouvèrent les réalités de la D3 et le fil de leurs problèmes. L'annonce de l'arrivée d'un investisseur étranger - Azziz Alibhaï - dérida les dirigeants mais pas les joueurs. Alibhai est un Français d'origine hindoue actif dans l'import-export qui connaît bien Jean-Marc Guillou et a aussi son Académie de football à Abidjan, en Côte d'Ivoire. Lui et son groupe ont investi quelques centaines de milliers d'euros et acquis 50 % des parts du club. La semaine passée, un quotidien évoqua la venue de trois joueurs de Beveren chez les Dogues. Daniel Végis a démenti : " C'est totalement faux. L'Olympic recevra des renforts ivoiriens, pas plus de cinq, qui viendront tous en droite ligne d'Afrique. Notre ambition sera de réaliser un bon championnat. Et, à plus long terme, l'Olympic espère retrouver la D1 dans sept ans ". Tout le monde ne croit pas au projet et Deglas a préféré prendre un peu de recul. Tout ce bruit et cette incertitude ont déclenché un processus de réflexion : " On ne l'imagine pas mais les joueurs de D2 et de D3 ne mènent pas une vie facile. Ils ont un métier et possèdent une double activité. C'est indispensable si on veut nouer les deux bouts. Je travaille pour une firme spécialisée dans les équipements de protection individuelle. La centrale atomique de Tihange est un de nos plus gros clients. Je suis sans cesse sur la route et j'organise mes rendez-vous en fonction de mes entraînements. En D3, les joueurs ont quatre séances par semaine sans compter le match du week-end. Autrement dit, c'est la course du matin au soir. En D1, les footballeurs ont le temps de se reposer, de voir leurs enfants, d'avoir une vie de famille. En D3 pas et beaucoup de couples ne tiennent pas la distance. C'est la division des divorcés. Je n'ai heureusement pas ce problème mais, à 30 ans, je n'avais plus envie de vivre sans cesse à du 200 à l'heure. Il est temps de penser aux miens. " Deglas a rapidement eu des contacts. Tirlemont et Visé se sont renseignés mais son choix s'est finalement porté sur Hannut où il a signé un contrat de trois ans. C'était d'autant plus évident qu'il s'est installé depuis quelques années à une poignée de kilomètres, à Ambresin où il acheta une maison du temps où il jouait à Tongres. Hannut, qui a dû lutter jusqu'au bout pour assurer son maintien en Promotion, espère vivre une saison plus tranquille. Le club du président Jean Delleuze est entraîné par Henri Verjans, le beau-frère de Jean-François de Sart. Le directeur technique, Didier Quain, a également recruté le gardien de but Pedro Gomez (40 ans), un garçon expérimenté qui vient de décrocher la montée en D3 avec Montegnée, et l'arrière Philippe Lenglois (Bas Oha). " Je n'aurai plus que trois entraînements par semaine ", continue Deglas. " Et en me rapprochant de chez moi, je passerai forcément moins de temps au volant. De plus, mes deux fils, Jonathan et Arthur, sept et quatre ans, jouent déjà au football à Hannut où on m'a demandé de m'occuper de l'entraînement d'une équipe de jeunes mais c'est pour plus tard. Hannut est ambitieux et a envie de jouer un rôle en vue en Promotion. Je lui apporterai mon expérience. " Deglas tourne évidemment une page de sa carrière. Après des débuts en D1 en 1992, il quitte Molenbeek en 1994, se retrouve à Waregem, au FC Chengdu en Chine, à Lebbeke et à Tongres avant l'Olympic. " Je ne suis pas mécontent de ma trajectoire ", avance-t-il. " Après avoir joué en jeunes à Enghien, j'ai eu la chance de connaître toutes les séries nationales belges et j'ai été international Espoirs. La Chine constitue évidemment le meilleur de mes souvenirs. J'aurais également pu jouer en Angleterre. La saison passée, le club gallois de Swansea est venu me voir mais je n'avais pas envie de me lancer dans une telle aventure. Je n'ai pas encore échangé mes chaussures de football pour des pantoufles mais le temps passe ". Christian, le père d'Harold, est un journaliste spécialisé dans la bière. Il lui a consacré de très beaux livres mais plus récemment, il a écrit un gros bouquin concernant les catastrophes ayant endeuillé la Belgique. " J'ai été épaté par l'importance de son travail ", affirme Harold. " Mais mon père a consacré beaucoup de temps à mon football durant ma jeunesse. Il n'a cessé de me conduire partout ". Il nous fait penser à ce papa d'un jeune gardien de but du Standard qui habite Athus et qui nous disait récemment : " Mon fils a 15 ans et je l'ai conduit 700 fois à Sclessin ". Pierre Bilic" HANNUT EST AMBITIEUX et veut jouer un rôle en vue en Promotion "